﻿{"id":691,"date":"2014-04-22T11:37:42","date_gmt":"2014-04-22T10:37:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.femmefortes.com\/?p=691"},"modified":"2014-10-06T10:05:35","modified_gmt":"2014-10-06T09:05:35","slug":"mes-premiers-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/blog\/2014\/04\/22\/mes-premiers-pas\/","title":{"rendered":"Protais LUMBU 1 : Mes premiers pas (Titre 1 et Titre2)"},"content":{"rendered":"<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>N\u00e9 le 22 avril 1948, Protais LUMBU MALOBA NDIBA vient d\u2019\u00e9crire \u00ab\u00a0Mes premiers pas\u00a0\u00bb, une autobiographie de six titres dans laquelle il d\u00e9crit sa vie, de l&rsquo;enfance jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses \u00e9tudes universitaires.<\/strong><\/p>\n<p><strong><!--more--><\/strong><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Papa-MAitre31.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" alt=\"Papa-MAitre3\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/Papa-MAitre31.gif\" width=\"300\" height=\"400\" \/><\/a><\/p>\n<h2 style=\"text-align: justify;\"><b>Titre 1<sup>er <\/sup>: De la naissance aux premiers souvenirs<\/b><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>Chapitre 1<sup>er <\/sup>: Ma naissance \u00e0 Kalwamba- Lez- Kayanza,<\/b><\/h3>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><\/h3>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: N\u00e9 le 22 avril 1948,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le 22<sup>\u00e8me<\/sup> jour du mois d\u2019avril de l\u2019an 1948, que les douleurs pr\u00e9natales accul\u00e8rent ma m\u00e8re en cong\u00e9 au toit paternel \u00e0 Kalwamba. Oui, c\u2019est ce jour l\u00e0 que je naquis sous le signe de taureau apr\u00e8s un fr\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en bas \u00e2ge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l\u2019occasion de l\u2019inscription de mon mariage religieux en avril 1975, le Cur\u00e9 Simon Kabezya de la Paroisse de Mbulula avait soutenu la date du 22 avril 1948 mentionn\u00e9 sur mon livret de bapt\u00eame comme jour de mon bapt\u00eame et que la date de ma naissance serait le 19 avril 1948. Mon p\u00e8re, avait rejett\u00e9 l\u2019affirmation de ce pr\u00eatre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai en effet, \u00e9t\u00e9 b\u00e2ptis\u00e9 le jour m\u00eame de ma naissance au pr\u00e9nom de Protais, \u00ab Protazi en Kiswahili \u00bb. Le nom de MALOBA, que portait aussi mon p\u00e8re m\u2019a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 par lui, en souvenir de la personne qui avait \u00e0 Ilunga, h\u00e9rit\u00e9e Mugalu, sa grande m\u00e8re paternelle, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s \u00e0 Kayanza de son grand p\u00e8re Muyenga gwa Yula.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une maladie m\u2019avait terrass\u00e9 juste \u00e0 la fin des vacances et ne permit pas \u00e0 mon p\u00e8re de regagner le village Ka\u00efngwe, son poste de travail. Amen\u00e9 au dispensaire de Mbulula, dirig\u00e9 par l\u2019infirmier Simon, les meilleurs soins me furent administr\u00e9s et le pire avait \u00e9t\u00e9 \u00e9vit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En \u00e9coutant ma m\u00e8re raconter cet \u00e9pisode de sa vie, je d\u00e9couvrais dans son langage sa peur de me perdre, comme c\u2019\u00e9tait le cas pour son premier enfant.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 2 : La naissance de Marie,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Absent de plusieurs jours de son poste, mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 licenci\u00e9. Il se mit \u00e0 travailler aux champs \u00e0 Kayanza, aid\u00e9e par ma m\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 9 novembre1950 Marie agrandit le foyer. Elle re\u00e7ut le nom de MUGALU MALAMU en souvenir de la s\u0153ur ain\u00e9e de mon p\u00e8re qui venait de d\u00e9c\u00e9der \u00e0 Mundula.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Invit\u00e9 \u00e0 reprendre son m\u00e9tier \u00e0 Kayanza, mon p\u00e8re avait ensuite \u00e9t\u00e9 mut\u00e9 \u00e0 Katambwe, village situ\u00e9 \u00e0 proximit\u00e9 de la mission adventiste de Bigobo.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>Chapitre 2 : Ma premi\u00e8re et ma deuxi\u00e8me primaire \u00e0 Katambwe.<\/b><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 1<sup>er<\/sup> : Une vie familiale dans le partage,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon p\u00e8re avait enseign\u00e9 quatre ans durant \u00e0 Katambwe en parfaite entente avec la population.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant commenc\u00e9 mon \u00e9cole primaire, le b\u00e2timent scolaire se trouvant loin de notre r\u00e9sidence, fatigu\u00e9 en m\u2019y rendant, je poussai mon p\u00e8re \u00e0 me porter sur ses \u00e9paules.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsqu\u2019un nouveau b\u00e2timent avait \u00e9t\u00e9 construit \u00e0 quelques pas de notre nouvelle r\u00e9sidence, je tirai ma petite s\u0153ur Marie, vers ce lieu du savoir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos visiteurs \u00e9taient \u00e9tonn\u00e9s de la capacit\u00e9 de ma m\u00e9moire et de mon expression facile, lorsqu\u2019ils m\u2019entendaient r\u00e9citer correctement des morceaux enseign\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma m\u00e8re se rendait au champ pour sarcler, r\u00e9colter, ramasser ou p\u00eacher. Notre joie \u00e9tait toujours grande lorsqu\u2019elle rentrait le soir avec une casserole pleine de poissons attrap\u00e9s \u00e0 la rivi\u00e8re Mugweyi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour Marie jeta mes souliers dans le feu et \u00e0 deux nous admirions les flammes en riant. Je relatai \u00e0 ma m\u00e8re ce qu\u2019\u00e9taient devenus mes souliers alors qu\u2019elle \u00e9tait absente sans savoir que j\u2019allais l\u2019\u00e9nerver !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet, rare \u00e9taient m\u00eames les fils des enseignants qui portaient les souliers. Je venais de perdre inconsciemment un bien de luxe !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 2\/ 10\/1952, Elisabeth naquit, Le nom de KABEYA FATAYAKO, tante paternelle de mon p\u00e8re lui avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N\u00e9e sans beaucoup de cheveux, elle pleurait tellement pendant les absences de maman, qu\u2019avec Rapha\u00ebl nous chantions,( le mama\u00ef , mama\u00ef mwana kolela), maman,maman, l\u2019enfant pleure, pendant que papa se debattait \u00e0 la calmer !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De tels jours mon p\u00e8re se f\u00e2chait et grondait ma m\u00e8re \u00e0 son retour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rapha\u00ebl jouait souvent \u00e0 l\u2019attrapeur d\u2019oiseux. Un jour il se mit \u00e0 cueillir la s\u00e8ve de \u00ab kilembelembe \u00bb avec mon oncle Kitoko. Ce dernier avait mis pour la circonstance un foulard aux yeux et chaque fois qu\u2019il saignait l\u2019arbre, il s\u2019en \u00e9loignait aux pas de course, ce que ne faisait pas Rapha\u00ebl dont la s\u00e8ve p\u00e9n\u00e9tra dans les yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u2019abord, il me demanda de ne pas alerter les parents, puis m\u2019envoya lui chercher de l\u2019eau et enfin il se mit \u00e0 pleurer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se cachant dans une salle de l\u2019\u00e9cole parce que les parents nous avaient toujours d\u00e9fendu de jouer avec cet arbre, il \u00e9tait effray\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 moi j\u2019\u00e9tais plac\u00e9 dans une situation d\u00e9licate, d\u2019une part j\u2019avais peur d\u2019alerter papa qui \u00e9tait tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8re et d\u2019autre part j\u2019avais la crainte de voir Rapha\u00ebl devenir aveugle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me d\u00e9cidais \u00e0 mettre maman au courant de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et heureusement, je ne trouvai pas mon p\u00e8re \u00e0 la maison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maman avait rejoint Rapha\u00ebl et lui avait inject\u00e9 le lait maternel dans les yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une nuit, pendant un vent violent, mes parents de leur lit se pr\u00e9cipit\u00e8rent \u00e0 mon lit quand ils entendirent une branche soutenant le toit tomber. Ce bois se trouvait juste au-dessus de mon lit. Ma m\u00e8re pleurant, pensait que j\u2019\u00e9tais atteint et ne se calma que quand ils s\u2019aper\u00e7urent que je dormais en toute tranquillit\u00e9 et que le morceau d\u2019arbre se trouvait juste \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous conn\u00fbmes une saison o\u00f9 les hy\u00e8nes domin\u00e8rent. Chaque matin quelqu\u2019un se plaignait parce qu\u2019il venait de constater la disparution de sa ch\u00e8vre, sans doute attrap\u00e9e par cet animal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une nuit papa \u00e9tait absent et Marie se mit \u00e0 pleurer. Elle pleurait beaucoup lorsqu\u2019\u00e0 un moment nous entend\u00eemes les cris de l\u2019hy\u00e8ne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pris de stupeur ma m\u00e8re et moi-m\u00eame nous ne disions mot, voir, nous nous retenions m\u00eame \u00e0 tousser. Marie continua \u00e0 pleurer jusqu\u2019au moment o\u00f9 elle entendit elle-m\u00eame les cris \u00e9tranges.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain, j\u2019appris que l\u2019hy\u00e8ne de cette nuit l\u00e0 \u00e9tait mon p\u00e8re qui voulait faire taire Marie. Depuis ce jour l\u00e0, chaque fois que Marie pleurait, quelqu\u2019un imitait le carnassier pour r\u00e9tablir le silence<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 2 : Les visiteurs de notre maison,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Katambwe n\u2019\u00e9tait pas reli\u00e9 \u00e0 d\u2019autres villages par une route mais plut\u00f4t par un sentier. Les porteurs du message \u00e9vang\u00e9lique s\u2019y rendaient \u00e0 v\u00e9lo pendant que leurs malles \u00e9taient transport\u00e9es d\u2019un village \u00e0 l\u2019autre par les indig\u00e8nes. L\u2019accueil que r\u00e9servait mon p\u00e8re \u00e0 ses sup\u00e9rieurs \u00e9tait remarquable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant leur s\u00e9jour, nos visiteurs nous distraiaient de mani\u00e8re diff\u00e9rente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Abb\u00e9 Blaise Nkulu jouait son accord\u00e9on, L\u2019Abb\u00e9 Fran\u00e7ois Iday nous photographiait tandis que l\u2019Abb\u00e9 Joseph Mulolwa passait des heures enti\u00e8res \u00e0 expliquer dans son d\u00e9bit lent, les merveilles de la religion catholique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Docteur en droit canon, il \u00e9tonnait par son savoir religieux ! Il c\u00e9l\u00e9brait ses messes sans acolyte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avions connu aussi la visite de l\u2019Abb\u00e9 Jean Joubert. Il \u00e9tait sympathique et souhaitions tous le prolongement de son s\u00e9jour. Quelle ne fut la douleur ressentie, lorsque nous appr\u00eemes la nouvelle de son d\u00e9c\u00e8s quelques mois seulement apr\u00e8s notre s\u00e9paration !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant les grandes vacances, Athanase Lumbu et Cyprien Muyumba Salumu, \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l\u2019\u00e9cole r\u00e9gionale de Sola et respectivement mon grand fr\u00e8re a\u00een\u00e9 dans notre famille jointe et mon oncle maternel venaient \u00e0 Katambwe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kitoko Mbayo, mon autre oncle baptis\u00e9 apr\u00e8s au nom de Prosper les avait rejoint \u00e0 Sola, qu\u2019ils avaient quitt\u00e9s, pour aller continuer le premier au petit S\u00e9minaire de Lusaka, le deuxi\u00e8me \u00e0 l\u2019\u00e9cole normale de Kasongo et le troisi\u00e8me au petit s\u00e9minaire de Mugeri.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n\u2019avais pas vu souvent mon grand-p\u00e8re paternel et mon grand p\u00e8re maternel chez nous, alors que mes grands-m\u00e8res y \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheko Muyumbwila, le neveu de mon p\u00e8re et ses grandes s\u0153urs Nyota et Chekanabo Mugalu, tous enfants de sa d\u00e9funte s\u0153ur \u00e9taient aussi r\u00e9guliers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Normalement une poule \u00e9tait \u00e9gorg\u00e9e \u00e0 l\u2019 occasion de diff\u00e9rentes visites. Une fois je me mis \u00e0 pleurer pace que la poule \u00e9gorg\u00e9e \u00e9tait la mienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour alors que les grands- parents maternels \u00e9taient \u00e0 la maison, j\u2019entrai au salon et me mis \u00e0 jouer avec l\u2019horloge. Je bougeai tellement les aiguilles que j\u2019avais oubli\u00e9 enfin quelle heure \u00e9tait- il exactement. S\u00fbr et certain que papa allait d\u00e9couvrir cela, je me pr\u00e9sentai moi-m\u00eame devant lui et demandai d\u2019\u00eatre frapp\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi veux-tu que je te frappe, m\u2019interrogea-t-il ? Je r\u00e9pondis que c\u2019est parce que je venais d\u2019ab\u00eemer la montre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les visiteurs pouss\u00e8rent les cris d\u2019\u00e9tonnement. Ils n\u2019avaient pas encore vu selon eux, un enfant aussi courageux. Pour ma sinc\u00e9rit\u00e9, papa me f\u00e9licita au lieu de me fouetter.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le village, Kalukula \u00e9tait mon grand ami, avec lui je jouais au sable de la cour de l\u2019\u00e9cole. Des fois nous nous battions et la victoire changeait de camp.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un apr\u00e8s midi alors que papa allait visiter ses pi\u00e8ges, je tins \u00e0 l\u2019accompagner. Il me porta \u00e0 son v\u00e9lo, mais au retour la pluie se mit \u00e0 menacer. Ayant acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 il ne s\u2019aper\u00e7ut pas vite de ma chute ! Je restai ainsi en pleine brousse jusqu\u2019au moment o\u00f9 il rentra me recup\u00e9rer. Depuis lors il ne me prenait plus quand il allait aux champs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon grand ami Kalukula me convainquit une fois d\u2019aller nous laver \u00e0 la rivi\u00e8re, j\u2019acceptai et nous part\u00eemes en groupe. Au retour j\u2019\u00e9tais devant tout le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A un tournant j\u2019entendis derri\u00e8re moi mes coll\u00e8gues pousser des cris ? Parce que, ce que j\u2019avais saut\u00e9 en croyant que c\u2019\u00e9tait un tronc d\u2019un arbre \u00e9tait un crocodile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains noms de Katambwais qui m\u2019\u00e9taient familiers sont : Victor Kabwali, Chungu, Lea, Akili, Kiyabwe, Malisawa, Maskini qui s\u2019\u00e9tait fait photographi\u00e9 avec mon p\u00e8re et moi-m\u00eame, son \u00e9pouse Malamu qui \u00e9tait originaire de Kayanza, Fataki, les vieux Muyanzi et Kabula.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bimuloko la fille de Masikini avec ses compagnes aidaient beaucoup maman dans tous les travaux de m\u00e9nage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Jamais seul, je ne me rendais au d\u00e9l\u00e0 de la haie de la cour de l\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019entente entre ma famille et la population \u00e9tait parfaite. Les hommes partageaient avec nous leurs produits de chasse pendant que les mamans et les filles nous amenaient les poissons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tel un chef \u00e0 qui on doit un tribut et qui en contre partie donne protection aux siens, tel avait \u00e9t\u00e9 mon p\u00e8re, qui donnait des conseils, lisait les lettres, donnait du sel ou des produits pharmac\u00e9utiques pendant que ma m\u00e8re cousait les habits.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 3 : Les d\u00e9placements pendant les grandes vacances,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certaines vacances, seul avec papa nous nous d\u00e9placions. Une fois nous nous rend\u00eemes \u00e0 Kayungu, mais au lieu de passer par le raccourci Katambwe- Kabenga Say, nous f\u00fbmes oblig\u00e9s de contourner par Bigobo parce que la rivi\u00e8re Luvituka qui n\u2019avait pas de pont entre Katambwe et Mpala \u00e9tait en crues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arriv\u00e9s \u00e0 Bigobo nous rest\u00e2mes quelques minutes chez papa Sunzu, cousin de mon p\u00e8re et papa de Mbayo Esp\u00e9rance. Avant qu\u2019il ne soit midi nous repr\u00eemes notre voyage et pour moi c\u2019\u00e9tait un spectacle chaque fois que nous nous croisions avec un v\u00e9hicule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Peu apr\u00e8s midi, nous atteign\u00eemes le village Muzyunda o\u00f9 nous all\u00e2mes dire bonjour chez le coll\u00e8ge de mon p\u00e8re, l\u2019enseignant Jean Bendera.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il se mit \u00e0 pleuvoir et laissant les parents, je sortis pour jouer avec Th\u00e9r\u00e8se. D\u00e8s apr\u00e8s le passage de l\u2019averse, je remontai au v\u00e9lo et papa se remit \u00e0 p\u00e9daler jusqu\u2019\u00e0 la pente de Lwilu. Pass\u00e9s cette pente nous f\u00eemes escale \u00e0 Mbulula et c\u2019est tard dans la soir\u00e9e que nous arrivions \u00e0 Kayungu, o\u00f9 son petit fr\u00e8re Mwalimu Sixte enseignait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maman Val\u00e9riane, Rapha\u00eal et Louise nous avaient accueillis chaleureusement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Papa repartit le lendemain avec son petit fr\u00e8re pour Mukutano \u00e0 la r\u00e9union et retraite des enseignants, pendant que moi je restai passer mes vacances \u00e0 Kayungu jusqu\u2019\u00e0 son retour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jour que nous avions quitt\u00e9 Kayungu pour rentrer \u00e0 Katambwe, boby, le chien de papa Sixte nous avait suivis. S\u2019apercevant que nous \u00e9tions pr\u00e8s de Mbulula et craignant sa disparution, papa se d\u00e9cida \u00e0 le faire rentrer.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Mbulula, ce village carrefour, si\u00e8ge de poste detach\u00e9, chef lieu de la collectivit\u00e9 des Bena Niembo ainsi que la r\u00e9sidence de l\u2019agronome, papa y avait achet\u00e9 des habits ainsi que des friandises avant de reprendre la route de Katambwe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous n\u2019\u00e9tions plus rentr\u00e9s par Bigobo car la rivi\u00e8re Luvituka n\u2019\u00e9tait plus en crues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le raccourci Kabenga Say- Katambwe que nous suiv\u00eemes. A Kabyionga, nous tard\u00e2mes chez l\u2019enseignant Firmin Ngombe et \u00e0 Mpala nous ne pouvions pas passer sans voir la tante Nyota \u00e9pous\u00e9e par Kazimoto Butata et l\u2019enseignant D\u00e9sir\u00e9 Kizige, grand ami de mon p\u00e8re. Nous atteign\u00eemes Katambwe la nuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il eut des grandes vacances o\u00f9 Kayanza fut le grand lieu de rencontre de toute notre famille jointe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Louise et Marie partageaient parfois leurs jeux avec Cyrille fils d\u2019Augustin Sanduku.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y avait Rapha\u00ebl, Chekanabo, Sylvie et tant d\u2019autres fr\u00e8res, s\u0153urs, cousins et cousines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maman Val\u00e9riane et maman Modesta aidaient aux travaux de m\u00e9nage. Les dimanches avaient \u00e9t\u00e9 des journ\u00e9es o\u00f9, on dansait partout et que les masques circulaient et effrayaient les gens qui les fuyaient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">. Rentr\u00e9s \u00e0 Katambwe, papa ne tra\u00eena pas \u00e0 nous quitter pour rejoindre encore la mission de Makutano.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant son long s\u00e9jour, nous avions vid\u00e9 toutes nos r\u00e9serves. Nous manquions le savon et maman tr\u00e8s d\u00e9brouillarde se mit \u00e0 fabriquer des savons noirs \u00e0 base des fruits de l\u2019arbre \u00ab Kifumbe \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque papa revint il amena beaucoup de cadeaux, dont les friandises et nous oubli\u00e2mes tr\u00e8s vite la p\u00e9riode de la disette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Maman se rendait parfois dans son village natal, mais une fois au retour, elle fit une chute avec son v\u00e9lo \u00e0 la pente de la rivi\u00e8re Lwihu pr\u00e8s de Mbulula. Son visage fut depuis ce temps macul\u00e9 d\u2019une cicatrice.