Protais LUMBU 3, « Ma lutte pour la démocratie institutionnelle » (Chapitres 4, 5 et 6)

Protais LUMBU 3, « Ma lutte pour la démocratie institutionnelle » (Chapitres 4, 5 et 6)

29 Juil, 2014

Protais LUMBU 3, « Ma lutte pour la démocratie institutionnelle » est un ouvrage autobiographique, dans lequel est retracé la lutte de l’auteur aux cotés de ses collègues parlementaires de la 3ème législature, 2ème République pour l’instauration des pratiques démocratiques au Zaïre monopartiste, dont le Mouvement Populaire de la Révolution (MPR) constitutionnellement l’unique institution s’était vu élevé en Parti-Etat-Nation.

Chapitre 4. La réattribution de la ferme Ex Bonen à  MBUNJ MULOL

              Je m’arrangeai aussi avant de quitter Kinshasa de prendre des contacts  avec certains collègues ou connaissances afin qu’ils m’assistent  à remettre complètement en activité ma ferme de Kolwezi. Malheureusement mon collègue Mbunj Mulol m’informa dès mon arrivée à Kolwezi qu’il en était devenu le nouvel acquereur.  Ce chapitre comportera ainsi quatre paragraphes que sont :

Mon déplacement de Kinshasa à Kolwezi via Kongolo,

Ma rencontre à Kinshasa avec le Commissaire d’Etat,

Mes démarches infructueuses en vue de conserver la ferme,

Ma réaction vis-à-vis de l’OGDP et le journal satirique Grognon,

Paragraphe 1er Mon déplacement de Kinshasa à Kolwezi via Kongolo,

a) Le conflit avec le commissaire du peuple Mbunj Mulol,

            Parti de Kinshasa pour Kongolo, en janvier 1978, je continuai mon voyage pour Kolwezi via Kalemie afin de relancer ma ferme.

                J’avais déjà donné à mon agence de Banque de Kinshasa à Kinshasa l’ordre de transférer toutes mes indemnités à mon compte de la Banque Commerciale de Kolwezi. C’est par la Banque donc que je commençais mes visites et remarquais malheureusement qu’aucun versement n’avait encore été fait.

J’eus à me voir à cette occasion avec plusieurs de mes collègues de Kolwezi dont le Citoyen MBUJI MULOL qui m’invita chez lui. M’y rendant, je lui exposais encore l’objet de mon séjour qui était celui de réhabiliter ma ferme qui avait souffert de mon absence pour raison de mes études universitaires que je tenais nécessairement à terminer. Après m’avoir écouté, le Citoyen MBUNJI m’informa que depuis un certain temps ladite ferme lui revenait. Croyant d’abord à une blague, je lui demandais de me montrer les documents transférant cette ferme à lui. Ouvrant sa mallette il me donna une lettre d’attribution dont la teneur suit que je me mis à copier mais malheureusement il me l’arracha :

                                                           Kinshasa, le 8 février 1978

                                                           B.P. 8722-Téléphone 31144

(1)00370-BCE/AGRI/77

TRANSMIS COPIE POUR INFORMATION AUX :

-Citoyen Commissaire de Région du  Shaba à  LUBUMBASHI.

-Citoyen Commissaire S/Région de   Kolwezi à  KOLWEZI.

-Citoyen Commissaire de Zone de  Kolwezi à  KOLWEZI.

-Citoyen Agronome de Zone de Kolwezi   à  KOLWEZI.

-Citoyen MALOBA – B.P. 249

  à  KINSHASA/NDOLO.-

 

                                                           Au Citoyen MBUNJI MULOL

                                                             B.P. 205

                                                            KOLWEZI.-

Citoyen,

Suite à la lettre du Citoyen Commissaire de Région du 7 février n° 10/00379/BUR.REGION………………………………………………………

Je devais répondre le même jour à midi à l’invitation du Commissaire du Peuple SAMBUMBA qui me conduisit au nouveau Mess  de la Gécamines où nous devrions dîner ensemble.

Sollicitant son arbitrage, je lui informais de la situation qui prévalait entre moi et le Commissaire du Peuple MBUNJI. Je retrouvais enfin mes gérants à qui je posais le problème. Ils semblèrent tous ignorer le cas MBUNJI mais me présentèrent un contrat qu’ils avaient passé avec le Citoyen KAWANGU pour la location de la ferme :

 

b)     La position de mes gérants

 Convention de gérance

ENTRE : Les citoyens     KAZADI MWIN KALAMB   14522, Av. LUSANGA, LUMBU IRUND  Av. KASA VUBU n° 461          Représentant la ferme KATEBE.

ET : Le Citoyen KAWANGU, résidant à la Cité KANYINA

 Il a été convenu, en notre qualité de Délégué de pouvoir du Citoyen LUMBU MALOBA, Propriétaire, que le Citoyen KAWANGU est notre Gérant légitime et officiel pour les activités de la Ferme KATEBE.

Le Citoyen KAWANGU est appelé à assurer la responsabilité technique et administrative de la Ferme dans le respect des biens et des personnes trouvés.

 Il peut répondre aux agents agricoles et vétérinaires au nom de la ferme KATEBE.

                                                                 Fait à Kolwezi, le 24 juillet 1977

LA FERME,                                                                 LA GERANCE,

Sé/KAZADI MWIN KALAM

Témoin sé/LUMBU IRUND                                            Sé/KAWANGU K.

                                                                                  Témoin sé/TAMBWE NG.27.7.1977

         – Contrat de location

ENTRE : Citoyens KAZADI MWIN KALAMB  14522, Av. LUSANGA,  LUMBU IRUND 461, Av. Kasa-Vubu

Représentants la Ferme KATEBE

ET : Le Citoyen KAWANGU,  résidant à la Cité KANYINA.

Il a été  convenu ceci en cette date :

  • Le Citoyen KAWANGU prend engagement de la ferme en qualité de locataire ;
  • Le Citoyen KAWANGU versera un montant de Z. 250 (DEUX CENT CINQUANTE ZAIRES) comme caution dans les sept mois qui suivent cet acte
  •  Après ce délai de sept mois non payables, un contrat de paiement sera établi de commun accord pour la continuité de ses activités.
  • -Le Citoyen KAWANGU pourra exercer toutes les activités de son choix à la ferme avec un personnel de son choix, mais dans le respect du matériel et de l’immobilier trouvé.
  • Nous dressons en annexe de ces objets et immeubles.

                                                                       Fait à Kolwezi, le 26 juillet 1977

POUR LA FERME KATEBE

Sé/KAZADI MWIN KALAMB                                   POUR LA LOCATION,

                                                                                  Sé/KAWANGU

ANNEXE AU CONTRAT DE BAIL.

1 (un) tracteur à réparer

1 (un) groupe électrogène à réparer

1 (un) moulin broyeur

2 (deux) mélangeurs de sable

1 (un) frigo à pétrole

1 (une) pompe à eau

2 (deux) ensembles de houes  tracteur

3 (trois) maisons d’habitation

4 (quatre) immeubles d’élevage

2 (deux) maisonnettes de travail (pompe à eau)

1 (une) balance à peser

1 (une) construction en arrêt.

                                               Le 27 juillet 1978

                                 Sé/KAZADI MWIN KALAMB                                       Sé/LUMBU IRUND

                                   Sé/KAWANGU KAZANDA                                      Sé/TAMBWE NGONGO

Le même soir nous nous vîmes avec mon collègue MBUNJI chez le citoyen LUMBU IRUND et échangeâmes malheureusement des mots durs. Il m’assura là-bas que ma ferme tout comme celle du Citoyen SAMBUMBA allaient revenir à la Gécamines et qu’il pensait que lui et moi étant les mêmes, il pouvait prendre la ferme à ma grande satisfaction, comme je l’avais abandonnée. D’ailleurs, affirmait-t-il, il allait me couvrir de toutes les ventes du matériel que j’avais fait selon lui. Je ne manquais pas cependant de mettre un accent sur sa malhonnêteté et la calomnie dont j’étais victime.

Jamais je n’avais vendu un matériel de la ferme. Aucun arrangement sur le terrain n’ayant pas été possible, je me décidais de regagner KINSHASA pour poser le problème au  Commissaire d’Etat.

Paragraphe 2. Ma rencontre avec le commissaire d’Etat,

A Kinshasa j’avais rencontré d’abord le Commissaire  Politique NYEMBO MWANA NGONGO auprès de qui j’avais exposé mon problème, celui-ci m’assura qu’il allait inviter le Commissaire d’Etat chez lui à la maison et à cette occasion, je pourrais poser à l’aise mon problème. Le rendez-vous fut pris pour le 4 mars 1978.

Au jour indiqué je n’avais pas encore fait une demi-heure chez le Commissaire Politique, lorsque le Citoyen TEPATONDELE, Commissaire d’Etat à l’Agriculture, s’y présenta.

Le Commissaire Politique posa d’abord ses problèmes puis aborda les miens.

Entretemps arriva aussi l’ancien Commissaire d’Etat à l’économie KAPENDA SAK’BWANG alors que je relatai au Citoyen Commissaire d’Etat à l’Agriculture le cas de ma ferme. Ce dernier fut tellement étonné qu’il s’écria que MBUNJI était malhonnête, il ne lui avait dit à aucun moment que c’était un Commissaire du Peuple acquéreur de cette ferme, par contre, iI lui avait affirmé plutôt que le Citoyen MALOBA était un inconnu dans les milieux de Kolwezi et qu’il séjournait à Kinshasa.

Prenant la parole le Citoyen KAPEND rappela au Commissaire d’Etat qu’il se trouvait dans ses bureaux lorsque le Citoyen MBUNJI insistait pour que la lettre d’attribution soit signée et qu’il lui avait demandé de se méfier de ses larges sourires.

Le Commissaire d’Etat à l’Agriculture me pria de rentrer à Kolwezi m’occuper de travail de réhabilitation de ma ferme comme si rien n’était. Mais juriste de formation, je lui demandais s’il ne pouvait pas d’abord signer une note annulant cette deuxième lettre d’attribution et dans sa réponse il m’affirma qu’il ne manquerait pas à le faire lors de sa prochaine visite à Kolwezi et m’invita de l’attendre sur place.

 A l’issue de la conversation je lui remis une lettre de recours que j’avais préparé pour la circonstance dont le contenu suit :

Kinshasa, le 4 mars 1978

LUMBU MALOBA NDIBA

COMMISSAIRE DU PEUPLE

KINSHASA

  TRANSMIS COPIE POUR INFORMATION

– Citoyen Président du Bureau Permanent du Conseil Législatif à KINSHASA/Palais de la Nation

OBJET : Recours contre ma déchéance  et la  réattribution de ma ferme au Commissaire du Peuple MBUNJI MULOL. Lettre n° 00370-BCE/AGRI/77. Adressée au Cit. MBUNJI MULOL.


                                                           Au Citoyen  Commissaire d’Etat à L’Agriculture à  KINSHASA/GOMBE.-

Citoyen Commissaire d’Etat,

C’est la mort dans l’âme que j’ai appris, le 21 février dernier à Kolwezi de mon Collègue MBUNJI MULOL, votre décision de lui attribuer depuis le 5 février 1978 la ferme dont je suis acquéreur depuis 1974.

A la lecture de la loi n° 78-003 du 20 janvier 1978 portant mesure de recouvrement des sommes dues à l’Etat par les acquéreurs des biens zaïrianisés, j’étais persuadé que l’insécurité juridique en ce domaine était révolue. Je m’apprêtais donc après le désastre que nous avons tous connu suite au manque de carburant, des produits pharmaceutiques et à la guerre de 80 jours, à redémarrer les travaux interrompus par tous ces événements.

Et sans avoir été consulté, sans avoir été sommé et surtout sans avoir été mis en demeure ni déclaré défaillant, je vois ma ferme réattribuée après mille intrigues à un Collègue Commissaire du Peuple.

 Le Citoyen MBUNJI que je connais fort bien et avec lequel j’ai eu à maintes reprises des  conversations au sujet de ma ferme et qui connaît bien mes gérants n’a pas jugé utile de m’informer de quoi que ce soit ici à Kinshasa préférant procéder en catimini à l’inventaire (sans même associer mes gérants !).

Je voudrais rappeler, Citoyen Commissaire d’Etat, que lorsque j’avais acquis la ferme ex-BONEN par la lettre n° 2101/CAB/AGRI/74 du Commissaire d’Etat à l’Agriculture, je n’étais qu’un étudiant. Pourtant des années durant, j’ai pu entretenir correctement le patrimoine. Je suis surpris qu’en ce moment où je peux payer à l’Etat son dû dans le cadre de cette ferme, en ce moment où je deviens plus solvable parce que Commissaire du Peuple depuis 1975 et Licencié en Droit depuis 1977, vous puissiez m’arracher cette ferme, privant par là, l’Etat des sommes importantes que je lui dois.

La ferme dont je suis acquéreur se trouvant située à 35 kilomètres de Kolwezi, les difficultés de transport dues essentiellement au rationnement du carburant ne me mettaient-elles pas dans un cas de force majeure ?

Par ailleurs, sur quoi peut-on établir la compétence en affaires du Citoyen MBUNJI qui, suite à la zaïrianisation, a hérité de certains magasins vides depuis lors ?

Déterminé à répondre en bon militant à  l’appel du Guide, je me trouvais à Kolwezi pour suivre personnellement la réhabilitation de la ferme. C’est là que mon Collègue MBUNJI m’a fait part de votre décision, prise, je le présume, parce que vous manquiez d’informations de ma part.

