Protais LUMBU 5 (Chap. 3 et 4)

Protais LUMBU 5 (Chap. 3 et 4)

5 Déc, 2014

Ma difficile conciliation de ma qualité de fondateur d’un parti politique d’opposition à celle de mandataire d’une Entreprise Publique

Protais-Lumbu21Dans ce volume sera abordée la manière dont j’avais concilié ma qualité de Fondateur d’un Parti politique d’opposition à celle d’Administrateur Délégué Général Adjoint d’une entreprise publique, au moment où le parti avait connu sa restructuration, après la libéralisation du 24 avril 1990, dans une atmosphère de la guerre de leadership, qui l’avait amené petit à petit à sa dislocation.

Chapitre 3.   LA COHABITATION IMPOSSIBLE  ENTRE  LE  PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE ET LE PREMIER MINISTRE,

Paragraphe 1er LE CAS NYEMBO SHABANI.

La destruction de la résidence de monsieur Kibassa, la veille de l’élection du Premier Ministre par la Conférence Nationale Souveraine suscita un élan de solidarité auprès des shabiens. Des démarches furent entreprises pour doter le Président Kibassa, d’une autre résidence au lieu de continuer à habiter dans les ruines pendant la réfection.
Le docteur MBUMB MUSONG, Ministre de Travail et Prévoyance Sociale du gouvernement Tshisekedi se chargea principalement à rencontrer le Gouverneur de la Banque du Zaïre, NYEMBO SHABANI, pour lui prier d’intervenir. La réponse de ce dernier avait été positive.
Le membre du comité national de l’UDPS et conseiller financier au cabinet du 1er Ministre Tshisekedi, Monsieur Evariste MAMBWE,   fit libérer sa villa de ma Campagne pour la mettre à la disposition du Président Kibassa, moyennant le paiement des loyers par les shabiens.

Le Président Kibassa fit de cette villa très proche de celle de Monsieur NGALULA située sur l’avenue des oiseaux à ma campagne, la Permanence de l’UDPS et habita  dans une villa  située au croisement des avenues Kananga et Lubumbashi à Binza/Antenne, mise à sa disposition par d’autres mécènes.
Aussitôt nommé Premier Ministre, Monsieur Tshisekedi avait  décidé de chasser Nyembo Shabani de la Banque du Zaïre parce qu’il le trouvait trop proche du Président Mobutu. Contrairement à octobre 1991, le Premier Ministre ne faisait plus allusion à mon nom pour remplacer Nyembo, mais plutôt le nom de MAWAKANI.
Pour la nomination d’un nouveau gouverneur, il était exigé le respect de la procédure qui voulait que la nomination ou la révocation des hauts cadres de la république soit  proposée par le Gouvernement au Haut Conseil de la République qui soumettra le dossier au Président de la République.
Le Premier Ministre avait soumis auprès de Monseigneur MOSENGWO, Président du Haut Conseil de  la République, la proposition de révocation, mais ce  dernier ne le fit pas examiner par le Haut Conseil de la République parce qu’il avait reçu monsieur Kibassa Maliba, Président de l’UDPS,  Président de l’Union Sacrée de l’Opposition et ancien Président de la commission administrative et politique de la Conférence Nationale Souveraine qui lui avait fait savoir le danger que présentait ce dossier pour l’unité du pays en ce moment-là.
En effet, d’une part, il y avait une irritation au Shaba à l’endroit des kasaïens, d’autre part, le gouvernement Tshisekedi venait de révoquer le Président Délégué Général de la Banque de Crédit Agricole en la personne de Monsieur LWAMBA KATANSI, qui était shabien ! Révoquer un autre shabien en si peu de temps n’était pas opportun.
Au cours d’une rencontre de l’UDPS/Shaba autour du Président Kibassa à la résidence de Madame Générose ABEZYA ILONDA, co-fondatrice de l’UDPS et gérante de l’Ets  IYAMS,  à Ngiri-Ngiri, à un lieu facilement repérable sur l’avenue Saïo, près de l’UPAK, les fondateurs shabiens de l’UDPS, en l’occurrence Madame Gabrielline Muzinga et Messieurs Tshilemb Kote et moi-même Lumbu Maloba Ndiba, le porte-parole du gouvernement Tshisekedi, Monsieur Kayembe Mitonga, le Président provincial de l’UDPS/Shaba Monsieur Isidor Kabwe, les membres du comité national Kasongo Numbi, Ivonne Mbuyu,  Dieudonné Kahozi, Kyungu Mukanke et d’autres, avaient examiné la situation du pays, de l’UDPS et du gouvernement Tshisekedi.
Plusieurs cadres s’étaient plaints de l’insuffisance des postes accordés aux shabiens  de l’UDPS tant dans le gouvernement que parmi les conseillers. Le Président Kibassa était  considéré comme n’ayant pas pesé sur le Premier Ministre Tshisekedi par rapport notamment à son collègue Mbwankiem. L’assemblée avait aussi souligné la nécessité de la déclaration par le Président Kibassa de sa candidature aux élections présidentielles.

Paragraphe 2. L’ECLATEMENT DE LA CRISE,
La mouvance présidentielle qui avait laissé Etienne Tshisekedi former son gouvernement sans ses injonctions pour éviter la réaction de la population finit par réclamer de participer au gouvernement. La réponse du Premier Ministre ayant été négative, le Président de la République démit le gouvernement.
En effet, le 27 octobre 1992, Monseigneur MONSENGWO, Président de la Conférence Nationale Souveraine et le Président MOBUTU avaient prononcé les allocutions dans lesquelles ils préconisaient des négociations pour sortir le Zaïre de l’impasse politique.
En guise de réaction, monsieur TSHIBANGU KALALA avait répondu négativement le 28/10/92 à la télévision, au nom de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale. Entre temps, le Porte-parole du gouvernement avait informé l’opinion qu’au conseil des ministres du jeudi 29/10/92, le 1er Ministre n’avait pas trouvé l’opportunité d’ouvrir le gouvernement aux tendances politique autres.
La mouvance présidentielle par son communiqué du 31 octobre 1992 estima, quant à elle, qu’il y avait beaucoup d’éléments pour permettre les négociations entre tous les opérateurs politiques zaïrois afin d’assurer au pays une transition neutre et non conflictuelle en ces moments où aucune famille politique n’avait gagnée les élections.
Il y eut une rencontre à trois à Gbadolite le 22 novembre 1992.
La Présidence de la République fit le 23 novembre 1992, un communiqué reprenant les problèmes abordés à Gbadolite.
Le Premier Ministre ne reconnut pas le contenu de ce communiqué et par conséquent ne se soumit pas aux recommandations stipulées.
La Présidence de la République rendit public  le communiqué dont le contenu suit :
A l’invitation  du Chef de l’Etat, Mgr Laurent Monsengwo, Président de la Conférence Nationale Souveraine et Monsieur Tshisekedi, Premier Ministre se sont rendus à Gbadolite le dimanche 22 novembre 1992.
La superinflation, les retards des payements des salaires, la baisse continue du pouvoir d’achat, la crise des institutions qui a amené le Chef de l’Etat à lancer ses appels au dialogue successivement le 6 octobre 1992 et le 27 octobre 1992, les travaux de la Conférence Nationale, les immiscions intempestives de certains dirigeants étrangers dans les affaires nationales, tels ont été les principaux points abordés par les trois personnalités et lesquels, le Chef de l’Etat a exprimé sa préoccupation.
A cet égard, le Chef de l’Etat, le Premier Ministre et la Présidence de la CNS ont tous été d’accord pour conclure que des solutions rapides doivent être trouvées afin d’éviter une impasse préjudiciable  pour le Peuple.
De ces entretiens, il ressort :
1)     Considérant l’exceptionnelle durée et le coût des travaux de la CNS, les nombreux reports de la date de clôture des travaux et le fait que Monseigneur le Président de ce formule avait, il y a quelque temps, promis au Chef de l’Etat de clôturer le 22 novembre au plus tard, le Président de la République a compris les raisons de cette nouvelle prolongation. Cependant, il a été vivement souhaité que les travaux devraient être terminés le 30 novembre  au plus tard afin de permettre rapidement une gestion normale de l’Etat.
2)     Dans le même souci d’arriver rapidement à une meilleure efficacité dans la gestion des affaires de l’Etat, il a également été convenu que le Premier Ministre, Mr. Etienne Tshisekedi, entreprendrait, dès cette semaine, des contacts avec les différentes plates formes et personnalités nationales de façon à pouvoir proposer au Chef de l’Etat, d’ici la fin des travaux de la CNS, un gouvernement de large union nationale qui soit représentatif des principales tendances politiques, des différentes régions du pays et des compétences qui ont toujours fait la fierté du Zaïre. Le Chef de l’Etat se réjouit des conclusions heureuses de cette concertation au niveau le plus élevé des responsables actuels du pays. Il en appelle au sens de responsabilités de tous les leaders sociaux, économiques et politiques du pays, pour qu’à partir du 1er décembre prochain, le Zaïre notre pays retrouve des  institutions  stables et crédibles pour la poursuite du changement démocratique amorcé le 24 avril 1990.
Le Premier Ministre soutint quant à lui,  que le Président de la République s’était entretenu  séparément avec lui comme il l’avait fait avec le Président de la CNS. Il ne voit pas quand est-ce qu’il lui avait parlé de l’établissement de son gouvernement. Seul le Haut Conseil de la République continuateur de la CNS avait la compétence de lui demander d’élargir le gouvernement. Le gouvernement étant responsable devant le Haut Conseil de la République et non devant le Président de la République.
Au terme de l’ultimatum que le Président avait lancé le 22 novembre 1992 au Premier Ministre pour élargir le gouvernement, la non exécution par le 1er  Ministre entraîna la signature de deux ordonnances : l’une démettant le gouvernement et l’autre nommant les Secrétaires Généraux à faire l’intérim des Ministres.
Le 1er Ministre se présenta à la séance de la CNS pour rejeter ces ordonnances et démonétiser le billet de cinq millions de Zaïres mis en circulation sans autorisation du gouvernement.
Le 2 décembre 1992 la division présidentielle avait été chargée d’interdire aux Ministres et membres de cabinet d’accéder aux bureaux.
La Conférence Nationale Souveraine ;  L’Union Sacrée de l’Opposition Radicale et l’UDPS réagirent contre la décision du Chef de l’Etat.
Ci-dessous, le contenu de la déclaration de l’UDPS du 03/12/1992.
DECLARATION DE LA DIRECTION POLITIQUE DE L’UDPS
Réunie sous la présidence de monsieur Fréderic KIBASSA MALIBA le jeudi 03 décembre 1992 en séance extraordinaire pour examiner la situation politique grave suite à la confusion créée par le Président MOBUTU et sa famille politique, la direction politique de l’UDPS fait la déclaration  suivante :
Au moment où le peuple croupit dans la misère la plus noire, les auteurs de cette calamité dont principalement monsieur MOBUTU, s’illustrent par une guerre sans issue pour la conservation du pouvoir pour le pouvoir, sans aucune considération du peuple  réuni en conférence.
A l’élection par CNS du 1er Ministre, Mr Etienne TSHISEKEDI, le Président de la République, tout en le félicitant du bout des lèvres, s’est jeté corps et âmes dans une opposition farouche, semant l’insécurité sur toute l’étendue de la République et maintenant les gestionnaires véreux à la tête des entreprises publiques.
Il a ainsi mobilisé toute la clique politique, qui a appauvri notre peuple dans des actions de sape, contre, les mesures salvatrices de notre gouvernement du peuple. Tout cela, en violation flagrante de l’acte portant dispositions constitutionnelles relatives à la période de transition consacrant la non immixtion d’une  institution dans le fonctionnement de l’autre.
Ce comportement n’est dicté que par la volonté féroce, d’empêcher notre peuple d’être informé, sur les innombrables crimes crapuleux dont il a été victime, tout au long, de l’une des dictatures les plus inhumaines qu’ait jamais connu l’humanité.