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 4 : Le centre de sant\u00e9 de Bigobo,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">A cinq kilom\u00e8tres du village Katambwe se trouvait le village Bigobo, centre protestant important de la r\u00e9gion. Situ\u00e9 \u00e0 mi-chemin de l\u2019axe Kongolo-Nyunzu, Bigobo poss\u00e8dait une \u00e9cole primaire compl\u00e8te ainsi que deux ans postprimaire, un dispensaire tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9 et quelques r\u00e9sidences en t\u00f4les qui abritaient les pasteurs europ\u00e9ens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A part la mission protestante, Bigobo poss\u00e9dait, des magasins et un grand hangar de concervation des fibres textiles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques parents de mon p\u00e8re tels que : les grands p\u00e8res Lukonzola et Lumbu Kitambala, papas Biriki, Kachoma et Sunzu r\u00e9sidaient dans ce village. Ce dernier en provenance de Kayanza \u00e9tait capita vendeur. Il y avait aussi Rubbeni, oncle maternel de mon p\u00e8re qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e0 un certain moment mut\u00e9 \u00e0 Pemba.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La famille se faisait soigner au dispensaire de Bigobo et logeait chez l\u2019un ou l\u2019autre parent cit\u00e9 ci-haut.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les matins avant d\u2019\u00eatre soign\u00e9s au dispensaire, l\u2019enseignement de l\u2019\u00e9vangile avec les images illustr\u00e9es nous \u00e9tait impos\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour maman alla puiser de l\u2019eau le jour de sabbat alors que la d\u00e9fense de faire n\u2019importe quel travail \u00e9tait de rigueur ! Maman Bizuli, l\u2019\u00e9pouse de papa Rubbeni lui pria \u00e0 verser toute cette eau par terre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand la machette trop tranchante de mon p\u00e8re apr\u00e8s avoir au champ scind\u00e9 un arbrisseau, termina sa course sur son avant bras gauche, il s\u2019\u00e9tait rendu directement \u00e0 ce dispensaire o\u00f9 maman l\u2019avait suivi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Eudoxie vit jour le 7\/12\/1954. Elle avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e ABAMUTAKE KIBATA, nom de la deuxi\u00e8me \u00e9pouse de mon grand p\u00e8re. Elle \u00e9tait encore tr\u00e8s petite lorsque fut organis\u00e9 un recensement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 Bigobo que la population des villages environnants devait se rendre. Des pluies abondantes nous avaient emp\u00each\u00e9es de nous pr\u00e9senter \u00e0 temps aupr\u00e8s de l\u2019Europ\u00e9en, imperturbable, qui malgr\u00e9 les excuses pr\u00e9sent\u00e9es par mon p\u00e8re lui ordonna de le suivre \u00e0 Mahundu, village \u00e9loign\u00e9 de Bigobo de dix kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne pouvant pas d\u00e9sob\u00e9ir, au risque d\u2019\u00eatre emprisonn\u00e9, c\u2019est sous un soleil ardent alternant aux averses qu\u2019il nous am\u00e8na \u00e0 Mahundu, aupr\u00e8s de ses coll\u00e8gues, Ildephonse Malota et Jean Kibunda.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait connu que je ne mouillais pas mon lit, raison pour laquelle, Monsieur Ildephonse me prit dans sa chambre. H\u00e9las cette nuit l\u00e0, contrairement \u00e0 mes habitudes, je le fis et me trouvai le matin tr\u00e8s frustr\u00e9.<\/p>\n\n\t\t<style type=\"text\/css\">\n\t\t\t#gallery-1 {\n\t\t\t\tmargin: auto;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-item {\n\t\t\t\tfloat: left;\n\t\t\t\tmargin-top: 10px;\n\t\t\t\ttext-align: center;\n\t\t\t\twidth: 33%;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 img {\n\t\t\t\tborder: 2px solid #cfcfcf;\n\t\t\t}\n\t\t\t#gallery-1 .gallery-caption {\n\t\t\t\tmargin-left: 0;\n\t\t\t}\n\t\t\t\/* see gallery_shortcode() in wp-includes\/media.php *\/\n\t\t<\/style>\n\t\t<div id='gallery-1' class='gallery galleryid-691 gallery-columns-3 gallery-size-thumbnail'><dl class='gallery-item'>\n\t\t\t<dt class='gallery-icon portrait'>\n\t\t\t\t<a href='https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/p1\/'><img width=\"150\" height=\"150\" src=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P1-150x150.gif\" class=\"attachment-thumbnail size-thumbnail\" alt=\"\" decoding=\"async\" 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style=\"text-align: justify;\">Les v\u00e9hicules pouvaient arriver dans ce nouveau village et les agriculteurs parvenaient \u00e0 vendre avec aisance les produits de leurs champs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un dimanche, Masikini avait invit\u00e9 mon p\u00e8re, c\u2019\u00e9tait notre derni\u00e8re sortie, car Makutano l\u2019avait mut\u00e9 \u00e0 Mahundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La nouvelle de la mutation de mon p\u00e8re attrista les Katambwais. Leur \u00e9migration \u00e9tait la cause et voil\u00e0 que maintenant ils allaient manquer une \u00e9cole pour leurs enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La veille de notre d\u00e9part, beaucoup de Katambwois vinrent nous tenir compagnie. Maman cousait les habits de certaines personnes gratuitement, \u00ab\u00a0c\u2019\u00e9taient les adieux \u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain tr\u00e8s t\u00f4t le matin, les Bimuloko aid\u00e8rent \u00e0 emballer les bagages.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il \u00e9tait presque quatorze heures lorsque nous quitt\u00e2mes ce village avoisinant les montagnes Mutaluke et Makena et les rivi\u00e8res Mugwey et Luvituka. Les anciens \u00e9l\u00e8ves de mon p\u00e8re transportaient, qui de machine \u00e0 coudre, qui de casseroles et qui d\u2019autre d\u2019un fardeau quelconque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est \u00e0 la nage que nous travers\u00e2mes la rivi\u00e8re Mugwey et une heure apr\u00e8s nous attendions d\u00e9j\u00e0 \u00e0 Bigobo devant le magasin de Frekade, la camionnette de la mission qui devait nous amener \u00e0 Mahundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A 17 heures la camionnette arriva. A c\u00f4t\u00e9 du chauffeur, se trouvait l\u2019enseignant Kibunda Jean, que mon p\u00e8re venait de remplacer \u00e0 Mahundu. Une fois le chargement termin\u00e9 le v\u00e9hicule demarra.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faisait d\u00e9j\u00e0 noir lorsque nous atteign\u00eemes le village Mahundu. Il y avait beaucoup du monde sur la cour de l\u2019\u00e9cole. O\u00f9, un enseignant qui s\u2019appelait Gervais y f\u00eatait la c\u00e9l\u00e9bration de son mariage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La population nous accueillit aux cris de \u00a0\u00bb Na Mwalimu gwetu, na Mwalimu gwetu\u00a0\u00bb. \u00ab Notre enseignant, notre enseignant \u00bb. C\u2019est alors que je vis l\u2019enseignant Kibunda sortir de la cabine et s\u2019adresser \u00e0 la population dans les termes suivants :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00bb Vous autres, vous ne savez pas que celui-ci est aussi un Kayanzien, un homme de chez- moi ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette phrase me fit conclure que c\u2019\u00e9tait suite \u00e0 certaines difficult\u00e9s d\u2019int\u00e9gration, que les enseignants Kibunda et Malota \u00e9taient d\u00e9plac\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le matin nous nous rend\u00eemes chez le capita du village qui s\u2019appelait Mahundu Pende. En soutane blanche, il nous accueillit et s\u2019entrentint avec papa. Pendant ce temps j\u2019admirais, la position de ce grand village qui de la maison du capita situ\u00e9e au sommet de la montagne Kabundi s\u2019etendait dans sa majest\u00e9 jusqu\u2019au bas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mahundu contrastait avec Katambwe, il y avait ici des magasins, une route et surtout mon p\u00e8re qui avait son coll\u00e8gue n\u2019allait plus s\u2019occuper de deux classes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019autre enseignant vint quelques jours apr\u00e8s. Il s\u2019appelait Mwayenga Th\u00e9odose et venait de Kihonga. Originaire aussi de Kayanza \u00ab Lwenye \u00bb, il n\u2019avait pas son epouse qui venait de perdre un enfant mais \u00e9tait accompagn\u00e9e de sa fille ain\u00e9e, de m\u00eame \u00e2ge que ma petite s\u0153ur Marie et qui s\u2019appelait Jos\u00e9phine Charlotte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 la grandeur du village, l\u2019abondance des \u00e9l\u00e8ves, Mahundu n\u2019avait pas une troisi\u00e8me primaire. Dans toute la chefferie de Nyembo il n\u2019y avait que deux classes de troisi\u00e8me, respectivement \u00e0 Mbulula et \u00e0 Kayanza.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 termin\u00e9 ma deuxi\u00e8me \u00e0 Katambwe, mon p\u00e8re m\u2019am\u00e8na poursuivre mes \u00e9tudes \u00e0 Kayanza, chez ses parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors qu\u2019il se rendait \u00e0 Makutano, il me prit sur son v\u00e9lo et suivit le raccourci Mahundu-Bont\u00e9-Mbulula. Le v\u00e9lo ayant connu une panne, nous rejoign\u00eemes Kahongo tard dans la soir\u00e9e et y pass\u00e2mes la nuit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Interrog\u00e9 si je mouillais mon lit la nuit, mon p\u00e8re se souvenant du cas v\u00e9cu chez l\u2019enseignant Ildephonse lors du recensement, donna une r\u00e9ponse tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9e. On me pr\u00e9para mon lit et le matin tout le monde constata que je ne l\u2019avais pas mouill\u00e9. Personnellement j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s content parce que j\u2019\u00e9tais r\u00e9habilit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme il pleuvait abondement, c\u2019est seulement dans l\u2019apr\u00e8s midi apr\u00e8s la r\u00e9paration du v\u00e9lo, que nous nous s\u00e9parions avec les enseignants Martin et Th\u00e9ophile Kaya pour poursuivre notre route. Il \u00e9tait tard quand nous arriv\u00e2mes \u00e0 Mbulula o\u00f9 nous avions pass\u00e9 la nuit chez l\u2019enseignant Sylvestre Moke.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain mon p\u00e8re devait atteindre Makutano via Kayanza avant la c\u00e9l\u00e9bration de la messe dominicale. Il me d\u00e9posa \u00e0 Kayanza en insistant aupr\u00e8s de ses parents sur la restriction de mes promenades.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A Kayanza la classe de 3\u00e8me connut au cours de la m\u00eame ann\u00e9e scolaire deux enseignants. D\u2019abord Monsieur Prosper Kahozi, originaire de Minanga, ancien militaire qui n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 porter sa tenue de caporal chaque fois que l\u2019\u00e9cole \u00e9tait visit\u00e9e ou appel\u00e9e \u00e0 Mbulula pour saluer les autorit\u00e9s. Ensuite vint l\u2019enseignant Richard Munguluma, originaire de ce village dont la maison de son p\u00e8re Kihanzula et m\u00e8re Mbombo n\u2019\u00e9tait pas loin de la n\u00f4tre. Il aimait s\u2019appeler \u00ab Ishandi ya Mbombo \u00bb, \u00ab vieil habit de Mbombo \u00bb. Fier, il l\u2019\u00e9tait m\u00eame en roulant sur son v\u00e9lo neuf. Son \u00e9pouse s\u2019appelait Hidegarde, elle \u00e9tait d\u2019une grande corpulence.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 2 : La composition de ma nouvelle famille, <\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chez mes grands-parents paternels, nous n\u2019\u00e9tions comme enfants, que nous petits-fils. Leur enfant cadet Tubyangalie Pombo venait de partir \u00e0 l\u2019internat de Sola pour y \u00eatre baptis\u00e9e au nom de B\u00e9atrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je rencontrais chez mes grands parents, Stambili, fille de ma tante paternelle Malamu Mugalu, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e un peu avant sa petite s\u0153ur Mangaza Seraphine depuis pr\u00e8s de cinq ans. Il y avait aussi Sangwa Mayaliwa et son petit fr\u00e8re Masokoti, fils de Mazuli, neveu de mon grand-p\u00e8re. Enfin il y avait mon grand fr\u00e8re dans la famille jointe, Rapha\u00eal, fils de papa Marc, fr\u00e8re ain\u00e9 de mon p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pr\u00e9sence de nombreux compagnons de jeux et la tendresse remarquable de mes grands-parents facilit\u00e8rent mon int\u00e9gration dans mon nouveau milieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je connus mieux pendant cette p\u00e9riode mon grand-p\u00e8re, ce vieux barbu de grande taille et d\u2019une chevelure noire fonc\u00e9e parsem\u00e9e des cheveux blancs. Son ton \u00e9tait autoritaire. Il s\u2019habillait toujours en pagne blanc au-dessus du quel \u00e9tait une chemise ou un manteau. Il s\u2019appelait Lumbu Pilipili fils de Muyenga fils de Yula fils de Mbundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En voyage mon grand-p\u00e8re portait la lance. Il \u00e9tait connu comme un grand chasseur et avait m\u00eame un fusil \u00e0 piston.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bigame, sa premi\u00e8re \u00e9pouse \u00e9tait ma grand-m\u00e8re : petite de taille, mince et de teint clair. Son nom \u00e9tait Mwayuma Mutoe Gwa Mugambwa, une muzila Nge de Zimba o\u00f9 elle \u00e9tait nyibanza de Zimba Chi Bakuma. Elle avait grandi \u00e0 Buzila Nzovu avec son fr\u00e8re Rubbeni Ngombe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle n\u2019approchait pas du tout la corpulence de sa rivale Abamutake Kibata, originaire de Samba dans le secteur de Baluba-Buki, qui ne s\u2019exprimait qu\u2019en Kiluba, malgr\u00e9 d\u2019innombrables ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 Kayanza chez les bahemba -bena nyembo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon grand p\u00e8re avait \u00e9pous\u00e9 mes grandes m\u00e8res alors qu\u2019il r\u00e9sidait d\u2019abord \u00e0 Ilunga o\u00f9 sa m\u00e8re Mugalu avait \u00e9t\u00e9 h\u00e9rit\u00e9e par Maloba ga Londa parent de Ndundula Mbuyu, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son p\u00e8re Muyenga gwa Yula.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s Ilunga mon grand p\u00e8re habita \u00e0 Kilubi-Masagala, l\u2019actuel Chala dans la collectivit\u00e9 de Bena Yambula, o\u00f9, apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de sa maman, il y avait suivi sa gande s\u0153ur Musoga qui avait \u00e9t\u00e9 \u00e9pous\u00e9e par Munyane.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon grand p\u00e8re n\u2019\u00e9tait rentr\u00e9 \u00e0 Kayanza que vers 1936 suite \u00e0 l\u2019insistance de la chef Mukumbane, qui lui envoyait des \u00e9missaires pour lui dire que sa for\u00eat de Mbundu risquait d\u2019\u00eatre accapar\u00e9e par d\u2019autres personnes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9c\u00e8s de son fr\u00e8re Kahinga Lumanya, il avait amen\u00e9 \u00e0 Kilubi les grands enfants du decuyus qu\u2019\u00e9taient, Muhemeli Muganza, Simon Kalunga, Mwehu Lenga Lenga et Kahozi qui pouvaient continuer \u00e0 veiller sur cette copropri\u00e9t\u00e9 de Mbundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma grande m\u00e8re avait donn\u00e9 naissance avant le retour \u00e0 Kayanza \u00e0 Malamu Mugalu, Kabamba Marc, Maloba Kichwanyoka Martin, Ilunga Masaani Sixte et \u00e0 Kayanza \u00e0 Sangwa Prophil, Mangaza S\u00e9raphine et Tubyangalie Pombo B\u00e9atrice. Sa rivale Kibata n\u2019avait pas donn\u00e9 \u00e0 mon grand-p\u00e8re des enfants mais sa case abritait non pas seulement son mari mais aussi des petits fils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019entente ayant \u00e9t\u00e9 parfaite entre les deux grands-m\u00e8res, l\u2019une de mes petites s\u0153urs avait re\u00e7u le nom de la rivale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Souvent j\u2019entendais mon grand-p\u00e8re gronder ma grand-m\u00e8re.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 3 : Des occupations journali\u00e8res,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mes grands parents travaillaient aux champs dont l\u2019un \u00e9tait pr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole, le long de la route Mbulula-Zimba, champ dans lequel ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s d\u2019abord, mon fr\u00e8re ain\u00e9 Protais Maloba puis ma tante S\u00e9raphine Mangaza et enfin des chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant les semis et les r\u00e9coltes du coton, moi-m\u00eame et tous les autres enfants allions les aider. Les jours o\u00f9 nous \u00e9tions d\u00e9pass\u00e9s par le sommeil, j\u2019entendais ma grand-m\u00e8re r\u00e9veiller Stambili qui malgr\u00e9 sa r\u00e9ponse habituelle \u00ab Nakubenga \u00bb, je refuse, \u00e9tait tra\u00een\u00e9e malgr\u00e9 elle au champ, tandis qu\u2019un tranchant \u00ab Alfael, bua \u00bb, \u00ab Raphael r\u00e9veille-toi \u00bb auquel \u00e9tait ajout\u00e9 \u00ab\u00a0Abundi anwe\u00a0\u00bb, esp\u00e8ce de li\u00e8vre, sortait de la bouche de mon grand-p\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n\u2019\u00e9tais pas quand \u00e0 moi inqui\u00e9t\u00e9 et continuai \u00e0 dormir, sans doute parce que j\u2019\u00e9tais le plus jeune. D\u00e8s que la cloche de l\u2019\u00e9cole tintait, mon grand-p\u00e8re lib\u00e9rait tous les enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant la saison de pluies nous allions en groupe en for\u00eat ramasser les escargots. Stambili \u00e9tait la fille qui portait la casserole familiale, que nous devions remplir. Il arrivait des jours que l\u2019un de nous \u00e9tait bless\u00e9 parce que pieds nus, il avait march\u00e9 sur le \u00ab ndulu \u00bb, \u00e9pine v\u00e9n\u00e9neuse. Boitant, il regagnait le foyer o\u00f9 la grand-m\u00e8re lui administrait les soins appropri\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois, le soir, \u00e0 la couch\u00e9e du soleil, nous allions avec les branches de palmiers appel\u00e9s \u00ab mikondo kondo \u00bb attendre les oiseaux qui volaient en groupe pour tuer quelques uns, mais h\u00e9las, plac\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Mahangaiko Kipete, la plus part d\u2019oiseaux, il s\u2019en accaparait pr\u00e9tendant qu\u2019ils \u00e9taient tu\u00e9s par son \u2018\u2019mukondo kondo\u2019 \u2018<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je manquai un jour d\u2019aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole sous pr\u00e9texte qu\u2019il y avait un d\u00e9c\u00e8s pr\u00e8s de notre case, mais c\u2019\u00e9tait sans compter sur les habitudes particuli\u00e8res de ce village. En effet, chaque midi, pour emp\u00eacher des batailles \u00e9ventuelles entre \u00e9l\u00e8ves, les enseignants les accompagnaient jusqu\u2019au centre du village. Notre maison ayant \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re du sentier reliant l\u2019\u00e9cole au village, je me cachai dans le plafond appel\u00e9\u00a0\u00bb busanzo\u00a0\u00bb, pour ne pas \u00eatre vu par l\u2019enseignant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les apr\u00e8s midi \u00e9taient mouvement\u00e9s. Souvent d\u00e8s, apr\u00e8s avoir mang\u00e9 je me rendais \u00e0 la rivi\u00e8re prendre bain en compagnie de mes amis et au retour, nous jouions aux \u00ab misolo \u00bb. Certains jours nous allions contempler, les danseurs de tambour et \u00ab les balamba \u00bb. Il arrivait des jours o\u00f9 Ngeleza nous \u00e9merveillait avec les masques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La vie en groupe faisait que chacun des membres devait tout faire pour s\u2019affirmer, \u00eatre le plus fort et s\u2019imposer chef, tandis que le faible \u00e9tait la ris\u00e9e de tous, C\u2019\u00e9tait l\u2019application de la th\u00e9orie de Darwin,\u00a0\u00bb the struggle for life\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la rivi\u00e8re, en for\u00eat, aux champs et m\u00eame au village mon parent Sangwa Mayaliwa \u00e9tait r\u00e9put\u00e9, il se moquait des autres dans ses chansons. Un jour \u00e0 l\u2019\u00e9cole il provoqua une bataille contre la famille Muchelewa compos\u00e9e de Kayombo, Sangwa et Licha.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le travail manuel \u00e0 l\u2019\u00e9cole consistait \u00e0 organiser les jardins de l\u2019\u00e9cole et entretenir la cour et les b\u00e2timents. Les palmiers, orangers, citronniers, \u00e9taient plant\u00e9s. Rapha\u00ebl \u00e9tait l\u2019un des dirigeants de ces travaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cependant, les enseignants avaient aussi chacun son jardin. En dehors de travaux organis\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole, n\u2019importe quel \u00e9l\u00e8ve pouvait y travailler en contrepartie d\u2019un ou plusieurs cahiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour, je me pr\u00e9sentai avec Maskoti chez l\u2019enseignant Andr\u00e9 Bendera, p\u00e8re d\u2019Eustache, Maurice, G\u00e9rard, Lazard et Koli pour travailler. Ce dernier nous d\u00e9signa les portions de terre \u00e0 labourer et sous un soleil ardent nous nous m\u00eemes \u00e0 arracher les roseaux et autres arbrisseaux. A la fin de notre travail nous re\u00e7\u00fbmes des cahiers, mais sans joie, car nous nous grattions tout le corps, meurtri, par des herbes piquantes appel\u00e9es \u00ab mbese ou upupu \u00bb. Jamais je ne me pr\u00e9sentai plus volontairement \u00e0 ce genre de travaux.