Je ne doute pas, Citoyen Commissaires d’Etat, maintenant que vous êtes dûment informé, que je serai remis le plus tôt possible dans mes droits.

 Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie d’agréer, Citoyen Commissaire d’Etat, l’expression de mes sentiments très révolutionnaires.

                                                                       Sé/LUMBU MALOBA NDIBA

                                                                       COMMISSAIRE DU PEUPLE.

A mon retour à Kolwezi, je me réinstallais chez KAZADI MWIN KALAMB avec la détermination de remettre ma ferme en activité. Je recommandai à mon frère LUMBU MUGANZA, de loger à la ferme, car j’avais constaté que le Citoyen KAWANGU avec lequel un contrat de location avait été passé ne l’occupait pas.

A la fin des vacances parlementaires je quittai Kolwezi pour Kinshasa via Kongolo.

Je reçus lors de mon séjour à Kinshasa, une lettre en provenance de Kolwezi dont le contenu ci-dessous :

                                                                       Ferme Katebe, le 7 mai 1978.

Cher Frère LUMBU MALOBA,

J’ai une grande tristesse lorsque je vous écris à la hâte la présente en vous demandant de me répondre par l’intermédiaire du Citoyen KAZADI. Nous avons été expulsés de la Ferme par le Citoyen MBUNJI qui me dit que lors d’un entretien que vous avez eu avec lui à Kinshasa, vous lui auriez affirmé que la Ferme lui revenait et qu’elle ne vous appartenait plus !

Est-ce vrai ? Car lorsqu’il est venu payer les salaires des ouvriers qu’il a placés à la ferme, il avait demandé à ceux-ci de continuer à travailler mais il me renvoya

Nous avons été expulsé depuis le 6 mai 1978 et j’ai dépêché mon épouse à Kolwezi pour demander à Victor et Kazadi de vous lancer un télégramme, j’ignore si cela a déjà été exécuté ou non. Je vous demande de me confirmer si oui ou non je dois quitter la ferme. Il dit par ailleurs que vous êtes voleur, parce que vous volez à la ferme, après que vous vous soyez arrangés et convenus, vous continuez à exercer certaines activités à la ferme.

                                                                       Salutations distinguées.

                                                                       Sé/LUMBU MUGANZA.

Paragraphe 3.  Mes démarches infructueuses en vue de conserver la ferme

 

Ma sollicitation du concours de bureau du Conseil Législatif

En réaction à la lettre de mon frère en provenance de la ferme, j’avais sollicité  le concours du bureau du Conseil Législatif. D’autre part, le Premier vice-Président du Conseil Législatif, le Citoyen NZONDOMYO-a-DOKPE LINGO, suite à la copie pour information datée du 4 mars, de ma lettre adressée au Commissaire d’Etat à l’Agriculture, nous avait convoqués avec mon collègue  à plusieurs reprises à son bureau. Ce dernier s’excusa toutes les fois et prétendit même que l’affaire étant entre les originaires d’une même Région, la Commission parlementaire shabienne serait mieux placée pour se charger de la réconciliation.

La deuxième guerre du Shaba, appelée « la Guerre de Six Jours », compliqua notre problème, car les graves nouvelles nous parvenues de Kolwezi faisaient que nous étions obligés de ne plus évoquer entre nous des problèmes qui pouvaient susciter la désunion.

La nouvelle la plus alarmante que nous ayions reçue alors que nous nous trouvions à N’sele à la Vème session spéciale destinée aux Commissaires du Peuple fut celle de la destruction de la maison de mon collègue MBUNJI MULOL par un coup de mortier et que le sort réservé à sa famille n’était pas encore connu.

Devenu sujet de notre pitié, le moment n’était plus propice pour analyser ses méfaits.

Le débat a la commission parlementaire du Shaba

C’est au cours de la session parlementaire d’octobre que le problème qui m’opposait avec le Citoyen MBUNJI devait être débattu au niveau de la Commission Parlementaire du Shaba.

Une sous commission composée du doyen de la commission parlementaire du Shaba, le Citoyen SHABANI wa KALENGA et le Commissaire du Peuple ayant la qualité du Chef de collectivité, le Commissaire du Peuple PANDE KYALA devait approfondir le cas le 19 octobre 1978. Le domicile du citoyen Pande Kyala, Chef de collectivité de Kambove et Commissaire du Peuple avait été choisi pour la circonstance.

Athanase m’accompagna sur le lieu mais m’attendit à l’extérieur. Seuls les Citoyens Shabani et Pande s’étaient présentés en dehors de moi-même et du Citoyen Mbunji, au domicile du Citoyen Pande où était logé le Citoyen Mbunj Mulol. Je fus le premier en ma qualité de plaignant, à exposer notre différend malgré. Le Citoyen Mbunji présenta ses moyens de défense. Une discussion chaude nous opposa par après et se tourna en dispute. Très énervé je me levais pour cogner sur mon adversaire que j’avais par ailleurs couvert d’injures et, ce, malgré l’appel au silence lancé par les deux membres de la sous-Commission. Le citoyen Pande Kyala  trouva un prétexte pour lever la séance car selon lui, le climat pour un bon travail n’était plus.

              Je constatais personnellement que l’attitude du citoyen Pande n’était qu’une marque de partialité envers son locataire, ce qui me fit prendre la détermination de rappeler mon recours auprès du Commissaire d’Etat :

Le rappel de mon recours auprès du Commissaire d’Etat,

Kinshasa, le 20 octobre 1978

Maître LUMBU MALOBA NDIBA  

Commissaire du Peuple

KINSHASA.

                                                                       LMN/C.P.CT/017/78

OBJET : Rappel de mon recours

Du 4 mars 1978 sur la réattribution

De ma ferme (ferme ex-Bonen à Kolwezi).                    

Transmis copie pour  information au :

  – Citoyen Président du Conseil Législatif

de et à  KINSHASA-Palais de la Nation.

 

Au Citoyen Commissaire d’Etat à  L’Agriculture de et à  KINSHASA/GOMBE.-

Citoyen Commissaire d’Etat,

L’honneur m’échoit de vous rappeler que suite à l’entretien que j’ai eu avec vous le 4 mars 1978, suivi de la remise de mon recours en ce qui concerne la réattribution de la ferme dont je suis acquéreur à mon collègue MBUJI MULOL, vous m’aviez assuré de vous pencher sur ce cas afin d’y apporter une solution. Depuis lors, j’attends. Mon programme de démarrage reste dans le tiroir et la ferme de plus en plus en destruction.

Je vous informe aussi que depuis hier, pour ce sujet une mésentente grave est née entre moi et mon collègue. N’auriez-vous pas l’amabilité de nous épargner l’aggravation d’une telle situation entre hauts cadres du Mouvement Populaire de la Révolution.

Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie d’agréer, Citoyen Commissaire d’Etat, l’expression de mes sentiments très distingués.

                                                                        Sé/Me. LUMBU MALOBA NDIBA

                                                                       Commissaire du Peuple.

 Avant qu’une réponse ne me soit réservée, le Commissaire d’Etat à l’Agriculture se vit révoquer et mis à la disposition de la Justice.

Le rappel de mon  recours auprès du bureau du conseil législatif.

Kinshasa, ce 18 décembre 1978.

Maître LUMBU MALOBA NDIBA

Commissaire du Peuple

KINSHASA.-

 N° 044/CP./LMN/KIN/78.

Au Citoyen Président du Conseil Législatif  de et à  KINSHASA-PALAIS DE NATION.

Citoyen Président,

L’année 1978 s’apprête à toucher à sa fin sans que le Bureau du Conseil Législatif auquel j’avais tant confiance ne résolve le litige qui m’oppose à mon collègue MBUNJI MULOL. Dix mois durant mon dossier est resté dans le bureau du 1er Vice-président à qui je l’ai confié parce qu’étant chargé des relations entre le Conseil Législatif et les Commissaires d’Etat.

M’étais-je trompé en m’adressant au Conseil Législatif ? N’aurai-je pas de compte à rendre au Conseil Législatif si par mes agissements ayant trait à ce problème il s’avérait que j’expose aux critiques cet Organe ?

Telles sont des questions que je ne cesse de me poser.

Citoyen Président,

Acquéreur d’une ferme en août 1974, les difficultés de trésorerie me poussèrent à rencontrer certains de mes collègues à qui je demandai l’aide et conseil, SAMBUMBA, KAMBIMBI mais aussi MBUNJI, sont de ceux-là.

Si le Collègue SAMBUMBA posa l’un ou l’autre geste en ma faveur, il n’en était pas ainsi de MBUNJI qui trouva plutôt une occasion pour s’accaparer de mon acquisition prétendant qu’originaire de Lualaba et  résidant à Kolwezi, il  devait tout faire pour empêcher à un homme du Nord que je suis à garder cette ferme. Il trouva en mon gérant qui par malheur était son cousin un complice qui lui fournissait des renseignements. Dès 1976, il introduisit auprès du département une demande de réattribution. La guerre de 80 jours et ses retombées m’assénèrent un coup dans mes activités à tel point que je décidais d’arrêter momentanément et ordonna à mon gérant de mettre en dépôt de peur qu’elles ne soient volées certaines de mes machines. Mon collègue dramatisa ce cas m’accusant d’avoir abandonné la ferme, il vit le Commissaire de région assistant avec lequel il était en bonnes relations dès Kolwezi où il était d’abord Commissaire Sous-régional. Ce dernier le recommanda auprès du Département de l’Agriculture qui exauça son vœu. Je ne fus informé de cela qu’à Kolwezi même par mon collègue, lorsque j’étais sur le point de faire redémarrer mes activités. Me rendant compte que la procédure de déchéance telle qu’elle est prévue par la loi n° 78-003 du 20 janvier 1978 portant mesures de recouvrement des sommes dues à l’Etat par les acquéreurs des biens zaïrianisés n’était pas respectée, j’introduisis un recours auprès du département de l’Agriculture le, 4 mars 1978. Le 20 octobre j’ai rappelé mon recours mais je reste sans réponse. La Région du Shaba et plus particulièrement la Ville de Kolwezi ont connu d’énormes difficultés qui ont porté atteinte à la bonne marche des activités de plusieurs personnes. Il y a bel et bien force majeure. Plus encore, je n’arrive pas à comprendre pourquoi le département n’a pas réattribué toutes les fermes qui d’ailleurs sont dans la même situation que la mienne.

Citoyen Président,

 Je me réalise que par la voie judiciaire ce litige durera encore plus et  l’Etat ne sera pas en mesure de récupérer d’énormes sommes que je lui dois pour cette ferme. C’est pour cela que je recours à votre sagesse devenue légendaire. N’avez-vous pas déjà résolu des conflits que d’aucuns avaient cru irrésolubles ?

Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie d’agréer, Citoyen Président, l’expression de ma profonde gratitude.

                                               Sé/Maître LUMBU MALOBA NDIBA

                                                                       Commissaire du Peuple

La lettre  de l’OGEDEP,

L’Office de Gestion de la Dette Publique « OGDP » me fit parvenir la note dont la teneur suit :

 Kinshasa, le 13 novembre 1978

REPUBLIQUE DU ZAIRE

MOUVEMENT POPULAIRE DE LA REVOLUTION

 

 Au Citoyen LUMBU MALOBA

                                                                 Boîte postale 16029

                                                                  KINSHASA  1.

N° DG/KN/MD/0955/78.

Citoyen,

Concerne : Recouvrement des sommes dues à l’Etat.

En exécution de l’ordonnance-loi n° 78-003 du 20 janvier 1978 portant mesures de recouvrement de sommes dues à l’Etat par les acquéreurs des biens zaïrianisés, nous avons l’honneur de vous transmettre en annexe, la situation en DTS de votre endettement envers l’Etat au 20 janvier 1978.

Conformément à votre demande, nous avons dressé un tableau d’amortissement de 20 semestrialités que vous trouverez également en annexe.

Nous vous rappelons que, sauf arrangement pris entre vous et l’ancien propriétaire et dont l’application (début de paiement) a été effectivement avant la promulgation de ladite loi, c’est à l’Etat seul que vous aurez désormais à effectuer tous vos paiements au titre d’indemnisation, et ce par le biais du compte n° 11040/1406 de l’OGEDEP auprès de la Banque du Zaïre.

Nous vous signalons enfin qu’une note de débit vous sera adressée un mois avant chaque échéance et qui vous donnera l’équivalent en Zaïres du montant en DTS que vous aurez à payer.

                          Comptant sur votre sincère collaboration, nous vous prions d’agréer, Citoyen, l’expression de notre considération distinguée.

                                                                       Sé/N’GOLE ILIKI

                                                                       Délégué Général.

OGEDEP

KINSHASA

CITOYEN LUMBU MALOBA

VENTILATION DE LA DETTE :

Bien  acquis                                         : ELEVAGE PORCIN BONEN

Valeur  au 23.07.74                               : Z.       51.752,00

Soit en DTS (1 Z = 1,66 DTS)               : DTS     89.908,32

Intérêts intercalaires (8 %)

Du 23.07.74 au 20.01.78

Soit 3 ans + 181 jours                          : DTS.    24.025,99

Total dette au 20.01.78                         : DTS.   109.934,31.-

OGEDEP                     CREANCIER                            : OGEDEP

KINSHASA                   ACQUEREUR                           : LUMBU MALOBA

                                   BIEN ACQUIS                          : ELEVAGE PORCIN BONEN

                                   DATE REPRISE                                   : 23.07.74

                                   DETTE AU 20.01.78                  : 109.934,31 DTS

                                   TAUX D’INTERET                     : 8 %

                                   N° DU DOSSIER                      : 238

                                   DUREE DE REMBOURSEMENT : 20 SEMESTRIALITES.