Compte tenu de ce qui précède, l’UDPS proclame ce qui suit :
Ni menaces ni intimidations, ni répression sanglante ne peuvent arriver à bout de la détermination de notre peuple à se libérer du régime abject d’un seul homme ;
L’UDPS ayant investi tous ses espoirs dans la CNS ne pourrait admettre que par un coup de balai, un individu, vienne effacer les acquis de haute lutte, menée, au prix du sang, par le peuple congolais.
Toute modification du gouvernement d’Etienne TSHISEKEDI ne peut être demandée que par la CNS de laquelle il tire sa légitimité.
L’UDPS soutient avec toute son énergie Mr Etienne  TSHISEKEDI et son gouvernement issu de la CNS et condamne tout acte nostalgique visant à handicaper son action.
Le billet de 5 millions de zaïres étant une accentuation de la misère du peuple, l’UDPS soutient la décision de démonétisation, prise par le gouvernement, et invite ses combattants et tout notre peuple au respect strict de cette mesure.
L’UDPS lance un appel à tous nos compatriotes de bonne volonté à conjuguer les efforts pour que cette fois, la libération de notre peuple, soit effective.
L’UDPS exige que la Conférence Nationale Souveraine, le  peuple en conférence, assume le destin de notre peuple et termine son calendrier comme prévu, en lisant les rapports de deux dernières commissions, relatives, aux biens mal acquis, aux assassinats et violations des droits de l’homme.
Je vous remercie.
Fait à Kinshasa, le 03 décembre 1992
Pour l’UDPS
Sé/Frédéric KIBASSA MALIBA
Membre du Directoire
Sé/ProtaisLUMBU MALOBA NDIBA,
Séc/.Nat. à l’information
Fait à Kinshasa, le 03 décembre 1992
En effet, cette déclaration avait été lue à la télévision par moi-même en ma qualité de Secrétaire national à l’information a.i. le 5/12/1992.

Paragraphe 3. DE LA TENUE DU CONCLAVE,

J’avais reçu l’invitation et les documents du travail dont la teneur ci-dessous pour participer au conclave du parti.

INVITATION N°14
Mr (Mme) Protais LUMBU MALOBA, Secrétaire National à la Justice et Droits de l’homme.
La Direction Politique Nationale de l’UDPS vous invite à participer au Conclave de l’UDPS qui ouvrira ses travaux ce mardi 15 décembre 1992.
Le lieu vous sera communiqué incessamment et nous vous prions de garder un contact étroit avec nous.
POUR  LE COLLEGE DES FONDATEURS
Sé/Mathieu MULAJA KABAMBA
Secrétaire -Rapporteur

HORAIRE DES TRAVAUX DU CONCLAVE DU PARTI PREVU DU 15 AU 24 DECEMBRE 1992

Les Autorités du Parti, participants au Conclave du parti, sont priées de se conformer strictement à l’horaire de travail, pour l’avancement harmonieux des travaux.
HORAIRE
5h30 – 6 h00 : Réveil
l et préparatifs matinaux
6h00 – 7h00  : Activités Spirituelles selon la croyance de
chacun
7h30               : Petit déjeuner
8h00 – 12h00 : Séance de travail
12h00              : Déjeuner
12h30 – 14h25 : Repos
14h30 – 18h00 : Séance de travail
18h00 – 18h 55 : Repos
19h00                 : Diner
19h05 – 20h 25 : Recreation
20h30 – 23h00  : Séance de travail.

MATIERE DU CONCLAVE
–         Comité d’évaluation du Parti (les inspecteurs)
–         Rapports des commissions du Comité National
Commission Politique, administrative et Judicaire
Commission Economique, Financière et Budgétaire
Commission Socio-Culturelle.
–         Rapports des commissions du Collège des Fondateurs sur  l’implantation du Parti dans la Fédération de Kinshasa.
–         Les listes des candidats Co-Fondateurs de toutes les régions.
–         Les listes des candidats avant-gardistes de toutes les régions.
–         Dossiers-recours pour la cooptation en qualité de Fondateur
–         Circulaire n°022 relative aux données statistiques à établir par
–         Chaque comité et pour  chaque entité administrative de base.
–         Dossier suspension de certains membres de l’UDPS selon la Circulaire n°023.
–         Plans Directeurs et organigramme de chaque Secrétaire National.
–         La restructuration du Parti.
* Définir le profil du Président du Parti
* Définir le profil du candidat Premier Ministre
* Définir le profil du candidat Président de la République.
Déterminer le nombre et le profil des Secrétaires Nationaux et leurs Adjoints.
Déterminer le nombre de délégués des assemblées locales au Congrès du Parti.
–         Assiettes électorales et leurs titulaires
–         Circulaire aux membres du Comité National pour élection
–         Circulaire aux Présidents Fédéraux
–         Option à lever sur l’affiliation du Parti à l’internationale  Socialiste et la collaboration avec le Parti Socialiste Belge,   le Parti Socialiste Français et le Parti socialiste Allemand.

4.     LES FONDATEURS SECRETAIRES NATIONAUX

1. Frédéric KIBASSA MALIBA : membre du directoire
2. Etienne TSHISEKEDI wa MULUMBA : membre du directoire
3. Marcel LIHAU EBUA : membre du directoire
4. Vincent MBWANKIEM : membre du directoire
5. Charles DIA ONKEN : Administration du Territoire et Affaires Coutumières
6. Zéphyrin DIAYIKWA : Agriculture et Développement Rural
7. Athanase KENGELE : Coopération Internationale et  Commerce Extérieur.
8. Paul KAPITA : Défense Nationale et Sécurité
9. Donatien KAKULU : Economie et Industrie
10. Edmond NGOYI MUKENDI : Enseignement  Secondaire, Technique et Professionnel
11. Bernad NKWEDI : Enseignement Supérieur et Universitaire
12. François LUSANGA NGIELE : Finances et Budget
13. Gabriel BIRINGANINE : Jeunesse, Sports et Loisirs
14. Portais LUMBU MALOBA : Justice et Droits de l’homme
15. Raymond MUKOKA : Mines
16. Thérèse MAKANDA KANYEBA : Mouvements Féminins
17. Faustin BIRINDWA : Organisation du Parti
18. Léopold SAMBWA : Portefeuille
19. Ferdinand SIMBA : Postes, Télégraphes et  Télécommunications
20. Jacques TSHILEMB : Presse et Information
21. Christophe BELENGANAYI : Santé Publique
22. Isidore KANANA : Transport routier
23. ALPHONSE MPASI : Travaux Publics
24. Georgette TOTA LABA : Travail et Prévoyance sociale
25. Gabrielle MUZINGA : Enseignement Primaire et Maternel

5.     REPARTITION DU SECRETARIAT NATIONAL
    
  LES SECRETAIRES NATIONAUX NON FONDATEURS
Dr. NYEMBO : Handicapés physiques
GIRIKI SAFARI : Environnement et Tourisme
Valérien SALUMU AMISI : Fonction Publique
Justin MAVINGA : Habitat
Marcel DERIKOYE : Planification
KAPONDA MWENE-NDAMBO : Politique Monétaire
Célestin KANDONI : Recherche Scientifique
Roger GISANGA : Relations avec les Partis Politiques
Omer N’KAMBA : Relations Extérieures
Modeste SADIKI : Terres et Titres fonciers
Philippe NGELEZI : Transport Maritime, Fluvial et
Aérien
SITA NSONI ZENO : (absent) Energie.
 