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 4 : Un village imposant,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nos cases \u00e9taient \u00e0 droite de celle de Kaputula, le mari de Muloye et papa de Nyembo et Kahozi. A gauche il y avait la case de Ndundula Muyumba, le papa de Mwalimu Seba Numbi, celle de Mutenda gwa Abimba, p\u00e8re d\u2019Augustin Sanduku et Jean Chrisostome et un peu plus loin celles de Baruani Ngololo p\u00e8re de Mwali, H\u00e9l\u00e8ne et Brique, celle d\u2019Andr\u00e9 Mbungu et celles des \u00e9pouses de Kihanzula, p\u00e8re des enseignants, On\u00e9ciphore, Richard, L\u00e9andre Kufi et de Donatien, Kitoko, Simba et Nzaina. Il avait aussi une maison devant ses cases.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Derri\u00e8re les deux cases de mon grand-p\u00e8re \u00e9tait celle de mon jeune p\u00e8re Prophil commun\u00e9ment appel\u00e9 Sangwa ya Pilipili. Celui-ci avait son \u00e9pouse qui s\u2019appelait Zenobith et sa fille S\u00e9raphine. Maman Zenobith \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement chez son parent Matandiko \u00e0 cause d\u2019innombrables disputes avec son mari.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A droite de la case de mon oncle paternel \u00e9taient celles de Mubaya et de Malisawa p\u00e8re d\u2019Awezay et Sinanduku.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Kayanza \u00e9tait le plus grand village hemba. D\u2019innombrables \u00e9trangers dont le Nonce apostolique la visitaient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les citronniers, orangers, palmiers et manguiers \u00e9taient rang\u00e9s impeccablement le long du village dont les maisons avaient derri\u00e8re elles des cuisines et de toilettes. Une grosse pompe du fond de bien \u00eatre indig\u00e8ne \u00ab FBI \u00bb fonctionnait \u00e0 la rivi\u00e8re Lubamba.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Village le plus peupl\u00e9 de la r\u00e9gion, le march\u00e9 du coton durait d\u2019interminables journ\u00e9es. La population scolaire abondante avait vite eu droit \u00e0 la premi\u00e8re quatri\u00e8me de la collectivit\u00e9 Bena Nyembo, malheureusement ferm\u00e9e de temps \u00e0 autre, pour manque d\u2019enseignant qualifi\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans beaucoup de villages de la r\u00e9gion, le savoir \u00e9tait repandu par les originaires de Kayanza.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contrairement aux autres villages, peupl\u00e9s normalement d\u2019une descendance, Kayanza \u00e9tait un regroupement de plusieurs lign\u00e9es dont les bagana kilumba en provenance de Manda et Kabundi \u00e9taient plus nombreux et occupaient le village du cot\u00e9 de la montagne Kagela tandis que le cartel Bazila Nyoka en provenance de Kamanganda, Ngaga, Kifufu, les Bazila koni de la source de la rivi\u00e8re Kayanza, les Bagambele de Mbundu, les Bagana kitungwa de Kabinda, les Bagana Ngoi de Bugangoy occupaient le c\u00f4t\u00e9 du marais Ndi-ndindi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De fois, des diff\u00e9rends opposaient les jeunes du village et les batailles s\u2019en suivaient. Si l\u2019\u00e9tablissement scolaire se trouvait du c\u00f4t\u00e9 de cartel, les magasins et le hangar du coton \u00e9taient situ\u00e9s au Kilumba.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les jours difficiles, personne ne pouvait sans risque d\u2019\u00eatre battu p\u00e9n\u00e9trer dans le camp oppos\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon grand p\u00e8re \u00e9tait le chef du clan des Bagana Mbele, propri\u00e9taire foncier de la for\u00eat de Mbundu. Si \u00e0 la proximit\u00e9 de ses cases vivait son fils biologique Profil, ses autres enfants issus de son fr\u00e8re d\u00e9funt Kahinga avaient leurs maisons regroup\u00e9s plus loin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y avait aussi d\u2019autres bagambele \u00e0 Kayanza qu\u2019\u00e9taient Nyembo ya Muteba p\u00e8re de F\u00e9lix, Chalo Chupa et Ngeleza, Abula Mbwija p\u00e8re de Tengeneza et Lusoni p\u00e8re de Norbert Kiteba et tuteur de Faustin Ambogobogo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tous les moyens \u00e9taient employ\u00e9s par les pr\u00eatres pour imposer la religion catholique. Des fois ils arrivaient \u00e0 l\u2019improviste s\u2019attaquer aux Banganga ! Casser leurs tambours, tam-tam, confisquer les masques et divers objets qu\u2019ils consid\u00e9raient comme des f\u00e9tiches. Des fuites en brousse, des arrestations et des bapt\u00eames forc\u00e9s \u00e9taient fr\u00e9quents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019Abb\u00e9 Bubende Etienne \u00e9tait ma\u00eetre en ces pratiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le jour de nouvel an 1956 \u00e9tait f\u00eat\u00e9 avec grande faste. A part des grands d\u00eeners en famille, nous nous organisions aussi en groupes d\u2019enfants de m\u00eame cat\u00e9gorie. Nous avions construits des hangars avec des branches des palmiers, o\u00f9 ensemble nous partagions les repas plantureux, avant de participer aux jeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir \u00e0 cause sans doute de consommation d\u2019\u00e9normes doses de vin de palme, des disputes se d\u00e9g\u00e9n\u00e9raient en batailles.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 5 : Les salutations aux autorit\u00e9s \u00e0 Mbulula,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de l\u2019ann\u00e9e scolaire, sous la conduite de notre ensignant Prosper Kahozi, habill\u00e9 en caporal, nous part\u00eemes \u00e0 Mbulula saluer le nouveau chef de poste, Monsieur Lothaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je tenais un \u0153uf, alors que mes coll\u00e8gues transportaient divers cadeaux. Nous avions chant\u00e9 \u00e0 cette occasion, \u00ab Bwana Lothaire mupenzi wetu\u2026 \u00bb, Notre cher Lothaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous parcourions aussi ce trajet de douze kilom\u00e8tres pour saluer les missionnaires ou les Abb\u00e9s. Mbulula n\u2019\u00e9tant pas encore une Mission, dans nos chansons nous demandions toujours \u00e0 la fin, que Mbulula devienne une Mission. \u00ab\u00a0Neno la mwisho Mbulula masikini, Kitumaini chetu ni Missioni. \u00a0\u00bb Ami tu tra\u00eenes en marchant, mais moi je marche comme un soldat. \u00ab\u00a0Saa yetu ya timia mwalimu Baba,\u00a0\u00bbNotre heure a sonn\u00e9e papa ma\u00eetre, \u00e9taient chant\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 6 : La fin de mon s\u00e9jour \u00e0 Kayanza,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je terminai ma troisi\u00e8me dans une grande all\u00e9gresse, l\u2019\u00e9l\u00e8ve Kibaya, fille du capita vendeur Thad\u00e9e Mutombo \u00e9tait la pemi\u00e8re de la classe, ce qui avait attrist\u00e9 notre coll\u00e8gue Chungu souvent premier, \u00e9tant donn\u00e9 que quelques jours auparavent ils s\u2019\u00e9taient m\u00eame disput\u00e9s. Par contre Thad\u00e9 \u00e9tait tout fier. Il n\u2019y avait pas de quatri\u00e8me \u00e0 Kayanza ni \u00e0 Mbulula et Makutano, centres se trouvant dans la proximit\u00e9. N\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 d\u2019aller poursuivre mes \u00e9tudes dans des centres lointains, je regagnai Mahundu o\u00f9 une troisi\u00e8me primaire venait d\u2019\u00eatre ouverte. Mon p\u00e8re m\u2019avait pri\u00e9 d\u2019\u00e9tudier dans cette classe en attendant de continuer un jour ailleurs au lieu de ch\u00f4mer.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><b>Chapitre 4 : La reprise de ma troisi\u00e8me primaire \u00e0 Mahundu.<\/b><\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b> <\/b><b>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: Des changements intervenus,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est dans une nouvelle maison que je trouvais mes parents. En effet, un autre b\u00e2timent scolaire \u00e9tait construit au del\u00e0 des magasins, vers Bigobo. A c\u00f4t\u00e9 du b\u00e2timent scolaire \u00e9tait construite l\u2019habitation des enseignants. Une seule maison abritait les trois enseignants. Elle avait trois chambres et un salon commun. Le ma\u00e7on Gr\u00e9goire construisait les deux autres maisons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si l\u2019enseignant Delphin Mbayo \u00e0 qui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 la 3\u00e8me n\u2019\u00e9tait pas encore mari\u00e9, l\u2019enseignait Th\u00e9odose avait \u00e9t\u00e9 rejoint par son \u00e9pouse : Maman Constance et sa fille Margu\u00e9ritte. Tous les trois enseignants prenaient ensemble leur repas.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019\u00e9tais inscrit en 3<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e et \u00e9tais le plus jeune \u00e9l\u00e8ve de la classe. Comme coll\u00e8gues, je me rappelle encore de noms tels que Muyaudi, Moke 53, Kitungwa Kiboko, Kitoko et comme compagnons de jeux j\u2019avais Andr\u00e9 Mbayo, le neveu de l\u2019enseignant Delphin et beaucoup d\u2019enfants de capitas vendeurs tels que Selemani, Lwaka, Dieudonn\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne pouvais jouer qu\u2019\u00e0 la cour de l\u2019\u00e9cole, car mon p\u00e8re n\u2019acceptait jamais que j\u2019aille au village. Il arrivait des jours que je trichais en allant jouer dans les hangars du coton.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 2 : La naissance de Dieudonn\u00e9 et de Marthe \u00e0 Bigobo,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour alors que nous nous \u00e9tions en classe, je remarquai que mon p\u00e8re et son coll\u00e8gue de la 2<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e s\u2019affairaient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de maman Constantia, qu\u2019ils conduisaient \u00e0 petit pas vers la direction de Bigobo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s quelques jours nous appr\u00eemes qu\u2019elle avait mis au monde un gar\u00e7on, qui re\u00e7ut le pr\u00e9nom de Dieudonn\u00e9. Elle n\u2019avait pas encore regagn\u00e9 Mahundu quand avec ma m\u00e8re et mes petites s\u0153urs, nous la salu\u00e2mes \u00e0 la r\u00e9sidence de l\u2019op\u00e9rateur \u00e9conomique Kitambala ya Luvungu et v\u00eemes son b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma famille logea chez papa Brique Kisebwe. Je ne connaissais pas le motif v\u00e9ritable de notre d\u00e9placement. Cependant je me rendis compte de l\u2019absence des parents \u00e0 la maison au moment o\u00f9 de partout fusaient les cris de No\u00ebl, No\u00ebl.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Papa Brique chantait et buvait, il \u00e9tait ivre. Le lendemain mon p\u00e8re nous apprit que maman avait donn\u00e9 naissance \u00e0 une fille qui re\u00e7u le pr\u00e9nom de Marthe en ce 26 d\u00e9cembre 1956. Le nom donn\u00e9 \u00e0 ma petite s\u0153ur \u00e9tait celui de SANGWA, en souvenir d\u2019une parente de ma grande m\u00e8re paternelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Marthe \u00e9tait la quatri\u00e8me fille et le cinqui\u00e8me enfant de notre famille nucl\u00e9aire. Plusieurs de ceux qui venaient congratuler ma m\u00e8re montr\u00e8rent leur m\u00e9contentement parce qu\u2019ils souhaitaient la naissance d\u2019un gar\u00e7on ! A la fin des vacances de No\u00ebl, nous rejoign\u00eemes Mahundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon oncle Muloko Muteba aidait ma m\u00e8re \u00e0 porter le nouveau n\u00e9, il avait \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 quelques jours apr\u00e8s avec l\u2019arriv\u00e9e de ma grand-m\u00e8re maternelle Mazuya Cheusi, accompagn\u00e9e de sa fille Anzilani Maganga.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 3 : Diverses sanctions en mon encontre,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Certains jours j\u2019\u00e9tais aussi charg\u00e9 de bercer l\u2019enfant. Souvent je refusai ou ne le portai que pendant peu de temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour occup\u00e9e \u00e0 piler le ma\u00efs, ma m\u00e8re me confia l\u2019enfant et m\u2019ordonna de le garder le plus longtemps possible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019enfant ne tarda pas \u00e0 pousser des cris et moi-m\u00eame voulant rejoindre mes coll\u00e8gues en classe, je priai en vain \u00e0 ma m\u00e8re de le prendre malgr\u00e9 mes menaces de le d\u00e9poser par terre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Constatant cette sourde oreille, je mis l\u2019enfant par terre et partis en classe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon p\u00e8re ayant appris ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 garda son calme jusqu\u2019au soir. Il m\u2019interdit d\u2019entrer dans la maison. Je devais dormir dehors. A toutes mes justifications il resta imperturbable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pleurais depuis longtemps lorsque soudain l\u2019enseignant Th\u00e9odose ouvrit la porte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me soumit aux conditions auxquelles je devais souscrire au cas o\u00f9 je souhaitais entrer dans la maison ! Ecrire la phrase suivante : je ne refuserai plus jamais de porter l\u2019enfant et l\u2019affichage de cette note au salon. Ayant rempli ces conditions, j\u2019acc\u00e9dai \u00e0 la maison.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain, ma d\u00e9claration fut l\u2019objet de curiosit\u00e9 non pas seulement de nos visiteurs mais aussi de tous les autres membres de la famille. Honteux, je supportai difficilement des mois durant la vue de cette note. D\u00e8s que j\u2019avais constat\u00e9 que l\u2019attention de spectateurs avait diminu\u00e9, je l\u2019avais arrach\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Arrangeant son bureau un jour, mon p\u00e8re se d\u00e9barrassa de tous les anciens papiers, journaux de classe, cahiers de pr\u00e9paration, registres de pr\u00e9sence des ann\u00e9es ant\u00e9rieures etc&#8230; Ayant ramass\u00e9 un registre de pr\u00e9sence, dont certaines feuilles \u00e9taient encore inutilis\u00e9es, mon p\u00e8re me pria de lui dire ce que je voulais en faire. Ne sachant quoi r\u00e9pondre il me frappa avec un b\u00e2ton.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour avoir gifl\u00e9 Jos\u00e9phine, j\u2019avais \u00e9t\u00e9 humili\u00e9 par mon p\u00e8re malgr\u00e9 les supplications de sa belle-m\u00e8re. En effet, il m\u2019avait d\u2019abord envoy\u00e9 chercher un b\u00e2ton, puis m\u2019avait demand\u00e9 de me d\u00e9v\u00eatir et se mit \u00e0 frapper mon corps nu, pour enfin me faire agenouiller en portant un tronc d\u2019arbre dans mes bras tendus au ciel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il avait fallu que son ami et fr\u00e8re Medard Mugogwa, capita vendeur de Monsieur Dufour passa \u00e0 la maison, s\u2019exclama \u00e0 ma vue en ces termes, Ma\u00eetre un seul gar\u00e7on et vous le maltraitez ainsi, \u00ab Mwalimu ana ko amo mu kasungulula bebyo \u00bb, pour que la sanction cessa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voulait-il par cette punition faire plaisir \u00e0 maman Constantia qui pleurait parce que j\u2019avais battu sa fille ? De toutes les fa\u00e7ons Jos\u00e9phine et sa petite s\u0153ur Marguerite rest\u00e8rent mes compagnons de jeux, auxquels prenaient aussi part, mes petites s\u0153urs Marie, Elisabeth et mon ami Andr\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant la r\u00e9cr\u00e9ation, je contemplais le football. Quelques fois des bruits assourdissants accompagnaient des disputes qui se terminaient en batailles. Souvent les \u00e9l\u00e8ves Lambert et Muteba \u00e9taient les cibles de moqueries car pour l\u2019un comme pour l\u2019autre, les paroles que leurs parents avaient prononc\u00e9es \u00e0 certaines occasions \u00e9taient imit\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi pour Lambert, son p\u00e8re s\u2019adressant \u00e0 un missionnaire r\u00e9clamait un m\u00e9dicament par ces termes \u00a0\u00bb Kakuli Bwanga bwa yeu ? \u00bb N\u2019y a-t-il pas un m\u00e9dicament pour celui-ci ? En ce qui concerne Muteba, son p\u00e8re s\u2019\u00e9tait \u00e9cri\u00e9 un jour alors qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s malade : Ii Muteba\u2026I Muteba gwa Ngalu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme mon oncle portait le nom de Muteba je pris l\u2019habitude de le taquiner par le cri de \u00a0\u00bb II Muteba \u00bb. Un jour alors que monsieur Marcel Katumbwe, enseignant de Kahinda, ami de mon p\u00e8re et parent de ma m\u00e8re nous avait visit\u00e9, il n\u2019avait pas tol\u00e9r\u00e9 mes taquineries et permit \u00e0 mon oncle de me corriger juste avant de manger. J\u2019avais en vain r\u00e9sist\u00e9.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 4 : Le travail manuel,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il avait \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 une prime de cinq points \u00e0 chaque \u00e9l\u00e8ve qui aidait notre enseignant aux travaux de d\u00e9frichage de son champ.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u2019y \u00e9tant rendu avec tous les \u00e9l\u00e8ves de ma classe, je rejoignis apr\u00e8s le champ de mon p\u00e8re qui \u00e9tait juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Celui-ci abattait un gros arbre et m\u2019ayant aper\u00e7u, il me r\u00e9primanda et m\u2019exigea de rebrousser chemin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En effet le danger \u00e9tait grand, car l\u2019arbre qu\u2019il abattait, pouvait tomber sur moi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un autre travail manuel que nous faisions avait \u00e9t\u00e9 celui de fabriquer nous m\u00eames les bancs sur lesquels nous nous assayions. C\u2019est avec Muyaudi et Moke avec lesquels je partageai le banc que nous \u00e9tions oblig\u00e9s d\u2019aller couper les troncs d\u2019arbre qui nous avaient servis \u00e0 fabriquer notre banc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Plac\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la fen\u00eatre donnant sur la cour et tr\u00e8s habile \u00e0 copier ce qui \u00e9tait \u00e9crit au tableau noir, plusieurs coll\u00e8gues et surtout les \u00e9l\u00e8ves des classes inf\u00e9rieures m\u2019admiraient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux examens, j\u2019avais eu des r\u00e9sultats \u00e9blouissants.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><b>Paragraphe 5 : La main de Dieu pour mon admission \u00e0 l\u2019internat de Sola,<\/b><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avant la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire, il fallait d\u00e9j\u00e0 se poser la question de continuation des \u00e9tudes. Nous appr\u00eemes qu\u2019\u00e0 Makutano devaient se d\u00e9rouler les examens d\u2019entr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9cole s\u00e9lectionn\u00e9e de Sola o\u00f9 il y avait un internat. Seuls les \u00e9l\u00e8ves jeunes et tr\u00e8s dou\u00e9s pouvaient participer au concours. Notre troisi\u00e8me envoya une d\u00e9l\u00e9gation de cinq \u00e9l\u00e8ves parmi lesquels je m\u2019y trouvais. Un grand \u00e9l\u00e8ve fut d\u00e9sign\u00e9 par mon p\u00e8re pour me transporter au v\u00e9lo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est un apr\u00e8s midi que nous quitt\u00e2mes Mahundu pour Makutano par le sentier de Kahongo. A la tomb\u00e9e du jour, nous descendions la pente de Lubovya dans une vitesse effr\u00e9n\u00e9e. Il faisait d\u00e9j\u00e0 noir quand nous atteign\u00eemes Kangunga o\u00f9 nous pass\u00e2mes la nuit. Le lendemain nous repr\u00eemes notre trajet. A peine que nous avions termin\u00e9 de longer le village, nous croisions une personne qui nous informa que le concours avait d\u00e9j\u00e0 eu lieu la veille. Je priai \u00e0 mon porteur de continuer le trajet au lieu de retourner directement comme mes coll\u00e8gues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque nous atteign\u00eemes Kafiyi nous trouv\u00e2mes une personne qui confirma la mauvaise information tout en ajoutant que le p\u00e8re Directeur de Sola rejoindra prochainement Mbulula o\u00f9 il recrutera d\u2019autres candidats. Cette nouvelle nous r\u00e9conforta et nous nous d\u00e9cid\u00e2mes \u00e0 rentrer. C\u2019est le soir que nous arriv\u00e2mes \u00e0 Mbulula et y pass\u00e2mes la nuit, chez l\u2019enseignant Gervais, originaire de Mahundu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ne sachant pas la date exacte fix\u00e9e pour le concours \u00e0 Mbulula nous rentr\u00e2mes \u00e0 Mahundu. Quelle ne fut notre surprise lorsque nous appr\u00eemes deux jours seulement apr\u00e8s que le p\u00e8re Directeur de Sola \u00e9tait \u00e0 Mbulula et le concours avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 sans qu\u2019on ait \u00e9t\u00e9 inform\u00e9 ? Mon espoir de devenir \u00e9l\u00e8ve \u00e0 l\u2019\u00e9cole s\u00e9lectionn\u00e9e de Sola s\u2019estompa.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Soucieux, je ne connaissais plus o\u00f9 irai-je continuer mes \u00e9tudes apr\u00e8s la troisi\u00e8me, mais c\u2019\u00e9tait sans compter avec le plan de Dieu.