Date de l’échéance Nbre de jours En cours Tableau d’amortissement
      Principal Intérêt TOTAL
20.07.78 20.01.79 20.07.79 20.01.80 20.07.80 20.01.80 20.01.81 20.07.81 20.01.82 20.01.83 20.07.83 20.01.84 20.07.84 20.01.85 20.07.85 20.01.86 20.07.86 20.01.87 20.07.87 20.01.88      109.934,31    104.437,60      98.940,89      93.444,18      87.947,47      82.450,76      76.954,05      71.457,34      65.960,63      60.463,92      54.967,21      49.470,50      43.973,79      38.477,08      32.980,37      27.483,66      21.986,95      16.490,24      10.993,53        5.406,82 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71  5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 5.496,71 4.397,37 4.177,50 3.957,63 3.737,76 3.517,89 3.298,03 3.078,16 2.858,29 2.638,42 2.418,55 2.198,68 1.978,82 1.758,95 1.539,08 1.319,21 1.099,34    879,47    659,60    439,74    219,87 9.894,08 9.674,21 9.454,34 9.234,47 9.014,60 8.794,74 8.574,87 8.355,00 8.135,13 7.915,26 7.695,39 7.475,53 7.255,66 7.035,79 6.815,92 6.596 ;05 6.376,18 6.156,31 5.936,45 5.716,69
      109.934,31 46.172,36 156.106,67

                                               Sé/OFFICE DE GESTION DE LA DETTE PUBLIQUE

                                                           REPUBLIQUE DU ZAIRE – OGEDEP.

Lors de mon séjour à Kolwezi en novembre 1980, je rencontrai le Commissaire Urbain auprès duquel je soutins mes prétentions d’être le seul vrai acquéreur de la ferme.

Décidé de faire redémarrer les travaux après la deuxième guerre du Shaba, je confiai à mon oncle un montant et la charge d’assurer la garde pendant mon absence du mois de décembre pour motif de participation aux travaux de la session parlementaire. Malheureusement la saisie de la lettre ouverte au Président-Fondateur du MPR, mon arrestation et ma relégation qui s’en suivirent après le retrait de mon mandat parlementaire mirent fin à tout mon espoir de garder une ferme zaïrianisée enviée par un collègue devenu entre temps membre du Comité Central.

Mon oncle remit le montant lui confié pour les travaux de la ferme à mon épouse qui séjournait chez lui pour lui permettre de me rejoindre et lutter à mes côtés pendant ce temps de disgrâce qui s’étendit durant sept ans.

Paragraphe 4. Ma réaction a l’article du grognon et à la lettre de  l’OGDP

Nommé Délégué Général à la Société Nationale d’Assurances après le temps de disgrâce, la presse ressuscita le dossier de la ferme pendant les tous premiers moments de la libéralisation intervenue le 20 avril 1990.

Ci-dessous le contenu de l’article de Grognon, de la lettre de l’OGEDEP et de ma mise au point.

 

 L’article de Grognon

Pillage

BOBOLIKO doit au peuple plus d’un milliards de Zaïres.

Lumbu Maloba doit rembourser plus de 126 millions de Zaïres à la République.

Il en est de même du brillant combattant LUMBU MALOBA qui peut mettre l’UDPS au-dessus de tout soupçon en versant environ 126 millions de Zaïres à l’Etat.

 LA NOTE DE L’OGEDEP

Kinshasa, le 07 février 1991.

REPUBLIQUE DU ZAIRE

OGEDEP

 Le Président Délégué Général

A Monsieur LUMBU MALOBA

                                                           Délégué Général Adjoint de la SONAS

PDG/BNS/KK/00115/91.                                                                   à  KINSHASA.-

Monsieur,

Concerne : Votre dossier de zaïrianisation dans les livres de l’OGEDEP.

J’ai l’avantage de vous rappeler que dans le cadre de la loi n° 003-78 du 20 janvier 1978, l’OGEDEP vous avait transmis par sa lettre n° DG/KN/MD/0955 du 13 novembre 1978, la situation de votre dette conformément à la loi précitée.

 Il se fait que depuis lors, L’OGEDEP n’a enregistré aucun paiement de votre part, au contraire, d’importants arriérés continuent à s’accumuler dans ses livres dont le montant s’élève à ce jour à plus de Z. 357.616.310,63.-

L’Office vous prie par conséquent, de bien vouloir prendre les dispositions qui s’imposent pour la régularisation de votre dossier dans les livres de l’Office.

Dans l’attente d’une suite utile de votre part, je vous prie d’agréer, Monsieur le Délégué Général Adjoint, l’expression de ma parfaite considération.

                                                  POUR LE PRESIDENT DELEGUE GENERAL,

                                                   LE DELEGUE GENERAL ADJOINT,

                                                       Sé/Prof. MUBAKE MUMENE.

 MA MISE AU POINT

                                                           Kinshasa, le 13 février 1991.

                                                           A Monsieur le Président-Délégué Général

                                                                De l’OGEDEP de et à KINSHASA

OBJET : MISE AU POINT.

Monsieur le Président-Délégué Général,

Une certaine presse dénonce depuis un certain temps les leaders de l’Opposition qui doivent à l’Etat dans le cadre de la dette intérieure.

Après la lecture de l’article de SIBOMARA dans le N° 00 page 1 de Manager-Grognon, repiqué par MLK dans le Forum des AS N° 04 à la page 4, je me suis rendu compte que mon nom a été aussi retenu ; sans doute par manque d’information ; raison pour laquelle je vous ai rencontré le jeudi 31 janvier 1991.

En effet, ma visite à l’OGEDEP m’a permis de constater que le dossier qui avait été ouvert à mon compte pour l’acquisition, dans le cadre de biens zaïrianisés de la ferme KATEBE (ex-BONEN) à Kolwezi n’avait pas subi de modification.

Ainsi, je vous informe que par sa lettre n° 00370-BCE/Agri/77 du 08 février 1978, Monsieur le Ministre de l’Agriculture TEPA TONDELE avait réattribué cette ferme à MBUNJI MULOL (ex-Membre du Comité Central).

Mon recours du 04 mars 1978 étant demeuré sans suite et la ferme ayant été occupée effectivement par Monsieur MBUNJI depuis le 21 février 1978, voudriez-vous dès lors exiger à l’acquéreur-jouisseur de régulariser sa situation pour me mettre moi-même et mon Parti  l’U.D.P.S., cités abusivement par la presse, au-dessus de tout soupçon ?

Sentiments patriotiques.

                                                                            Sé/LUMBU MALOBA.

C.C. : -Directoire UDPS

          -1er COMETAT

          -Ministre des Finances

          -Ministre de l’Agriculture

          -Manager-Grognon

          -Forum des AS.

Chapitre 5.  Mon inscription au tableau de l’ordre des avocats  du barreau de Kinshasa,

 

Me rendant compte que ma qualité du Parlementaire m’obligeait d’assister régulièrement aux sessions ordinaires à Kinshasa, j’effectuais les démarches pour me faire inscrire au barreau de Kinshasa et trouvais tout à fait normal que ça soit à Kinshasa où je devais exercer la profession d’avocat pour laquelle j’avais opté, étant donné qu’il n’y avait pas un tribunal à Kongolo et que pendant mes absences mes affaires pourraient être présentées par mes confrères.

Si je remplissais les conditions requises par l’ordonnance n° 68-247 du 10 juillet 1968 portant organisation du Barreau, du Corps des défenseurs judiciaires et réglementation de la représentation de l’assistance des parties devant les juridictions et notamment en ce qui concerne le titre II, section 2, article 6, plusieurs de mes connaissances m’affirmèrent cependant qu’il était indispensable que je puisse prouver, malgré ma qualité de Commissaire du Peuple, que je n’étais pas réquisitionné. Raison pour laquelle j’adressai au Citoyen Premier Commissaire d’Etat, qui faisait en ce moment l’intérim du Commissaire d’Etat à la Justice une demande de derogation. Ce chapitre sera subdivisé en cinq paragraphes suivants :

La demande de dérogation à la réquisition à la magistrature,

Mes démarches auprès du Barreau de Kinshasa,

La décision du Conseil de l’ordre,

Le procès verbal de prestation de serment d’avocat,

La carte d’avocat

Paragraphe 1er. La demande de dérogation a la réquisition pour la magistrature

Ma note au Premier Commissaire d’Etat, Ministre de Justice pour demander la dérogation.

Kinshasa, le 16 décembre 1977

LUMBU MALOBA NDIBA

COMMISSAIRE DU PEUPLE

C/° CONSEIL LEGISLATIF

KINSHASA/GOMBE.                                    TRANSMIS  copie pour information aux :

                                                                      – Citoyen Président du Bureau Permanent

                                                              du Conseil Législatif  à  KINSHASA/GOMBE.-


                                                                Au Citoyen Premier Commissaire d’Etat

                                                                  et Commissaire d’Etat à la Justice

                                                                   à  KINSHASA/GOMBE.-

Citoyen Premier Commissaire d’Etat,

Commissaire du Peuple, j’ai aussi terminé l’année académique écoulée mes études universitaires en Droit au Campus de Kinshasa, en principe, je suis dès lors d’office réquisitionné pour la Magistrature ce qui risque de me mettre à l’encontre des dispositions de l’article 56, 3° de la loi électorale.

 Soucieux de conserver mon mandat politique, je vous prierais de m’accorder une dérogation à cette réquisition et si possible de me recommander auprès du Conseil de l’Ordre des Avocats de Kinshasa pour un examen rapide de ma candidature.

Dans l’attente d’une suite favorable, veuillez agréer, Citoyen Premier Commissaire d’Etat, l’expression de mes sentiments  très respectueux.

                                                                       Sé/LUMBU MALOBA NDIBA

                                                                       COMMISSAIRE DU PEUPLE.

b) L’intervention du Président du Conseil Législatif  auprès du Premier Commissaire d’Etat, Ministre de Justice.

                 Dès le 10 janvier 1978 le Président du Bureau Permanent du Conseil Législatif s’adressait par la note dont le contenu ci-dessous au Président du Conseil Judiciaire, devenu aussi Commissaire d’Etat à la Justice pour soutenir la lettre que j’avais adressée au Premier Commissaire d’Etat et Commissaire d’Etat à la Justice.

                                                            Kinshasa, le 10 janvier 1978.

                                                                    N° 0042/78

                                                              Au Citoyen Président du    Conseil Judiciaire

                                                            à  KINSHASA/GOMBE.-

Citoyen Président,

Par la présente, je vous informe que le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA qui vient de terminer récemment ses études de Droit au Campus de Kinshasa a été élu Commissaire du Peuple.

L’intéressé, en prévision d’une réquisition éventuelle conformément aux lois en vigueur dans notre pays et usant du droit qui lui est reconnu par les dispositions de l’article 56 de la loi électorale, opte pour le mandat au Conseil Législatif.

Il vous serait encore plus reconnaissant si vous pouviez lui faciliter les démarches auprès du barreau pour qu’il puisse monter un cabinet.

Comptant sur votre bonne compréhension, je vous prie de croire, Citoyen Président, en mes sentiments révolutionnaires.

                                                           POUR LE PRESIDENT DU BUREAU PERMANENT DU CONSEIL  LEGISLATIF,

       LE PREMIER VICE-PRESIDENT,

                                                             Sé/ NZONDOMYO a’DOKPE LINGO : +

          Grand Officier de l’Ordre National du Léopard.

c) La réaction du Premier Commissaire d’Etat.

                   Le Premier Commissaire d’Etat, à qui ma demande était parvenue, avait transmis, dès le transfert de compétence du Commissaire d’Etat à la Justice au Président du Conseil Judiciaire, ma lettre à ce dernier :

Kinshasa, le 19 janvier 1978

REPUBLIQUE DU ZAIRE

BUREAU DU PREMIER COMMISSAIRE

D’ETAT                                                N° BPCE/184/78.

TRANSMIS copie pour information aux :

  – Citoyen Président du Bureau Permanent du Conseil Législatif

à  KINSHASA/GOMBE.-


CONCERNE : DEMANDE DE DEROGATION

Au Citoyen Président du Conseil Judiciaire  à  KINSHASA/GOMBE.-

Citoyen Président du Conseil Judiciaire,

J’ai l’honneur de vous transmettre en annexe, pour disposition et compétence la demande de dérogation à la réquisition prévue par l’ordonnance-loi n° 72/058 du 11 septembre 1972 que m’a adressée le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA.

 Je vous en souhaite bonne réception.

Veuillez agréer, Citoyen Président du Conseil Judiciaire, l’expression de mes sentiments patriotiques et révolutionnaires.

                                                                       LE PREMIER COMMISSAIRE D’ETAT,

                                                                       Sé/MPINGA KASENDA

                                                                       COMMISSAIRE POLITIQUE.

Je n’avais pas attendu d’obtenir l’arrêté de dérogation, lorsque le 2 janvier 1978. Je saisissais déjà le Conseil de l’Ordre pour demander officiellement mon admission.

Paragraphe 2. Mes démarches auprès du barreau de  Kinshasa.

a) Ma demande d’inscription à la liste des stagiaires.

Kinshasa, le 2 janvier 1978.

LUMBU MALOBA NDIBA

COMMISSAIRE DU PEUPLE

C/° CONSEIL LEGISLATIF

KINSHASA/GOMBE.