LES SECRETARIATS SANS TITULAIRE
 
Affaire sociales
Culture et Eglises
Culture et arts

6.    LA   COMPOSITION DU COMITE NATIONAL

Quoique non invités au Conclave, je me fais le devoir de donner la composition du Comité National.
D’après l’article 14 de Statuts du 15 février 1982 deposés à la Cour Suprême, le 3 mai 1990, devenu article 17 à la modification des statuts le 25 octobre 1990,
–           Le Comité national est composé de :
1°  – Membres Fondateurs et Co-fondateurs en règle de
cotisation et qui se soumettent aux présents statuts.
2°  – Membres du Secrétariat national
3° –  Parlementaires élus sur la liste du Parti
4° –  Délégués des régions
Les Délégués des régions sont élus par leurs assemblées respectives, à raison de 5 membres par région, et ce pour la durée de 4 ans.
La liste de  délégués des régions d’après les circulaires N° 008, 025 et 006 TER respectivement du 03 août, 23 août et 16 octobre 1990 est la suivante :

BANDUNDU

  1. François MUNGWA
  2. Jean Melange INANA
  3. Athanase BOKENGE MPOTE
  4. Justin KANTA
  5. Vital MANGONI
  6. BAS ZAIRE
    1. Jean SUNGULULU
    2. François MUNJANA NKIE
    3. BAZINGA KADIMEKA- KHASA Denis
    4. Jean René NSUNGANI
    5. Justine MPOYI KASAVUBU
    6. EQUATEUR

                 1.  MAFAMA NKUMU
2. DEMOKOLO NGULUMA GBANGU LUNUA
3. Pierre Croquet INGANGE BOYENGE
4. Louis BOLIA

D.  KASAI OCCIDENTAL
1.  WAFWANA KALAMBA

E.    KASAI  ORIENTAL
1.  Albert KALONJI DITUNGA MULOPWE

F. MANIEMA
1.     Bernadette FATUMA KAPANDA
2.   Albert KAPEPA DUNIA
3.    OMARY NDEBEDJA DENIWALO
4.   SALEH BIN SALEH
5.     Sébastien YATHA NUMBI LOMANI
HAUT ZAIRE
1.  POMBOLINGI
2. Jean BASUMBIKWA
3.  Florentin UGEN
4.  KIRONGOZI WA KIRONGOZI
H. NORD KIVU
1. KATSUVA WA KASSIVIRA
2. MBAYAHE
3. SEBERA
I.  SHABA
1.   SENDWE ILUNGA
2.    Dieu donné KAHOZI
3.   Jean Marie PWETO
4.    DIUR MAKOK

J.     SUD KIVU
1.    Dieu donné MUTAMBALA
2.    MOPIPI
3.   Denis MANARA
K.      VILLE DE KINSHASA
1.   Antoine KINGOTOLO
2.   MBUNU
3.   Honoré NGABI
4.   Henri MATA MAKOLO
5. KIMPIOB Ivon
6. ITOKO Valère

7. LES RAISONS DE LA NON TENUE DU CONCLAVE

Pour tenir le conclave effectivement certains problèmes s’étaient posés.
Il se murmurait que des membres des bureaux d’études pro- Tshisekedi avaient estimé qu’il n’était pas opportun de tenir le conclave en ce moment où le 1er Ministre Etienne Tshisekedi était fort préoccupé avec le problème de son gouvernement que Mobutu avait déchu et chassé des bureaux. D’aucuns ajoutaient même que le conclave avait le but de minoriser Tshisekedi et proclamer Kibassa en qualité du seul Président de l’UDPS.
En effet, devenu Premier Ministre, Monsieur Tshisekedi n’avait plus le temps de s’occuper du Parti et pourtant certains de ses collaborateurs engageaient le parti en lieu et place des organes compétents. D’autre part, le Professeur Lihau était aux Etats-Unis pour raison de soins médicaux, pendant que monsieur Mbwankiem qui n’assistait plus aux réunions du parti en raison de son état de santé, signait à tort et à travers tout document du Parti qui lui était soumis.
On accusait donc monsieur Kibassa de vouloir s’emparer du Parti en cassant le principe du directoire, pour se faire proclamer seul, Président National du Parti.
Le Secrétaire national aux finances se trouva dans l’incapacité de louer les chambres et locaux du monastère situé à côté de l’UNIKIN.
Des grands mécènes du Parti, étant de l’obédience du 1èr Ministre, ils n’avaient pas cotisé.
Je m’étais limité à déposer mon programme d’action, dont le contenu suit :
PROGRAMME D’ACTION DU SECRETAIRE NATIONAL A LA JUSTICE ET AUX DROITS DE L’HOMME

  1. Introduction

         A l’accession du Congo à l’indépendance, la loi fondamentale et tous les autres textes de droit édictés par le colonisateur pour permettre la  meilleure régulation du Nouvel Etat et l’épanouissement harmonieux de l’individu étaient tombés en désuétude, suite à leur non-application due au départ précipité des cadres belges avant leur relève.
Les Sécessions et la rébellion qui suivirent sacrifièrent la Justice et les Droits de l’Homme et le nouveau cadre juridique élaboré à Luluabourg dès après Ia réunification du Congo fut étouffé dans l’œuf par l’avènement du régime du Coup d’Etat du 24 novembre 1965. C’est sous ce régime de l’écrasement des droits individuels que naquit le 15 février 1982, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social qui s’est réclamé issue de, dispositions de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, supérieure à la Constitution.
La déclaration présidentielle du 24 avril 1990 et la Conférence Nationale Souveraine ont emboité le pas à l’UDPS par l’ouverture du processus démocratique qui passe nécessairement par la promotion de la justice et des droits individuels.
Nous prônons la promotion de la Justice qui devra être un véritable troisième pouvoir de l’Etat, grâce a la valorisation des principes de Séparation des Pouvoirs, de l’Indépendance de la magistrature mais aussi, veiller sur l’encadrement des magistrats et de leurs auxiliaires qui devront se baser sur des textes actualisés : le tout ,dans un univers fédéral où devra se poser le problème de la répartition des compétences et le respect de la dignité de la personne humaine pendant sa détention.
Pour ce qui est de Droits de l’Homme, nous ferons appel à la Déclaration Universelle de Droits de l’Homme et sa vulgarisation tant auprès de nos combattants, que dans nos Institutions d’enseignement tout en insistant sur le combat commun pour son respect par les individus et par l’Etat.

II. La Justice
1° Séparation des Pouvoirs
La division classique des pouvoirs entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, caractérise un régime démocratique et l’UDPS combat pour que le Congo se passe définitivement de la dictature qui concentrait tous les pouvoirs clans les mains d’un seul homme : Monsieur MOBUTU.
Le pouvoir judiciaire dont le rôle est de dire le droit sera distinct et animé par d’autres personnes que celles qui s’occupent du pouvoir exécutif ou du pouvoir législatif. Le principe de Séparation des Pouvoirs devra être sauvegardé.

2° Indépendance de la Magistrature
Les Magistrats dans leur mission de dire le droit ne subiront aucune influence, ils agiront en intime conviction et même pour les magistrats debout, les injonctions de l’exécutif par le canal du Ministre de Justice, ne seront pas faites sur le plan juridictionnel, d’où l’UDPS luttera pour le respect du principe de l’indépendance de la magistrature.

3° Actualisation de textes
L’UDPS luttera pour l’actualisation et l’adaptation de nos lois tant en droit public qu’en droit privé aux exigences d’un Etat démocratique moderne, ses dispositions qui interdisent la jouissance de droits de l’Homme devront être écartées.

4°Encadrement des Magistrats et de leurs auxiliaires
Pour une bonne distribution de la justice, il faudra veiller sur les hommes appelés à remplir cette mission et c’est notamment le cas des magistrats et des avocats.
Malgré leur haute formation, l’encadrement des magistrats se fera par leur mise à l’abri de la corruption, une bonne rémunération et la sauvegarde de la discipline et leur savoir par leur soumission au conseil supérieur de la magistrature.
Les avocats seront quant à eux organisés près de Cours d’appel au sein de leurs barreaux qui devront veiller au respect des règles du corps.

5° La Répartition des compétences.
Le respect de la forme fédérale de l’Etat fera que chaque province ait sa Cour Suprême, son Conseil d’Etat et sa Cour Constitutionnelle.
Les tribunaux de paix remplaceront tous les tribunaux coutumiers de chef-lieu de zone et de collectivités secteur de telle sorte que les tribunaux coutumiers disent la coutume seulement dans les collectivités chefferies, les groupements et les villages qui sont des milieux homogènes.
Il n y aura plus de tribunaux d’exception et même les militaires se feront juger par les tribunaux de droit commun.
Le privilège de juridiction devra être supprimé pour des personnes autres que le Président et les ministres fédéraux, le gouverneur et les ministres provinciaux, les parlementaires fédéraux et provinciaux.

6°Les lieux et les conditions de détention
Les cadres et les combattants de l’UDPS ayant expérimenté eux-mêmes les conditions de nos détenus, il devra y être apporté des améliorations sensibles.
Il faudra réfectionner des bâtiments abandonnés ayant servi naguère de maisons de détention. Des lieux irréguliers disséminés à travers la République où les Congolais sont internés comme des animaux devront être fermés : c’est le cas des lieux de détention de SNIP-DSP-SARM-GARCI-B2, T2, CIRCO-JMPR-JUFERI, etc.
La mission d’éducation et de reclassement devra être privilégié et de ce fait les centres de garde des enfants, ceux de criminologie et toutes les prisons devront être dotés des conditions adéquates pour permettre un séjour digne de personnes humaines.
Le prisonnier jouira de ses droits dont ceux relatifs à l’alimentation, aux soins médicaux, à la correspondance et à la visite d’un ministre de culte.

III. Les Droits de l’Homme
Toute la durée de notre combat, nous nous y sommes référés pour exiger l’existence de l’UDPS et réclamer la démocratie par le multipartisme.
L’UDPS veillera sur l’instruction et la vulgarisation de ces droits dont le, siège se trouve être « La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme » ; texte adopté et proclamé par l’assemblée générale des Nations Unies, le 10 décembre 1948.
Le texte est intégré dans le droit positif des pays membres de l’ONU qui l’ont ratifié dont la République du Congo.

1 °    Contenu         de      la       Déclaration   Universelle   des Droits    de l’Homme
Le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme contient trente articles qui invitent tous les peuples et toutes les nations d’avoir un idéal commun à atteindre afin que tous les individus et tous les organes de la Société s’efforcent par l’enseignement et l’éducation, de développer le respect de ces droits et libertés et d’en assurer, par des mesures progressives d’ordre national et international, la reconnaissance et l’application universelle et effective. Nous citerons :
–        Le droit à la vie, à la liberté et la sûreté de sa personne  (art. 3)
–       Le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique (art. 6)
–       Le droit à une égale protection de la loi (art. 7)
–       Le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion (art. 18)
–       Le droit à la liberté d’opinion et d’expression (art. 19)
–       Le droit à la liberté de réunion et d’association pacifique (art. 20)
–       Le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays (art. 21).
–       Le droit à accéder dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays (art. 21)
–       Le droit à un niveau de vie suffisant (art. 25)
–       Le droit à la sécurité (art. 25)
–       Le droit à l’éducation (art. 26)
–       Le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté (art. 27)
–       Le droit à ce que règne l’ordre (art. 28).