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un matin, du coin gauche de la cour de l\u2019\u00e9cole, du sentier provenant de Kahongo surgit sur un v\u00e9lo un pr\u00eatre blanc se dirigeant vers notre maison. Il \u00e9tait barbu et autour de son cou pendait un rosaire. S\u2019installant dans la maison o\u00f9 une chaise longue lui avait \u00e9t\u00e9 dress\u00e9e, ce recruteur des \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole r\u00e9gionale de Sola que nous n\u2019avions pas eu l\u2019occasion de rencontrer pour pr\u00e9senter le concours \u00e9tait chez-nous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mon p\u00e8re et ses coll\u00e8gues lui racont\u00e8rent les circonstances qui nous avaient emp\u00each\u00e9s de nous pr\u00e9senter au concours. Je fus pr\u00e9sent\u00e9 et constatai qu\u2019il \u00e9tait tr\u00e8s frapp\u00e9 par mon jeune \u00e2ge. Pendant la recr\u00e9ation, il me convoqua et me posa quelques questions avant de m\u2019annoncer mon admission \u00e0 l\u2019internat de Sola.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Aux examens de fin d\u2019ann\u00e9e, je n\u2019obtins pas autant de points qu\u2019aux examens semestriels mais cela ne me pr\u00e9occupai pas outre mesure car mes parents pr\u00e9paraient d\u00e9j\u00e0 mon entr\u00e9e \u00e0 l\u2019internat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s les grandes vacances vint le jour de mon d\u00e9part pour l\u2019internat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toute ma famille m\u2019accompagna de la maison jusqu\u2019\u00e0 la route. Au moment de s\u00e9paration, Mon p\u00e8re posa sa main droite sur ma figure et avec son pouce fit le signe de la croix.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma m\u00e8re et mes petites s\u0153urs sanglotaient. Moi-m\u00eame je me mis \u00e0 pleurer. Toute la joie d\u2019aller dans une \u00e9cole r\u00e9put\u00e9e je la perdis en ce moment. Mon transporteur me demanda de monter sur le v\u00e9lo et se mit \u00e0 p\u00e9daler.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une longue distance m\u2019avait d\u00e9j\u00e0 s\u00e9par\u00e9e de ma famille alors qu\u2019elle se tenait encore fixe au lieu de s\u00e9paration. Je ne la perdis de vue qu\u2019au moment o\u00f9 nous atteign\u00eemes un tournant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pensais encore au toit paternel abandonn\u00e9 lorsque nous \u00e9tions arriv\u00e9s au-del\u00e0 de Bigobo et avions crois\u00e9 un v\u00e9hicule dont les passagers se mirent \u00e0 agiter leurs bras en signe des salutations. C\u2019\u00e9tait la famille de mon oncle paternel Sixte, qui apr\u00e8s son recyclage \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019apprentissage p\u00e9dagogique \u00ab EAP \u00bb de Sola avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9sign\u00e9 enseignant \u00e0 l\u2019\u00e9cole catholique nouvellement implant\u00e9e \u00e0 Bigobo.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous atteign\u00eemes Kayanza tard dans l\u2019apr\u00e8s midi et j\u2019y passais la nuit aupr\u00e8s de mes grands-parents. Le lendemain avant de les quitter, mon grand-p\u00e8re me prodigua quelques conseils.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est le soir que nous arriv\u00e2mes \u00e0 Sola o\u00f9 les b\u00e2timents, les manguiers, les palmiers, la cour de l\u2019\u00e9cole et les occupants m\u2019enchant\u00e8rent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me pr\u00e9sentai au bureau du p\u00e8re directeur avant d\u2019entrer en contact avec ce nouveau monde en ce mois de septembre 1957.<\/p>\n<h3><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P7.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter  wp-image-672\" alt=\"P7\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P7.gif\" width=\"360\" height=\"240\" \/><\/a><\/h3>\n<h2>Titre 2 : Intern\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire s\u00e9lectionn\u00e9e r\u00e9gionale de Sola.<\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 1<sup>er <\/sup>: Ma troisi\u00e8me primaire s\u00e9lectionn\u00e9e.<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: Ma premi\u00e8re d\u00e9couverte d\u2019un milieu autre que mon milieu naturel,<\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P8.gif\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter  wp-image-673\" alt=\"P8\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/04\/P8.gif\" width=\"240\" height=\"360\" \/><\/a><\/p>\n<p>De partout, de cette cour parsem\u00e9e des manguiers et couverte des feuilles mortes fusait le mot \u00ab\u00a0Mupya\u00a0\u00bb, bleu, et toutes les injures s\u2019y rapportant. Je me demandais encore sur le pourquoi de cette hostilit\u00e9 lorsque tout d\u2019un coup une foule m\u2019entoura.<\/p>\n<p>Quelqu\u2019un me demanda d\u2019o\u00f9 j\u2019\u00e9tais originaire. Je suis de Kayanza lui avais-je r\u00e9pondu. Ah ! Tu es un bleu heureux \u00ab\u00a0upo mupya wa heri\u00a0\u00bbme r\u00e9torqua-t-il. Je vis d\u00e8s lors plusieurs \u00e9l\u00e8ves originaires de Kayanza venir m\u2019embrasser. Nestor Mwehu, Cyprien Tengeneza, Edmond Ngoie, Mathieu, Delphin Simba, Andr\u00e9 Pungu, Athanase Mwehu, Luc Mazuri et tant d\u2019autres.<\/p>\n<p>Tous les bleus sans soutien \u00e9taient malmen\u00e9s, bouscul\u00e9s ou m\u00eame battus le soir. De temps en temps ils \u00e9taient faussement invit\u00e9s \u00e0 se pr\u00e9senter au bureau pour recevoir les ceintures ou les manuels scolaires. Cette atmosph\u00e8re dura jusqu\u2019\u00e0 la fin du mois de septembre.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cole primaire s\u00e9lectionn\u00e9e avait deux classes de<\/p>\n<p>3<sup>\u00e8me<\/sup>, deux de 4<sup>\u00e8me<\/sup>, deux de 5<sup>\u00e8me<\/sup> et une de 6<sup>\u00e8me<\/sup>. Presque tous les \u00e9l\u00e8ves \u00e9taient internes et provenaient de diff\u00e9rentes missions de vicariat de Baudouinville, d\u2019o\u00f9 le nom de l\u2019\u00e9cole r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>Contrairement aux \u00e9l\u00e8ves des \u00e9coles ordinaires soumis \u00e0 \u00e9tudier en septi\u00e8me ann\u00e9e apr\u00e8s la sixi\u00e8me primaire, les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole primaire s\u00e9lectionn\u00e9e passaient directement en sixi\u00e8me des humanit\u00e9s.<\/p>\n<p>J\u2019avais \u00e9t\u00e9 inscrit en 3<sup>\u00e8me<\/sup> ann\u00e9e B de l\u2019enseignant Louis Kingombe, tandis que mon oncle Muteba Muloko entra en 3<sup>\u00e8me<\/sup> A du c\u00e9l\u00e8bre enseignant d\u2019origine tabwa Joseph Kabika, le sacristain, le charg\u00e9 des filles internes \u00e0 l\u2019attente du bapt\u00eame, l\u2019enseignant de la musique et chants religieux et joueur \u00e0 l\u2019harmonium.<\/p>\n<p>J\u2019avais sympathis\u00e9 en classe avec Prosper Kinda qui \u00e9tait aussi jeune que moi et avec lequel au r\u00e9fectoire nous \u00e9tions \u00e0 la m\u00eame table num\u00e9ro deux. Il \u00e9tait fils d\u2019un capita vendeur de Nonge, originaire de Munyatwa qui s\u2019appelait Costa.<\/p>\n<p>Sola \u00e9tait une mission catholique de p\u00e8res blancs du vicariat de Baudouin ville, situ\u00e9e \u00e0 32 Kilom\u00e8tres de Kongolo, chef lieu du territoire.<\/p>\n<p>Thermom\u00e8tre de la vie intellectuelle de la r\u00e9gion, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019avait \u00e9t\u00e9 form\u00e9 avant moi mon p\u00e8re, mon oncle paternel Sixte, mes fr\u00e8res Athanase et Stani, mes oncles Cyprien et Prosper etc\u2026<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 Sola que les innombrables filles de la r\u00e9gion se faisaient baptiser. Ma m\u00e8re et ses petites s\u0153urs Sylivie et Eug\u00e9nie, tout comme feu mes tantes paternelles S\u00e9raphine Mangaza et B\u00e9atrice Pombo \u00e9taient de ces filles qui avaient port\u00e9 le pagne bleue d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab sukutu \u00bb, pendant beaucoup de mois et priaient plusieurs fois par jour le \u00a0\u00bb Nakusalimu Marie\u00a0\u00bb, je vous salue Marie ou bien le \u00ab\u00a0Sala ya kusadiki\u00a0\u00bb, Le symbole des ap\u00f4tres.<\/p>\n<p>Un dispensaire et une maternit\u00e9 servaient une population quasi chr\u00e9tienne. Les maisons en petites briques rouges cuites, aux toits en tuiles ou en fibro-ciments, une \u00e9glise haute surmont\u00e9e d\u2019une tour \u00e9taient dans une cl\u00f4ture. Tout poussait \u00e0 l\u2019admiration.<\/p>\n<p>Le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re Rome \u00e9tait le sup\u00e9rieur de la Mission, le p\u00e8re Albert Masyn, Directeur de l\u2019\u00e9cole d\u2019apprentissage p\u00e9dagogique \u00ab EAP \u00bb, le p\u00e8re Van Damme, directeur de l\u2019\u00e9cole primaire s\u00e9lectionn\u00e9e et le p\u00e8re Sylvain, \u00e9conome. Il y avait aussi les abb\u00e9s Am\u00e9d\u00e9e Tambwe et Thomas Mali ya Bwana. Tous ces pr\u00eatres parcouraient en conqu\u00e9rants non pas seulement la cit\u00e9 saint Donat\/Bruges, Mifutu, Nemba, Kabwibwa, Kilubi, Kalenga, Kateba, Kasanga, Kankunde etc\u2026..villages situ\u00e9s dans la collectivit\u00e9 des Bena Nkuvu mais aussi Mukoko, Nkulula, Nonge, Timpa, se trouvant dans les collectivit\u00e9s de Yambula, Muhoma Kabizya et Muhona Seya.<\/p>\n<p>Le r\u00e9gime alimentaire avait \u00e9t\u00e9 ma b\u00eate noire. Les haricots \u00e9taient la nourriture de base, mais h\u00e9las la pr\u00e9paration laissait \u00e0 d\u00e9sirer. Il suffisait pour moi de les voir pour me mettre \u00e0 pleurer. Lorsque le p\u00e8re directeur fut inform\u00e9 de cette nouvelle, il m\u2019invita dans son bureau un certain midi et me for\u00e7a en vain d\u2019en avaler.<\/p>\n<p>De fois je me d\u00e9battais dans les mains de Dieudonn\u00e9 Makuwa, capita de ma table parce que me voyant croiser les bras pendant le d\u00eener, il essayait de me nourrir par la force. Prenant la cuill\u00e8re, il me ma\u00eetrisait et m\u2019enfon\u00e7ait les protides dans la bouche.<\/p>\n<p>Les Mardi, Jeudi et Dimanche, les fretins, les poissons sal\u00e9s ou la viande boucan\u00e9e d\u2019\u00e9l\u00e9phant \u00ab Kaboto \u00bb, nous \u00e9tait servi. Le Mbengele \u00e9tait notre petit d\u00e9jeuner par excellence, mais le dimanche le riz aux fretins faisait l\u2019honneur de l\u2019internat.<\/p>\n<p>Le travail manuel s\u2019effectuait tous les apr\u00e8s midi. Il consistait principalement \u00e0 sarcler diff\u00e9rents champs et jardins de l\u2019\u00e9cole ou \u00e0 entretenir les locaux, cours et pistes. Ayant \u00e9t\u00e9 chantre, je me rendais quand \u00e0 moi avec mes coll\u00e8gues \u00e0 l\u2019\u00e9glise pour apprendre aupr\u00e8s de Monsieur Joseph Kabika, l\u2019intro\u00eft et autres chants pour la messe de dimanche.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9glise, il nous \u00e9tait demand\u00e9 de transporter les r\u00e9gimes de noix de palmes, de notre internat vers le couvent des s\u0153urs dans la discipline. Ainsi, personne ne pouvait manger une noix aussi attirente qu\u2019elle soit. Personne surtout ne pouvait s\u2019entretenir avec une fille et m\u00eame pas la saluer.<\/p>\n<p>Le r\u00e8glement \u00e9tait dur et il fallait se soumettre pour \u00e9viter toute humiliation ou risquer un \u00e9ventuel renvoi.<\/p>\n<p>Les noix et les filles n\u2019\u00e9taient pas les seules qui tentaient, il y avait aussi ces innombrables manguiers dans la cour de l\u2019\u00e9cole et le long des avenueses avec leurs fruits succulents qui attiraient nos regards surtout apr\u00e8s un mauvais d\u00eener.<\/p>\n<p>Les apr\u00e8s midi de samedi \u00e9taient r\u00e9serv\u00e9s \u00e0 la recherche de bois de chauffage dans la for\u00eat. La toute premi\u00e8re fois, je partis avec les coll\u00e8gues de ma table dont G\u00e9rard, vers la for\u00eat de Mifutu. Je ne parvins pas \u00e0 rassembler un gros fagot. Rentr\u00e9 tard dans la soir\u00e9e, je fus accueilli par les rires moqueurs de certains \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 2 : Ma premi\u00e8re communion,<\/h4>\n<p>A mon admission \u00e0 l\u2019internat, je ne communiais pas encore. Je trouvai le p\u00e8re directeur et lui exprimais mon souhait de recevoir le christ sous forme de pain. Tr\u00e8s content, le p\u00e8re Van Damme me recut chaque soir\u00e9e dans son bureau pour r\u00e9citer des pri\u00e8res et bloquer le cat\u00e9chisme. A la Toussaint je retenais d\u00e9j\u00e0 toutes mes le\u00e7ons mais le p\u00e8re ne me permit pas d\u2019approcher le calice.<\/p>\n<p>Je continuais \u00e0 suivre les enseignements jusqu\u2019au jour o\u00f9 il m\u2019a \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 qu\u2019\u00e0 No\u00ebl, le Christ sera en moi. Ma joie avait \u00e9t\u00e9 grande et jour apr\u00e8s jour, je comptais l\u2019approche de cet \u00e9v\u00e9nement. Mais h\u00e9las, une semaine avant la f\u00eate, le p\u00e8re directeur fut d\u00e9sign\u00e9 pour aller c\u00e9l\u00e9brer la messe \u00e0 Nonge. Un doute pesa sur moi qu\u2019il l\u00e8va heureusement avant de partir, en m\u2019administrant le sacrement de p\u00e9nitence.<\/p>\n<p>Le jour de nativit\u00e9, lorsque les cloches tint\u00e8rent \u00e0 23 heures 30\u2019 mon c\u0153ur se mit \u00e0 battre. Je me l\u00e8vai, allai me laver et dans une joie inextricable je partis \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Le Kyrie fut entonn\u00e9 suivi de Gloria, puis c\u2019\u00e9tait au tour de Cr\u00e9do, la Cons\u00e9cration et l\u2019Agnus Dei, cette chanson pri\u00e8re qui pr\u00e9c\u00e8de la communion. Dans une concentration sans pareille, je me mis \u00e0 marcher pour approcher la table de communion.<\/p>\n<p>Le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re Rome, Sup\u00e9rieur de la Mission me tendit mon premier Christ, qu\u2019il posa sur ma langue. Je sentis comme si r\u00e9ellement un corps \u00e9tait mis dans ma bouche et c\u2019est aux pas lents que je regagnai ma place, r\u00e9citant l\u2019ave Maria.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 3 : Les vacances de f\u00e9vrier 58,<\/h4>\n<p>Les vacances de f\u00e9vrier arriv\u00e8rent et Senga un jeune homme de Mahundu, envoy\u00e9 par mes parents vint me prendre.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 \u00e0 Kayanza je rencontrais mes oncles venus de Kalwamba pour m\u2019amener avec eux alors que d\u2019autre part mes grands parents paternels souhaitaient me retenir quelques jours chez eux. Je pr\u00e9f\u00e9rai rejoindre Mahundu le lendemain et y arrivai dans l\u2019apr\u00e8s midi.<\/p>\n<p>Je trouvai mon p\u00e8re assis sur une chaise devant la maison. Il ne sembla pas s\u2019\u00e9mouvoir \u00e0 ma vue. Je le saluai puis allai saluer l\u2019enseignant Th\u00e9odose chez lui. Lorsque ma m\u00e8re et mes s\u0153urs me virent, elles se pr\u00e9cipit\u00e8rent vers moi et m\u2019embrass\u00e8rent fortement.<\/p>\n<p>Aussit\u00f4t install\u00e9, Marie sortit de la chambre avec une bo\u00eete noire, je me demandai ce que s\u2019\u00e9tait et d\u00e9couvris \u00e0 la vue des aiguilles et des disques, qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une phono, un bien de luxe pour lequel ma famille \u00e9tait fi\u00e8re.<\/p>\n<p>Notre maison attirait ainsi le public friand des nouveaut\u00e9s de Jean Bosco Mwenda et tant d\u2019autres vedettes !<\/p>\n<p>Les matins, alors que mon p\u00e8re et mes petites s\u0153urs soumis au r\u00e9gime trimestriel allaient \u00e0 l\u2019\u00e9cole, je restai jouir de tous les plaisirs inexistants \u00e0 l\u2019internat. Pendant la r\u00e9cr\u00e9ation certains \u00e9l\u00e8ves curieux venaient m\u2019admirer et parfois timide, je fermais la fen\u00eatre pour les pousser \u00e0 se retirer.<\/p>\n<p>Je passai deux semaines d\u2019agr\u00e9ables vacances pendant lesquelles ma m\u00e8re m\u2019entoura d\u2019une tendresse remarquable en satisfaisant \u00e0 mes plaisirs gastronomiques.<\/p>\n<p>Le jour de retour \u00e0 l\u2019internat, larmes aux yeux je me s\u00e9parais de ma famille. Durant le voyage je m\u00e9ditais et sanglotais. Je ne retrouvais ma joie qu\u2019\u00e0 la vue de mes coll\u00e8gues de l\u2019internat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 4 : Les faits v\u00e9cus au deuxi\u00e8me semestre,<\/h4>\n<p>Au cours de ce second semestre \u00e0 peine commenc\u00e9 survint un incident. En effet, au retour de vacances, les \u00e9l\u00e8ves apportaient de chez eux quelques aliments, tels que la farine grill\u00e9e \u00ab bunga bwa ntema \u00bb, la viande boucan\u00e9e, le riz, les arachides etc. Je ne fis pas exc\u00e9ption \u00e0 cette tradition, et un panier de la farine grill\u00e9e avait compos\u00e9 mes bagages. Presque tout le monde en apportait mais ma farine \u00e9tait particuli\u00e8re parce que ma m\u00e8re y avait song\u00e9 d\u2019y mettre du sucre. J\u2019enregistrais par jour plusieurs demandes, satisfaisais aux unes et refusais aux autres.<\/p>\n<p>Un jour apr\u00e8s le d\u00eener, je pris de mon cher panier une petite quantit\u00e9 de farine que je partageai avec plusieurs coll\u00e8gues. Athanase Mwehu \u00e9tait pr\u00e9sent et tenait \u00e0 prendre du panier une quantit\u00e9 qu\u2019il allait seul consommer. Je refusai de lui accorder cette faveur, mais faisant la sourde oreille il s\u2019avan\u00e7a vers mon panier et se mit \u00e0 se servir.<\/p>\n<p>Dans un geste d\u00e9cid\u00e9 je tenai en vain de lui arracher mon panier et fus bouscul\u00e9. Me trouvant en l\u00e9gitime d\u00e9fense, je r\u00e9agis en le frappant \u00e0 la bouche avec la fourchette que je tenais \u00e0 la main. Poussant un cri pour avoir perdu une dent, il se retira, entour\u00e9 par des curieux.<\/p>\n<p>Comme si rien ne s\u2019\u00e9tait pass\u00e9, je partis directement en classe d\u2019o\u00f9 j\u2019avais \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9 par le p\u00e8re directeur qui m\u2019administra une s\u00e9rieuse racl\u00e9e malgr\u00e9 mes explications.<\/p>\n<p>A tous ceux qui voulaient me convaincre sur l\u2019aide que je devais apporter \u00e0 ma victime, je me d\u00e9fendais que cela \u00e9tait une juste punition que devait subir celui qui n\u00e9gligeait un plus petit que soi et que j\u2019\u00e9tais pr\u00eat \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 toute convocation du Parquet.<\/p>\n<p>Pendant les vacances, mon grand-p\u00e8re et papa Sixte qui \u00e9taient inform\u00e9s de cet incident, m\u2019avaient exig\u00e9 des explications que clairement je leur avais fournies.<\/p>\n<p>Une ou deux fois par semaine, le camion de l\u2019internat allait \u00e0 Kongolo s\u2019approvisionner. Pour des motifs divers quelques \u00e9l\u00e8ves obtenaient l\u2019autorisation de prendre place abord de ce v\u00e9hicule.<\/p>\n<p>Un jour avec mes coll\u00e8gues Simba Mwehu et Maongezo d\u00e9cid\u00e9s de conna\u00eetre le chef lieu du territoire, nous ne nous pr\u00e9sent\u00e2mes pas aux cours. Ayant \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019attente du v\u00e9hicule, nous f\u00fbmes surpris par le cuisinier de la mission qui nous apprit que le pr\u00eatre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 parti.<\/p>\n<p>Nous rendant compte que nous avions manqu\u00e9 les cours sans motif et pris de panique nous all\u00e2mes nous r\u00e9fugier vers la rivi\u00e8re Lufuando.<\/p>\n<p>Visitant les travaux de fabrication de b\u00e9tons, la plantation du caf\u00e9, le jardin et les champs de manioc, fruits des travaux inlassables des \u00e9l\u00e8ves internes, nous \u00e9tions sur le sentier de retour bord\u00e9 d\u2019innombrables palmiers et d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 nous pr\u00e9senter aux cours de l\u2019apr\u00e8s midi, lorsque nous e\u00fbmes peur \u00e0 la rencontre de nos coll\u00e8gues allant puiser de l\u2019eau.<\/p>\n<p>P\u00e9n\u00e9trant en brousse, d\u2019innombrables branches nous barraient le passage et des affreux bruits forestiers nous faisaient frissonner et nous poussaient \u00e0 r\u00e9citer instinctivement en ch\u0153ur, le chapelet de la Vierge Marie.<\/p>\n<p>Nous craignions les hommes, les serpents, les carnivores, les insectes et m\u00eame les \u00e9pines v\u00e9n\u00e9neuses qui piquaient nos pieds nus. Nous y rest\u00e2mes pendant des longues heures, voisins des gros serpents.<\/p>\n<p>A la tomb\u00e9e du soleil, nous e\u00fbmes le courage de sortir de notre cachette pour regagner l\u2019internat o\u00f9 tous les \u00e9l\u00e8ves, d\u2019un ton pitoyable, commentaient sur notre disparition.<\/p>\n<p>Notre apparition au lieu de causer leur d\u00e9dain aiguisa leur curiosit\u00e9. Nous racont\u00e2mes sur notre s\u00e9jour en brousse en nous faisant entrecouper par des rires. Nestor qui \u00e9tait mon protecteur s\u2019avan\u00e7a enfin pour me retirer de la foule. Il me conseilla et me pria \u00e0 jurer de ne plus jamais faire l\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re.<\/p>\n<p>Remarquable par mon \u00e9loquence j\u2019\u00e9tais \u00e0 plusieurs reprises retenu comme acteur pour animer les festivit\u00e9s en l\u2019honneur du p\u00e8re sup\u00e9rieur, du p\u00e8re directeur ou d\u2019un \u00e9v\u00e8nement important.