Objet : DEMANDE D’INSCRIPTION  A LA LISTE DES STAGIAIRES

     

Au Citoyen Membre du Conseil de  l’Ordre des Avocats de Kinshasa, Chargé des Inscriptions

à  KINSHASA/GOMBE.-

Maître,

Par la  présente, je sollicite mon inscription à la liste des stagiaires du barreau de Kinshasa.

Vous remarquerez que parmi les éléments de mon dossier, l’attestation  me dispensant de la réquisition à la magistrature ne s’y trouve pas encore, malgré les démarches que j’ai déjà entreprises auprès des autorités compétentes.

Me référant aux dispositions de l’article 56, 3° de la loi électorale qui proclame incompatible le mandat du Commissaire du Peuple et la fonction de magistrat, j’ai jugé inutile d’attendre des autorités précitées l’obtention de ce document et vous saisis directement.

Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes sentiments très distingués.

                                                           Sé/LUMBU MALOBA NDIBA

                                                           COMMISSAIRE DU PEUPLE.

Le Conseil de l’Ordre ne se fit pas attendre pour  me faire parvenir le pli dont le contenu suit :

b) La réponse du Conseiller chargé des admissions.

Kinshasa, le 5 janvier 1978.

ORDRE DES AVOCATS

A LA COUR D’APPEL DE

KINSHASA

SECRETARIAT DE L’ORDRE

B.P. 9368 – KIN. I

SEC/YM/LK/78.-                                  

Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA  COMMISSAIRE DU PEUPLE

 KINSHASA.-

Citoyen Commissaire du Peuple,

CONCERNE : V/demande d’admission au stage.

Je vous prie de trouver, ci-joint, copie de ma lettre au Procureur Général relative à la transmission de votre dossier ainsi que copie de l’avis que j’ai fait afficher aux valves de la Cour d’Appel de Kinshasa.

 Je vous en souhaite bonne réception et vous prie de compléter votre dossier par la production de deux photos passeport et la signature d’un formulaire que vous trouverez au Secrétariat de l’Ordre.

Veuillez agréer, Citoyen Commissaire du Peuple, l’assurance de ma considération distinguée.

                                                          Sé/YOKA MANGONO

                                                    Conseiller chargé des Admissions.

Annexe : 2.

– L’affichage de l’avis aux valves de la Cour d’Appel de Kinshasa.

Kinshasa, le 5 janvier 1978.

ORDRE DES AVOCATS

A LA COUR D’APPEL

DE KINSHASA.

SECRETARIAT DE L’ORDRE.

                                                       A V I S

Le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA, de nationalité Zaïroise, né à Kayanza, le 22 avril 1948, demeurant à Kinshasa, licencié en droit, sollicite son inscription à la liste des avocats stagiaires du Barreau de Kinshasa.

Quiconque aurait une objection à formuler est invité à en aviser le Secrétariat de l’Orde des Avocats, B.P. 9368 KINSHASA I, avant le 5 février 1978 par lettre.

                                                                   Kinshasa, le 5 janvier 1978.

                                                                    Sé/YOKA MANGONO

                                                                Conseiller chargé des Admissions.

– La lettre du Conseiller chargé des admissions au Procureur Général.

Kinshasa, le 5 janvier 1978.

ORDRE DES AVOCATS

A LA COUR D’APPEL

DE KINSHASA

SECRETARIAT DE L’ORDRE

B.P. 9368    KIN  I.

SEC/YN/LK/002/78                              

Au Citoyen Procureur Général Près la Cour d’Appel

KINSHASA.-

Citoyen Procureur Général,

Concerne : Demande d’admission au stage du Citoyen  LUMBU MALOBA NDIBA.

J’ai l’honneur de vous transmettre en annexe, pour avis, le dossier du Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA qui a sollicité son admission à la liste des avocats stagiaires du Barreau de Kinshasa.

 Je vous saurais gré de bien vouloir me retourner ce dossier avec vos avis et considérations.

Veuillez agréer, Citoyen Procureur Général, l’assurance de ma considération distinguée.

                                                        Sé/YOKA MANGONO

                                                   Conseiller chargé des Admissions.

La réponse du Procureur Général, ne fut cependant pas favorable car outre l’obligation de trouver dans mon dossier l’arrêté de dérogation à la réquisition, il refusait aussi la copie de certificat de nationalité obtenu le 18 mars 1975.

c) La réponse du Procureur Général.

TB/NGN                                                                                                                                  Kinshasa, le 9 février 1978

                                                           N° 934/PC.050/0213/060/78/TH

OBJET :      Demande d’admission au    Barreau du Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA.                                             

Au Citoyen Bâtonnier de l’Ordre  des Avocats  à KINSHASA.-

Citoyen Bâtonnier,

J’ai l’honneur de vous retourner le dossier de demande d’inscription au tableau des Avocats du Citoyen LUMBU-MALOBA NDIBA que vous m’avez fait parvenir pour avis.

Vous soumettrez à nouveau le dossier à mon examen dès que vous y aurez joint l’original du certificat de nationalité ou une photocopie certifiée conforme dudit certificat, ainsi qu’une dérogation à la réquisition.

Veuillez agréer, Citoyen Bâtonnier, l’assurance de ma considération distinguée.

                                                                      Pr. LE PROCUREUR GENERAL, en congé

                                                                        L’AVOCAT GENERAL,

                                                                       Sé/MOKUBA BOKILOMENA.

d)   La recherche des documents manquants dans le dossier.

                   Si le 25 janvier 1978 un nouveau certificat de nationalité m’avait déjà été délivré, c’est seulement le 23 février 1978 que l’arrêté portant ma dérogation à la réquisition fut signé.

 Le 13 avril 1978 après avoir authentifié une copie, je reconstituais mon dossier.

– L’obtention du certificat de nationalité.

K.S.T.

REPUBLIQUE DU ZAIRE

CONSEIL JUDICIAIRE

ADMINISTRATION CENTRALE

DE LA JUSTICE

2EME DIRECTION

                                                  CERTIFICAT DE NATIONALITE N° 031/1978

                        Je soussigné, KENGO-wa-DONDO, PRESIDENT DU CONSEIL JUDICIAIRE, agissant conformément aux dispositions des articles 41 et 42 de la Loi n° 72-002 du 5 janvier 1972 relative à la nationalité Zaïroise certifie que le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA, Fils de LUMBU, de nationalité zaïroise et de NDIBA de nationalité zaïroise, né à Kayanza, le 22/04/1948, originaire de la localité de Kayanza, collectivité de Nyembo, zone de Kongolo, sous-région du Tanganika, région du Shaba, c/° Ferme de Katebe-lez-Kolwezi, région du Shaba.

EST de nationalité Zaïroise en vertu de l’article 5-1) de la loi n° 72-002 du 5 janvier 1972.

La présente attestation a été délivrée sur la vue des documents suivants :

carte d’identité SD. N° 217.290/L’shi

attestation de naissance n° 20735 du 3/12/1977

En foi de quoi a été délivré le présent certificat de nationalité.

                                         Fait à Kinshasa, le 25 janvier 1978

                                                                   KENGO-wa-DONDO

                                               PRESIDENT DU CONSEIL JUDICIAIRE.

Objet : Insription au Barreau

DONT COUT : 50 K

QUITTANCE n° 0256/32470

Du 13/12/1977.

L’arrêté portant la dérogation à la réquisition

REPUBLIQUE DU ZAIRE

CONSEIL JUDICIAIRE

BUREAU DU PRESIDENT

                                             ARRETE N° 028/78 DU 22/02/1978

PORTANT DEROGATION A LA REQUISITION

LE PRESIDENT DU CONSEIL JUDICIAIRE ,

Vu la Constitution ;

Vu la loi n° 77/030 du 28 décembre 1977 portant organisation du Conseil Judiciaire, spécialement l’article 2 ;

Vu l’ordonnance-loi n° 72/058 du 11 septembre 1972 portant réquisition des diplômés Zaïrois, spécialement en ses articles 1 et 5 ;

 Vu la requête introduite par le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA, licencié en droit de l’UNAZA tendant à être dispensé de la réquisition ;

Attendu que les raisons invoquées sont fondées et qu’il y a  lieu d’y faire droit ;

                                           A R R E T E:

Article unique.

Dérogation à la réquisition est accordée au Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA.

                                                    Fait à Kinshasa, le 22 Février 1978.

                                   LE PRESIDENT DU CONSEIL JUDICIAIRE,

                                   Sé/KENGO-wa-DONDO.

 Pour photocopie certifiée conforme à l’original

                                               Kinshasa, le 13 avril 1978.

                                                         LE PREMIER SECRETAIRE

                                               Sé/BAYONA L.K. ne LULA.

e)  L’avis du Procureur Général.

                  Après la réintroduction de ces deux documents, le procureur Général fit parvenir au Conseil de l’Ordre son avis dont la teneur suit :

TB/NGN                                                                                        Kinshasa, le 20 avril 1978

PARQUET GENERAL PRES

LA COUR GENERAL DE                      N° 3207/PG.050/023/060/78/TB.

KINSHASA.

Objet : Demande inscription   Au Barreau Citoyen LUMBU MALOBA              

Au Citoyen Bâtonnier de l’Ordre des Avocats près la Cour d’Appel de

Kinshasa  à  KINSHASA.

 Citoyen Bâtonnier,

J’ai l’honneur de vous retourner en annexe, revêtu de mes avis le dossier de l’affaire dont l’objet repris en marge.

Veuillez agréer, Citoyen Bâtonnier, l’assurance de ma considération très distinguée.

                                                        LE PROCUREUR GENERAL,

                                                           Sé/MONGULU T’APANGANE.

MOUVEMENT POPULAIRE DE LA REVOLUTION

REPUBLIQUE DU ZAIRE

PARQUET GENERAL PRES LA COUR

D’APPEL DE KINSHASA.

AVIS DU PROCUREUR GENERAL POUR L’ADMISSION

 A L’INSCRIPTION AU TABLEAU DE L’ORDRE DES

AVOCATS.

Le Procureur Général, près la Cour d’Appel de Kinshasa ;

Vu la Constitution de la République du Zaïre ;

Vu les articles 6 et 7 de l’ordonnance-loi n° 68/247 du 10 juillet 1978 sur l’organisation du barreau, du corps de défenseurs judiciaires et réglementation de la représentation et de l’assistance des parties devant les juridictions ;

Vu la requête du Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA introduite le 2 janvier 1978 pour son inscription au tableau de l’Ordre des Avocats près la Cour d’Appel de Kinshasa ;

Attendu que le requérant-joint à sa demande les documents ci-après :

1. Le certificat de nationalité n° 031/1978 du 25 janvier 1978 délivré par le Citoyen Président du Conseil Judiciaire.

2. L’attestation de réussite tenant lieu de diplôme de licence en Droit de l’Université Nationale du Zaïre Campus de Kinshasa délivrée le 17 novembre 1977.

3. Un extrait de casier judiciaire n° 38739/CJ/DEV./KIN du 9 décembre 1977.

4. Le certificat de bonne conduite, vie et mœurs et de civisme délivré par la Zone de Lemba le 13 décembre 1977.

L’arrêté n° 028/78 du 22 février 1978 portant dérogation à la réquisition délivrée par le Citoyen Président du Conseil Judiciaire à Kinshasa.

Attendu, dès lors, que rien ne s’oppose à ce que sa requête soit agréée.

Emet l’avis favorable à l’admission du Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA au tableau de l’ordre des Avocats à la Cour d’Appel de Kinshasa.

                                                   LE PROCUREUR GENERAL,

                                                   Sé/MONGULU T’APANGANE.

Après avoir reçu les avis du Procureur Général, le Conseil de l’Ordre prit la décision suivante :

Paragraphe 3.  La décision du conseil de l’ordre                   

 ORDRE DES AVOCATS A LA

COUR D’APPEL DE KINSHASA

LM/78

                             D E C I S I O N

L’an  mil neuf cent soixante dix-huit, le dixième jour du mois de juin, le Conseil de l’Ordre des Avocats à la Cour d’Appel de Kinshasa s’est réuni pour statuer sur la demande d’admission au stage du Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA, licencié en droit, né à Kayanza, le 22 avril 1948, demeurant à Kinshasa ;

Attendu que le récipiendaire a introduit régulièrement une demande d’inscription à la liste des stagiaires pouvant exercer dans le ressort de la Cour d’Appel de Kinshasa qu’il a déposé les documents prévus par la loi ; qu’il remplit les conditions requises par l’article 6 de l’ordonnance-loi n° 68/247 du 10 juillet  1968, portant organisation du barreau ;

PAR CES MOTIFS ;

LE CONSEIL DE L’ORDRE,

Vu les articles 5, 6, 7 et 8 de l’ordonnance-loi n° 68/247 du 10 juillet 1968 ;

Vu l’arrêté départemental n° 028/78 du 28 février 1978 du Commissaire d’Etat à la Justice, dispensant l’intéressé de la réquisition ;

Vu l’avis favorable donné par le Procureur Général, le 20 avril 1978 ;

DECIDE l’admission au stage et l’inscription à la liste des stagiaires du Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA ;

Invite le récipiendaire à se présenter à la première audience utile de la Cour d’Appel de Kinshasa, pour y prêter le serment suivant :

« Je jure de respecter la Constitution, d’obéir à la loi, de ne rien dire ou publier de contraire aux lois, aux décisions judiciaires, aux bonnes mœurs, à la sécurité de l’Etat et à la paix publique, de ne jamais m’écarter du respect dû aux tribunaux et aux autorités publiques, de ne conseiller ou défendre aucune cause que je ne croirais juste en mon âme et conscience ».