2° Enseignement de Droits de l’Homme au niveau de toutes les structures du Parti et les Ecoles.
L’UDPS vulgarisera le contenu de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme par leur enseignement au niveau de ses sous-cellules, cellules, sous-sections et sections mais aussi il fera, adopter auprès des organes compétents leur insertion dans le programme de l’enseignement primaire au degré terminal.

3° Le Respect des Droits de l’Homme
L’UDPS veillera au respect des Droits de l’homme par les individus et tous les organes de la société et pour ce faire elle utilisera la persuasion, la pression et même les cours et tribunaux nationaux ou internationaux.

4° L’utilisation de groupes de pression pour obtenir le respect des droits de l’homme.
L’UDPS fera appel aux organisations internes et même internationales comme groupes de pression pour faire respecter Ies droits de l’homme là où ils ont été violés.
Sur le plan international, le recours à l’Amnisty International à Londres ou à la Fédération Internationale des Droits de l’Homme de Paris sera d’une grande utilité.

5° Le recours aux organes internes ou internationaux
L’UDPS encadrera ses membres pour exercer des poursuites auprès des cours et tribunaux afin de recouvrir leurs droits violés et au cas ou ils auraient vidé les tribunaux nationaux, ils s’adresseront auprès des organes internationaux notamment à la commission des Droits de l’Homme de l’ONU ayant son siège à Génève qui est en voie d’accepter désormais des recours individuels, au tribunal de droit de l’homme de Rotterdam ou aussi à la Cour Internationale de la Haye.

IV. Conclusion
En se battant pour la promotion de la Justice et des Droits de l’Homme, l’UDPS voudrait atteindre un double objectif, celui d’abord d’atteindre que la personne humaine s‘épanouisse harmonieusement dans une société bien ordonnée et ensuite, celui d’elever l’Etat Congolais au rang des pays modernes respectueux des exigences de la Démocratie et du Progrès social.
Fait à Kinshasa, le 10 décembre 1992
                  Sé/PROTAIS LUMBU MALOBA NDIBA
Secrétaire National à la Justice et aux
Droits de l’Homme.

Paragraphe 4. LES MENACES AUX LEADERS,
 
LES  RUMEURS
Une note avait été réceptionnée au Collège des Fondateurs pour l’informer que le groupe LISSIKA, VUNGBO etc. avait préparé une opération pour mettre à genoux l’UDPS pendant le week-end.
L’opération commencerait le dimanche soir juste après le match Cameroun-Zaïre, quel que soit le résultat du match, certains éléments de la D.S.P. et garde civile en civil s’attaqueraient aux biens des ouest-africains, des libanais ainsi que d’autres maisons d’affaires. Les pillages continueraient toute la nuit de dimanche à lundi. La même nuit vers 3 heures du matin, la clique incendierait la maison de Mr Etienne qui est sur le boulevard du 30 juin, la permanence du parti à Binza, la maison de papa BOLYA, celle du Président Kibassa à Limete, une maison voisine à celle d’Etienne à Limete afin de créer la panique et la peur.
En ce qui concerne les leaders politiques, la clique avait programmé l’élimination physique de :
Pour le Shaba : MWANDO, KIBASSA, LUMBU et KISIMBA
Pour le Kasaï : quelques 2 ou 3 mouvanciers afin de créer la confusion dans les esprits.
Pour le Bandundu : MATANDA et KAMANDA
Pendant ce temps, BASHALA serait abattu à Mbuji mayi par les gens de MOBUTU. Ainsi, le lundi matin, la population en colère réagirait à travers la République et Mobutu en profiterait pour confier le pouvoir au Général ELUKI.
Après avoir pris connaissance de cette note, je m’étais rendu compte que des véhicule 4X4 appelés « PAJERO » rôdaient régulièrement près de ma résidence et la nuit ma voiture était poursuivie souvent jusqu’à son entrée dans la clôture de ma parcelle. La rumeur de l’élimination physique de leaders dont moi-même au plus tard à la fin janvier 1993 persista et poussa un membre de ma famille de me voir pour me suggérer de ne plus dormir à ma résidence.
Je pris la décision de changer de résidence pour mes nuits et par pitié à mes enfants,  je les soumis au même régime. Il m’était difficile de connaitre avec précision mon abri de la nuit et la zone dans laquelle il pouvait se trouver. Cette situation perdura jusqu’à la destruction de la résidence du Président Kibassa à Binza/Antenne.
Dès que la nouvelle du pillage avait été annoncée le 28 janvier 1991, j’avais quitté ma résidence pour aller m’abriter dans les faubourgs. C’est là que j’appris à la radio France-Inter la nouvelle de la destruction de la résidence du Président Kibassa et de l’assassinat de BERTHO KIBASSA

L’ASSASSINAT DE BERTHO KIBASSA
Cet assassinat avait eu lieu à la résidence de Binza/Antenne où le Président Kibassa habitait avec sa famille pour permettre la réfection de sa résidence de Limete, endommagée la nuit du 13 au 14 avril 1992.
L’assassinat de Bertho avait été l’œuvre du pouvoir, qui s’était servi d’un commando disposant des moyens lourds, dont les tirs de roquettes qui avaient démolis la façade extérieure de la maison et avaient crée ainsi des ouvertures qui avaient permis au commando d’atteindre ses victimes.
Le commando tirait à bout portant dans les chambres à coucher sur les personnes qui dormaient. Porteur des appareils émetteurs, il relatait toutes les atrocités commises et recevait des ordres dont celui de se retirer.
Bertho Kibassa avait été abattu et brûlé alors que plusieurs autres enfants avaient été blessés et que le Président s’en sortit vivant, sans doute par la volonté de Dieu, alors que le commando avait annoncé sa mort à sa hiérarchie !
Occupés  toute la matinée à amener la dépouille mortelle de Bertho à la morgue de Cliniques Universitaires et les blessés à la clinique Ngaliema,  un message qui demandait à la famille Kibassa de quitter cette parcelle immédiatement, parce que le commando était décidé de frapper encore la nuit et que personne n’avait le pouvoir d’arrêter son plan macabre avait été receptionné.
Le demenagement  de cette parcelle de Binza/Antenne proche de plusieurs habitations de la famille présidentielle eût lieu ce jour même pour rejoindre la résidence de Limete encore en réfection. Le deuil y avait été organisé dans une atmosphère épouvantable de crépitement des tirs.
L’Union Sacrée de l’Opposition avait réagi par le communiqué dont le contenu suit :

Communiqué de Presse du Bureau de l’Union Sacrée du 15/2/1993.

Réuni en séance de travail ce dimanche 14 et lundi 15 février 1993 au Palais du Peuple, le Bureau de l’Union Sacrée Radicale a fait le tour d’horizon de la situation politique extrêmement préoccupante qui prévaut à l’heure actuelle sur toute l’étendue du territoire national.

Considérant la confusion politique délibérément entretenue par Monsieur Mobutu en signant différentes ordonnances ayant placé le Gouvernement issu de la Conférence Nationale Souveraine dans l’impossibilité de gérer normalement le pays ;

Considérant la campagne malsaine menée par Monsieur Mobutu et son « pseudo-collège » des Secrétaires Généraux en vue de l’imposition de coupure de 5 millions de zaïres ; laquelle campagne a provoqué des émeutes, pillages et tueries dans la ville de Kinshasa et l’intérieur du pays ;

Considérant la tentative d’assassinat perpétré contre la personne de Monsieur Frédéric KIBASSA MALIBA, Président en exercice de l’Union Sacrée Radicale, du fait de Monsieur Mobutu et des membres de sa milice armée ;

Ayant pris conscience de la grave dégradation sans cesse croissante des conditions sociales de la vie de nos populations ;

NOUS, MEMBRES DU BUREAU DE L’UNION SACREE RADICALE :

déclarons sans objet toutes les ordonnances présidentielles signées en contradiction avec le cadre institutionnel régissant la période de transition ;
condamnons vigoureusement l’attentat odieux et ignoble perpétré au domicile de Monsieur Frédéric Kibassa Maliba, Président en exercice de l’Union Sacrée Radicale par les hommes en uniformes ;
déplorons les émeutes, pillages et tueries perpétrés ces temps derniers dans la ville de Kinshasa de même qu’à l’intérieur du pays occasionnant des nombreuses pertes en vies humaines ;
soutenons la décision de démonétisation de la coupure de 5 millions de zaïres décidée par le Gouvernement de Transition issu de la Conférence Nationale Souveraine et la déclare impropre à la consommation sur toute l’étendue du pays ;
dénonçons toutes les manœuvres de Monsieur Mobutu tendant à bloquer le processus de démocratisation conformément aux décisions de la Conférence Nationale Souveraine ;
dénonçons les menaces d’assassinats qui pèsent sur la personne des leaders de l’Union Sacrée Radicale, spécialement sur son Président en exercice, Monsieur Frédéric Kibassa Maliba ;
continuons à soutenir Monsieur Etienne Tshisekedi wa Mulumba, Premier Ministre élu par la Conférence Nationale Souveraine dans ses efforts de réaménager le Gouvernement de transition conformément à la décision n° 1 du Haut Conseil de la République.
convoquons la plénière de l’Union Sacrée Radicale élargie à tous les Conseillers de la République acquis au changement, ce mardi 16 février 1993, au Palais du Peuple, à 11 heures
Fait à Kinshasa, le 15 février 1993.
POUR LE BUREAU DE L’UNION SACREE RADICALE,
Sé/André BOBOLIKO LOKONGA
Président en exercice a.i.