<\/p>\n<p>Le r\u00f4le du p\u00e8re Van Damme exorciseur m\u2019avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 dans une pi\u00e8ce qui avait connu un tr\u00e8s grand succ\u00e8s. Le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re, tr\u00e8s satisfait, me fit habiller en soutane, une semaine apr\u00e8s pour me photographier, bras tendus au ciel en train d\u2019implorer Dieu \u00e0 sanctionner les sorciers qu\u2019\u00e9taient les acteurs Kirongozi Kahozi et Evariste Mulembo. Ceux-ci se d\u00e9pla\u00e7aient par les bras et leurs jambes \u00e9taient en l\u2019air. Je n\u2019\u00e9tais cependant pas content de poser sans mes pantoufles qu\u2019on ne me permit pas d\u2019aller chercher au dortoir.<\/p>\n<p>Si dans cette pi\u00e8ce, l\u2019enseignant Kabika Joseph \u00e9tait m\u00e9content de l\u2019\u00e9l\u00e8ve Simba l\u2019ayant represent\u00e9 qui n\u2019\u00e9tait pas capable de chasser les sorciers mais put\u00f4t les avait fui, l\u2019enseignant Zacharie quant \u00e0 lui r\u00e9clama le renvoi de l\u2019\u00e9l\u00e8ve Leonard de l\u2019\u00e9cole d\u2019apprentissage p\u00e9dagogique \u00ab EAP \u00bb, r\u00e9alisateur de la pi\u00e8ce dans laquelle il \u2018avait \u00e9t\u00e9 imit\u00e9 en \u00e9tat d\u2019ivresse.<\/p>\n<p>Le public avait \u00e9t\u00e9 aussi \u00e9gay\u00e9 par la r\u00e9citation de l\u2019\u00e9l\u00e8ve Raphael Mungomba de la 5<sup>\u00e8me<\/sup> primaire, tir\u00e9 de J\u2019apprends le fran\u00e7ais et inutile, \u00ab Que ferai-je plus tard \u00bb ?<\/p>\n<p>Ayant un jour march\u00e9 pendant la r\u00e9cr\u00e9ation, sur un clou fix\u00e9 \u00e0 un morceau de bois, j\u2019\u00e9chouai d\u2019atteindre la salle de classe et attendis l\u2019enseignant qui vint me l\u2019enlever de mon pied droit.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re directeur s\u2019occupa \u00e0 m\u2019administrer les soins appropri\u00e9s pendant des longues semaines. Il m\u2019entourait des tendresses paternelles. En revenant des vacances, mes parents lui envoy\u00e8rent une poule et quelques \u0153ufs. Malheureusement la poule ne supporta pas le long voyage et seuls les \u0153ufs arriv\u00e8rent \u00e0 leur destination.<\/p>\n<p>Avant la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire je connus le malheur de perdre mes deux culottes et deux chemises que j\u2019avais expos\u00e9es apr\u00e8s nettoyage, tout pr\u00e8s de la menuiserie. Je ne les avais pas retrouv\u00e9s et restai dans une carence remarquable d\u2019habits qui me fit ramasser une vieille culotte kaki d\u2019uniforme qui tra\u00eenait dans un local. A force de la garder au corps, les poux s\u2019y \u00e9taient r\u00e9fugi\u00e9s.<\/p>\n<p>Jamais pendant les vacances je n\u2019avais inform\u00e9 mes parents de cette perte, au contraire je m\u2019arrangeai \u00e0 perdre la cl\u00e9 de ma valise afin qu\u2019un curieux ne se rende compte de ma pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>La nouvelle d\u2019un docteur myst\u00e9rieux qui rendait st\u00e9riles les internes par une injection \u00e0 l\u2019ombilic d\u00e9fraya la chronique. Tant\u00f4t on nous informait que cinq cent pensionn\u00e9s avaient \u00e9t\u00e9 rendus st\u00e9riles \u00e0 Kongolo, tant\u00f4t c\u2019\u00e9tait mille \u00e0 Manono ou \u00e0 Lubunda.<\/p>\n<p>Nous dormions dans la peur en nous nouant autour du ventre un linge qui emp\u00eacherait au docteur de nous op\u00e9rer pendant notre sommeil.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions devenus m\u00e9fiants de notre directeur, quoique pr\u00eatre et certains \u00e9l\u00e8ves avaient quitt\u00e9 l\u2019internat pour rejoindre leur village o\u00f9 ils seraient en s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Paragraphe 5 : Mon admission dans le mouvement Xav\u00e9ri,<\/p>\n<p>Il existait un mouvement Xaveri \u00e0 l\u2019internat dont l\u2019aum\u00f4nier \u00e9tait le p\u00e8re Directeur. Je lui pr\u00e9sentai ma demande d\u2019admission qu\u2019il repoussa. Je ne me d\u00e9courageai pas et insistai \u00e0 formuler mon d\u00e9sir.<\/p>\n<p>Un dimanche, l\u2019aum\u00f4nier me pr\u00e9senta \u00e0 tous les Xav\u00e9ris. C\u2019est dans l\u2019\u00e9quipe de G\u00e9rard dont le patron \u00e9tait Saint Pierre que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 incorpor\u00e9. Notre assistant s\u2019appelait Fran\u00e7ois Kahundu et le chef de troupe Alexandre Kapampa.<\/p>\n<p>Depuis lors, au lieu de me promener librement les dimanches, j\u2019assistai aux r\u00e9unions du mouvement et ex\u00e9cutai avec mon \u00e9quipe au moins une action de charit\u00e9 envers les pauvres.<\/p>\n<p>Il se passa m\u00eame des semaines ou je fus occup\u00e9 avec quelques coll\u00e8gues \u00e0 construire une case pour l\u2019ancien combattant Jean Kilula \u00e0 Kasanga. Nous lui puisions de l\u2019eau potable et cherchions des fagots de bois pour sa cuisine.<\/p>\n<p>Lorsque chaque fois notre CP, \u00e0 haute voix criait, \u2018\u2019Saint Pierre toujours\u2019\u2019 ? Nous r\u00e9pondions \u2018\u2019Vigilant.\u2019\u2019<\/p>\n<p>Nous apprenions des chants et les r\u00e8gles du mouvement. A la fin des r\u00e9unions, l\u2019assistant sifflait et tous ensemble nous marchions derri\u00e8re nos tambours et fanions, chantant et dansant, puis nous formions un cercle.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les conseils de l\u2019aum\u00f4nier nous chantions \u2018\u2019E Mungu Baba yetu\u00a0\u00bb, Dieu notre P\u00e8re. Les jours que nous faisions de longues marches, fatigu\u00e9s, nous chantions \u00ab Muchoko, wa xaveri wachoka \u00bb ; fatigu\u00e9s ! Les xav\u00e9ris sont fatigu\u00e9s ! J\u2019excellai bien dans tous les enseignements et mon nom figura parmi les premiers Xav\u00e9ri de Sola qui devaient avoir la croix d\u2019argent.<\/p>\n<p>Je pr\u00eatai serment en jurant un dimanche apr\u00e8s midi dans l\u2019\u00e9glise de la mission, devant un public nombreux, d\u2019observer soigneusement toutes les r\u00e8gles du mouvement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 6 : Les filles \u00e0 la recherche du bapt\u00eame,<\/h4>\n<p>Sola poss\u00e9dait un internat pour garder toutes les filles de la r\u00e9gion qui tombaient amoureuses de la religion catholique. Plusieurs parmi elles y \u00e9taient intern\u00e9es \u00e0 l\u2019encontre de la volont\u00e9 de leurs parents, fr\u00e8res ou fianc\u00e9s.<\/p>\n<p>Certaines parcouraient \u00e0 pied des centaines de kilom\u00e8tres, rien que pour troquer leur nom ancestral \u00e0 celui trouv\u00e9 dans le livre des saints. De retour dans leur village, elles racontaient \u00e0 qui voulait les entendre tout ce qu\u2019elles avaient en m\u00e9moire sur les rites et c\u00e9r\u00e9monies de No\u00ebl, P\u00e2ques, Assomption et Toussaint ! Leurs r\u00e9cits attiraient leurs petites s\u0153urs, amies et connaissances qui faisaient tout pour acqu\u00e9rir le statut semblable.<\/p>\n<p>Les enseignants de diff\u00e9rents villages participaient \u00e0 la r\u00e9alisation de tels projets en pr\u00eachant et convainquant les pa\u00efens au sujet d\u2019innombrables merveilles du monde avenir qui sera patronn\u00e9 par J\u00e9sus. Des miracles r\u00e9alis\u00e9s par J\u00e9sus et ses disciples et surtout le d\u00e9cor de l\u2019enfer o\u00f9 seront jet\u00e9s les pa\u00efens, contraste du ciel, endroit r\u00e9serv\u00e9 aux seuls baptis\u00e9s rendaient irr\u00e9sistibles l\u2019envie de rejoindre la mission de Sola.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s sensibles, les filles emball\u00e9es par les enseignements quittaient en groupe leur village pour ce lieu o\u00f9 \u00e9tait distribu\u00e9 le passeport d\u2019entr\u00e9e au ciel.<\/p>\n<p>Les enseignants facilitaient leur d\u00e9placement. Ils h\u00e9bergeaient et nourrissaient les fuyardes tout le long de l\u2019itin\u00e9raire. Le lieu de cachette demeurait inconnu aux parents afflig\u00e9s, qui sillonnaient en vain, pistes et sentiers des savanes et t\u00e9n\u00e9breuses for\u00eats.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9es \u00e0 Sola, ces filles \u00e9taient alors en s\u00e9curit\u00e9, elles remettaient en consignation \u00e0 la m\u00e8re sup\u00e9rieure leurs habits en \u00e9change du c\u00e9l\u00e8bre pagne bleu appel\u00e9 \u00ab Sukutu \u00bb. Le r\u00e8glement de l\u2019internat leur \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9 et comment\u00e9 de long et en large.<\/p>\n<p>Personne alors ne pouvait parler \u00e0 une fille sans autorisation du p\u00e8re sup\u00e9rieur et de la m\u00e8re sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Mahundu avait beaucoup de ses filles \u00e0 Sola. Un dimanche j\u2019obtins l\u2019autorisation de les visiter. Nous caus\u00e2mes de la vie dans nos internats et lorsque le sifflet retentit pour nous s\u00e9parer, presque toutes m\u2019invit\u00e8rent \u00e0 la prochaine visite.<\/p>\n<p>A cette autre visite chacune me remit de l\u2019argent pour lui acheter divers articles tels que le chapelet, la m\u00e9daille, la croix etc\u2026 au magasin de la mission. Je devais leur ramener ces articles \u00e0 la visite suivante, mais h\u00e9las un malheur m\u2019arriva.<\/p>\n<p>En effet, je n\u2019avais pas encore achet\u00e9 les articles command\u00e9s lorsque je trouvais un apr\u00e8s midi, ma valise ouverte et mes objets en d\u00e9sordre. Apr\u00e8s quelques recherches je remarquai que la somme qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 remise avait \u00e9t\u00e9 emport\u00e9e.<\/p>\n<p>Je menai \u00e0 l\u2019aide de mes copains une enqu\u00eate pour retrouver le voleur mais en vain. Je soup\u00e7onnai Kiboko, originaire de Mahundu qui avait \u00e9t\u00e9 avec moi \u00e0 l\u2019internat des filles, mais il me manquait des preuves.<\/p>\n<p>Le courage d\u2019aller annoncer cette triste nouvelle me manqua. Honteux, je n\u2019avais plus r\u00e9vu ces chercheuses de bapt\u00eame.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 7 : Le refus de manger les haricots mal pr\u00e9par\u00e9s,<\/h4>\n<p>Tout commen\u00e7a \u00e0 midi lorsqu\u2019en entrant dans le r\u00e9fectoire avant m\u00eame que la pri\u00e8re soit entonn\u00e9e, une voix clama \u00ab\u00a0Mahalaki ni mubichi\u00a0\u00bb, les haricots ne sont pas bien cuits. D\u2019un coup, de partout le monde r\u00e9p\u00e9tait cette phrase et une ru\u00e9e vers l\u2019ext\u00e9rieur s\u2019en suivit dans les bruits terribles.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Directeur entendit ces cris \u00e0 la mission o\u00f9 il d\u00eenait et vint sur le lieu o\u00f9 malheureusement son apparition aggrava le tumulte.<\/p>\n<p>Prenant une cuill\u00e8re, le p\u00e8re Van Damme go\u00fbta lui-m\u00eame ces haricots d\u00e9clar\u00e9s non cuits convenablement et d\u2019un geste il appr\u00e9cia ces protides qu\u2019il d\u00e9clara bons. Les \u00e9l\u00e8ves le hu\u00e8rent tellement qu\u2019il s\u2019\u00e9nerva.<\/p>\n<p>Il rentra \u00e0 la mission puis revint pour nous annoncer qu\u2019il n\u2019y aurait pas cours dans l\u2019apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>L\u2019enseignant Ngoy Rapha\u00ebl charg\u00e9 cette semaine de diriger les travaux manuels devait nous conduire aux champs.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait quatorze heures lorsque les \u00e9l\u00e8ves port\u00e8rent aux \u00e9paules leurs houes et se dirig\u00e8rent aux champs sous les rayons solaires ardents. Au lieu de cultiver, les punis se mirent \u00e0 d\u00e9terrer les racines de manioc qu\u2019ils broutaient dans une grande joie sous le regard indiff\u00e9rent du contr\u00f4leur : \u00a0\u00bb ventre creux n\u2019a point d\u2019oreilles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lorsque le pr\u00eatre se rendit aux champs pour cont\u00f4ler l\u2019\u00e9volution du travail, il fut accueilli par les hu\u00e9es indescriptibles et rebroussa chemin.<\/p>\n<p>Au souper, les \u00e9l\u00e8ves se r\u00e9volt\u00e8rent de nouveau, ce qui poussa les autres pr\u00eatres de mission de se m\u00ealer \u00e0 cette affaire pour obtenir le d\u00e9nouement. Des conseils furent prodigu\u00e9s aux \u00e9l\u00e8ves toute cette nuit noire et le lendemain des d\u00e9cisions graves tomb\u00e8rent, dont la plus importante avait \u00e9t\u00e9 celle du licenciement de l\u2019enseignant Rapha\u00eal Ngoy d\u00e9clar\u00e9 meneur.<\/p>\n<p>Cet enseignant de la 5<sup>\u00e8me<\/sup> aux allures r\u00e9volutionnaires quitta l\u2019\u00e9cole s\u00e9lectionn\u00e9e de Sola pour les milieux lointains..<\/p>\n<p>Le jour de la proclamation solennelle de r\u00e9sultats de fin d\u2019ann\u00e9e scolaire, j\u2019assistai, visage renfrogn\u00e9 et ne repris la bonne humeur que lorsque j\u2019entendis citer mon nom \u00e0 la 7<sup>\u00e8me<\/sup> place avec 72%.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9ussite avait d\u00e9menti la constatation g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle, les enfants des enseignants \u00e9taient inintelligents et inaptes aux \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9l\u00e8ves quitt\u00e8rent l\u2019internat d\u00e8s apr\u00e8s la proclamation. J\u2019attendis quant \u00e0 moi le bus qui devait venir le lendemain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 8 : Mon voyage par bus de Demos-Macris de Sola \u00e0 Bigobo via Mbulula,<\/h4>\n<p>Je pris le lendemain le bus pour Kongolo. Grande avait \u00e9t\u00e9 ma curiosit\u00e9 au cours de ce voyage qui m\u2019amenait pour la toute premi\u00e8re fois au chef lieu du territore. Le bus atteignit le pont du fleuve Congo vers 17h 30\u2019 et s\u2019arr\u00eata pour laisser passer d\u2019abord une auto dr\u00e9sine avant de s\u2019engagea dans le pont. J\u2019admirais l\u2019immensit\u00e9 et les grondements des eaux de la Lualaba.<\/p>\n<p>Il faisait encore clair quand l\u2019autobus s\u2019stoppa devant la maison de Demos Macris, son propri\u00e9taire. Je m\u00e9ditai sur la grandeur, l\u2019aspect des rues et la pr\u00e9sence remarquable de la population de la race blanche, lorsque Cl\u00e9ophas et Norbert, finalistes de l\u2019EAP qui \u00e9taient aussi dans le bus me firent descendre en me demandant o\u00f9 irai-je dormir.<\/p>\n<p>Je ne connaissais personne dans ce Kongolo encore \u00e9trange pour moi et les suivis.<\/p>\n<p>Nous travers\u00e2mes sentiers, rues et avenues avant d\u2019arriver \u00e0 une maison \u00e0 la cit\u00e9 Kangoy o\u00f9 nous f\u00fbmes accueillis. Apr\u00e8s avoir mang\u00e9 nous \u00e9chang\u00e2mes des informations. Lorsque sonna la sir\u00e8ne, il \u00e9tait 21 heures, l\u2019heure obligatoire pour s\u2019enfermer dans sa maison jusqu\u2019au matin.<\/p>\n<p>Seuls les policiers circulaient la nuit. Ainsi aux bruits des bottes nous \u00e9teignions la lampe de crainte d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p>Le lendemain nous f\u00eemes quelques promenades dans la cit\u00e9 Kangoy. Je constatai l\u2019importance du sinistre qui avait lieu, \u00e0 la vue des v\u00e9hicules pleins des bambous et des bottes de chaume apport\u00e9s de diff\u00e9rents coins du territoire pour la reconstruction des maisons incendi\u00e9es.<\/p>\n<p>Le soir au salon nous avions aid\u00e9 le propri\u00e9taire de la maison dans la recherche de son livret de campagne de coton tout en causant avec sa fille Sumbukeni.<\/p>\n<p>T\u00f4t le matin nous quitt\u00e2mes la cit\u00e9 Kangoy pour la r\u00e9sidence de Demos Macris o\u00f9 le bus \u00e9tait programm\u00e9 \u00e0 effectuer le trajet Kongolo-Bigobo.<\/p>\n<p>Norbert et Cl\u00e9ophas m\u2019aid\u00e8rent \u00e0 transporter de temps \u00e0 autre ma valise lourde. Nous atteign\u00eemes le quartier commercial, puis la maison de Demos Marcris o\u00f9 tout en ach\u00e8tant mon ticket, je m\u2019\u00e9tonnai de voir les pintades domestiqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Le bus quitta vers 9 heures et quelques minutes apr\u00e8s nous longions le prestigieux pont de Lualaba se trouvant pr\u00e8s des portes d\u2019enfer. A chaque arr\u00eat il y avait des entr\u00e9es et sorties. Cl\u00e9ophas et Norbert descendirent \u00e0 Mbulula et me confondant dans les remerciements je leur souhaitai une bonne s\u00e9paration.<\/p>\n<p>J\u2019avais continu\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 Bigobo, village situ\u00e9 \u00e0 82 km de Kongolo et avais \u00e9t\u00e9 accueilli par maman Val\u00e9riane. D\u00e9j\u00e0 le soir la nouvelle de mon arriv\u00e9e \u00e0 Bigobo \u00e9tait connue \u00e0 Mahundu d\u2019o\u00f9 quelqu\u2019un avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9p\u00each\u00e9 avec un v\u00e9lo pour me prendre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 9 : Ma circoncision \u00e0 Bigobo pendant les Grandes vacances de 1958,<\/h4>\n<p>Apr\u00e8s quelques jours des vacances, mon p\u00e8re me prit pour Bigobo chez son petit fr\u00e8re Mwalimu Sixte qui y enseignait dans une \u00e9cole primaire catholique nouvellement install\u00e9e. Maman Val\u00e9riane \u00e9tait son \u00e9pouse, pendant que Louise et Dephin \u00e9taient leurs enfants.<\/p>\n<p>Le coll\u00e8gue de mon oncle paternel s\u2019appelait Monsieur Emile Katumbwe. Il avait une phono que son fils ain\u00e9 Urbain maniait et \u00e9gayait le public par les belles nouveaut\u00e9s de cette p\u00e9riode dont \u2018Oh Marie Kalamba\u2019\u2019et la m\u00e9lodie d\u2019une chanson qui semblait dire\u00a0\u00bb Manyumba yote ina lungula \u2026\u00a0\u00bb, toutes les maisons sont br\u00fbl\u00e9es ! Allusion faite \u00e0 l\u2019incendie de la cit\u00e9 Kangoy \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>La nuit, nous entendions les pleurs de Raymond, l\u2019enfant de maman Mathilde et papa Emile que papa Sixte avait surnomm\u00e9 \u00ab Manyumba \u00bb.<\/p>\n<p>Le jour anniversaire de la f\u00eate de Saint Sixte, mon p\u00e8re me pria de prendre un pagne et m\u2019amena au dispensaire, o\u00f9, dans une salle on me fit monter sur un lit assez haut.<\/p>\n<p>L\u2019infirmier Amosi, se pr\u00e9senta avec une paire des ciseaux dont il se servit pour m\u2019enlever le pr\u00e9puce. Transport\u00e9 dans une autre salle, j\u2019attendis quelques heures en g\u00e9missant de temps en temps \u00e0 cause de la douleur puis, je fus autoris\u00e9 \u00e0 regagner la maison.<\/p>\n<p>Chaque matin je me rendais au dispensaire pour recevoir les soins et les conseils que je respectais difficilement. Il m\u2019arrivait m\u00eame de me lancer dans des jeux violents, raison pour laquelle ma plaie qui commencait \u00e0 se cicatriser se remit \u00e0 saigner, ce qui irritait mon p\u00e8re.<\/p>\n<p>L\u2019enseignant Jean Bendera de Mpala envoya \u00e0 cette m\u00eame p\u00e9riode son fils a\u00een\u00e9 Patrice pour encadrer ses petits fr\u00e8res Michel et Barnab\u00e9 qui avaient \u00e9t\u00e9 aussi circoncis et avec lesquels je partageais une m\u00eame case.<\/p>\n<p>Je ne rejoignis Mahundu qu\u2019apr\u00e8s la cicatrisation compl\u00e8te de ma plaie et y restai jusqu\u2019\u00e0 la fin des vacances.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 2 : Ma quatri\u00e8me primaire s\u00e9lectionn\u00e9e.<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: Inscrit en 4<sup>\u00e8me<\/sup> B,<\/h4>\n<p>A la rentr\u00e9e scolaire j\u2019entrai en 4<sup>\u00e8me<\/sup> B du nouvel enseignant Kayuya Gr\u00e9goire, venant de terminer se \u00e9tudes au groupe scolaire de Baudouiville. Mon oncle Muloko Muteba entra quant \u00e0 lui en 4<sup>\u00e8me<\/sup> A de l\u2019enseignant Mashini Wenceslas.<\/p>\n<p>Du b\u00e2timent en toit de pailles o\u00f9 j\u2019\u00e9tais en 3<sup>\u00e8me<\/sup> B, je rejoignis le b\u00e2timent au toit en tuiles et de style m\u00e9di\u00e9val.<\/p>\n<p>Monsieur Gr\u00e9goire introduisit le syst\u00e8me des interrogations hebdomadaires et affichait les r\u00e9sultats afin de stimuler les \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Mes coll\u00e8gues de classe s\u2019appelaient : Prosper Kinda, Valentin Mugeya, Busili Kinda, Masinda Makengo, Kishabongo, Mabaka D\u00e9sir\u00e9, Mutindi Augustin, Firmin Pitonsi, Gosense Muswani, Pungue Michel, Sehemu Pierre, Kagumbu Mathieu et tant d\u2019autres.<\/p>\n<p>Nous entretenions une atmosph\u00e8re gaie. Une prise de bec m\u2019amena un jour \u00e0 me battre contre Kishabongo sous les sifflements et hurlements des autres. Il m\u2019arrivait souvent de me disputer avec mon ami Prosper, mais notre amiti\u00e9 renaissait aussi vite que possible.<\/p>\n<p>Prosper, mal conseill\u00e9 et d\u00e9motiv\u00e9, l\u00e2cha petit \u00e0 petit prise. Faux malade, il finit par d\u00e9serter l\u2019internat et s\u2019\u00e9limina du dur combat de l\u2019acquisition de la science.<\/p>\n<p>Je continuai dans une ardeur virile \u00e0 endurer les peines et fus gratifi\u00e9 par une r\u00e9ussite \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e scolaire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 2 : Le Bapt\u00eame de plusieurs coll\u00e8gues,<\/h4>\n<p>Cette ann\u00e9e fut baptis\u00e9 plusieurs de mes coll\u00e8gues qui re\u00e7urent les pr\u00e9noms catholiques. Ainsi mon oncle Muloko devint Th\u00e9ophile tandis que Maonyesho, Busili, Masinda, Kishabongo, Gossens. Apasuke, Mawazo Kaya, David Kigwezya, Kiboko Kitungwa, Simba Mwehu, Trangen, Sadiki Lwamba, Musafiri Beya, Kalume, Kayumba Shabani, Koli Mambo, Ilunga Mastuke et Nyange Lieutenant s\u2019appelaient desormais Gaston, G\u00e9rard, Alphonse, T\u00e9l\u00e9sphore, Ildephonse, Jean Joseph, Gaston, Jean Marie, Ernest, Florentin, B\u00e9no\u00eet, Ren\u00e9, Jer\u00f4me, Bernard, Gilbert et Ren\u00e9. Plusieurs fois j\u2019indisposai l\u2019un ou l\u2019autre pour l\u2019avoir appel\u00e9 \u00e0 son nom pa\u00efen.