Ainsi décidé à la réunion du Conseil de l’Ordre du 10 juin 1978, à laquelle assistaient Maître NDUDI NDUDI YI BULOKO, Bâtonnier, Maître Robert SERLIPPENS, MBUNGU BAYAKANA K. IZIZAW LOMEKA M., Francis MAYAR, Paul GOOSSENS et TSHIBUABUA ASHILA PASHI, conseillers.

                                                                      Pour expédition certifiée conforme,

                                                          Sé/NDUDI NDUDI  YI  BULOKO

                                                                   Bâtonnier de l’Ordre.

Muni de cette décision, je me présentais à la Cour d’Appel de Kinshasa où le 16 juin 1978, présenté par Maître MATUNGA je prêtais serment.

Paragraphe 4. Le proces-verbal de ma prestation de serment d’avocat.

REPUBLIQUE DU ZAIRE

COUR D’APPEL DE KINSHASA

B.P. 156/Tél. 31717/31.565

KINSHASA I.

                                   PROCES-VERBAL DE PRESTATION DE SERMENT D’AVOCAT

L’an mil neuf cent soixante-dix-huit, le seizième jour du mois de juin ;

La COUR D’APPEL DE KINSHASA, composée des Citoyens :

BOKUMA ETIKE,                                 Président

IKOLI                                                   Juge

BEYA                                                  Juge

KIKONGI                                              Ministère Public

BAKATSHIPA KANKU                          Greffier du siège

S’est réuni en la salle ordinaire de ses audiences au Palais de Justice pour statuer en audience publique sur la demande d’admission au Barreau près la Cour d’Appel de Kinshasa par :

Le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA

Lequel avait préalablement effectué le dépôt des documents à l’appui de sa demande.

Citoyen Premier Président, Sollicitant l’avis du Ministère Public KIKONGI composant le siège, déclare n’avoir aucune objection à faire à l’admission du comparant au tableau de l’Ordre des Avocats exerçant près la Cour d’Appel.

Après en avoir délibéré, la Cour prononce la décision suivante :

                                   D E C I S I O N :

                                   LA COUR D’APPEL DE KINSHASA ;

Vu l’ordonnance-loi n° 68/247 du 10 juillet 1968 portant organisation du barreau du corps de défenseurs judiciaires et réglementation de la  représentation et de l’assistance des partis devant les juridictions.

ATTENDU que le Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA a introduit régulièrement une demande d’admission au Tableau  des Avocats exerçant près la Cour d’Appel de Kinshasa ;

ATTENDU que le récipiendaire a satisfait aux conditions imposées par l’ordonnance-loi n° 68/247 du 10 juillet 1968 ;

PAR CES MOTIFS :

LA COUR,

STATUANT de l’avis conforme du Citoyen Procureur Général près la Cour d’Appel de Kinshasa ;

DECIDE l’admission de Maître LUMBU MALOBA NDIBA au Tableau des Avocats près la Cour d’Appel de Kinshasa ;

APRES  quoi, sur invitation du Premier Président, le comparant prête le serment imposé par l’article 8 initié de l’ordonnance-loi n° 68/247 du 10 juillet 1968.

 « JE JURE DE  RESPECTER LA CONSTITUTION, D’OBEIR AUX LOIS, DE NE RIEN DIRE OU PUBLIER  DE CONTRAIRE AUX LOIS, AUX DECISIONS JUDICIAIRES, AUX BONNES MŒURS, A LA SECURITE DE L’ETAT ET A LA PAIX PUBLIQUE, DE NE JAMAIS  M’ECARTER DU RESPECT DU AUX TRIBUNAUX ET AUX AUTORITES PUBLIQUES, DE NE CONSEILLER OU DEFENDRE AUCUNE CAUSE QUE JE NE CROIRAIS JUSTE EN MON AME ET CONSCIENCE » ,

DE TOUT quoi, il a été dressé procès-verbal par Nous, BAKASHIPA KANKU, Greffier à la Cour d’Appel de Kinshasa, conformément au prescrit de l’article 8 de l’ordonnance-loi susindiquée.

LE GREFFIER                                                 LE PREMIER PRESIDENT

Sé/BAKANSHIPA KANKU                                Sé/BOKUMA ETIKE.

                                               LES JUGES :

                                               Sé/BEYA KABWASEYA

                                               Sé/IKOLI OKITO.

                                                                       KINSHASA, LE 13 OCTOBRE 1978

                                                                       POUR COPIE CERTIFIEE CONFORME

                                                                                  LE GREFFIER PRINCIPAL

                                                                          Sé/NGOIE MUTUNDA WA KYULU.

Outre le confrère KIBELUSHI qui m’avait prêté sa toge, Me NYEMBO AMUMBA avait assisté aussi à cette cérémonie à l’issue de laquelle nous passâmes d’abord à la maison de photos GUY  où je fus photographié puis allâmes arroser pour la circonstance à une maison proche de la poste centrale.

Depuis ce jour, une troisième carte après celle de Citoyen et de légitimation alourdissait mes poches.

Paragraphe 5. Ma carte d’avocat

REPUBLIQUE DU ZAIRE

ORDRE DES AVOCATS

BARREAU DE KINSHASA

ORDRE DES AVOCATS

BARREAU DE KINSHASA

Maître : LUMBU MALOBA NDIBA

Titulaire de la présente carte est inscrit au Tableau de l’Ordre des Avocats du Barreau de Kinshasa depuis le 16 juin 1978.

                                   Kinshasa, le 7 juillet 1978.

                                            LE BATONNIER DE L’ORDRE

                                           Sé/ NDUDI NDUDI YI BULOKO.

Chapitre 6.  Mes activités pendant les vacances parlementaires.

Pendant les vacances parlementaires comme pendant mon premier mandat, conformément au vadecum du Commissaire du Peuple, je remplissais mon rôle des yeux, oreilles et bouche de la population en menant des activités que ferons subdiviser ce chapitre en six paragraphes suivants :

Les visites auprès des notables de Kongolo,

La tournée dans certaines collectivités de la zone de Kongolo en juillet 1979, janvier 1980 et juillet1980,

La tenue de la réunion mixte, Commissaires du Peuple et Commisaires de zone sous la présidence du Commissaire sous régional,

Le rapport des vacances parlementaires de juillet 1978,

La visite à Kongolo d’abord du Commissaire de Région du Shaba puis du Président Fondateur,

Paragraphe 1er. MES VISITES AUPRES DES NOTABLES DE KONGOLO.

En ce qui concerne mes visites auprès de certains habitants de Kongolo, c’est au cours de la deuxième quinzaine du mois de juillet 1978 qu’elles ont eu lieu suivant le tableau ci-dessous :

 

DATE : NOMS PERSONNES : QUALITE – HABITATION – SUJET ABORDE

16/7/1978  LUKONZOLA pensionné :  av. YUMA    Visite de courtoisie. La vie courante.

 16/7/78       CHEF DE CITE    Chef Cité   :  av. MOBUTU   La situation passée et actuelle de  la Cité

 16/7/78    MUYUMBA KABEMBE    Préfet Yenge : av. MOBUTU     Installation du Commissaire du Peuple à Kongolo.

 23/7/78       MUYUMBA. B.CHUI.      Commerçant av. MOBUTU    Les difficultés  des commerçants  à Kongolo. Le contrat TARICALa nécessité de gens de Kongolo qui ont des possibilités, mais habitant les grands centres de venir investir à Kongolo.

 23/7/78     LWAMBA  MBIANA   Cptable Onafitex, av.MALEMBA  Ecole Agricole de Kaseya (nécessité d’un cycle long). Négligence des gens à la tête de l’école.

23/7/78     LWITALIKA et  Réforme   av. Malonga Mushindo absent. Lwitalika MUSHINDO malade-reconfort moral

24/7/78 KIMBA KALUNGA     Commerçant av. du Zaïre  Installation du CommissaireEts Mali ya Butoto                                                                           du Peuple. L’hostilité de certaines personnes pendant la période électorale. Le contrat TARICA avec les commerçants. Lesdifficultés de commerçants. Les maisons abandonnées.

Divers.

 27/7/78 MWANABABA K.    Préfet C.O.

MWAMBA : Mission Le progrès du CO MWAMBA.

Les causes des échecs au cours de l’année 1977/78, du côté prof. et du côté élèves ainsi  que les conditions de recrutement de l’ancien préfet. Les mesures envisagées pour remédier. Les fournitures scolaires etc. La politique générale du pays : le Conseil Exécutif. Les innovations apportées dans les organes du MPR. Les difficultés d’exécuter certaines mesures prises au niveau national par le niveau inférieur (de bons techniciens au sommet, les mauvais exécutants à la base.)

27/7/78     Mgr. MWAMBA  Vicaire  Général   Mission   Le retour des Sœurs et l’abbé à Makutano (la réhabilitation de la mission et de Makutano).

 29/7/78    Directeur KABEZYA     Directeur    Kangoyi   Les difficultés des enseignants

EP-APP Mwamba   et des directions d’écoles. Les catégories d’enseignement D4N du cycle  court et APPBI. Les difficultés de programme scolaire provenant de multiples changements de programme national (méthode CELTA)

 29/7/78        TOPE   Agent Etat ex-chef de  Cité Kglo     Av.Matadi       Le changement brusque survenu à la tête de la cité au moment même où il était en droit. Son prochain voyage dans un poste détaché  de la zone. L’espoir que nourrit la population concernant le  P.N.S.

 30/7/78        YUMA Joseph          Commerçant       av. Kangoy             L’ivresse dans le village freine la progression de notre zone. L’extermination de palmiers désorganisera dans l’avenir l’économie de la zone de Kongolo.   une réglementation est nécessaire en cette matière. La nécessité de groupement des petits cultivateurs. L’insécurité de biens à Kongolo, on vole même en ce temps de couvre-feu.

30/7/78     LUAMBA Gilbert  Directeur Absent.

EPO/Ville    av.Lumumba Kandolo

 30/7/78     MUGANZA  MUHEMBWA  Agent PNS  av.Kasaï Le démarrage de travaux encore freiné par certains chefs de S.S. qui préfèrent recruter ailleurs leurs collaborateurs. Le commerce d’ivoires.

 31/7/78    BONANE  Chef  SSDR   P.N.S.   av. Zaïre     Les causes qui poussent les chefs de certains S.S. de  recruter ailleurs certains collaborateurs. Les imprévues dans certains services etc.

 31/7/78    KABIRIGI    Dir.Adj. Administratif P.N.S.  av. du Zaïre            Son voyage à Nyunzu pour le paiement du personnel. Le voyage de Mr. KEN à Lubumbashi et de Cit. MAMINGI à Mbulula. Les agronomes de l’E.A./de Kaseya engagés au ¨P.N.S.

Paragraphe 2. La tournée dans certaines collectivités de la zone de Kongolo,

Fidèle à la tradition qui voulait que pendant les vacances parlementaires, je fasse une tournée, cette fois-ci encore le mois d’août je me décidais de visiter Kongolo et ses collectivités. C’est par la note du 3 août 1978 dont la teneur suit que j’informais le Commissaire de Zone de mon programme de tournée :

 a) Ma note d’information au Commissaire de Zone.

Kongolo, le 3 août 1978.

Me. LUMBU MALOBA NDIBA

COMMISSAIRE DU PEUPLE

B.P. 204 – KONGOLO                                  LMN/C.P.C.T./004/78

                                                         Transmis copie pour information aux :

                                                          – Citoyen Président du Conseil Législatif

                                                              de et à  KINSHASA.-

                                                          – Citoyen Commissaire S/Régional

                                                          du Tanganika à KALEMIE.-


                                                                      Au Citoyen Commissaire de Zone de Kongolo

                                                                  à KONGOLO.-

Citoyen Commissaire de Zone,

Pour répondre à l’appel du Président-Fondateur, demandant aux élus du peuple de s’informer régulièrement sur les problèmes de leurs électeurs et d’être la courroie de transmission entre les masses populaires et l’exécutif (discours du 25 novembre 1977).

Pour  remplir  le devoir nous imposé par le Conseil législatif de rédiger un rapport des vacances parlementaires comportant toutes les rubriques de la vie nationale, soit la vie politico-administrative, économico-financière, sociale et culturelle.

 J’envisage d’entreprendre à partir du 7 août 1978 une tournée à travers la zone de Kongolo qui est mon fief électoral par excellence. L’itinéraire sera le suivant :

Kongolo-Keba-Nkulula-Kabundi-Nonge-Zimba

Ilunga-Kayanza-Kalwamba-Kilenge-Yenga -Makutano-Kasanga-Makutano-Kundu-Kahesha-Mbuli-Mahundu-Kigumba-Kibele-Kasenga-Mbulula-Tambwe-Kongolo.

Kongolo-Sola-Munono-Sola-Kateba-Mukoko-Kongolo.

Kongolo-Kaseya-Katea-Kombe-Kongolo-Lubunda-Kongolo.

Manquant un moyen de transport personnel, je me suis décidé d’utiliser mes pieds. Cependant une aide quelconque de la Zone, Onafitex, Office de Routes, projet Nord-Shaba ou d’un particulier me faciliterait la tâche.

Mon secrétaire particulier ILUNGA MUKUBO Lubambula m’accompagnera, prière donc de lui établir une feuille de route.