Ayant remplacé Birindwa à l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (USOR° et au Secrétariat Technique de l’Opposition (STOP), j’avais participé pendant quarante sept jours aux discussions qui se cristalisaient autour de la crise entre le Président MOBUTU et le 1er  Ministre TSHISEKEDI. Il se constatait que, d’une part, le Président de la Conférence Nationale Souveraine, Mgr MONSENGWO ne parvenait pas à dire clairement sa position d’avoir été dans l’impossibilité de soutenir le gouvernement Tshisekedi auprès du Président Mobutu.
D’autre part, des membres influents de l’Union Sacrée n’arrivaient pas à se prononcer clairement, qu’ils désiraient que le 1er Ministre Tshisekedi s’efface en faveur d’un autre membre de l’Union Sacrée qu’il devait lui-même proposer et soutenir.
Si le bureau de l’union Sacrée comprenait beaucoup de membres, prêts à adopter la solution préconisée par le conclave de Nganda de mars 1992 sur l’alternative à Tshisekedi, la majorité des membres de l’assemblée générale de l’Union Sacrée n’étaient pas prêts d’accepter l’éviction du 1er Ministre Tshisekedi. Ils étaient pour la confrontation et même la destitution du Président Mobutu. Avec quels moyens pouvaient-ils atteindre leur souhait ?
Entretemps se conformant enfin à la décision n°1 du Haut Conseil de la République, lui demandant de réamenager son Gouvernement, le Premier Ministre Tshisekedi présenta la composition ci-dessous :
Tiré du journal Umoja  du  23 mars 1993

Ministères                    Noms                           Région             Provenance

1. Intérieur………MALUMBA MBANGULA….Kasaï-Occidental…….PDSC
2. Relations Ext……..   Pierre LUMBI….                        Maniema………Sté civile
3. Défense Nat………    Paul BANDOMA………..           Equateur……    .UDPS
4. Justice & G. S……..  NSINGA UDJUU……….            Bandundu……. .AFICI
5. Ens. Supérieur……   LOKA ne KONGO……….          Bas-Zaïre…….  .DCF
6. Ens. Prim.&Sec……  SHABANI ITEKO………..           Nord-Kivu……  .PND
7. Culture et Arts…….   Gervais KABAMBA……..          Kasaï-Occidental.Col. Progres.
8. Economie……          Edouard MAMBU…….  Bas-Zaïre………UDI
9. Budget……….          KIRARAHUMU……………..Nord-Kivu……..        Sté Civile
10.Finances…….          Jules SAMBWA………….          Equateur…….   .Expert
11.Plan ………. Alexis THAMBWE. M……         Maniema……    .UDI
12.Portefeuille  …….BIEME NGALISAME…….. Bandundu……. …Expert
13.Commerce Ext….NYEMBOya LUMBU…….. Shaba  ………….FUO
14. Mines………           Félicien LIAMBA…….    Equateur……..  Mouv. Prés.
15.Travaux Publics….   Charles MWANDO Ns………….Shaba   ………   ..UFERI
16.Agriculture……….     KANGA BOONGO………………. Equateur……….            ….MPR
17.Elevage et Pêche     KUMBU-ki-LUTETE…………Bas-Zaïre…..          ANADER
18.Energie………..        Gauthier YATEZULWA…..             Bas-Zaïre…….PDSC
19.Transports               Gérard KAMANDA…….            Bandundu……. …FCN
20.Urbanisme……..       TALA-NGAI……                        Kinshasa………..RLP
21.Affaires Fonc…….   Benoît ATALE……….                Haut-Zaïre……  …AFICI
22.Santé Publique……  Mme NABUNI………                 Sud-Kivu………Sté civile
23.Comm. et Presse…. Lambert MENDE……..  Kasaï-Oriental   …Col Progres.
24.Poste Tél-Tél…….    KABONGO MWAMBA……        Shaba……………MPR
25.Travail&Prév. S…..   MBUMB MUSONG……..           Shaba…….       …UDPS
26.Aff. Sociales…….    Mathieu BOSUNGA……..          Haut-Zaïre……  ….PDSC
27.Envir. &Tour…….     Tharcisse LOSEKE………..Kasaï-Oriental……….UDI
28.Sports et L.  ………Charles NGONGADIKI……          Kinshasa……….CONDOR
29.Fonction Pub…….   Eugène LUBAGA……………Sud-Kivu………….Sté Civile
30.Petites&Moy.Ent….  Paul KAPITA SHABANGI…       Kasaï-Occidental…UDPS
31.Jeunesse…….         Roger GISANGA………..           Bandundu……  ….UDPS.
 
Cet amenagement était tardif et non satisfaisant ! Un Conclave venait de se tenir.
 
Paragraphe 5. LE CONCLAVE DU PALAIS DE LA NATION 
Complètement contesté par l’UDPS et l’Union Sacrée qui voulaient que les problèmes de l’Etat ne soient traités que par des structures réellement instituées par la Conférence Nationale Souveraine. Le Conclave accepté auparavant par Monseigneur MONSEGWO, Président du Haut Conseil de la République se tint sans lui et les plates formes  Union de l’Opposition Radicale et le Collectif  Progressiste, au Palais de la Nation du mardi 9 au 18 mars 1993.
Le  Rapport final du Conclave  souligne qu’il avait été  convoqué à l’initiative du chef de l’Etat pour résoudre la grave crise que traversait le pays,
Il avait regroupé 258 délégués, dont 196 représentaient les onze régions du pays, 32 les plates formes politiques, 28 les institutions publiques, 2 la société civile et 2 la plate forme des femmes.
Parmi les 258 délégués, 43 étaient des membres du Haut Conseil de la république.
L’objet du conclave était de rechercher les modalités pratiques et les conditions minimales de collaboration entre les principales institutions de la transition en vu de garantir la non-conflictualité de celle ci.
C’est dans ce contexte que le Conclave devait examiner essentiellement 3 points, à savoir :
–          La formation d’un gouvernement de large union nationale.
–          L’harmonisation des textes devant régir l’organisation et l’exercice du pouvoir pendant la transition.
–          La fixation des grandes échéances politiques.

Dans sa Déclaration Solennelle, le Conclave Politique de Kinshasa
avait invite le peuple Zaïrois, la classe politique Zaïroise et la communauté internationale à conjuguer leurs efforts pour soutenir l’action salvatrice du gouvernement de monsieur Faustin BIRINDWA, fondateur de l’UDPS et leader incontesté de l’union sacrée de l’opposition radicale, élu par consensus en date du 17 mars1993 par l’ensemble des forces vives du Zaïre réunies en conclave politique à Kinshasa.
Le Premier Ministre  Faustin BIRINDWA avait formé le 2avril 1993 son Gouvernement, dans lequel il m’avait confié le ministère du Commerce Extérieur.

Chapitre 4.DE  MA REACTION EN QUALITE DE SECRETAIRE  AUX VIOLATIONS DES  DROITS DE L’HOMME ET DE  L’ENCADREMENT DES RESPONSABLES DU PARTI DE MA  CIRCONSCRIPTION,

Paragraphe 1er. DE MA REACTION EN MA QUALITE DE  SECRETAIRE  AUX VIOLATI ONS  DES DROITS DE L’HOMME,
En ma qualité de Secrétaire National à la Justice et aux Droits de l’homme, en dehors des protestations que j’avais adressées à l’autorité à l’occasion des violations de droits de l’homme au cours d’un événement donné, j’avais réagis chaque fois qu’il était porté à ma connaissance une violation quelconque.
Mes proches collaborateurs MUTEBA Alphonse, SINYEMBO Guy et SAMALEH m’avaient apporté une contribution remarquable dans la gestion de mon cabinet. J’avais commencé par adresser à tous les Présidents Fédéraux de l’UDPS, la note dont la teneur suit :
Kinshasa le 08 février 1991
CAB.JDH/UDPS/003/91
A MESSIEURS LES PRESIDENTS FEDERAUX
DE L’U.D.P.S.   (TOUS)
Messieurs les Présidents Fédéraux,
CONCERNE : Transmission régulière au Secrétariat National
A la Justice et aux Droits de l’Homme des cas
D’injustice et de Violation des Droits de
l’Homme.
Tenant compte de la situation du moment, il me paraît urgent et capital de vous faire part de mes préoccupations en matière des Droits de l’Homme.
Ceci dit, je vous demande de me transmettre régulièrement tous les cas d’injustice et de violation des Droits de l’Homme dont sont victimes les paisibles Citoyens Zaïrois.
Par la même occasion, je vous prie de créer au sein de vos Fédérations respectives et jusqu’au niveau des Section, un Comité permanent chargé de signaler tous les différents cas d’injustice et de violation des Droits de l’Homme, lesquels cas seront transmis au Secrétariat National à la Justice et aux Droits de l’Homme dans un bref délai.
Franche collaboration.
LE SECRETAIRE NATIONAL A LA J.D.H.
Sé/ Me LUMBU MALOBA NDIBA
c.c. : -Directoire Nat./UDPS.
-Secrétariat Nat. A l’Org.

Ainsi : 1° le 23 février 1991, j’avais soumis à monsieur le Ministre des Droits et Libertés des citoyens le cas de l’arrestation arbitraire de l’étudiant BEYA NTOKA de la Faculté de droit à l’Université de Kinshasa.
2° le 24 mai 1991, j’avais adressé un message de protestation contre la décision Gouvernementale de fermer  précipitamment l’IPN.
3° Je fis appel à tous les étudiants et élèves au calme, à la tolérance, à la non-violence et à la prudence afin de conjuguer leurs efforts pour combattre la dictature qui est l’ennemi numéro un de la liberté et de l’existence des droits humains au lieu de multiplier entre eux des incidents inamicaux, médiatisés par la presse gouvernementale incapable de couvrir les événements réclamant le respect des droits fondamentaux.
4° Par ma lettre CAB/JDH.UDPS/18/1991 du 13 juillet 1991, j’avais adressé une mise au point sur la déclaration de l’éditeur du journal « EPANZA MAKITA » contre l’UDPS, cas MAZEGA MONGA KIDIANGO.
5° Par ma note CAB/JDH/UDPS/022 du 03/08/1992, j’avais instruit le Président Fédéral de l’UDPS/Kinshasa  à désigner des responsables sectionnaires et fédéral des droits de l’homme conformément à ma note CABJDH/UDPS/003/91 du 8 février 1991 et cela pour me permettre d’être rapidement informé des cas de violations de droits de l’homme à Kinshasa et de réagir à temps.
6° Par mon invitation à l’éditeur du journal Elima à persévérer dans sa lutte pour l’établissement effectif d’un Etat de Droit au Zaïre en ces termes :
-SNJDH
CAB.JDH/UDPS.007/92.      A Monsieur  l’éditeur
Du journal Elima
B.P. 11498
KINSHASA I
CONCERNE : Persévérance dans votre lutte
Pour l’établissement effectif
D’un Etat de Droit au Zaire.
Monsieur l’Editeur,
C’est avec joie que je salue la réapparition d’Elima, quotidien du soir le plus prestigieux.
En bombardant vos imprimeries, les forces du mal ont cru mettre fin à la lutte que vous menez depuis longtemps pour l’instauration d’un Etat de droit.
Dieu aidant, vous  revoici debout pour combattre  les affameurs du peuple.
Je vous encourage de rester le porte étendard de la démocratie naissante.
Que vive à jamais Elima
Agréez, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.