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 3 : Les amiti\u00e9s avec les externes,<\/h4>\n<p>Je me familiarisai aussi avec les \u00e9l\u00e8ves externes et plus particuli\u00e8rement les jeunes de la cit\u00e9 Saint Donat. Plusieurs m\u2019envoyaient des lettres pour me demander de devenir leur ami. Jean, fils du capita vendeur Lowa et Michel Kaniki devinrent mes amis. A plusieurs reprises Michel m\u2019invitait lors des promenades de mercredi et dimanche \u00e0 visiter leur champ. Il me donnait des arachides, des \u00e9pis de ma\u00efs ou des papayes. Plusieurs de mes coll\u00e8gues avaient aussi contact\u00e9s de tels genres d\u2019amiti\u00e9s dont l\u2019issue \u00e9tait parfois malheureuse. Ainsi on pouvait passer de l\u2019amiti\u00e9 \u00e0 l\u2019inimiti\u00e9 tr\u00e8s d\u00e9clar\u00e9e. Je mis fin malignement \u00e0 mes amiti\u00e9s en ne me pr\u00e9sentant plus \u00e0 tous les rendez-vous.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 4 : La derni\u00e8re ann\u00e9e de l\u2019EAP,<\/h4>\n<p>Cette ann\u00e9e \u00e9tait aussi la derni\u00e8re de l\u2019\u00e9cole d\u2019apprentissage p\u00e9dagogique \u00ab EAP \u00bb. Messieurs Nestor Tambwe et Zacharie Kasengeneke \u00e9taient les derniers professeurs de ces grands \u00e9l\u00e8ves. Le p\u00e8re Albert Mazyn d\u00e9sign\u00e9 inspecteur dioc\u00e9sain avait laiss\u00e9 la place au p\u00e8re Boulanger, un pr\u00eatre belge originaire de Charleroi, tr\u00e8s fort en dessins artistiques.<\/p>\n<p>Il avait merveilleusement dessin\u00e9 plusieurs motifs aux vitres de la chapelle qui venait d\u2019\u00eatre ouverte \u00e0 l\u2019internat.<\/p>\n<p>Ce pr\u00eatre poss\u00e9dait aussi plusieurs objets merveilleux, tel qu\u2019une statuette de la Vierge Marie qui chantait l\u2019Ave Maria et un appareil de projection.<\/p>\n<p>Sa maman en provenance de la Belgique avait s\u00e9journ\u00e9 \u00e0 Sola pendant quelques jours.<\/p>\n<p>Il y avait aussi cette ann\u00e9e le fr\u00e8re architecte Patrice qui poursuivait des travaux d\u2019installation \u00e9lectrique \u00e0 l\u2019internat o\u00f9 les lampes \u00e0 p\u00e9trole avaient c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re \u00e9lectrique que nous appelions \u00ab stimu \u00bb.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 5 : Malade des yeux et mauvais acolyte,<\/h4>\n<p>Je connus cette ann\u00e9e le mal des yeux. Le matin lorsque le p\u00e8re Van Damme nous r\u00e9veillait par un coup de sifflet strident afin que nous puissions rejoindre la rivi\u00e8re en courant pour nous laver, je ne savais pas ouvrir les yeux et me d\u00e9battais comme un aveugle pendant un bon nombre des minutes.<\/p>\n<p>Un jour pour \u00e9viter d\u2019aller \u00e0 la rivi\u00e8re, je m\u2019improvisais acolyte et allai \u00e0 l\u2019\u00e9glise de la mission. Le p\u00e8re Sylvain est celui que je devais secourir. Je r\u00e9alisai ce jour l\u00e0 qu\u2019entre la th\u00e9orie et la pratique la diff\u00e9rence \u00e9tait \u00e9norme.<\/p>\n<p>Je connaissais en fait toute la th\u00e9orie pour servir \u00e0 la messe mais h\u00e9las devant l\u2019autel je confondis beaucoup de choses \u00e0 telle enseigne que le pr\u00eatre commen\u00e7a \u00e0 se servir lui-m\u00eame. Il cherchait ainsi l\u2019eau et se versait.<\/p>\n<p>D\u00e8s la fin de la messe, j\u2019enlevai rapidement la soutane et sortis en me disant que ce pr\u00eatre ne me connaissant pas et qu\u2019ayant servi dans la sacristie \u00e0 un autel secondaire, personne ne m\u2019avait identifi\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 7 : Mes grandes vacances partag\u00e9es entre Mahundu et Kananga- lez- Mukolo,<\/h4>\n<p>Les grandes vacances de 1959 je trouvai \u00e0 Mahundu, ma famille agrandie par la naissance de Faustin, un gar\u00e7on n\u00e9 le 15 f\u00e9vrier 1959 apr\u00e8s quatre filles.<\/p>\n<p>Cette naissance avait r\u00e9joui la famille dont mon p\u00e8re au-del\u00e0 du pr\u00e9nom Faustin ajouta D\u00e9ogratias, merci \u00e0 Dieu. Le nom LUMBU PILIPILI, du grand p\u00e8re paternel lui avait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9.<\/p>\n<p>Je quittai sans tarder Mahundu pour Kalwambwa d\u2019o\u00f9 avec Th\u00e9ophile nous allions visiter la tante maternelle Eug\u00e9nie \u00e0 Mukolo.<\/p>\n<p>Il faisait encore noir, lorsque de Kalwamba nous avions long\u00e9 le raccourci passant directement par Kasesa. Nous nous d\u00e9placions si vite que nous march\u00e2mes dans la rivi\u00e8re Luvilu sans eaux pour nous retrouver \u00e0 la maison de la grande tante maternelle Mbombo.<\/p>\n<p>Quittant Kasesa, nous comptions d\u00eener \u00e0 Kilembwe chez mon arri\u00e8re grand-m\u00e8re maternelle, babu Ngulu que malheureusement nous ne trouv\u00e2mes pas \u00e0 sa r\u00e9sidence. Mari\u00e9e \u00e0 Abati, elle avait donn\u00e9 naissance \u00e0 Mazuya Cheusi m\u00e8re de ma m\u00e8re Modesta Ndiba, mais aussi \u00e0 Feza, Mbombo, Kitambala et enfin \u00e0 Mayani.<\/p>\n<p>Partis de Kilembwe, apr\u00e8s avoir d\u00e9pass\u00e9s Munyatwa nous nous trouv\u00e2mes en pleine for\u00eat r\u00e9put\u00e9e hant\u00e9e par divers esprits malins, puis travers\u00e2mes la rivi\u00e8re Nzova. Il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 midi lorsque mon oncle m\u2019apprit que nous \u00e9tions arriv\u00e9s dans le village natal de ma m\u00e8re o\u00f9 nous salu\u00e2mes certains parents avant de continuer notre voyage vers Kananga o\u00f9 la famille du mari de ma tante maternelle venait de s\u2019installer.<\/p>\n<p>Treize heures \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9es quand nous attegn\u00eemes la case de ma tante. Tous ses enfants \u00e9taient l\u00e0, ils r\u00e9pondaient aux noms d\u2019Alex, Hortense, Gaston, David et Marcelline. Son mari s\u2019appelait Protazi, il s\u2019\u00e9tait d\u00e9plac\u00e9 pour Albertville, nous avait-on dit, \u00e0 la recherche des marchandises.<\/p>\n<p>D\u00e8s le lendemain nous all\u00e2mes contempler les squelettes des \u00e9l\u00e9phants abattus lors du feu de brousse et avions \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9s par leur gigantisme.<\/p>\n<p>Nous rest\u00e2mes \u00e0 Kananga pendant deux semaines au cours desquelles nous aid\u00e2mes ma tante dans ses travaux de triage de coton.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais content d\u2019avoir visit\u00e9 Mukolo, habit\u00e9 auparavant par mes grands parents maternels car c\u2019\u00e9tait de ce village que ma m\u00e8re \u00e9tait all\u00e9e au march\u00e9 de coton \u00e0 Kayanza o\u00f9 mon p\u00e8re s\u2019\u00e9tait int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 elle et avait d\u00e9cid\u00e9 de se marier \u00e0 elle.<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 Mahundu que je terminai mes vacances aux c\u00f4t\u00e9s de mes parents.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 3 : Ma cinqui\u00e8me primaire.<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: Les mutations,<\/h4>\n<p>Beaucoup des mutations avaient lieu cette ann\u00e9e. En effet, la suppression de l\u2019EAP, avait fait b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 notre \u00e9cole primaire s\u00e9lectionn\u00e9e, \u00e0 laquelle le p\u00e8re directeur Van Damme avait donn\u00e9 le nom de Charles Lwanga en souvenir des jeunes martyrs ougandais canonis\u00e9s, tous ces b\u00e2timents neufs aux toits en fibro ciment. L\u2019internat abandonna ces anciens b\u00e2timents en tuiles \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire ordinaire de la Mission.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re sup\u00e9rieur Rome ayant \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 d\u2019implanter la mission de Mbulula, il avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re Joseph Deagre. Le tumultueux p\u00e8re \u00e9conome Sylvain \u00e9tait aussi mut\u00e9.<\/p>\n<p>Les travaux de construction du nouvel h\u00f4pital avaient pris fin, il en avait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame du bassin de natation. Celui-ci \u00e9tait devenu un grand lieu d\u2019attraction des \u00e9l\u00e8ves internes.<\/p>\n<p>Au couvent de s\u0153urs, la paille avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par les t\u00f4les \u00e0 toutes les constructions et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 y avait \u00e9t\u00e9 install\u00e9e.<\/p>\n<p>Notre directeur, le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re Van Damme avait acquis une splendide moto qui lui permettait de se rendre r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Kongolo au lieu d\u2019attendre le programme du v\u00e9hicule de la mission.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 2 : Inscrit en 5<sup>\u00e8me<\/sup> B,<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>J\u2019entrai en 5<sup>\u00e8me<\/sup> B, classe de monsieur Nestor Tambwe, ex- enseignant \u00e0 l\u2019EAP. Avec ses Gaston Kusuba, G\u00e9rard Kinda, Jean F\u00e9lix Nyembo, D\u00e9sir\u00e9 Mabaka, Augustin Mutindi, Michel Pungwe, Pierre Sehemu, Gr\u00e9goire Kahozi etc\u2026notre classe \u00e9tait agit\u00e9e.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re directeur passait de temps \u00e0 autre menacer certains de renvoi.<\/p>\n<p>De petits groupes s\u2019\u00e9taient form\u00e9s entre copains, par-ci le trio Alphonse-G\u00e9rard- Gaston de la 5<sup>\u00e8me <\/sup>B et leur ami Jean Joseph de la 5\u00e8meA, par l\u00e0, le duo Augustin Mutindi-D\u00e9sir\u00e9 Mabaka qui se surnommait \u00ab\u00a0New-york\u00a0\u00bb. Je me promenais quant \u00e0 moi avec Evariste Mulembo, Antoine Sangwa ou Florentin Trangen.<\/p>\n<p>Chaque premi\u00e8re heure de cours de l\u2019apr\u00e8s midi, les \u00e9l\u00e8ves de la 5<sup>\u00e8me<\/sup> B entraient dans la classe de 5<sup>\u00e8me<\/sup> A, de l\u2019enseignant L\u00e9onard Muyumba et ensemble avec les autres ils apprenaient la le\u00e7on de Causerie contenue dans le livre de \u00ab Usikie Habari \u00bb. Je somnolais parfois pendant ce cours et comme j\u2019\u00e9tais au premier banc, l\u2019enseignant me r\u00e9veillait par un coup de poing \u00e0 la t\u00eate.<\/p>\n<p>Nous dormirons \u00e0 20 heures, apr\u00e8s une br\u00e8ve conf\u00e9rence et la b\u00e9n\u00e9diction du p\u00e8re directeur, mais avant cela nous jouions diff\u00e9rents jeux et des fois nous nous battions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 3 : La p\u00eache sauvage aux \u00e9tangs,<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A l\u2019occasion des festivit\u00e9s comm\u00e9moratives du 50<sup>\u00e8me<\/sup> anniversaire de la fondation de la mission de Kongolo, une d\u00e9l\u00e9gation conduite par le p\u00e8re directeur s\u2019\u00e9tait rendue \u00e0 Kongolo. Malgr\u00e9 ma demande, je n\u2019avais pas \u00e9t\u00e9 retenu dans ce groupe.<\/p>\n<p>Ayant \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s d\u2019aller p\u00eacher aux \u00e9tangs, plusieurs internes s\u2019arm\u00e8rent des hame\u00e7ons. Je n\u2019avais pas d\u2019hame\u00e7on et n\u2019\u00e9tais pas attir\u00e9 par la p\u00eache. Lorsque le soir en guise de distraction j\u2019y \u00e9tais all\u00e9, j\u2019avais trouv\u00e9 que la p\u00eache s\u2019effectuait dans une all\u00e9gresse inhabituelle.<\/p>\n<p>Chaque fois que quelqu\u2019un jettait sa ligne dans l\u2019eau il en tirait un tilapia. \u00ab Tout qui est bien ne finissant pas toujours bien \u00bb. Voil\u00e0 qu\u2019un \u00e9l\u00e8ve au lieu de rester au bord de l\u2019\u00e9tang plongea pour attraper le poisson qui voulait se sauver et en remontant il avait trois poissons. Un autre fit autant et c\u2019est fut la ru\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale. M\u00eame ceux qui n\u2019avaient pas d\u2019hame\u00e7ons entr\u00e8rent dans l\u2019eau et p\u00each\u00e8rent \u00e0 la main.<\/p>\n<p>Chacun se facilitait d\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9 un bon exploit et rentra \u00e0 l\u2019internat o\u00f9 il raconta \u00e0 qui voulait l\u2019entendre ses aventures.<\/p>\n<p>Le lendemain apr\u00e8s le petit d\u00e9jeuner, le bruit courait que certains \u00e9l\u00e8ves \u00e9taient envoy\u00e9s d\u2019urgence transporter les poissons morts dans l\u2019\u00e9tang.<\/p>\n<p>En effet, l\u2019eau \u00e9tant devenue boueuse, les poissons avaient manqu\u00e9 des bonnes conditions pour respirer et moururent en masse.<\/p>\n<p>La panique \u00e9tait g\u00e9n\u00e9rale dans l\u2019internat parce que chacun se voyait menacer d\u2019\u00eatre renvoy\u00e9 au retour du p\u00e8re directeur et par cons\u00e9quent essayait de supprimer tout indice de sa culpabilit\u00e9. Personne ne voulait plus d\u00e8s lors parler de la p\u00eache de la veille.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><em> Lorsque la d\u00e9l\u00e9gation rentra de Kongolo, elle apprit avec tristesse la nouvelle des d\u00e9g\u00e2ts occasionn\u00e9s suite \u00e0 la mauvaise p\u00eache. Le p\u00e8re directeur sanctionna certains coll\u00e8gues mais personnellement \u00e9tant connu d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9 habituellement \u00e0 ce genre d\u2019activit\u00e9s je ne fus pas soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019y avoir particip\u00e9 et personne ne m\u2019avait cit\u00e9.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 4 : Mon refus d\u2019\u00eatre fouett\u00e9,<\/h4>\n<p>Apr\u00e8s les sanctions inflig\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion du pillage des \u00e9tangs il y avait eu d\u2019autres cas dans lesquels j\u2019avais \u00e9t\u00e9 concern\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019abord, surpris un jour pendant l\u2019heure d\u2019\u00e9tude en train de parler \u00e0 mon voisin, le p\u00e8re directeur m\u2019avait invit\u00e9 \u00e0 son bureau o\u00f9 il m\u2019avait administr\u00e9 une racl\u00e9e qui m\u2019avait fait d\u00e9cider de ne plus y mettre mes pieds.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ce cas, voil\u00e0 qu\u2019une autre invitation \u00e0 me pr\u00e9senter au bureau intervint.<\/p>\n<p>En effet, d\u00e9gout\u00e9s \u00e0 faire les m\u00eames itin\u00e9raires et contestant la promenade en groupe et l\u2019interdiction d\u2019entrer dans les villages, plusieurs \u00e9l\u00e8ves pr\u00e9f\u00e9raient admirer le chef d\u2019\u0153uvre de la nature, qu\u2019\u00e9tait la for\u00eat o\u00f9 les fruits du travail manuel qu\u2019\u00e9taient les champs des maniocs. La gastronomie trouvant sa place, ils rentraient le soir, porteurs des noix de palme, des \u00e9pis de ma\u00efs, des mangues, des racines de manioc etc \u2026Le directeur finit par conna\u00eetre ces habitudes.<\/p>\n<p>Un jour apr\u00e8s un mauvais d\u00eener, j\u2019avais fait partie de visiteurs des champs de manioc et ventre rempli, je rentrai en groupe, racontant des anecdotes o\u00f9 je mettais en cause le p\u00e8re directeur. Tout le monde riait aux \u00e9clats.<\/p>\n<p>Juste \u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 la piste d\u00e9bouchait sur la route, je me trouvais nez \u00e0 nez avec le r\u00e9v\u00e9rend p\u00e8re. Aucun de mon groupe ne pouvait se soustraire. Le pr\u00eatre nous d\u00e9visagea individuellement et \u00e0 ma vue il s\u2019\u00e9crira, \u2018\u2019Maloba \u00e9videmment\u2019\u2019 et nous pria tous d\u2019aller l\u2019attendre \u00e0 son bureau.<\/p>\n<p>Nous l\u2019attend\u00eemes pendant longtemps avant de le voir venir en compagnie d\u2019autres maraudeurs. Ce soir, nous avions \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de souper, et condamn\u00e9s \u00e0 recevoir vingt coups de fouet ou payer 20 frs.<\/p>\n<p>Avoir 20vingt frs et les donner au pr\u00eatre parce qu\u2019on avait mang\u00e9 les racines de manioc \u00e9tait inimaginable pour un fils d\u2019un agriculteur, quelqu\u2019un qui a grandi pr\u00e8s d\u2019un champ. Le p\u00e8re directeur lui m\u00eame connaissait le degr\u00e9 de pauvret\u00e9 de ses pensionnaires et \u00e9tait s\u00fbr de faire expier les fautes de chacun de nous par le fouet.<\/p>\n<p>A tour de r\u00f4le, chacun de nous entrait au bureau et j\u2019entendais distinctement la voix rauque de ceux qui \u00e9taient incapables de supporter la douleur. Je frissonnais quand mon tour vint. C\u2019est ainsi que devant le bureau j\u2019avais demand\u00e9 que 20 frs soient retranch\u00e9s de mes 100 frs que j\u2019avais fait consigner \u00e0 la direction. Le pr\u00eatre qui sans doute croyait trouver une occasion de me frapper me regarda perplexe puis se l\u00e8va et d\u2019un geste rapide voulait fermer la porte du bureau.<\/p>\n<p>Je bondis \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et criai que je pr\u00e9f\u00e9rais payer 20 frs et jamais \u00eatre maltrait\u00e9 comme un esclave ou un criminel. La cloche de la mission invitant les pr\u00eatres au souper sonna et celui-ci rejoignit ses coll\u00e8gues.<\/p>\n<p>Toute la nuit je ne fus pas inqui\u00e9t\u00e9 et cr\u00fbs l\u2019affaire close. Lorsque le lendemain je fus convoqu\u00e9 de nouveau, je me rendis compte que le p\u00e8re directeur \u00e9tait encore tr\u00e8s f\u00e2ch\u00e9.<\/p>\n<p>A peine arriv\u00e9 devant sa porte il se mit \u00e0 m\u2019injurier. Il m\u2019injuria tellement que je r\u00e9agi quand on venait de siffler pour exiger le silence avant d\u2019entrer en classe.<\/p>\n<p>Mon r\u00e9quisitoire \u00e9tait suivi attentivement par les \u00e9l\u00e8ves et surtout par les enseignants, ceux l\u00e0 qui souvent \u00e9taient pers\u00e9cut\u00e9s mais ne r\u00e9agissaient pas de peur de perdre leur gagne pain. Personnellement je n\u2019avais plus rien \u00e0 gagner et j\u2019acceptais toute d\u00e9cision qui allait \u00eatre prise. Je quittai le bureau de moi-m\u00eame en disant au pr\u00eatre que pour deux racines de manioc que j\u2019avais mang\u00e9es parce que j\u2019avais faim, j\u2019acceptais de payer m\u00eame 100 frs et jamais le fouet, puis je me dirigeai devant ma classe et entrai sous les regards hagards de mes coll\u00e8gues.<\/p>\n<p>Mais h\u00e9las, les occasions de me punir se multipliaient ! Ainsi, chaque dimanche apr\u00e8s l\u2019\u00e9tude de quatorze heures, avant la promenade, nous nous rendions \u00e0 la chapelle pour l\u2019adoration eucharistique. Le silence parfait \u00e9tait de rigueur.<\/p>\n<p>Un jour alors que nous \u00e9tions en rang devant la porte de la chapelle, un rire se fit entendre. Le pr\u00eatre soup\u00e7onna la partie o\u00f9 je me trouvais. Tout f\u00e2ch\u00e9, il se mit \u00e0 poser la question \u00e0 certains \u00e9l\u00e8ves s\u2019ils connaissaient celui qui avait fait le bruit et chacun r\u00e9pondait n\u00e9gativement. Vint mon tour, je r\u00e9pondis aussi par non. Le p\u00e8re me toisa et \u00e0 moi d\u2019ajouter une phrase, \u00ab\u00a0vous pouvez demander \u00e0 n\u2019importe qui p\u00e8re\u2019\u2019.<\/p>\n<p>Une gifle s\u2019abattit sur mon visage.<\/p>\n<p>Il en fit autant un autre jour, lorsqu\u2019il m\u2019avait surpris pendant une pluie, assis \u00e0 une fen\u00eatre du r\u00e9fectoire alors que cela \u00e9tait interdit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 4 : Les loisirs,<\/h4>\n<p>Il s\u2019\u00e9tait introduit cette ann\u00e9e, l\u2019habitude d\u2019assister aux projections le dimanche soir. D\u2019ordinaire, le p\u00e8re Boulanger projetait les aventures de Tintin et Milou mais parfois il s\u2019agissait des photos prises en Europe ou en Afrique du Nord. Le p\u00e8re Van Damme faisait arr\u00eater la machine d\u00e8s que 20 heures sonnaient parce qu\u2019il \u00e9tait temps d\u2019aller au lit.<\/p>\n<p>Quelques fois au lieu des projections, les \u00e9l\u00e8ves originaires de Kabalo, Albertville et Baudouin ville pr\u00e9sentaient des num\u00e9ros de danses \u00ab jecoke \u00bb. Un certain Ambroise surnomm\u00e9 Roi des gestes se faisait remarquer par son agilit\u00e9 et se faisait applaudir \u00e0 tue-t\u00eate par l\u2019assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 6 : L\u2019ind\u00e9pendance du Congo Belge,<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A l\u2019approche du mois de juin, les activit\u00e9s politiques s\u2019\u00e9taient multipli\u00e9es. Des fois, nous manquions des le\u00e7ons enti\u00e8res parce que notre enseignant nous avait abandonn\u00e9 dans la salle pour se rassembler avec certains de ses coll\u00e8gues en dessous d\u2019un manguier pour \u00e9couter un visiteur. De retour en classe, je l\u2019entendais citer avec beaucoup d\u2019estime le nom de Lumumba, ce qui me le fit aussi adopter.<\/p>\n<p>Plus nous nous approchions du trente juin plus aussi les informations se diversifiaient \u00e0 telle enseigne que notre enseignant avec une mine triste nous informa que Lumumba voulait vendre le Congo et que personne ne pouvait avoir un bien propre, m\u00eame pas sa propre femme ! Cette assertion irrita plusieurs.