 En outre, voudriez-vous dès lors prendre les précautions nécessaires pour informer les chefs de collectivités et de localités de mon passage prochain dans leur secteur.

Dans l’attente d’une suite favorable,  je vous prie d’agréer, Citoyen Commissaire de Zone, l’expression de mes sentiments très révolutionnaires.

                                                                       Sé/Me. LUMBU MALOBA NDIBA

                                                                       COMMISSAIRE DU PEUPLE

                                                                       Avocat près la Cour

Il ne se passa pas beaucoup de jours que le Commissaire de Zone me fit parvenir des copies pour information des notes dont la teneur ci-dessous qu’il avait adressées aux responsables des organismes étatiques de la place, notes dans lesquelles il leur demandait de me venir en aide.

Mais aussi il informait aux autorités des différentes collectivités de mon passage.

b) La réaction du Commissaire de Zone.

Kongolo, le 8 août 1978

MKD/TAM                                /MOUVEMENT POPULAIRE DE LA REVOLUTION/

REPUBLIQUE DU ZAIRE

REGION DU SHABA

S/REGION DE TANGANIKA

ZONE DE KONGOLO.

                                                                       N° 5072/0539/J/OI/78

                                                           TRANSMIS copie  pour information aux :

                                                                       – Citoyen Président du Conseil Législatif

                                                               à  KINSHASA.-

                                                           – Citoyen Commissaire S/Régional

                                                               du Tanganika  à  KONGOLO.-

       – Citoyen Chef de collectivité BALUBA

                                               à  KASEYA.-

                                                           –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –  –

                                                           A Me LUMBU MALOBA NDIBA

                                                                Commissaire du Peuple

                                                                 B.P. 204-KONGOLO.-

CONCERNE : DEMANDE MOYEN DE TRANSPORT.

Citoyen Commissaire du Peuple,

J’ai l’honneur d’accuser réception de votre lettre n° LMN/C.P.C.T./004/78 du 3 août 1978 relative à la demande de moyen de transport pour votre tournée de prise de contact avec les différents milieux de Kongolo.

La Zone  ne disposant pas de véhicule pour le moment, je ferai de mon mieux, dans la mesure du possible, pour contacter les secteurs privés en vue de vous faciliter les déplacements.

Je vous informe que l’Office des Routes Brigades Autonome n° 19 est disposé à vous amener à Kaseya, Chef-lieu de la Collectivité de BALUBA, ce jeudi 10 août 1978 et vous ramener à Kongolo samedi le 12 août 1978. Les prochains déplacements vous seront communiqués au fur et à mesure qu’il y aura des possibilités.

Le Chef de Collectivité qui me lit en copie est chargé de préparer un accueil patriotique dû à votre rang.

                                                                      LE COMMISSAIRE DE ZONE DE KONGOLO,

                                                                          Sé/MUPATSH KAMBOL DITEND.

                              Malgré toutes ces assurances, le voyage n’eût pas lieu car l’Office des Routes n’avait pas programmé le départ d’un de ses véhicules pour KASEYA. Une fois de plus, l’occasion pour visiter les localités des BALUBA fut repoussée aux dates ultérieures. Je poursuivais cependant à avoir le contact avec le Commissaire de Zone qui, le 18 août 1978, m’envoya une autre note dont l’objet était toujours celui du problème de transport.

c)  La recommandation du Commissaire de Zone..

MKD/TAM                                /MOUVEMENT POPULAIRE DE LA REVOLUTION/

REPUBLIQUE DU ZAIRE

REGION DU SHABA

S/REGION DU TANGANIKA

ZONE DE KONGOLO.

                                                           Kongolo, le 18 août 1978.

                                                                         N° 5072/0575/78.-

 TRANSMIS copie pour information aux :

 – Citoyen Président du Conseil Législatif  à  KINSHASA.-

  – Citoyen Commissaire S/Régional du Tanganika  à  KALEMIE.-

  – Monsieur KENETH S/Directeur  du Projet Nord-Shaba  à  KONGOLO.-


OBJET : Demande moyen de transport.  

                                                           Me. LUMBU MALOBA NDIBA

                                                           COMMISSAIRE DU PEUPLE

                                                           B.P. 204 – KONGOLO.-

 Citoyen Commissaire du Peuple,

 J’ai l’honneur de vous informer que suite à l’entretien que j’ai eu ce matin avec Monsieur KENNETH, Sous-Directeur du PNS, conformément à votre lettre n° LMN/C.P.C.T./004/78 du 3 août 1978, relative à l’objet repris en marge, ce dernier m’a demandé à ce que vous passez le voir à la Direction du P.N.S. en vue d’étudier votre programme et les possibilités éventuelles de vous faciliter les déplacements.

                                               LE COMMISSAIRE DE ZONE DE KONGOLO,

                                                       Sé/MUPATSH KAMBOL DITEND.

Je rencontrai Monsieur KENNETH conformément à l’esprit de la lettre du Commissaire de Zone mais malheureusement je ne récoltais pas de succès à 100%. Me réalisant que mon programme risquait de ce fait de ne pas avoir un début de réalisation, je m’informais individuellement auprès des  Ets. KIBWE SAKINA, dont les véhicules partaient régulièrement dans les collectivités dans le cadre de la campagne agricole. Ces véhicules n’étaient pas habilités à transporter des passagers, Mr. HADJOU gérant des établissements, m’invita  à obtenir auprès du Commissaire de Zone, une note grâce à laquelle il pouvait me prendre.

 C’est le 21 août 1978, que je m’adressai au Commissaire de Zone dans les termes  ci-dessous :

d) Ma demande au Commissaire de Zone de m’autoriser à prendre le véhicule des Ets. KIBWE SAKINA.

Kongolo, le 21 août 1978

LUMBU MALOBA NDIBA

COMMISSAIRE DU PEUPLE

B.P. 204 – KONGOLO   


OBJET : CONTACTS AVEC LA POPULATION.  

N° LMN/C.P.C.T./007/78

                                                           Au Citoyen Commissaire de Zone de Kongolo

                                                                  à  KONGOLO.

Citoyen Commissaire de Zone,

Suite à votre lettre N° 5072/0575/78 du 18 août 1978, j’ai vu Mr. KENNETH, Sous-Directeur du P.N.S. ce matin. S’il m’a assuré que le véhicule du P.N.S. pourrait me prendre de SOLA à TIMPA ou de SOLA à MUGILA le matin, mercredi ou jeudi, il m’a par contre prié de trouver un autre moyen pour le trajet KONGOLO-SOLA. Voudriez-vous demander à Monsieur Hadjou d’autoriser à un véhicule des Ets. KIBWE SAKINA qui se rend régulièrement à KILUBI de nous prendre ce mercredi pour KILUBI et de nous remettre à KONGOLO jeudi.

Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie d’agréer, Citoyen Commissaire de Zone, l’expression de mes sentiments révolutionnaires.

                                                       Me. LUMBU MALOBA NDIBA

                                                           COMMISSAIRE DU PEUPLE

                                                           Avocat près la Cour.

e)  Mon séjour dans la Collectivité DE NKUVU

Le Commissaire de Zone Assistant LOMBOTO trouva effectivement Mr. Hadjou pour lui demander de m’autoriser à prendre place abord de son véhicule, ce qui me permit de quitter Kongolo pour Sola. Le Citoyen CHUNGU KUNI m’accompagna. La collectivité de NKUVU venait de connaître l’accession d’un nouveau chef  en la personne du Citoyen KALINGA SOLA. C’est à l’emplacement du Bureau de collectivité, transféré de KILUBI à SOLA que le véhicule me déposa.

 Accueilli par les collaborateurs du chef de collectivité, je fus conduit à sa résidence, située  derrière le bureau et je m’y installais. Me rappelant  les remarques formulées par la population lors de mon séjour de 1976, remarques selon lesquelles les autorités du pays  ne se rendaient à Sola que pour visiter les prêtres et les sœurs et non la population, j’évitais cette fois-ci toute interprétation dans ce sens. Pendant la soirée, le chef de collectivité convoqua les notables avec lesquels je dus m’entretenir des problèmes locaux. Des jeunes intellectuels dont les citoyens MBILINYAMA et LUHEMBWE, professeurs à l’Institut MWAMBA et originaires de SOLA se distinguèrent par les analyses qu’ils faisaient à mon intention en présence de plusieurs spectateurs sur le souhait de la population.

Le lendemain un véhicule du Projet Nord-Shaba m’amena à MUGIZYA. Le chef de collectivité m’y accompagna, c’était pour lui la toute première fois qu’il avait eu l’occasion de visiter ce village en qualité de chef de collectivité.

Ensemble, nous visitâmes les bâtiments de l’école. J’eus à me rendre compte que l’école primaire non conventionnée de MUGIZYA n’avait  pas beaucoup d’élèves.

Certaines classes n’avaient que 8 élèves et pourtant beaucoup de jeunes étaient non scolarisés, les parents préférant les amener travailler au champ. Le coût élevé du taux du minerval était pris pour cause de cette déperdition. Je tins une causerie morale à l’intention de la population de Mugizya avant de rentrer à Sola puis à Kongolo à bord du même véhicule du P.N.S. au coucher du soleil.

Après MUGIZYA je résolus de rejoindre aussi MBULULA et m’adressais directement au P.N.S. au lieu de passer par la Zone.

f) Mon séjour raté dans la collectivité de Nyembo.

– Ma note au Sous-Directeur du P.N.S.

Kongolo, le 1 septembre 1978

LUMBU MALOBA NDIBA

COMMISSAIRE DU PEUPLE

B.P. 204 – KONGOLO.-

LMN/C.P.C.T./008/78

OBJET : Contact avec la population.

 TRANSMIS  copie pour information au :

 – Citoyen Commissaire de Zone de Kongolo

à  KONGOLO.


A Monsieur KENNETH, SOUS-DIRECTEUR du P.N.S. de et à KONGOLO.-

 Monsieur le Sous-Directeur,

Dans le cadre des contacts que nous devons avoir avec notre population, le Commissaire de Zone de Kongolo dans sa lettre n° 5072/0575/78 du 18 août 1978 dont une copie vous avait été réservée nous avait prié de vous voir, ce que nous avions fait le  21 août 1978. Vous vous souviendrez alors que vous nous aviez assuré que vous donnerez les ordres à l’ingénieur MAMINGI afin que les véhicules du P.N.S. qui circulaient régulièrement sur la route MBULULA puissent nous prendre toutes les fois que nous en aurons besoin.

Le précité étant absent, pourriez-vous dès lors nous assurer sur la permanence de ces ordres en cette veille de notre départ pour MBULULA que nous  comptons rejoindre le lundi 4 septembre 1978. Y-a-t-il un agent compétent à MBULULA pour organiser notre déplacement pour MAKUTANO, KAYANZA, KILENGE,  KAHESHA, KIGUMBA, MAHUNDU et LENGWE qui se trouvent être vos centres agricoles que je tiens à visiter.

Dans l’attente d’une suite favorable, veuillez agréer, Monsieur le Sous-Directeur, l’expression de mes sentiments distingués.

                                                           Sé/LUMBU MALOBA NDIBA

                                                           COMMISSAIRE DU PEUPLE

                                                           Avocat près la Cour.

 Mon Secrétaire  particulier qui avait remis la note en mains propres du Conseiller du Directeur du projet, me remis aussi la réponse dont le contenu ci-dessous :

La réponse du Sous-Directeur du PNS à ma note.

Kongolo, le 4 septembre 1978.

 /MOUVEMENT POPULAIRE DE LA REVOLUTION/

DEPARTEMENT DE L’AGRICULTURE

PROJET NORD-SHABA

B.P. 170-KONGOLO

N° 0318/P.N.S./DR/78.

OBJET : V/L. LMN/CP.CT/008/78                     

Au Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA

Commissaire du Peuple

B.P. 204  de et à

KONGOLO.-

 Citoyen Commissaire du Peuple,

Votre lettre du 1er  septembre vient de nous parvenir ce matin et je m’empresse d’y répondre.

Durant notre entretien du 21 août 1978 dans  mon bureau, je vous ai expliqué le travail à effectuer par nos véhicules pour les deux semaines à suivre. En effet, pendant cette période nos pick-up devraient procéder à la distribution de semences dans les centres agricoles de Kongolo et Nyunzu. C’est dans ce cadre que je vous ai dit que, par cette occasion, vous pourriez programmer votre contact avec la population restant dans nos centres agricoles.

Maintenant, votre lettre est une surprise pour moi quand vous me dites que vous êtes à la veille de votre départ pour MBULULA et que j’assure la permanence des ordres à l’un des agents pour organiser votre déplacement. La distribution des semences est pour le moment terminée et nos véhicules sont occupés pour d’autres travaux.

Aussi,  nous n’avons pas actuellement des véhicules programmés pour le tour des centres agricoles et nous ne manquerons pas de vous informer à temps si un nouveau programme commençait.

Veuillez agréer, Citoyen commissaire du Peuple, tous nos sentiments de haute considération.

LE CONSEILLER DU DIRECTEUR DU PROJET

Sé/KENNETH M. KOEHN.

Je ne trouvais malheureusement pas l’occasion de me rendre à MBULULA et poursuivis mon séjour à Kongolo.

g)    Le mauvais climat occasionné par la démonétisation,

Pendant les vacances parlementaires de janvier 1980, le climat à Kongolo n’était pas bon, à cause de la démonétisation. La population n’avait pas changé son argent et partout il y avait de plaintes. Il n’y avait pas de banque à Kongolo pour s’occuper de la démonétisation décidée en décembre 1979.