7° Par l’expression suivante de l’indignation à la condamnation à 2 ans de servitude pénale de neuf dirigeants du  Front Patriotique Ivoirien(FPI) :
-SNJDH
CAB.JDH/UDPS/009/92.
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Secrétaire national à la Justice et aux Droits de l’Homme de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (SNDIH/UDPS) s’indigne vivement  contre la condamnation à 2 ans de prison plus amende, du Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien (FPI) M. Laurent GBAGBO et des 8 autres personnalités marquantes de la scène politique ivoirienne.
Ce jugement paraît comme un règlement des comptes car :
1)     Les condamnés n’ont pas été arrêtés sur le lieu de la marche pacifique.
2)     L’affaire a été politisée le (PDCI, Parti au pouvoir en exigeait un châtiment exemplaire et sévère).
Le SNJDH/UDPS demande au Président Ivoirien d’annuler ce faux et impartial procès et de rétablir les 9 condamnés dans leurs droits.
Fait à Kinshasa, le 07 mars 1992.

8° Par la protestation ci-dessous, auprès duGouverneur du Katanga à Lubumbashi  contre la recrudescence du tribalisme doublée du régionalisme dont avaient été victimes les non-originaires du Katanga :
-CAB.JDH/UDPS/024/92        Kinshasa, le 21/08/1992
B.P. 14769 Kinshasa/Gombe
Tél : 21367                               Transmis copie pour l’information aux :
– Cabinet du Président de la République
à Kin/Ngaliema
– Premier Ministre à Kin/Gombe
–  Directoire UDPS à Kin/Limete
– Fédération UDPS. Katanga à L’shi.
– Archevêché Catholique à L’shi.
CONCERNE : Protestation
A Monsieur le Gouverneur du Katanga
à LUBUMBASHI.
Monsieur le Gouverneur,
La recrudescence du tribalisme doublée du régionalisme  dont sont victimes les non-originaires du Katanga est à condamner sous toutes ses formes. Cette situation ne fait plus la fierté des Katangais qui, jadis réputés hospitaliers, deviennent aujourd’hui misanthropes suite à des discours tribalo-régionalistes dont vous êtes auteur.
Cet état douloureux d’événements me pousse de protester vigoureusement auprès de vous et vous  prie par conséquent de tout mettre en œuvre pour éradiquer le plus tôt possible ces genres d’incivisme et de barbarie.
Veuillez agréer, monsieur le Gouverneur, l’expression de mes profonds sentiments.

9° Par ma visite,  le 20/11/1992 des imprimeries TERRA NOVA, bombardées par le pouvoir dans la zone de Matete et pour laquelle l’administrateur-Gérant TUASUKAMA BONGO Bovery m’avait adressé une note de remerciement dont le contenu suit :
TERRA NOVA s.p.r.l.
Imprimerie & Papeterie
Typo et Offset
Siège Social : 4/D, Q. LOKORO
Z/Matete.
Kinshasa, le 23 novembre 1992
Objet : Remerciements.            A Monsieur LUMBU MALOBA
Secrétaire National à l’Information
De l’UDPS
A Kinshasa/Limete

La Haute Direction des imprimeries Terra Nova, des journaux FORUM et l’AS des AS, ainsi que tout son personnel ont été profondément touchés par l’élan de solidarité et de sympathie que vous avez manifesté à leur endroit lors du douloureux événement de destruction de leurs outils de production.
Ainsi, ils vous remercient vivement et comptent aujourd’hui plus qu’hier-sur votre soutien tous azimuts dans le combat pour la liberté qu’ils mènent.
Daignez agréer, Monsieur le Secrétaire National, l’assurance de nos sentiments de profonde reconnaissance.
Sé/TUASUKAMA BONGO BOVERY
Administrateur – Géant.


Paragraphe 2. DE L’ENCADREMENT DE RESPONSABLES DE MA CIRCONSCRI PTION PAR VOIE EPISTSTOLAIRE

J’avais utilisé au niveau de ma circonscription la correspondance régulière pour inviter les encadreurs à beaucoup plus de conscience et de conviction. Ci-dessous le contenu de quelques lettres leur envoyées :
Kinshasa, le 30/07/90
-Réf. 001/SN/JD/90.
A Monsieur MUZYANDA Chef de Section UDPS A NYUNZU
Monsieur ,
Nous avons réceptionné votre lettre dans laquelle vous nous confirmez votre attachement à L’UDPS, nous vous en remercions très sincèrement pour cette marque de perspicacité et d’enthousiasme dont vous avez toujours manifesté dans la lutte pour la démocratie et le progrès social initié par l’UDPS
Nous ne pouvons  que vous encourager de continuer dans la même optique en conscientisant notre masse paysanne de Nyunzu de faire confiance à notre Parti UDPS. Nous vous rassurons que dans ce processus de conscientisation, nous allons vous prêter main forte en vous envoyant régulièrement tous les documents ayant trait à notre Parti.
Par ailleurs, nous vous chargeons de créer officiellement la section de l’UDPS Nyunzu et de nous envoyer la composition de son comité ainsi que l’estimation numérique de ses membres par rapport à la population totale de Nyunzu.
Nous espérons que vous garderez le contact permanent avec nous à travers la correspondance. Vous demandons également de vous mettre en contact avec Monsieur Kitenge de la Commission Fédérale d’implantation qui réside à Kongolo
Enfin, veuillez trouver sous ces plis les documents du Parti ci-après :
Le projet de société UDPS
Les statuts du Parti UDPS
Le message du 30 juin
La restructuration du Parti UDPS
Le communiqué de presse de l’UDPS
La circulaire 007 de l’UDPS
Dans l’avenir, nous vous garantissons l’envoi régulier des messages du Parti à sa masse et vous recommandons de nous faire des rapports sur l’évolution du Parti dans la section de Nyunzu.
Nos salutations patriotiques.

Kinshasa, le 04/08/1990.
A Monsieur KITENGE François
Agent SONAS/KONGOLO A KONGOLO
-N/Réf. : 00  /SN/JDH/90
Monsieur KITENGE,
J’ai déjà eu l’occasion de vous informer dans mes précédentes lettres de l’évolution des activités du Parti au niveau de sa superstructure politique. Les tractations entre le Pouvoir et l’UDPS ces derniers moments tournent autour de la formation du Gouvernement d’Union Nationale ou de Transition.
Le point de vue de l’UDPS après consultation de la base est contenu dans ce texte de deux pages en annexe. L’UDPS            au niveau de la lutte actuelle a un impact très sérieux dans le choix du parti politique par la population. Et je pense même que l’étape de prosélytisme est déjà même dépassée. Ce qui nous préoccupe actuellement c’est l’organisation structurelle du Parti par l’élection des encadreurs des membres du Parti. Pour le moment des comités provisoires ont été nommés au niveau de sections et de fédérations sur toute l’étendue du Pays.
Dans ce cadre vous êtes bien au courant du rôle que vous avez à jouer dans nos milieux de zone de Kongolo et de Tanganika en général, et c’est avec la collaboration de monsieur Lipu Kanyonge  pour  la zone de Kongolo en particulier. Mais il revient à vous de me faire rapport sur le déroulement des activités du parti politique UDPS/Kongolo et de son implantation.
Dès lors, j’ai été informé par les journaux (voir coupure en annexe) que le PDSC/Parti démocratique socialiste chrétien) est arrivé à implanter son comité à Kongolo et à Kalemie. Il est dommage que toutes les informations me parviennent par d’autres sources bien que formelles et autorisées pendant que vous le représentant de l’UDPS à Tanganika gardez silence.
Vous ne devez pas  perdre de vue que la phase réelle de la démocratie pluraliste a bel et bien débuté. Sans  mâcher les mots, nos frères Hemba de Kinshasa ont tendance à se disséminer dans plusieurs partis politiques.
Compte tenu de cette situation confuse créée expressément par les anciens politicailleurs Hemba, notre appui doit être misé sur nos masses paysannes de la zone de Kongolo.
Je viens probablement avec ma délégation vers le mois d’octobre 90 et pense que je trouverai un état d’avancement très poussé des activités du Parti.
Je vous prie aussi d’organiser les élections des comités sous-cellulaires (au niveau de chaque localité), cellulaire (au niveau de chaque collectivité de la zone de Kongolo) et sectionnaire au niveau de la Zone de Kongolo tout en essayant de maintenir Papa LIPU KANYOGE à la tête du comité à la suite de son dynamisme.
Comme vous le savez,  le Comité sectionnaire doit être composé de :
Président sectionnaire
Vice Président sectionnaire
Secrétaire Général
Trésorier
Conseiller principal
La même structure reste maintenue pour le comité sous-cellulaire et cellulaire. Dans l’espoir de vouloir bien accepter mes recommandations pour l’amour du Parti et de notre peuple longtemps paupérisé par la monarchie mobutienne, je vous souhaite d’avance un bon travail.