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections vinrent avec toutes les passions qui les avaient caract\u00e9ris\u00e9es. Peupl\u00e9 des mineurs en majorit\u00e9 de tribu hemba mais d\u2019ethnies diff\u00e9rentes, notre internat avait aussi bascul\u00e9 dans l\u2019ethnicisme.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re directeur nous informait avant la b\u00e9n\u00e9diction du soir les grandes lignes des nouvelles politiques journali\u00e8res. Je souhaitais qu\u2019il parle d\u2019avantage et regagnais mon lit souvent insatisfait.<\/p>\n<p>Un jour il nous informa que sur le plan provincial Kilonda Sylvestre, alias Komombo, \u00e9tait nomm\u00e9 au poste de ministre de l\u2019agriculture. Les \u00e9l\u00e8ves Bena Nyembo acclam\u00e8rent au risque de casser les tympans fragiles, eux qui jusqu\u2019alors n\u2019entendaient parler que de Nyembo Albert d\u2019une \u00e9thnie autre que la leur<\/p>\n<p>En effet, si Albert Nyembo, domicili\u00e9 \u00e0 Elisabethville \u00e9tait originaire de Bilila, faisant partie de l\u2019\u00e9thnie Wagenya dans le secteur de Munono, proche de Bena Nkuvu, Sylv\u00e8stre Kilonda \u00e9tait lui, enseignant \u00e0 Mbulula et originaire de la chefferie de Bena Nyembo.<\/p>\n<p>Outre l\u2019\u00e9thnie Bena Nyembo, sont aussi de la tribu hemba de Kongolo, les \u00e9thnies Mambwe, Nkuvu, Yambula, Muhona Kabisha et Muhona Seya. L\u2019hostilit\u00e9 entre \u00e9thnies faisait dire par les coll\u00e8gues Bena Nkuvu que les Bena Nyembo buvaient l\u2019huile de palme.<\/p>\n<p>A l\u2019occasion de festivit\u00e9s du 30 juin 1960, Monsieur l\u2019Abb\u00e9 Amed\u00e9e Tambwe avait appris aux \u00e9l\u00e8ves les chansons, telles que \u00a0\u00bb Ra\u00efa za nchi ya Kongo wa furahiwa uhuru wao, katika inchi ya Kongo\u00a0\u00bb, les citoyens du Congo f\u00eatent l\u2019ind\u00e9pendance du Congo.<\/p>\n<p>Le 30 juin 1960, le drapeau congolais bleu avec six \u00e9toiles jaunes repr\u00e9sentant les six provinces fut hiss\u00e9 devant une tribune \u00e9rig\u00e9e dans la cour des jeux des \u00e9l\u00e8ves externes.<\/p>\n<p>Pour marquer la libert\u00e9 acquise, Monsieur Gaston Ngongo, un enseignant de l\u2019\u00e9cole de la mission avait port\u00e9 un veston et un pagne \u00e0 la mani\u00e8re de vieux de nos villages, au lieu de mettre un costume \u00e0 l\u2019europ\u00e9en.<\/p>\n<p>Divers jeux avaient \u00e9t\u00e9 organis\u00e9s \u00e0 la cour des \u00e9l\u00e8ves externes. Je participai \u00e0 la course de fond o\u00f9 je gardai la premi\u00e8re place jusqu\u2019\u00e0 quelques m\u00e8tres avant la ligne d\u2019arriv\u00e9e. Trop applaudi, je pensais pouvoir gagner avec beaucoup de facilit\u00e9 lorsque je tournai ma t\u00eate pour voir en arri\u00e8re mes concurrents. H\u00e9las, avant que je ne me remette en position normale, un concurrent m\u2019avait rejoint et quand je voulais acc\u00e9l\u00e9rer, il \u00e9tait trop tard, car un autre me d\u00e9passait aussi, ils avaient touch\u00e9 la corde de la ligne d\u2019arriv\u00e9e avant moi.<\/p>\n<p>Je me retirais m\u00e9content de moi-m\u00eame, honteux et tr\u00e8s fatigu\u00e9. Je me couchai sur un banc du r\u00e9fectoire seul, en attendant mes coll\u00e8gues qui ne me rejoignirent qu\u2019apr\u00e8s toutes les festivit\u00e9s.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le d\u00eener, je m\u2019\u00e9tais rendu au bureau du p\u00e8re directeur o\u00f9 un poste de radio mis dehors pour la circonstance diffusait le discours de Lumumba, entrecoup\u00e9 par les acclamations. Je n\u2019\u00e9coutais presque pas le contenu mais seulement le ton de l\u2019orateur, faisait battre mon c\u0153ur tr\u00e8s fortement et une joie m\u2019avait saisi. C\u2019est tr\u00e8s satisfait, que je rentrais rejoindre mes coll\u00e8gues \u00e0 la fin de ce discours m\u00e9morable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 7 : Parti en grandes vacances abord du v\u00e9hicule conduit par Deo,<\/h4>\n<p>Deux jours apr\u00e8s les festivit\u00e9s du 30 juin eurent lieu la proclamation et le d\u00e9but des grandes vacances. Je ne rencontrais pas le probl\u00e8me de transport parce que D\u00e9ogratias, fils de l\u2019enseignant Ignace Katala \u00e9tait pr\u00eat de conduire les \u00e9l\u00e8ves originaires de Nyembo jusqu\u2019\u00e0 Mbulula avec le v\u00e9hicule nouvellement achet\u00e9 par son p\u00e8re.<\/p>\n<p>D\u2019abord le p\u00e8re directeur comme il ne s\u2019entendait pas avec D\u00e9ogratias, s\u2019opposa \u00e0 nous voir prendre ce v\u00e9hicule pr\u00e9textant la turbulance et l\u2019exc\u00e8s de vitesse qui pouvaient occasionner facilement un accident. Une d\u00e9l\u00e9gation de candidats voyageurs convainquit le p\u00e8re directeur de nous laisser partir \u00e0 bord de ce v\u00e9hicule.<\/p>\n<p>Deogratias prit la route Sola \u2013Mukoko- Nonge \u2013 Mbulula. Il avait conduit sans exc\u00e8s de vitesse. Arriv\u00e9s \u00e0 Kayanza, je descendis et rejoignis le toit de mes grands parents. De Mahundu un v\u00e9lo m\u2019avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9coutais pendant les vacances la radio de l\u2019enseignant Th\u00e9odose et me familiarisai avec la voix cassante de Lumumba, qui tant\u00f4t appelait \u00e0 l\u2019unit\u00e9 de tous les congolais et tant\u00f4t demandait aux belges de quitter le Congo.<\/p>\n<p>Les discours de Lumumba \u00e9taient souvent suivis de la panique de la part des blancs. Tout s\u2019empira avec la mutinerie de la force publique au centre d\u2019instruction de Kongolo le 7 juillet 1960 qui avait fait fuir les blancs de Kongolo. En effet, sur la route Kongolo-Mbulula- Nyunzu, plusieurs v\u00e9hicules occup\u00e9s par les blancs avaient \u00e9t\u00e9 de passage \u00e0 grande vitesse.<\/p>\n<p>Le march\u00e9 de coton avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 parce que Monsieur Bonte charg\u00e9 de la campagne avait pris les larges avec toutes les caisses, il en avait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame de Monsieur L\u00e9on Dufour qui avait abandonn\u00e9 sa concession situ\u00e9e pr\u00e8s de Mbulula.<\/p>\n<p>A Kongolo, tous les administratifs, militaires et commer\u00e7ants blancs \u00e0 l\u2019exception des pr\u00eatres et d\u2019un commer\u00e7ant indien nomm\u00e9 Radjabeli Nathu avaient pris la poudre d\u2019escampette, par v\u00e9hicule, train ou bateau. Tous les magasins \u00e9taient pill\u00e9s. C\u2019\u00e9tait l\u2019OFELE, on pouvait quitter sa maison ou son village pour aller emporter un article dans un magasin de Kongolo.<\/p>\n<p>Par la voie des ondes, j\u2019avais appris la nouvelle de l\u2019ind\u00e9pendance de la province du Katanga depuis le 11 juillet 1960 et jour apr\u00e8s jour, la radio annon\u00e7ait le temps que venait de durer l\u2019Etat du Katanga. Nous ne tard\u00e2mes pas \u00e0 nous familiariser avec le slogan \u00a0\u00bb le Katanga vaincra\u00a0\u00bb et les noms des dirigeants katangais tels que Tchombe, Munongo, Kibwe, Kimba.<\/p>\n<p>Avant la fin de ces vacances je me rendis \u00e0 Luhonga o\u00f9 ma tante maternelle Sylvie Mwange r\u00e9sidait aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, papa Boneventure Tambwe qui \u00e9tait un moniteur agricole et leurs enfants : Anne, Joseph, Getrude et Marcelline.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 8 : L\u2019\u00e9clatement de la guerre,<\/h4>\n<p>La rentr\u00e9e scolaire de septembre 1960 avait \u00e9t\u00e9 retard\u00e9e suite \u00e0 des accrochages qui avaient oppos\u00e9s les soldats lumumbistes aux gendarmes katangais encadr\u00e9s par les mercenaires.<\/p>\n<p>Pour le gouvernement central de Leopoldville, il fallait mettre un terme \u00e0 la s\u00e9cession katangaise par la force. Les soldats lumumbistes s\u2019\u00e9taient approch\u00e9s de Sola situ\u00e9 \u00e0 moins de 10 km de la rivi\u00e8re Luika, fronti\u00e8re naturelle du Territoire de Kongolo se trouvant dans l\u2019Etat du Katanga au territoire de Kabambare dans la province de Kivu.<\/p>\n<p>A notre retour au pensionnat, d\u2019innombrables anecdotes sur l\u2019occupation et la lib\u00e9ration de la r\u00e9gion de Sola nous avaient \u00e9t\u00e9 cont\u00e9es. Certains de nos copains avaient ramass\u00e9s quelques cartouches et douilles t\u00e9moignant ces premiers \u00e9v\u00e9nements sanglants, pr\u00e9lude de l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qui allait \u00e9lire domicile \u00e0 cette fronti\u00e8re katangaise.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9cartement de Lumumba du gouvernement central, son arrestation et sa mise \u00e0 mort, il fut substitu\u00e9 \u00e0 l\u2019appelation Lumumbistes celle des Gizengistes aux soldats qui attaquaient Kongolo.<\/p>\n<p>Le territoire de Kongolo fid\u00e8le \u00e0 la s\u00e9cession katangaise \u00e9tait entour\u00e9 des territoires hostiles tout comme il \u00e9tait peupl\u00e9 des tribus favorables comme les bahemba et hostiles telles que les Baluba.<\/p>\n<p>En effet, les Baluba \u00e9taient en majorit\u00e9 dans le parti Balubakat de Jasson Sendwe ayant fait le cartel avec le MNC\/Lumumba, tandis que les bahemba \u00e9taient dans l\u2019allibakat de Nyembo Albert qui \u00e9tait alli\u00e9 au Conakat de Mo\u00efse Tchombe.<\/p>\n<p>Tant\u00f4t les Baluba en provenance de Manono, Nyunzu et Kabalo tentaient \u00e0 occuper les collectivit\u00e9s hemba par Lengwe ou par Mbila, tant\u00f4t ce sont les Basonge ou les Baluba de Kongolo qu\u2019on disait favoriser l\u2019invasion de Kongolo par la route d\u2019Ebombo ou Lubunda. Les Bunguma Laurentio, Ilonda ya Bungu, Lyatompa Mwehu, Kilimani Kasongo furent les premiers victimes hemba \u00e0 Lengwe, suivis peu apr\u00e8s par d\u2019autres, des dizaines, des centaines et m\u00eames des milliers aux diff\u00e9rentes limites du territoire de Kongolo.<\/p>\n<p>Beno\u00eet Tambwe l\u2019administrateur du territoire, Kimwanga le commandant des troupes et Makelele le capitaine se cr\u00e9\u00e8rent un renom avoisinant celui du mercenaire Tambwe wa Tubonge de son vrai nom Tavernier qui avait dynamit\u00e9 le pont de Kongolo..<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 4 : Ma sixi\u00e8me primaire,<\/h3>\n<h4>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: Inscrit en 6<sup>\u00e8me<\/sup> B,<\/h4>\n<p>J\u2019\u00e9tais inscrit en 6<sup>\u00e8me<\/sup> B de l\u2019enseignant Kimwanga F\u00e9lix alors que la 6<sup>\u00e8me<\/sup> A \u00e9tait tenue par Monsieur Ladislas.<\/p>\n<p>Mon oncle Cyprien qui avait suspendu ses \u00e9tudes apr\u00e8s son renvoi de Kasongo venait apr\u00e8s avoir enseign\u00e9 quelques ann\u00e9es \u00e0 Kabalo de terminer ses \u00e9tudes normales \u00e0 Lubunda. Il \u00e9tait affect\u00e9 \u00e0 Kongolo, o\u00f9 il devait tenir la 6<sup>\u00e8me<\/sup> B pendant que l\u2019enseignant Ivon Kabondo donnait cours en 6<sup>\u00e8me<\/sup> A de la m\u00eame \u00e9cole \u00ab\u00a0Saint Augustin\u00a0\u00bb. Th\u00e9ophile son petit fr\u00e8re avait quitt\u00e9 Sola pour le rejoindre \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e avait connu le d\u00e9part de Mulembo Evariste, Makengo Alphonse, Firmin Pitonsi, Augustin Mutindi, Valentin Mugeya et d\u2019autres coll\u00e8gues croyant porter la vocation sacerdotale dont la formation devait commencer au petit s\u00e9minaire de Lusaka.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Van Damme avait c\u00e9d\u00e9 la direction \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur le p\u00e8re Martins r\u00e9put\u00e9 par sa m\u00e9chancet\u00e9. A cause de l\u2019ind\u00e9pendance du pays, chaque fois qu\u2019il se f\u00e2chait il disait \u00a0\u00bb Ni Uhuru Wenu\u00a0\u00bb, c\u2019est votre ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Je me vis d\u00e9cerner cette ann\u00e9e, la charge de capita du groupe pour les travaux manuels, pendant que le chef de l\u2019internat \u00e9tait Tengeneza Kayumba Jean et pour la premi\u00e8re fois, un chef d\u2019\u00e9cole congolais, en la personne de l\u2019enseignant Muyumba L\u00e9onard avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9.<\/p>\n<p>Les changements ne s\u2019arr\u00eat\u00e8rent pas l\u00e0. Le p\u00e8re Martins avait ouvert un coll\u00e8ge auquel il avait donn\u00e9 le nom de Saint Joseph. Une classe de 6<sup>\u00e8me<\/sup> Latine \u00e9tait op\u00e9rationnelle. Elle avait comme professeurs, le p\u00e8re directeur et le p\u00e8re Albert Tenis, tr\u00e8s r\u00e9put\u00e9 dans le vicariat pour l\u2019enseignement des langues.<\/p>\n<p>Il y avait comme premiers coll\u00e9giens, les Muhiya Fran\u00e7ois, Tubaya Paul, Eustache, Lubinga Narcisse, Calixte Kayembe, G\u00e9rard, Raymond, etc\u2026<\/p>\n<p>Me trouvant au sommet de l\u2019\u00e9cole primaire, ma fiert\u00e9 \u00e9tait remarquable. Meilleur de l\u2019\u00e9cole pour la r\u00e9citation et la lecture, j\u2019\u00e9tais aussi coureur hors cadre et discuteur talentueux.<\/p>\n<p>La politique \u00e9lit domicile \u00e0 l\u2019internat avec la formation des groupuscules \u00e9thniques. Tengeneza Kayumba Jean, Pacifique Muzinga, Jean Ngoy, Charles Mulimbiyi et Michel Pungwe conduisaient respectivement les Bena Nyembo, Bena Mambwe, Bena Nkuvu, Bena Yambula et Bena Muhona. Des risques des batailles rang\u00e9es planaient et un jour seul le repr\u00e9sentant des bena Nyembo se battit contre celui de Bena Mambwe.<\/p>\n<p>Ces groupuscules se chargeaient aussi de l\u2019encadrement de ses membres dans tous les domaines. Des remarques ou reproches m\u2019avaient \u00e9t\u00e9 adress\u00e9s chaque fois que je ne remplissais pas mes devoirs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 2 : La nouvelle du d\u00e9c\u00e8s de mon grand p\u00e8re Lumbu Pilipili,<\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements de septembre n\u2019avaient pas permis l\u2019ouverture rapide de l\u2019internat des filles. Deux mois \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9s lorsqu\u2019un copain m\u2019apprit que deux toutes petites filles venues de Kayanza m\u2019avaient laiss\u00e9 une lettre \u00e0 la direction.<\/p>\n<p>Je me rendis chercher cette lettre et me r\u00e9alisai que les porteuses n\u2019\u00e9taient autres que mes petites s\u0153urs Marie et Louise.<\/p>\n<p>La lettre contenait une tr\u00e8s triste nouvelle m\u2019annon\u00e7ant le d\u00e9c\u00e8s depuis le 5 novembre 1960 \u00e0 5 heures 25\u2019 de mon grand p\u00e8re paternel Lumbu Pilipili. Les larmes mouill\u00e8rent rapidement mes joues, je fus rejoint par Michel Pungwe, un \u00e9l\u00e8ve de ma classe et originaire de Kahenga dont le papa s\u2019appellait Kayuba.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re de Michel \u00e9tait le fils de Musoga la grande s\u0153ur de mon grand p\u00e8re. Ma grande tante paternelle Musoga avait \u00e9t\u00e9 mari\u00e9e par Munyane \u00e0 Chala, appel\u00e9 aussi Masagala ou Kilubi. Mon d\u00e9funt grand p\u00e8re l\u2019avait suivi la bas et y avait v\u00e9cu pendant plusieurs ann\u00e9es aux c\u00f4t\u00e9s de ses neveux Mazuli, Kalunga, Kayuba, Pungwe et sa ni\u00e8ce Anzilani. Michel \u00e9tait donc parent\u00e9 \u00e0 moi et nous pleur\u00e2mes ensemble.<\/p>\n<p>Mon grand p\u00e8re \u00e9tait mort entour\u00e9 de ses enfants et ses petits enfants. En effet, les troubles de Lengwe avaient occasionn\u00e9 le d\u00e9part de Mahundu et de Bigobo de ses fils qui y \u00e9taient affect\u00e9s comme enseignants pour se r\u00e9fugier avec leurs familles repectives \u00e0 Kayanza.<\/p>\n<p>Sa fille cadette, B\u00e9atrice Pombo \u00e9tait aussi \u00e0 son chevet. Ayant connu des difficult\u00e9s dans son m\u00e9nage, elle vivait en s\u00e9paration de corps avec son mari Mwalimu Fr\u00e9d\u00e9ric Katumbwe. Elle n\u2019avait encore qu\u2019un seul enfant, nomm\u00e9 Emmanuel.<\/p>\n<p>De sept enfants \u00e0 qui mon grand p\u00e8re avait donn\u00e9 la vie ; l\u2019ain\u00e9e Malamu Mugalu \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9c\u00e9d\u00e9e dix ans auparavant, peu avant sa petite s\u0153ur Mangaza S\u00e9raphine qui avait succomb\u00e9 des maux de t\u00eate, d\u00e8s son retour de Sola, apr\u00e8s y avoir \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9 et pleurant sa grande s\u0153ur sur son chemin de retour \u00e0 Kayanza.<\/p>\n<p>Le fils a\u00een\u00e9 Kabamba Marc se trouvait bloqu\u00e9 \u00e0 cause de troubles de l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 Malela-lez-Kindu o\u00f9 il \u00e9tait employ\u00e9 au chemin de fer des grands lacs \u00ab CFL \u00bb, pendant que son fils cadet, Sangwa Profil, qui \u00e9tait militaire \u00e0 Lokando, ne faisait transpirer aucune nouvelle.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re passait pour l\u2019a\u00een\u00e9 et aux c\u00f4t\u00e9s de son petit fr\u00e8re Mwalimu Sixte Ilunga Masaani, il avait \u00e9cout\u00e9 les derni\u00e8res volont\u00e9s de son papa, lui priant de ne plus \u00eatre trop s\u00e9v\u00e8re, la charge de toute la famille lui revenant, de remettre B\u00e9atrice \u00e0 son mari et constatant qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 sarcl\u00e9 son ma\u00efs \u00ab le ma\u00efs \u00e9tant ses enfants qu\u2019il avait fini \u00e0 former \u00bb. Il avait enfin souri en disant : \u00ab Balenge nabo lusa ulila \u00bb, les enfants aussi, tristes et en pleurs, avant de pousser le soupir d\u2019adieu !<\/p>\n<p>La nuit suivante, il avait \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 sous l\u2019arbre \u00ab Musheshe \u00bb, dans sa for\u00eat \u00a0\u00bb de Mbundu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De ses petits fils, Athanase, Rapha\u00eal et moi \u2013m\u00eame \u00e9tions absents.<\/p>\n<p>Athanase \u00e9tudiait au coll\u00e8ge Saint Paul \u00e0 Bukavu, Rapha\u00eal \u00e0 l\u2019\u00e9cole professionnelle fr\u00e8res d\u2019Ostaker d\u2019Albertville et moi-m\u00eame \u00e0 Sola.<\/p>\n<p>Le dimanche je me pr\u00e9sentai \u00e0 la direction de notre \u00e9cole pour remplir les formalit\u00e9s indispensables \u00e0 me permettre d\u2019entrer \u00e0 l\u2019internat des filles.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait 11 heures 30\u2019 quand dans un barza situ\u00e9 pr\u00e8s du r\u00e9fectoire, ma s\u0153ur Sylvie s\u2019avan\u00e7a vers moi accompagn\u00e9e de Marie et Louise. Nous nous salu\u00e2mes chaleureusement puis nous nous m\u00eemes \u00e0 nous entretenir de notre famille. Sylvie confirma la nouvelle du d\u00e9c\u00e8s du grand p\u00e8re et malgr\u00e9 les efforts que je fournissais pour me contenir, je finis par sangloter, second\u00e9e par Sylvie pendant que Louise souriait.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 3 : Le voyage \u00e0 pied en vacances de No\u00eal,<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A No\u00eal nous e\u00fbmes cette ann\u00e9e les vacances alors que les ann\u00e9es ant\u00e9rieures, elles intervenaient au mois de f\u00e9vrier. Comme mon p\u00e8re n\u2019avait envoy\u00e9 personne pour venir me prendre, je craignis le voyage \u00e0 pied et optai pour rester \u00e0 l\u2019internat comme les \u00e9l\u00e8ves en provenance de Kalemie, Moba ou Kabalo.<\/p>\n<p>Urbain Kayombo, fils de l\u2019enseignant Vincent Sabuni et Shabani S\u00e9bastien, fils du notable Corneille Abuluti \u00e0 Mbulula soutinrent mon id\u00e9e.<\/p>\n<p>Nous rest\u00e2mes ainsi les seuls Bahemba dans l\u2019internat, ce dont les originaires de Sola avaient commenc\u00e9 \u00e0 se moquer de nous.<\/p>\n<p>Nous change\u00e2mes notre avis et nous d\u00e9cid\u00e2mes de partir le lendemain. Avant de quitter l\u2019internat, nous nous pr\u00e9sent\u00e2mes chez l\u2019Abb\u00e9 Tambwe Amed\u00e9e pour recevoir la b\u00e9n\u00e9diction.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir parcouru le trajet Sola-Mugimbi, nous \u00e9tions convaincus que gr\u00e2ce \u00e0 la b\u00e9n\u00e9diction, la fatigue nous \u00e9tait \u00e9vit\u00e9e. De Mugimbi \u00e0 Nonge nous m\u00eemes \u00e9norm\u00e9ment du temps \u00e0 cause du soleil qui \u00e9tait au zenith et la faim qui nous torturait.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tant pr\u00e9sent\u00e9s aupr\u00e8s des enseignants de Nonge et avoir mang\u00e9, \u00e0 pas de tortue nous rejoign\u00eemes Kahenga avant de nous engager sur l\u2019interminable trajet aboutissant \u00e0 Lubinga.<\/p>\n<p>La route s\u2019imposait par ses rares d\u00e9tours et dans un silence de mort nous avancions pas \u00e0 pas. D\u2019innombrables dangers nous guettaient mais l\u2019espoir d\u2019atteindre Lubinga d\u2019un moment \u00e0 un autre nous habitait.<\/p>\n<p>Le soleil touchait \u00e0 l\u2019horizon quand nous franchissions le pont s\u00e9parant la collectivit\u00e9 de Bena Nyembo \u00e0 celle de Bena Muhona mais Lubinga n\u2019\u00e9tait toujours pas \u00e0 l\u2019horizon. Le d\u00e9couragement nous saisit et la peur de passer la nuit en pleine brousse se lisait \u00e0 nos visages.<\/p>\n<p>Ayant aper\u00e7u les champs de maniocs, l\u2019instinct nous poussa \u00e0 d\u00e9tecter quelques racines. Nous en mange\u00e2mes am\u00e8res ou succulentes et e\u00fbmes soif sans trouver l\u2019eau pour l\u2019\u00e9tancher ! Nous nous encourage\u00e2mes mutuellement et avan\u00e7\u00e2mes jusqu\u2019\u00e0 apercevoir la vue du village, mais Urbain qui semblait \u00eatre le plus jeune s\u2019excusa pour aller se soulager.