La circulation monétaire était faible, les billets non échangés avaient reçu le surnom de « BIZAZAKO ». Ce terme était utilisé auparavant pour désigner les porcs dont le nombre croissait rapidement par rapport à celui des chèvres à telle enseigne qu’à cause de leur abondance, leur prix d’achat avait baissé considérablement.

Malgré la présence des banques à Kalemie, la démonétisation avait aussi frappé la population.

J’avais vu au marché d’énormes quantités des poissons frais à prix réduit mais qui ne trouvaient pas de preneurs. Il n’y avait pas des acheteurs kasaïens sur le marché.

Lors de la séance du travail que j’avais eu avec les autorités sous-régionales, nous aboutîmes à la conclusion selon laquelle la quantité des billets mise à la disposition de la banque commerciale de Kalemie était insuffisante. Plusieurs tableaux représentant les montants qui devraient encore être envoyés avaient été dressés à l’intention du département de l’intérieur.

Ma visite à Mbulula, Kibele, Sola, et Mulongoy pendant les  vacances  parlementaires de juillet 1980,

Profitant des véhicules du projet Nord-Shaba (PNS), j’entrepris une tournée parlementaire, qui me donna l’occasion de visiter Mbulula dans la collectivité des Bena Nyembo, Kibele dans la collectivité des Baluba, Sola dans la collectivité des Bena Nkuvu et Mulongoy dans le secteur des Bassonge. Ma suite était composée de MASIMANGO.

A Sola, n’y ayant pas trouvé le chef de collectivité, j’avais été logé dans un hôtel situé près de l’ancien cimetière missionnaire. Les conditions étaient si mauvaises qu’approché par une femme commerçante nommée MELI, je trouvai chez elle un cadre pour m’entretenir essentiellement avec les intellectuels.

A Mulongoy, secteur des Basonge, groupement de Mwana Kilumbu, j’y avais été en compagnie de Commissaire du Peuple Kalume qui avait obtenu de l’ESTAGRICO un véhicule. Nous y étant rendus par la route de Kaseya, nous avions couvert plusieurs kilomètres en nous arrêtant à chaque localité pour recevoir les salutations de la population à qui mon collègue remettait regulièrement des billets de banque. Reclamant le même comportement de ma part en disant «  I fumu ibili », il y a deux chefs, je me gênais énormément car cela n’était pas dans mes habitudes.

Paragraphe 3. La tenue de la réunion mixte des commissaires du  peuple et la territoriale de la sous région de Tanganika à Kalemie.

Le 12 septembre 1978, le Commissaire de Zone de Kongolo, m’avait envoyé une note dont le contenu ci-dessous pour m’informer de l’invitation me faite par le Commissaire Sous-Régional d’assister à une réunion à Kalemie.

a) La Note du Commissaire de Zone

Kongolo, le 12 septembre 1978

NGWNG/TAN

REPUBLIQUE DU ZAIRE

S/REGION DU TANGANIKA                  N° 5072/0653/78

REGION DU SHABA

ZONE DE KONGOLO.-                        

TRANSMIS copie pour information au :

 – Citoyen Commissaire S/Régional

du Tanganika de et à  KALEMIE.-

Objet : Invitation à la réunion.


Au Citoyen LUMBU MALOBA NDIBA

Commissaire du Peuple en vacances

Parlementaires à KONGOLO.-

Citoyen Commissaire du Peuple,

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que lors de notre réunion agricole qui a eu lieu du 4 au 8 septembre 1978 à Kalemie, le Commissaire sous-Régional du Tanganika à Kalemie, nous a informé d’aviser tous les Commissaires du Peuple de la circonscription électorale du Tanganika en vacances parlementaires dans nos zones respectives de se trouver à Kalemie le 18 courant en vue de participer à la réunion très importante qu’il présidera à cette date.

A cet effet, je vous demanderais de prendre toutes vos dispositions pour vous trouver à Kalemie avant la date prévue.

                                                           LE COMMISSAIRE DE ZONE DE KONGOLO,

                                                           Sé/MUPATSH KAMBOL DITEND.

Le déplacement de Kongolo à Kalemie.

  Protais LUMBU1

En compagnie de mon collègue MWAMBA TWITE, originaire de Manono qui était en visite à Kongolo, nous prîmes place à bord du tracteur qui devait ramener le Commissaire Sous-Régional Assistant à Kabalo.

En effet, le Commissaire sous régional assistant était venu à Kongolo principalement à cause du differend qui m’opposait au Commissaire de zone au sujet de mon occupation de la maison du passage.

A Kabalo en compagnie du Commissaire Sous-Régional Assistant nous rejoignîmes la résidence du Commissaire de Zone de Kabalo et ne nous séparâmes qu’après le dîner.

Je me rendis alors avec le Commissaire du Peuple MWAMBA TWITE à la résidence de notre collègue de Kabalo, le commissaire du Peuple KAKUDJI HOLO. Celui-ci nous offrit à manger et à boire.

J’avais eu le malheur de rencontrer le citoyen KABWA ex-Vincent, complètement dans son verre et m’entendre reprocher de mon degré très élevé du militantisme et éventuellement mon appartenance au service de sécurité.

Très mal à l’aise, les conseils du Commissaire du Peuple Mwamba Twite me calmèrent alors qu’un autre visiteur originaire de Kongolo, qui avait été candidat malheureux aux élections législatives antérieures, le citoyen NDOMBE Jerôme m’invitait au balcon pour discuter de la situation sociale économico-politique de notre zone d’origine.

A l’arrivée de l’autorail tard dans la nuit, nous nous embarquâmes et atteignîmes Kalemie à la levée du jour.

c) Le séjour à Kalemie

 Mon séjour comme celui de mes collègues à Kalemie fut à la charge de la Sous-Région. Aux cours des séances préliminaires nous eûmes l’occasion de nous faire l’idée sur le degré  combien élevé de la conscience qu’avaient les responsables militaires placés à la tête de notre Sous-Région.

Lors de notre réunion mixte avec les responsables de la territoriale, nous eûmes à épingler des cas combien malheureux qui se commettaient dans nos zones parfois avec la bénédiction des Commissaires des zones. Et à leur tour, les Commissaires de Zone se justifiaient. Pour la Zone de Kongolo, le Commissaire de Zone ne manqua pas d’évoquer le problème de mon logement mais le Commissaire Sous-régional souligna que cette affaire avait déjà été arrangée à Kongolo.

Les autorités sous-régionales laissèrent à moi et à mon collègue Mwamba Twite la charge de rédiger le rapport synthétique alors que la sous-Région se chargeait du rapport analytique.

Le Commissaire de Zone de Kongolo, le Citoyen Mupatsh Kambol  Ditend avait prié à mon collègue Mwamba Twite de me demander à passer l’éponge sur les innombrables différends qui nous opposaient.Il  nous invita à prendre un verre ensemble, ce dont je m’opposais. Le Commissaire du Peuple Mwamba Twite, choqué par ce refus m’aborda longuement pour me faire comprendre de l’importance d’une collaboration avec le responsable de la territoriale pour mieux réussir à réaliser nos programmes. Comme je me décidais  de quitter Kalemie pour Lubumbashi alors que lui devait d’abord repasser à Manono; il m’invita de mieux me séparer ave le Commissaire de Zone ce que j’avais accepté.

Le compte-rendu synthétique suivant fut rédigé après notre rencontre.

/MOUVEMENT POPULAIRE DE LA REVOLUTION/

REPUBLIQUE DU ZAIRE

REGION DU SHABA

S/REGION DU TANGANIKA

d)  Le compte rendu synthétique de la réunion du 18 septembre 1978 groupant les commissaires du peuple et les commissaires de zone de la sous-région du Tanganyika, sous la présidence du lieutenant-colonel Mulamba Ngoy, commissaire sous-régional.

ETAIENT PRESENTS :

Les Commissaires du Peuple :

MANDA KASEKE

KAGOMA MAMBA

MWAMBA TWITE

LUMBU  MALOBA.

Les Commissaires Sous-Régionaux Assistants :

NSAMBA TSHASA, Capitaine

BELIO BONGONGO, Capitaine

Les Citoyens :

KALENGA BONDO, Commissaire de Zone de Kabalo

KAMENA TSHIMANGA, Commissaire de Zone de Kalemie

MUPATSH KAMBOL, Commissaire de Zone de Kongolo

MUNGHABIMBA KIDAMBA MUSADI, Commissaire de Zone de Manono

NGOOPOS OLEN, Commissaire de Zone de Moba

SHINDANO NDUWA, Commissaire de Zone de Nyunzu

KALANGO N’TENGU, Chef de Division de Sous-Région, Rapporteur de la réunion.

La réunion avait pour but l’examen de la situation générale de la Sous-Région, l’harmonisation des rapports entre les Commissaires du Peuple et les responsables de la territoriale, conformément au message n° 250/00/307/78 du 10 juillet 1978 du Commissaire d’Etat à l’Administration du Territoire et aux instructions y relevant du Commissaire de Région du Shaba contenues dans son message n°10/273/BUR-REGICOM/SHABA/78 du 14 juillet 1978.

En ce qui concerne la situation générale de la Sous-Région, les points suivants ont retenu l’attention des participants :

I.- SITUATION POLITIQUE :

Les participants ont constaté un certain relâchement dans la participation des masses aux activités du parti. Ils ont exprimé le souhait de voir les responsables de la Territoriale modifier leurs méthodes de mobilisation, en motivant de plus en plus les personnes adultes aux rassemblements populaires ainsi qu’à d’autres activités du Parti.

II.- SECURITE :

           a) Les participants ont constaté que la cohabitation entre la population civile et militaire laisse à désirer dans certaines zones où l’on déplore toute sorte des sévices subis par les habitants. Les participants souhaitent voir les autorités responsables prendre les mesures nécessaires pour réprimer  ces méfaits.

            b) Ils ont exprimé la joie de voir les réfugiés regagner le bercail et ont souhaité que les mesures d’accueil soient améliorées.

            c) Les participants ont déploré l’existence d’un malentendu frontalier à Moliro, dans la zone de Moba. Ils demandent que les autorités nationales compétentes se penchent sur ce problème pour y trouver une solution adéquate.

III.- ADMINISTRATION :

             a) Les participants souhaitent voir appliquée effectivement la loi portant organisation territoriale et administrative du Zaïre afin de responsabiliser réellement les cadres de la territoriale.

              b) Ils ont exprimé aussi le souhait de voir les responsables de la territoriale jouir des facilités (véhicules) leur permettant d’accomplir efficacement leur mission.

IV.- SITUATION ECONOMIQUE :

Les participants ont pris connaissance des mesures arrêtées au cours de la réunion agricole tenue à Kalemie du 4 au 8 septembre 1978. Pour cela, tous les efforts doivent être entrepris pour l’acheminement vers Kongolo du matériel encore en souffrance à Matadi.

De même, ils souhaitent le démarrage du programme d’équipement et d’exploitation de la Roche-Dure à la ZAIRETAIN.

Les participants déplorent le manque de carburant qui entrave la marche de la plupart des entreprises.

V.- SITUATION SOCIALE :

           a) Santé :

            Les participants :

  • déplorent la persistance de la carence des médicaments  dans les hôpitaux, qui favorise la surenchère et la vente illicite des produits pharmaceutiques
  •  déplorent le coût trop élevé des prestations médicales. Ils demandent que les mesures soient prises pour amener les responsables de formations médicales à se conformer aux prix légalement établis ;
  •  suggèrent la participation des collectivités aux frais des soins médicaux de leurs habitants, de manière à permettre à ceux-ci de payer à un prix relativement bas ;
  • déplorent l’insuffisance du personnel para-médical qualifié ;
  • demandent l’affectation immédiate d’un médecin à l’hôpital d’Ankoro, dans la zone de Manono et la remise en marche de celui-ci ;
  •  demandent le rééquipement et l’achèvement de l’extension de l’hôpital de Kongolo ;
  •  attirent l’attention toute particulière des autorités sur la persistance des cas de choléra dans les zones de Kalemie et de Moba ; sur la recrudescence des maladies du sommeil et de tuberculose dans les zones de Kongolo, Manono et Moba.

           b) Pensions

Les participants constatent les difficultés de plus en plus croissantes qu’éprouvent les pensionnés quant au paiement de leurs allocations. Ils suggèrent qu’une unité de service de sécurité sociale soit installée à la Sous-Région afin de suivre régulièrement les dossiers tant au niveau des agents payeurs (missions) qu’à celui des zones.

            c) Eau et Electricité :

Les participants suggèrent que les contacts soient pris avec la REGIDESO afin de lui confier le dossier relatif à l’électrification et au raccordement en eau et électricité  de la zone de Manono, l’énergie étant en surproduction à la Centrale de la ZAIRETAIN à Mpiana.

              d) Enseignement :

 Les participants ont constaté :

  • l’inquiétude régnant parmi les parents dont les enfants ont échoué aux derniers examens d’Etat. Les parents souhaitent qu’ils soient fixés sur le sort de leurs enfants ;
  • qu’aucun effort n’a été fait pour la restauration des bâtiments des écoles techniques de Manono et de Kaseya ainsi que l’école normale de Lubunda ;
  •  invitent les autorités à se pencher sur ces cas afin qu’une solution soit trouvée de manière à permettre à ces écoles de fonctionner normalement ;
  • souhaitent l’ouverture de nouvelles classes à l’Institut MWAMBA dans la Zone de Kongolo.