Kinshasa, le 28 février 1992
-CAB.JDH/UDPS/004/92                                              Monsieur KAYUMBA Président Sous-Sectionnaire de l’UDPS/Bena Nyembo de et à MBULULA

Objet : Transmission des  Rapports d’activités du Parti.
Monsieur le Président Sous-Sectionnaire,
Voici plus des six  mois que vous êtes responsable principal de la bonne marche du Parti à Mbulula et ses environs. Curieusement aucun rapport de service ne me parvint à ce sujet.  Selon des sources dignes de foi, vous ne déployez aucun effort pour informer les combattants sur l’état d’avancement des activités du Parti, en tenant des causeries morales, des meeting et des rencontres mensuelles dans une paroisse ou une école… Pourtant votre tâche capitale est d’encadrer, d’instruire, d’informer et de tenir aux aguets les combattants de votre Sous-Section. Et surtout  d’entretenir des rapports fréquents et confiants avec le Président Sectionnaire à Kongolo.
Je vous réitère mes requêtes de toujours, consistant à vous montrer vaillant combattant de l’UDPS, bon encadreur politique et brave collaborateur. Demeurez toujours actif afin que vous puissiez être utile et à la Nation et au Parti.
En tant que membre d’un parti d’opposition, vous devez être agissant sur le terrain. Ceci se remarquera par vos rigoureuses prises de position soit en dénonçant le mal, les violations des droits de l’homme, soit en tenant fréquemment des meetings, des causeries morales, des conférences débats au cours desquelles le public est renseigné sur la situation économico-politique du pays.
Le problème de l’heure est la tenue normale de la Conférence Nationale Souveraine (CNS). Celle-ci a été suspendue unilatéralement par Monsieur Nguz Kazi-Bongo ce 19/01/1992, pourtant  convoquée  sur base d’une ordonnance présidentielle.
Cet acte irresponsable et provocateur du gouvernement fantoche de Nguz a suscité beaucoup de mécontentements et manifestations populaires à travers le pays. L’Union Sacrée de l’Opposition (une plate-forme de partis  politiques et associations sans but lucratif) a réagi farouchement à cette impopulaire décision. C’est ainsi que le 20/01/92 tous les conférenciers acquis au changement sont partis au Palais du Peuple. Comme à l’accoutumée, les forces de l’ordre les ont sauvagement brutalisés. Bilan : plusieurs blessés et arrestations. Le même lundi 20/01/92, l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale(USOR) a fait une longue déclaration à ce sujet dans la quelle :
1)     Elle rejette la décision de Nguz de suspendre la CNS car ce dernier n’ayant pas les prérogatives et droits sur le forum national.
2)     Elle appelle toute la population à se liguer contre le grand Satan afin de déjouer les manœuvres sordides de la girouette qu’est Nguz.
3)     Elle organise le jeudi 23/01/1992 une journée « ville morte » sur toute l’étendue de la République pour réclamer la réouverture de la CNS. N.B. : cette opération « ville morte » a été une réussite totale à Kinshasa, au Bas Zaïre, Mbuji-Mayi, Kikwit, etc. car tout le monde est resté chez lui, pas de transport, pas de service, pas de marché.
L’opinion internationale a aussi condamné cet acte de Nguz et exige sa réouverture. Comme retombées immédiates, la CEE a suspendu son aide économique au Zaïre. Dernièrement, le 23/01/1992, MOBUTU et NGUZ ont monté un scénario de mauvais goût : ils ont fomenté un coup d’Etat organisé par 30 militaires. Ceux-ci  s’étaient emparé seulement du studio Radio et laissant la TV continuer.
Finalement Nguz s’en prend aux leaders de l’opposition qu’il menace de traduire en justice. Deux d’entre eux ont même été interpellés. Il s’agit de Messieurs TALANGAI ELIMA, Président du (RLP) : Rassemblement des Libéraux Progressistes) et KIRO KIMATHE, 2e Vice Président de la Démocratie Chrétienne Fédéraliste (DCF).
L’objectif de ce scénario du Pouvoir est l’anéantissement total des leaders de l’US et surtout ceux de l’UDPS. Voilà pourquoi le 09/02/92, la résidence de Monsieur Tshisekedi a été fouillée par les militaires de la (DSP) division spéciale présidentielle, feignant y trouver des fusils, des appareils sophistiqués de communication. Dieu aidant, rien de pareil n’y a été trouvé.
Pour l’UDPS, la lutte est non-violente et totalement basée sur les principes démocratiques. Il n’est jamais arrivé une seule fois à notre Parti de songer à un raccourci pour arriver vite au pouvoir. L’UDPS est pour un pouvoir démocratique et constitutionnel.
Voici la position de l’UDPS sur certains points dont :
1)     La CNS : l’UDPS exige sans condition sa réouverture car celle-ci constitue l’unique cadre fiable d’où  sortiront des nouvelles et stables institutions du Pays.
2)     La Primature : Notre Parti maintient son candidat Tshisekedi et le Premier Ministre doit sortir de la CNS
3)     Elections : l’UDPS récuse des élections anticipées tant que la CNS ne nous donne pas de nouvelles institutions fiables. Les élections sont des problèmes auxquels la CNS trouvera des solutions notamment en élaborant un calendrier et une loi électorale.
Cher Président sous-sectionnaire, je reste très confiant en nos perpétuels contacts. Voilà pourquoi je vous prie de me transmettre régulièrement des rapports (même trimestriels) sur l’état du Parti.
La politique est un combat essoufflant qui nécessite d’être un fin  alpiniste. Toute lutte politique se joue à ciel ouvert. Et pour être utile dans le Parti, il faut des sacrifices. En démocratie, il faut éviter l’anonymat et l’enkystage. Vers fin mars, je ferai une descente dans le Nord-Katanga. Tenons bon, l’UDPS vaincra. Agréez M. le Président Sous-Sectionnaire, l’expression de ma très haute considération.

Kinshasa, le 7 mars 1992
-CAB.JDH/UDPS/008/92
Monsieur le Président Sectionnaire de l’UDPS
A KONGOLO
CONCERNE : Nouvelles du Parti.
Monsieur le Président Sectionnaire,
Voilà que des mois viennent de s’écouler sans aucune nouvelle du Parti de votre part. Cette situation m’inquiète sérieusement. En tant que responsable n°1 de la section, votre rôle est de rassembler, d’instruire et de renseigner suffisamment les combattants de votre entité.
La démocratie aidant, le droit aux libertés appartient à tous les zaïrois y compris à ceux de Kongolo. Pour jouir pleinement de ses droits, il faut à tout moment et en tout lieu les revendiquer une fois violés.
Des informations concordantes provenant de la section de Kongolo sont alarmantes et désolantes : aucune causerie morale, aucun rassemblement, même dans une parcelle, aucun meeting, aucune conférence- débat, aucune tournée à travers les différentes cellules et sous-cellules de la section de Kongolo, etc.
Voilà une situation qui m’oblige de venir moi-même dans le Nord-Katanga. Car tout le monde est plongé, semble-t-il, dans une indescriptible léthargie. En tant qu’encadreur politique principal et de surcroît membre d’un grand parti d’opposition, vous devez demeurer toujours combatif, actif et agissant sur le terrain.
Ceci se remarque facilement par vos prises de position devant un cas donné, en dénonçant le mal, les brimades, toute sorte de violation des droits de l’homme et surtout tenir fréquemment des conférences-débats au cours desquelles le public (les combattants) est vivifié, renseigné sur l’évolution Socio-Politique du pays.
Je vous renouvelle mes requêtes concernant votre entier engagement pour la cause du parti, pour son avancement en manifestant  également votre franche collaboration. Demeurez toujours  bon encadreur politique  afin d’être utile non seulement pour la Nation mais aussi et surtout pour l’UDPS, notre parti national.
La suspension très hâtive de la Conférence Nationale Souveraine (CNS) est à la base du climat malsain dans la capitale. En somme, la situation sociale et politique reste  trop tendue suite aussi au non-paiement des travailleurs durant 3 à 4 mois, des brimades fréquentes, la cessation des enseignements à l’Université et à l’EPSP, et la vie vraiment insupportable.
Nguz  s’est vite dévoilé : il est plus dictateur que Mobutu lui-même. Comme son compère Kyungu wa Kumwanza, il devient un véritable danger public.
Le 16/02/92, les chrétiens de Kinshasa ont organisé une marche pacifique pour réclamer la réouverture de la CNS. Comme on s’y attendait, les militaires ont tiré dans la foule. Bilan : plus ou moins 69 morts identifiés, 108 blessés graves, 10 agonisants et 26 prêtres catholiques arrêtés. Et le dimanche le 1er mars 92, une autre marche d’espoir a été organisée. Grâce à l’intervention énergique de l’opinion  internationale, il n’y a pas eu beaucoup de pleurs : 2 morts, 5 prêtres, 2 fidèles et une religieuse de nationalité française ont  été arrêtés.
En dépit de toutes les protestations de population exigeant la reprise sans condition de la CNS, NGUZ affiche une mine insouciante.
Le 15 mars prochain, une troisième marche d’espoir sera organisée comme d’habitude, ce sont des prêtres qui la conduiront.
Je projette de faire une tournée vers fin mars dans le Nord-Katanga. J’espère rencontrer une chaleur exceptionnelle dans toutes les cellules et sous –cellules de votre Section.
Monsieur le Président, en politique, on ne désarme pas avant l’objectif. Je vous exhorte à aller de l’avant, être opérationnel sur le lieu.
Tenons bon, l’UDPS vaincra

-CAB.JDH/UDPS/019/92.       Kinshasa, le 10/07/1992
A Monsieur le Président  Sous-Sectionnaire
de l’UDPS/Baluba  A KASEYA
CONCERNE : Exhortations
Monsieur,
Durant ma  tournée dans la section de Kongolo, j’ai été profondément ébloui par l’enthousiasme que vous affichiez pour la cause du parti. Je vous en remercie infiniment et en garderai longtemps les séquelles dans mon cœur.
Bien que n’étant pas arrivé à Kaseya à cause de mon emploi du temps  trop chargé, je demeure confiant en vos propos sur l’avancement des activités de l’UDPS dans votre sous-section. Je sais aussi que votre zèle personnel  pour le devenir du parti date de longtemps. Voilà pourquoi je vous exhorte à fournir un travail d’arrache-pied parce que le combat est encore long. Il faut faire souvent des conférences-débats, des causeries morales au cours desquelles vos combattants seront édifiés pour tel ou tel  cas.
Demeurez en parfait contact avec le Président sectionnaire auprès de qui vous pourrez trouver d’autres nouvelles assez fraîches sur le parti. Votre lutte doit être basée sur la non-violence, le dialogue et la transparence. Mais elle doit surtout se passer sur le terrain, en plein jour. Car évitant ainsi l’enkystage. Combattez les forces du mal au grand jour, car l’UDPS est un grand parti d’opposition sur lequel reposent les espoirs de nombreux congolais. Débarrassez-vous de la peur, ayez le courage de revendiquer à temps vos droits une fois violés.
Dès la fin des travaux en commissions, et surtout dès que la charte de transition sera adoptée en plénière, la Conférence Nationale Souveraine (CNS) élira le Premier Ministre qui doit former un gouvernement crédible et compétent. Mais Mobutu et Nguz veulent à  tout prix arriver à un affrontement avec le peuple Dieu aidant, tout ira pour le mieux.
En septembre 92, je recommence mes tournées dans le Nord-Katanga. Je séjournerai un long moment à Kaseya et j’espère que je viendrai trouver déjà constituées  les cellules et les sous-cellules dans toute la collectivité.
Demeurez agissants sur le terrain
Agréez, Monsieur le Président, l’expression de ma profonde considération
Tenons bon, l’UDPS vaincra
C.I. : – Section  UDPS/Kongolo.