Quant aux rapports entre les Commissaires du Peuple et les Responsables de la Territoriale à divers échelons, les participants ont exprimé une série de remarques d’ordre général tendant à améliorer ces rapports afin d’établir entre les intéressés un bon climat de collaboration mutuelle.

                                               Kalemie, le 18 septembre 1978.

 LE RAPPORTEUR,                                                                LE PRESIDENT,

Sé/KALANGO N’TENGU                                   LE COMMISSAIRE SOUS-REGIONAL

CHEF DE DIVISION DE S/REGION.                  Sé/MULAMBA NGOIE,

                                                                       Lieutenant-Colonel.

Paragraphe 4.    Le rapport des vacances parlementaires de juillet 1978

Kinshasa, ce 10 octobre 1978

 Maître LUMBU MALOBA NDIBA

Commissaire du Peuple

Circ. De TANGANIKA

B.P. 16029 – KIN. I                               LMN/016/CT/78.

B.P.204 – KONGOLO.

 Au Citoyen Président du Conseil Législatif

 de et à  KINSHASA.-

 Citoyen Président,

 Me conformant au vade mecum  du commissaire du Peuple qui nous impose le devoir de rédiger un rapport après les vacances parlementaires, je vous adresse en ce jour mon rapport sur lesdites vacances :

I.- LA SITUATION POLITIQUE, ADMINISTRATIVE et JUDICIAIRE.

A. La sécurité

 Les dernières infiltrations kabilistes datent de 1975 et ne restent qu’un vague souvenir et pourtant la population continue à subir les retombées de cette malheureuse situation suite au cantonnement des unités des FAZ dans les localités. Toute la ration des éléments des FAZ repose sur les paysans depuis de nombreuses années. Il arrive même que quelques éléments arrachent des biens qu’ils vendent directement à un prix dérisoire ou bien s’érigent en juges et se mêlent aux problèmes fonciers pour infliger à la population de fortes amendes.

 Très soumise à la discipline du M.P.R. la population rend tous les services à l’armée : puiser de l’eau, cultiver les champs, laver les habits et parfois céder les femmes ou les filles.

 Un Ier sergent Major PM répondant au nom de MUPATWA Rachid se distingue et sème la terreur et la désolation parmi la population.

 Sous prétexte de récupérer les armes de guerre détenues par les paysans, les S.2 et  parfois n’importe quel militaire arrêtent arbitrairement et extorquent la population innocente. Comble de tout,  même le major KAZADI  Commandant du 8ème Bon a volé avec la complicité de Citoyen BAKWALUFU,  Préfet du cycle d’orientation de Makutano, les tôles galvanisées achetées grâce à la cotisation de la population pour construire l’école et ne s’est pas gêné  à sa couvrir sa maison située en plein centre de la ville de Kongolo avec ces tôles. De tels abus occasionnent une méfiance et l’hypocrisie entre la population et l’armée et empêchent une meilleure cohabitation nécessaire pourtant pour la détection de l’ennemi tant intérieur qu’extérieur.

La collectivité de MAMBWE plus frappée assiste impuissante à son dépeuplement car sa population a choisi l’émigration à l’asservissement.

B.- L’administration.

Les salaires maigres, le payement irrégulier, voire l’impaiement caractérisent l’administration et tous les agents bricolent à cause de manque de fournitures de bureau ou de tout équipement nécessaire pour fournir le minimum de travail. Souvent c’est la population qui paie les pots cassés. Car pour tout service qu’elle demande dans un domaine quelconque de l’administration elle doit rétribuer l’agent.

 Au niveau de la territoriale, les chefs de localités et de groupements ne sont pas payés. Les chefs de collectivités semblent être les seuls hommes économiquement forts à cause de l’autonomie des collectivités et de leur pouvoir traditionnel qui les permettent de mettre la main où ils veulent. Mais leur manque de formation leur fait ôter beaucoup d’avantages au bénéfice de la Zone, ainsi alors qu’ils paient irrégulièrement leurs policiers et leurs juges à cause de manque d’argent ils versent pourtant des grandes sommes à la Zone pour toute réception à l’occasion du séjour d’une autorité de l’Exécutif.

Des querelles de succession deviennent monnaie courante et aucun chef n’est sûr de passer toute sa vie à la tête d’une collectivité. Le Commissaire de Zone fait régulièrement des consultations à telle enseigne que l’investi d’aujourd’hui se voit destitué le lendemain en faveur d’un autre membre de la famille et pour ne pas l’être, il est obligé d’amener de chèvres et de l’argent chez le Commissaire de Zone qui en contre partie fera des rapports de complaisance.

La Sous-Région a été dirigée ces derniers mois par des militaires intègres, consciencieux et très compréhensifs aux problèmes administratifs. La population espère que ces dignes fils seront remplacés par de civils compétents et natifs de la sous-région.

C. La marche du Parti.

Les responsables du M.P.R. au niveau des zones sont déjà nommés mais ils ne sont pas encore installés. Du parti on ne reconnaît ces jours que les prestations au groupe choc d’animation à l’arrivée des autorités de l’exécutif. Même le Chef du CND, le commandant secteur des FAZ ou son adjoint, le major commandant du bataillon territorial de la gendarmerie ont droit à une réception officielle par la zone mais le Commissaire du Peuple élu par excellence de la Zone devra se contenter de l’anonymat. Son logement à une gîte d’étape où sont logés même les femmes libres est considéré comme une faveur et pour l’avoir il faut insister et supporter toutes les tracasseries delibérément entretenues. La JMPR semble inexistante depuis l’incorporation de la brigade disciplinaire dans la gendarmerie. Les dirigeants des collectivités restent impayés et commencent enfin à démissionner après une longue attente dans l’espoir.

D.- La Justice

Les tribunaux de paix dans les milieux ruraux seront bien accueillis. Kongolo situé à 350 km de Kalemie où se trouve le Tribunal de Grande Instance a une population qui ne croit plus à la justice à cause des abus innombrables commis tant par les juges et les chefs de collectivités que par les OPJ civils et militaires. Aussi le nombre si élevé de militaires, presque 1000 unités obligent l’installation d’une inspection judiciaire. Dans les collectivités on trouve des policiers barbares qui  frappent et blessent tout accusé, l’extorsion leur est très familière et certains ne s’empêchent pas de déclarer à qui veut les entendre qu’ils font cela pour subsister car ils sont toujours impayés. La collectivité de Nyembo passe être un mauvais modèle.

II.  LA SITUATION ECONOMIQUE ET FINANCIERE

A.- L’agriculture

La culture tant vivrière qu’industrielle se pratiquent dans la zone de Kongolo. Le Conseil Exécutif voudrait promouvoir la culture vivrière et notamment la culture du maïs, raison pour laquelle il a implanté un projet zaïro-américain dénommé « PROJET NORD-SHABA » dans cette région. La population est très contente de ce projet mais toutes les conditions pour la réalisation des travaux ne sont pas encore réunies, c’est ainsi qu’il manque encore des machines importantes pour l’entretien de routes et pourtant dans une région agricole si les bonnes routes manquent,  il est difficile d’atteindre les objectifs qu’on s’assigne. Le Projet Nord-Shaba  végète encore et seules les conséquences indirectes sont actuellement remarquables. Ainsi grâce à ce Projet la brigade 19 de l’Office de Routes est alimentée régulièrement en carburant et s’efforce d’entretenir la route primaire Kongolo-Nyunzu. Aussi la station de la Regideso nécessite chaque jour un don d’un fût de carburant lui permettant d’allonger le temps de fourniture en eau et en électricité de la ville de Kongolo.

La population  s’inquiète cependant du refus de l’autorité d’engager parmi le personnel cadre les  personnes originaires de la région du Projet qui ont pourtant le mérite de connaître la région du travail, la population et la langue, élément facilitant le meilleur encadrement de paysans.

 La culture de coton est encore pratiquée mais il y a risque de diminution vu le retard avec lequel les fibres textiles sont achetées. L’ONAFITEX a abandonné plusieurs hangars pleins du coton à cause du manque du charroi automobile, du carburant et surtout de mauvais état des routes. Il arrive de temps en temps qu’un hangar soit incendié par la population mécontente et comme l’ONAFITEX n’a jamais placé les gardiens pour ces hangars l’identification des coupables a toujours été difficile.

Au Chef-lieu de la Zone se trouve un agronome de la zone et dans chaque collectivité sont les moniteurs agricoles. L’ex-ONAFITEX et le PNS ont aussi un personnel agricole disséminé dans la zone. Si ces différents cadres agricoles travaillent dans la collaboration, la population serait très bien encadrée mais malheureusement cela n’est pas ainsi et les paysans n’ont pas manqué de souligner les innombrables contradictions dont sont auteurs ces cadres en enseignement qu’ils leur apportent.

B.- Le transport

Kongolo est desservi par terre, fleuve et air. Par air, les vendredis et les samedis doivent normalement atterrir le Fokker en provenance de Lubumbashi et à destination de Goma et retour. Beaucoup de passagers veulent bien prendre ces vols mais ils sont souvent annulés et surtout le Fokker ne prend que quelques passagers abandonnant les autres à leur sort.

Par fleuve, Kongolo était un grand port de Lualaba pendant le temps du CFL. Actuellement la SNCZ a presque supprimé ce port. Un seul bateau continue à desservir le trajet Kongolo-Ankoro occasionnellement. Le fleuve n’est plus entretenu et l’équipage provient de Kalemie ou de Kabalo. Le bateau même n’est pas entretenu et les passagers ne peuvent pas être secourus en cas de détresse.

Par terre, le chemin de fer et les nombreuses routes sillonnent la Zone. Si par chemin de fer les marchandises sont déplacées facilement il n’en est pas de même partout à cause du  manque du charroi automobile et de mauvais état de routes. Le transport des passagers est très difficile tant par train que par route. Par train, il ne reste plus qu’un train courrier pour desservir la ligne Lubumbashi/Kindu.

La S.N.C.Z. a supprimé on ne sait pour quelle raison, le train courrier desservant la ligne Kalemie-Kindu deux fois par semaine et la conséquence est bien sûr le surnombre de passagers dans les voitures à telle enseigne que toutes les portes sont bloquées et on entre par les fenêtres.  Les toilettes sont inaccessibles et plus encore les vols s’opèrent facilement dans une telle anarchie. Les Kambelembele sont des bandits renommés qui circulent dans les trains, ils imposent  certaines taxes frappent et blessent tout passager qui leur résiste.

La population de Kongolo s’indigne de la politique de la S.N.C.Z. qui diminue de plus en plus l’importance de Kongolo. En effet, jadis une circonscription puis une gare est en ce jour seulement un canton. Le groupe électrique, les grues et tout le matériel important sont déplacés. La SNCZ qui a déplacé aussi presque tous les ouvriers ne s’est pas gêné de détruire les maisons du camp des ouvriers pour déplacer ainsi les briques, charpentes, tôles, etc. N’eut été le Projet Nord-Shaba qui vient d’acheter un bon nombre de maisons, Kongolo deviendrait une brousse.

C. Le commerce.

 Il manque des hommes d’affaires d’une grande  envergure à Kongolo. Les magasins ne sont plus achalandés et beaucoup sont devenus purement et simplement des résidences.  Certains hommes d’affaires affirment qu’ils connaissent cette mauvaise situation à cause d’innombrables réquisitions de leurs véhicules dont ils ont été victimes. Ces véhicules ont même été détruits en servant l’armée et aucune indemnisation n’a été versée en leur faveur. Nous ne citerons ici que les cas LIPÜ et MUTOMBO.

 Autre fait remarquable est le transfert des marchandises produites par les unités de production installées dans la sous-région vers les régions de Kivu, Kasaï ou Kinshasa. Il s’agit  de CIMENT-LAC, FILTISAF et PESA-LAC. La population souhaite que ces marchandises leur soient  aussi vendues avant d’être expédiées ailleurs.

D.- Les finances.

Il   n’existe de banque qu’à Kalemie, chef-lieu de la sous-région et pourtant Kongolo est situé à 350 km de Kalemie, à  750 km de Kamina et à 250 km de Kindu lieux où sont implantées les banques…

Paragraphe 5. Les visites à Kongolo d’abord du commissaire de région puis du président-fondateur.

 

 La visite du Commissaire de Région

Pour sa visite d’inspection à Kongolo et Manono, le Général-Commissaire de région SINGA BOYENGE s’était fait accompagner par les commissaires du Peuple originaires du Shaba et plus particulièrement originaires de ces zones. J’avais pris ainsi place abore de l’antonov en compagie de mes collègues Mwamba Twite et Ngoy Ingo.

A Kongolo, après avoir visité le fleuve inondé, le soir je fis principalement opposé à l’évêque NDAY lors de la séance du travail  au sujet de la destruction des écoles de Kaseya et de Lubunda que je soutenais l’avoir été par le diocèse. A Manono, je fus frappé par la vetusté des installations de Zaïre Etain.

 La visite du  Président-Fondateur du  MPR A KONGOLO

Le Président-Fondateur visita aussi Kongolo sous inondation. Dans la paillote où il s’entretient avec les notables de Kongolo, le Conseiller spécial SETI YALE et le Général SINGA, m’empêchèrent de prendre la parole, prétendant qu’en ma qualité de Commissaire du Peuple, je voyais régulièrement le Président à Kinshasa. Parmi les filles d’honneur encadrées par les sœurs, se trouvait ma cousine Generose Ilonda. Mon étonnement avait été grand lorsque je l’avais vu dans la résidence de Commissaire de Zone en train d’épousseter les souliers du Président-Fondateur.

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