-CAB.JHD/UDPS/021/92        Kinshasa, le 15/07/1992
A monsieur KAHOZI AMULONDA
Président cellulaire de l’UDPS/Kayanza à KAYANZA
CONCERNE : Mes exhortations
Monsieur le Président,
De prime à bord, daignez recevoir mes très vifs remerciements suite à tout ce que vous  avez fait et en témoignerai inlassablement à quiconque voudrait en savoir plus sur le zèle des combattants de votre cellule.
Je reste aussi rassuré que les sous-cellules implantées dernièrement sont effectivement opérationnelles jusqu’à ce jour et que de temps en temps, vous vous réunissez pour évaluer le niveau d’avancement des activités du parti.
Je vous exhorte à aller de l’avant comme toujours et à demeurer d’inconditionnels udpéssiens sur qui repose avec raison mon espoir. Monsieur le Président, ce que je vous demande de faire pour le moment, c’est d’effectuer des tournées à chaque trimestre afin de mieux comprendre les réalités  sur le terrain de chaque sous-cellule. C’est ça le meilleur service que vous rendrez  au parti.
Dans un système démocratique, les forces en présence sont tenues de favoriser le dialogue et la non-violence et repousser la mésentente et la violence. Le tout dans la transparence, l’objectivité et la sincérité.
Combattez le mal dès la première occasion soit en le dénonçant soit en l’éradiquant tout bonnement. Débarrassez-vous de la peur car la démocratie signifie aussi droit à la liberté d’expression, liberté d’opinion, liberté de mouvement, liberté d’association, de réunion, etc.
Soyez en parfaite harmonie avec le comité sous-sectionnaire auprès de qui vous trouverez d’autres fraîches nouvelles sur le parti. Tenez souvent des meetings, des causeries morales, des conférences débats. N’hésitez plus à vous révolter devant toute injustice car la période d’inversion des valeurs est révolue.
Etant donné que vous êtes le principal encadreur politique et de surcroît membre d’un grand parti d’opposition, je vous prie d’avoir du sang chaud, du sang combattif sur le terrain de lutte politique et démocratique. Ceci se manifeste par vos  prises de position sur tout problème donné, en dénonçant assez vite le mal, la mégestion ou toute forme de violation des droits de l’homme ; et surtout animer souvent des conférences, des causeries morales pour vivifier vos combattants.
Dès que je verrais un voyageur en partance de Kinshasa pour Kongolo, je lui confierai les documents nécessaires pour le fonctionnement de votre cellule. A savoir papiers de bureau, journaux, tampons.
Le mercredi 22 juillet 92, la Conférence Nationale Souveraine (CNS) reprend ses plénières parce que les travaux  en commissions ont pris fin. Une dizaine des jours suffit pour voir la CNS former un nouveau gouvernement crédible et populaire. Celui de fantoches patronné par le tribalo-sécessionniste Nguz-Kazi-Bongo tombera sans autre forme de procès.
En septembre prochain, je me mets à nouveau sur le chemin du Nord-Katanga. Je compte venir y  passer beaucoup de jours que la fois passée. Ainsi j’espère y trouver déjà constituées les sous-cellules de Zimba et de Kihonga.
Tenons bon, l’UDPS vaincra.
C.I. :-S/Sect. Bena-Nyembo/UDPS à Mbulula.

Kinshasa, le 18 août 1992
-CAB.JDH/UDPS.023/92
B.P. 14769 Kin/Gombe
Tél. 21367
A Monsieur Muyumba Dieudonné
B.P. 90
KONGOLO.
Concerne : Accusé de réception.
Cher frère,
Votre lettre du 30 juin 1992 m’est bel et bien parvenue. Je vous en remercie beaucoup et espère que nos contacts épistolaires se consolideront.
Je ne cesse de m’inquiéter de l’intensité de l’épidémie de la grippe qui sévit dans la zone de Kongolo et dont moi-même avais été aussi victime. L’empressement avec lequel le Commissaire s/régional a répondu à votre « memo » me réjouit beaucoup. Néanmoins, je vous demande de ne pas axer votre vigilance  seulement sur les non-originaires de peur d’être traité des tribalistes comme les Ufériens.  L’UDPS est un parti national qui répugne le tribalisme et prône le respect strict des droits de l’homme.
A l’heure qu’il est, c’est mieux de tenir souvent des réunions et des conférences-débats car le devoir de notre parti est d’éduquer le peuple, de le mettre en garde contre tout achat de conscience avec l’argent sale.
Le cas SAHULANGA a déjà trouvé solution : il est affecté à Lubumbashi. Ce problème est plus professionnel qu’autrement, d’où, il faut le traiter dans ce cadre- là.
Lors de mon séjour à Kongolo, nous avons longuement réfléchi ensemble sur notre Parti, sur la population et sur moi-même. Je confirme que c’est avant tout pour vous-même que vous militez dans l’UDPS et non pas pour LUMBU. Car ceux qui gagnent souvent des promotions les méritent suite à leur ardeur, à leur engagement total pour la cause du Parti.
L’actuel Commissaire assistant et le Chef de Cité sont là pour le bien de l’UFERI. Il faut surveiller leurs actes à la loupe.
L’UDPS existe depuis plus de 10 ans et moi-même j’ai actuellement une idée nette sur chacun de mes collaborateurs. En vous donnant ce chèque-là, je vous avais dit que ce fut ma participation. Chacun de nous doit s’occuper et du parti et de son foyer. L’UDPS ne vit que grâce aux cotisations et dons d’un chacun de nous. Tous, nous vivons dans l’espoir de demain une fois la victoire acquise. Et tous ces éléments, nous les avons décortiqués très longuement avec vous à Kongolo.
Je vous félicite grandement pour le travail abattu au profit du Parti. De telles visites sont à encourager parce qu’elles aident au raffermissement de la foi de nos combattants. Je pense qu’en l’espace de ces deux jours passés à Lubao, vous vous êtes rendu compte que LUSANGA est entouré et secondé d’hommes capables qui n’attendent nullement un ordre de Kinshasa pour accomplir telle tâche. Contrairement à vous autres de Kongolo qui ne déployez aucun effort pour constituer ne fût-ce qu’une cellule vivante à Kongolo même. Quel moyen de transport ça exige, d’une famille.
Je suis étonné qu’à votre retour à Kongolo vous avez réuni les membres de la famille Lumbu. A quoi servent finalement les structures statutaires et non statutaires existantes par lesquelles je vous ai conseillé et recommandé d’animer le Parti ? Vous êtes Vice-Président Sectionnaire et non pas Vice-Président de ma famille. A quoi servent les comités sectionnaires, cellulaires etc.
Ne confondez pas le Parti avec ma famille car je ne compte pas œuvrer dans un parti familial ou tribal mais plutôt national, Pourquoi vais-je secourir seulement mes frères alors qu’ils n’assument aucune resposabilité dans les comités ?
Faites une nette ligne de démarcation entre ma famille et le parti, Un problème qui engage le parti doit être soumis au sein des comités existants.
En somme, l’UDPS est un parti des pauvres ayant leur foi, dans le changement. Moi personnellement, je ne compte nullement vendre le parti pour quoi que ça soit. Toi et moi avons tous le devoir de rechercher les moyens auprès de tous nos membres pour le bon fonctionnement du parti. Ne laissez pas ce travail à moi seul.
Je vous mets une fois de plus en garde sur la nécessité de notre collaboration si demain nous tenons à jouir des fruits de notre labeur. Notre collaboration exige la foi totale en l’UDPS. Evitez la médisance et œuvrez avec les moyens dont vous disposez afin d’éviter toute ingérence dans les affaires du parti.
Je vous exhorte à une parfaite harmonie avec le Président sectionnaire pour éviter d’asphyxier le parti comme dans le passé. Evitez des querelles intestines qui ne profitent qu’à nos ennemis.
Le 13 août 1992, aux environs de 3h40’ le siège de l’UDPS a été saccagé par une bombe. Un groupe d’agresseurs-commandos hostiles aux aspirations démocratiques de notre peuple a voulu ainsi mettre fin à la vie même du Président Kibassa Maliba qui est sorti indemne grâce à la bonté divine. En dépit de cette situation, notre combat pour la liberté continue sans relâche.
A  4 heures du matin du samedi 15 août 1992, la CNS a élu le 1er Ministre qui dirigera la transition de 24 mois. C’est Etienne Tshisekedi wa Mulumba de l’UDPS qui a battu les 2 concurrents à la majorité écrasante :
–           Etienne Tshisekedi a eu 1878 voix soit 70,8%
–           Thomas Kanza a eu 734 voix (27,7%) et
–           Bopenda avec 4 voix (0,2%).

La situation est dure, trop dure et exige à chacun de nous un déploiement sans précédent d’énormes efforts pour la réussite économique et politique de ce gouvernement. Mettez-vous dès à présent à la sensibilisation de toutes les couches sociales pour se mettre vite au travail.
J’ai appris avec regret le pillage de Kongolo. Tous mes biens son volés. C’est bizarre que cela arrive aussi dans un milieu pauvre comme Kongolo. Il s’agit d’un acte commandité par le gouvernement Nguz pour saboter mes actions. Les gens de l’Uféri/Nguz trop tribalistes et régionalistes provoquent des incidents meurtriers au Katanga. Pour l’UDPS, la nation congolaise est une et indivisible et chaque congolais peut avoir la résidence où bon lui semble.
A la CNS, son on se bat pour faire du Congo un Etat fédéral afin de favoriser le devenir de toutes les contrées.  C’est le Prof. Marcel Lihau de l’UDPS qui est Président de la commission constitutionnelle et Kibassa est Président de la commission politique.
En septembre, je serai votre hôte et comme la mésentente persiste dans la section de Kongolo, je demanderai à l’assemblée sectionnaire de prendre ses responsabilités.
Très fraternellement,

 

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