<\/p>\n<p>Il avait tellement tra\u00een\u00e9 que nous d\u00e9cid\u00e2mes de le chercher. Nous le trouv\u00e2mes assis calmement. Il se reposait. Cette attitude nous fit \u00e9clater de rire malgr\u00e9 la fatigue.<\/p>\n<p>Nous nous rem\u00eemes en marche mais n\u2019atteignions toujours pas le village. La fatigue et l\u2019obscurit\u00e9 nous tracassaient et \u00e9puis\u00e9 Urbain tomba.<\/p>\n<p>Nous nous empress\u00e2mes \u00e0 le secourir. Il \u00e9tait \u00e9puis\u00e9 et cela nous poussa \u00e0 nous reposer tous pendant plus d\u2019une heure avant d\u2019atteindre Lubinga o\u00f9 nous nous dirige\u00e2mes chez C\u00e9lestin, l\u2019oncle paternel d\u2019Urbain qui nous avait accueillis. Apr\u00e8s le souper il nous avait indiqu\u00e9 l\u2019endroit o\u00f9 nous devions passer la nuit.<\/p>\n<p>Dormir en paix dans ce village mar\u00e9cageux non \u00e9loign\u00e9 de la rivi\u00e8re Luvilu n\u2019\u00e9tait pas possible. Toute la nuit durant, les beaux r\u00eaves \u00e9taient entrecoup\u00e9s par des douleurs occasionn\u00e9es par les propagateurs du paludisme.<\/p>\n<p>Nous s\u00e9journ\u00e2mes deux jours durant et laiss\u00e2mes \u00e0 Lubinga notre coll\u00e8gue Urbain dont nous croisions pr\u00e8s de Kayanza la personne qui avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 de Mbulula avec un v\u00e9lo pour le transporter.<\/p>\n<p>Ayant continu\u00e9 \u00e0 marcher avec S\u00e9bastien, je me croisai avec les miens qui vinrent m\u2019accueillir \u00e0 la cour de l\u2019\u00e9cole de Kayanza. Toute la famille jointe s\u2019y trouvait encore.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques jours je partis \u00e0 Kalwamba o\u00f9 je fis connaissance avec Appoline Ndiba, la fianc\u00e9e de mon oncle Cyprien. Elle \u00e9tait accompagn\u00e9e de sa petite s\u0153ur Josephine.<\/p>\n<p>A la fin des vacances, l\u2019oncle paternel Mumba me raccompagna \u00e0 Sola.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 4 : Le corps enseignant et les \u00e9l\u00e8ves de ma classe s\u2019opposent \u00e0 mon renvoi,<\/h4>\n<p>D\u00e8s notre retour \u00e0 l\u2019internat la p\u00e9riode d\u00e9cisive avait commenc\u00e9. Il fallait garder le s\u00e9rieux le plus complet en classe pour parvenir \u00e0 obtenir un certificat \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Notre classe avait chang\u00e9 de titulaire depuis novembre lorsque l\u2019enseignant Kimwanga F\u00e9lix avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 Administrateur de territoire assistant de Kongolo. Monsieur Gr\u00e9goire Kayuya qui nous avait donn\u00e9 cours en 4<sup>\u00e8me<\/sup> redevint notre enseignant et comme il nous connaissait d\u00e9j\u00e0, il n\u2019eut pas de peine \u00e0 s\u2019imposer.<\/p>\n<p>Je faillis pourtant me faire renvoyer avant la fin de l\u2019ann\u00e9e. En effet, oblig\u00e9s de dormir \u00e0 20 heures, je me trouvais cette ann\u00e9e dans un vaste dortoir o\u00f9 il \u00e9tait possible au capita de d\u00e9tecter avec pr\u00e9cision l\u2019auteur d\u2019un d\u00e9sordre.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re directeur d\u00e8s qu\u2019il nous laissait au dortoir, s\u2019en allait prier avec d\u2019autres pr\u00eatres de mission avant de retourner \u00e0 l\u2019internat. Les t\u00eates dures profitaient de ce moment pour se manifester.<\/p>\n<p>Mon lit \u00e9tait \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du dortoir et souvent j\u2019\u00e9tais t\u00e9moin des gifles que recevaient certains bavards de la main terrible du capita Kayumba Tengeneza Jean.<\/p>\n<p>Comme tous les mardis le p\u00e8re directeur se rendait \u00e0 Kongolo, il y eut un mardi o\u00f9 il ne nous b\u00e9nit pas avant de nous rendre aux dortoirs. Beaucoup pr\u00e9sum\u00e8rent qu\u2019il \u00e9tait parti \u00e0 Kongolo et m\u00eame certains saints se mirent \u00e0 bavarder ou \u00e0 se tenir \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une lumi\u00e8re jaillit du c\u00f4t\u00e9 des classes tout le monde croyait en regagnant son lit d\u2019avoir affaire au chef de l\u2019\u00e9cole. La silhouette du porteur de la torche s\u2019approcha rapidement du dortoir. Je remarquai qu\u2019il s\u2019agissait du p\u00e8re directeur.<\/p>\n<p>Le lendemain, plusieurs suspects furent convoqu\u00e9s et certains avaient \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s de l\u2019\u00e9cole. Le probl\u00e8me semblait clos lorsqu\u2019un soir je fus convoqu\u00e9. Il m\u2019avait \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de citer les noms de tous ceux que j\u2019avais vu sortir l\u2019autre nuit. Je formulais mes regrets en disant au pr\u00eatre que le sommeil m\u2019avait saisi et ne m\u2019avait pas permis de voir quoique ce soit, j\u2019ajoutais que je n\u2019\u00e9tais pas le capita.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re apr\u00e8s m\u2019avoir pos\u00e9 quelques questions me laissa partir. Le lendemain matin, je fus de nouveau invit\u00e9 et mon renvoi m\u2019avait \u00e9t\u00e9 signifi\u00e9 au cas o\u00f9 je ne citai personne. Je ne connaissais personne et acceptais calmement le renvoi malgr\u00e9 les innombrables sacrifices endur\u00e9s depuis trois ans et demi d\u00e9j\u00e0 dans cet internat.<\/p>\n<p>A l\u2019heure d\u2019entrer en classe je rassemblai tous les instruments de travail que je gardais et les remis au p\u00e8re directeur avant d\u2019aller signifier \u00e0 mes coll\u00e8gues mon renvoi.<\/p>\n<p>En un rien de temps l\u2019internat fut agit\u00e9. De leur bureau, les enseignants m\u2019appel\u00e8rent pour m\u2019informer de l\u2019impossibilit\u00e9 de mon renvoi et qu\u2019au cas o\u00f9 le pr\u00eatre persistait, le certificat de fin d\u2019\u00e9tudes devait m\u2019\u00eatre d\u00e9livr\u00e9.<\/p>\n<p>Je les remerciai puis les quittai pour aller arranger mes livres en classe et l\u00e0 je trouvai tous les \u00e9l\u00e8ves de la 6<sup>\u00e8me<\/sup> en r\u00e9union.<\/p>\n<p>A l\u2019unanimit\u00e9 ils avaient d\u00e9cid\u00e9 de voir le p\u00e8re directeur pour lui demander de fermer la sixi\u00e8me au cas o\u00f9 co\u00fbte que co\u00fbte il tenait \u00e0 mon exclusion. Tout le monde me soutenait et j\u2019\u00e9tais combl\u00e9. Objet d\u2019admiration, chacun m\u2019adressait un mot gentil pour t\u00e9moigner sa bonne disposition \u00e0 mon \u00e9gard.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019apr\u00e8s le d\u00eener, le directeur assist\u00e9 du chef de l\u2019\u00e9cole me convoqu\u00e8rent, c\u2019\u00e9tait uniquement pour m\u2019annoncer que je pouvais continuer en paix mes \u00e9tudes et que c\u2019est plut\u00f4t mon d\u00e9nonciateur Bertin qui allait partir. Ce dernier ne tarda pas \u00e0 quitter l\u2019internat sous les regards moqueurs des \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Je continuais ma lanc\u00e9e et m\u2019affermis de plus en plus. A la fin de l\u2019ann\u00e9e ma moyenne \u00e9tait mont\u00e9e de quatre pour cent. J\u2019avais 71,9 % et occupais la 7<sup>\u00e8me<\/sup> place sur 22 \u00e9l\u00e8ves<\/p>\n<p>C\u2019est sous les applaudissements nourris que j\u2019avais r\u00e9ceptionn\u00e9 mon certificat de fin d\u2019\u00e9tudes primaires, num\u00e9ro 301 du 12 juillet 1961, libell\u00e9 de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>ENSEIGNEMENT PRIMAIRE<\/p>\n<p>CERTIFICAT no 301<\/p>\n<p>Ecole primaire, subsidi\u00e9e, R\u00e9gionale de Sola<\/p>\n<p>Je sousign\u00e9 Muyumba L\u00e9onard<\/p>\n<p>Directeur de l\u2019\u00e9cole primaire de gar\u00e7ons \u00e0 Sola<\/p>\n<p>\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026..certifie que Mr Maloba Protais<\/p>\n<p>\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026\u2026.n\u00e9 \u00e0 Kayanza, le 22-4-1948<\/p>\n<p>a termin\u00e9 avec succ\u00e8s les \u00e9tudes de la classe de 6<sup>\u00e8me<\/sup> pri-maire \u00e0 l\u2019\u00e9cole dont la direction m\u2019est confi\u00e9e.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Sceau de l\u2019\u00e9cole\u2026\u2026.Sola, le 12 juillet 1961<\/p>\n<p>Le Directeur LE RECIPIANDAIRE<\/p>\n<p>Sign\u00e9 : Muyumba Maloba Protais<\/p>\n<h4>Paragraphe 5 : Transport\u00e9 par un tracteur de la chefferie des Bena Nyembo,<\/h4>\n<p>D\u00e8s apr\u00e8s la proclamation, je pris place \u00e0 bord d\u2019un tracteur envoy\u00e9 pour la circonstance par la chefferie de Bena Nyembo pour ramener les \u00e9l\u00e8ves Bena Nyembo \u00e0 Mbulula. Ayant suivi la route de Sola- Kongolo, le tracteur avait travers\u00e9 le fleuve en laissant plusieurs occupants dont moi-m\u00eame \u00e0 Katala.<\/p>\n<p>L\u2019apr\u00e8s midi que la machine revint nous embarquer pour Mbulula. Il \u00e9tait \u00e0 peu pr\u00e8s 16 heures quand Choma Edmond nous ordonna de garder silence. Nous montions la colline de Muyombwe r\u00e9put\u00e9e occup\u00e9e par des esprits mal\u00e9fiques qui occasionnaient des accidents. Nous ne repr\u00eemes nos conversations que quand nous nous trouv\u00e2mes au bas de la colline.<\/p>\n<p>Depos\u00e9 \u00e0 Mbulula, je rejoignis Mahundu le lendemain. Ma m\u00e8re avait un enfant, n\u00e9 depuis le 15\/01\/1961 \u00e0 Kayanza. Il \u00e9tait homonyme de mon p\u00e8re LUMBU MALOBA KICHWANYOKA Martin.<\/p>\n<p>Mon p\u00e8re \u00e9tait occup\u00e9 \u00e0 chercher des informations sur Athanase. Une soir\u00e9e, la joie avait \u00e9t\u00e9 grande lorsque le speaker en Kihemba de la radio Bukavu, Monsieur Norbert Muyumba s\u2019adressant \u00e0 mon p\u00e8re, lui avait inform\u00e9 qu\u2019Athanase r\u00e9sidait chez lui et s\u2019appr\u00eatait de voyager au Katanga pour les grandes vacances. Athanase quitta effectivement Bukavu pour Albertville via Bujumbura par avion. Nous nous m\u00eemes \u00e0 son attente, mais avant qu\u2019il n\u2019arrive nous re\u00e7\u00fbmes Rapha\u00ebl en provenance d\u2019Albertville..<\/p>\n<p>Athanase arriva un soir et c\u2019est dans une grande all\u00e9gresse que la famille l\u2019accueillit. Il venait de terminer la po\u00e9sie et devait rentrer \u00e0 Bukavu apr\u00e8s les vacances en compagnie de Concilia, \u00e9pouse de Norbert.<\/p>\n<p>Mahundu accueillit aussi ce mois, la tante paternelle B\u00e9atrice et son fils Emmanuel, la maman Eulalie et ses enfants Sylivie, Jean pierre, Marc et Albert mais aussi le groupe de Bigobo, compos\u00e9 de Louise, Delphin, Ida, Baudouin et S\u00e9raphine !<\/p>\n<p>Presque toute la famille jointe LUMBU PILIPILI s\u2019\u00e9tait retrouv\u00e9e et \u00e0 cette occasion mon p\u00e8re fit \u00e9gorger des ch\u00e8vres et des poules pour f\u00eater l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p>Le photographe Timoth\u00e9e nous prit beaucoup de poses et la phono nous faisait entendre les \u00ab Nzibula Ngoma, Marie Kalanda, cha cha cha etc\u2026 \u00bb.<\/p>\n<p>Athanase assista au combat qui avait oppos\u00e9 papa avec Kaboko Bernard, qui avec son v\u00e9lo \u00e9tait express\u00e9ment entr\u00e9 en collision avec lui. Par megarde un coup de pilon avait \u00e9t\u00e9 assen\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de mon p\u00e8re par ma m\u00e8re. Mwalimu Th\u00e9odose avait failli tirer avec sa calibre 12 sur l\u2019agresseur n\u2019eut \u00e9t\u00e9 l\u2019intervention vive de M\u00e9dard Mugogwa. Mon p\u00e8re avait remis au chef du village le v\u00e9lo de l\u2019agresseur qu\u2019Athanase avait arrach\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 6 : La poursuite des vacances \u00e0 Kayanza,<\/h4>\n<p>Apr\u00e8s Mahundu plusieurs membres de famille se rendirent \u00e0 Kayanza. Athanase partit le premier pour rencontrer Joseph Kilanga, \u00e9tudiant \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Etat \u00e0 Elisabethville.<\/p>\n<p>Je rejoignis aussi Kayanza \u00e0 pied en compagnie de Marie, Elisabeth et Eudoxie en longeant la route Mahundu-Bigobo-Mbulula.<\/p>\n<p>Je sympathisai \u00e0 Kayanza avec Lomoya fils d\u2019Antoine Koni et petit fr\u00e8re de Kiyana, Mwendrobe et Seo mais surtout avec Benezeth fils de papa Felix et L\u00e9onard fils de St\u00e9phane, avec lesquels je me rendais au quartier Kilumba sous le clair de la lune pour assister aux danses.<\/p>\n<p>Ayant rencontr\u00e9 parfois de l\u2019hostilit\u00e9 pendant notre promenade, nous empochions les cha\u00eenes de v\u00e9lo pour nous en servir \u00e0 nous defendre en cas de besoin. L\u2019adversit\u00e9 entre quartiers occasiona le combat entre D\u00e9sir\u00e9 Cheko et Selemani Muyombwe, ce qui avait amen\u00e9 Joseph Kilanga \u00e0 r\u00e9unir les jeunes de deux camps \u00e0 qui il prodigua des conseils appropri\u00e9s ayant abouti \u00e0 la d\u00e9tente.<\/p>\n<p>Vers la fin du mois de juillet, Athanase nous quitta pour Lubumbashi o\u00f9 Kilanga l\u2019avait invit\u00e9 \u00e0 continuer ses \u00e9tudes au lieu de rentrer \u00e0 Bukavu.<\/p>\n<p>De Kayanza je partis continuer mes vacances avec Marie et Elizabeth \u00e0 Kalwamba, chez nos grands parents maternels o\u00f9 tr\u00e8s t\u00f4t matin, j\u2019accompagnai mes oncles Th\u00e9ophile et Adalbert aux champs. Nous mettions des fourmis sous les n\u0153uds, appel\u00e9es \u00ab malebo \u00bb et nous nous cachions pour repasser seulement apr\u00e8s la l\u00e9v\u00e9e du soleil, pour attrapper beaucoup d\u2019oiseaux nomm\u00e9s \u00ab ndonga \u00bb. Il m\u2019arrivait de d\u00e9lier tout seul toute une dizaine d\u2019oiseaux.<\/p>\n<p>Mon grand p\u00e8re maternel du clan des Bazila Koni \u00e9tait un grand notable du village Kalwamba. Ce village \u00e9tait dirig\u00e9 auparavent par Bwana Kakazi, son p\u00e8re, qui l\u2019avait pr\u00e9sent\u00e9 au chef de chefferie Kalamba Simbi afin de travailler en qualit\u00e9 de policier pendant beaucoup d\u2019ann\u00e9es. Apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de Bwana Kakazi alors qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9senti h\u00e9ritiepr il s\u2019\u00e9tait effac\u00e9 au profit de son parent Kalenge Muyongameno.<\/p>\n<p>En dehors du clan Bazilakoni, il y a aussi \u00e0 Kalwamba le clan des Bazi Mbu dont ma grande m\u00e8re Mazuya Cheusi \u00e9tait membre \u00e0 Kangunga.<\/p>\n<p>J\u2019avais donc dans ce village des oncles de deux degr\u00e9s, d\u2019abord par ma m\u00e8re du clan des bazila koni, ensuite par ma grande m\u00e8re du clan de bazi mbu. Leurs \u00e9pouses \u00e9tant mes belles s\u0153urs, j\u2019\u00e9tais partout taquin\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Ndiba Kyabusiku Modesta et Mwange Silivie, ma grande m\u00e8re maternelle avait donn\u00e9 naissance \u00e0 Abeya Eug\u00e9nie, Cyprien Muyumba Salumu, Prosper Kitoko Mbayo, Th\u00e9ophile Muteba Muloko, Jos\u00e9phine Maganga Anzilani et Vumilia. Mon grand p\u00e8re avait une se\u00e7onde \u00e9pouse nomm\u00e9e Mbwese qui avait donn\u00e9 naissance \u00e0 Adalbert Makuwa.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance ma famille maternelle avait adopt\u00e9 le nom de leur grand p\u00e8re Sinyembo que devait porter tous ses membres.<\/p>\n<p>A la fin de notre s\u00e9jour \u00e0 Kalwamba nous avions regagn\u00e9 Mahundu.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 7 : Panique en route au retour de la Messe d\u2019Assomption \u00e0 Lengwe,<\/h4>\n<p>Ayant appris que monsieur l\u2019Abb\u00e9 Simon Kabezya allait c\u00e9l\u00e9brer la messe \u00e0 Lengwe nous nous d\u00e9cid\u00e2mes de rejoindre cette localit\u00e9.<\/p>\n<p>C \u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois pour moi d\u2019arriver \u00e0 ce village dans lequel une ann\u00e9e seulement venait de s\u2019\u00e9couler depuis la bataille qui y avait oppos\u00e9 les hemba aux baluba et pendant laquelle \u00e9taient tu\u00e9s les Kilimani Kasongo, Lyatompa Mwehu, Ilonda ya Bungu, Laurentio Bunguma chant\u00e9s dans les villaes bena nyembo.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la messe en regagnant Mahundu, nous poussions le v\u00e9lo \u00e0 la mont\u00e9e de la colline de Kanunu lorsque de loin nous voyions une forme blanche qui bougeait sur la route. Alors que nous avancions, elle \u00e9tait toujours l\u00e0. Paniqu\u00e9s, nous pr\u00eemes la direction de Bigobo. C\u2019est dans la soir\u00e9e que nous pass\u00e2mes \u00e0 Mahundu.<\/p>\n<p>Rapha\u00eal qui pr\u00e9parait son retour \u00e0 Albertville avait quitt\u00e9 un apr\u00e8s midi abord du camion d\u2019un commer\u00e7ant expatri\u00e9 de passage \u00e0 Mahundu.<\/p>\n<p>Quelques jours apr\u00e8s, je prenais le camion de Moke Mbayo pour rentrer \u00e0 Sola o\u00f9 cette fois-ci j\u2019allais \u00e9tudier au coll\u00e8ge Saint Joseph.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3>Chapitre 5 : Ma sixieme latin- math.<\/h3>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 1<sup>er <\/sup>: Le retour \u00e0 Sola abord du camion de Moke Mbayo,<\/h4>\n<p>Papa Sixte nous avait communiqu\u00e9 \u00e0 Mahundu la date que le camion de Mbayo Moket allait de Bigobo transporter \u00e0 Sola via Kongolo les \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p>Ayant pass\u00e9e la nuit \u00e0 Bigobo. Tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 la maison de Mbayo Moket, p\u00eale m\u00eale, nous nous disput\u00e2mes de places abord du v\u00e9hicule qui quitta vers 8 heures du matin.<\/p>\n<p>Oubliant la s\u00e9paration matinale avec nos parents nous nous m\u00eemes \u00e0 chanter dans une all\u00e9gresse juvenile.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait quatorze heures lorsque le chauffeur nous avait d\u00e9charg\u00e9 \u00e0 Kongolo \u00e0 l\u2019endroit m\u00eame o\u00f9 avent l\u2019ind\u00e9pendance m\u2019avait d\u00e9pos\u00e9 le bus de Demos Macris qui n\u2019y \u00e9tait plus, ni son propri\u00e9taire, remplac\u00e9 maintenant par son ancien capita vendeur.<\/p>\n<p>La nouvelle du report de la date de la rentr\u00e9e scolaire au Coll\u00e8ge de Sola m\u2019avait \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e.<\/p>\n<p>Du camion Louise nous dirigea chez son oncle Polydore tout pr\u00e8s du march\u00e9 de la cit\u00e9 Kangoy. Apr\u00e8s avoir mang\u00e9, je la quittai avec Marie pour le quartier mission o\u00f9 habitait l\u2019oncle Cyprien.<\/p>\n<p>Sur les avenues de Kangoy pleines du monde, les salutations fusaient de partout. Portant nos bagages tant\u00f4t sur la t\u00eate, tant\u00f4t \u00e0 la main, je ployais sous le poids lorsqu\u2019une maman apr\u00e8s nous avoir salu\u00e9 \u00a0\u00bb kabibi na kabwana yambo\u00a0\u00bb Monsieur et mademoiselle bonjour, demanda tr\u00e8s courtoisement \u00e0 Marie de m\u2019aider \u00ab\u00a0we kabibi si umusaidie kabwana ? \u00a0\u00bb Toi petite mademoiselle veux-tu bien aider le petit monsieur ?<\/p>\n<p>Lorsque dans le quartier mission nous arriv\u00e2mes \u00e0 un robinet o\u00f9 plusiurs personnes puisaient l\u2019eau, je demandai o\u00f9 se trouvait l\u2019avenue Lumeme, toutes les indications nous avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es et les respectant nous d\u00e9couvr\u00eemes la maison de notre oncle.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait \u00e0 la maison que sa petite s\u0153ur Anzilani qui l\u2019aidait aux travaux de m\u00e9nage. Th\u00e9ophile et Adalbert n\u2019 \u00e9taient pas rentr\u00e9s depuis qu\u2019ils \u00e9taient all\u00e9s accompagner leur grand fr\u00e8re Prosper \u00e0 la plaine d\u2019aviation nous avait dit notre tante maternelle.<\/p>\n<p>Notre oncle Prosper avait \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9 au petit s\u00e9minaire de Mugeri lors de l\u2019accession de notre pays \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Il y avait fait sa syntaxe et c\u2019est avec beaucoup de peine qu\u2019il avait pu se sauver de la province de Kivu pour rejoindre le Katanga. Comme Athanase, il s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 Elisabethville, pour y aller poursuivre ses \u00e9tudes.<\/p>\n<p>Ma tante m\u2019informa aussi que Th\u00e9ophile partait pour Lubunda o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 admis \u00e0 l\u2019\u00e9cole normale.<\/p>\n<p>C\u2019est avec ses petits fr\u00e8res Adalbert et Th\u00e9ophile que l\u2019oncle Cyprien regagna sa maison.<\/p>\n<p>Le lendemain Marie et Louise dont l\u2019\u00e9cole avait ouvert ses portes partirent \u00e0 Sola pendant que je continuai mon s\u00e9jour \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 2 : Le prolongement de mes vacances \u00e0 Kongolo,<\/h4>\n<p>C\u2019est la deuxi\u00e8me fois que je s\u00e9journais \u00e0 Kongolo, depuis mon passage en 1958.<\/p>\n<p>Ma premi\u00e8re cit\u00e9 cosmopolite gardait encore sa grande r\u00e9putation de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du pont avec raison. Malgr\u00e9 les troubles de l\u2019ind\u00e9pendance, des hauts parleurs diffusaient \u00e0 travers la cit\u00e9 la musique ou les communiqu\u00e9s.<\/p>\n<p>Accompagn\u00e9 de mon oncle Th\u00e9ophile ou Adalbert je me rendais en ville, admirer les kiosques. De fois nous allions visiter les fr\u00e8res \u00a0\u00bb ndukus\u2019\u2019, tels que l\u2019oncle Tchomba Nestor ou les amis et connaissances.<\/p>\n<p>Je me familiarisai avec Flora et Marie Goretti qui \u00e9taient les filles des voisins mais aussi avec Baudouin, Martin dit \u00ab l\u00e9ger \u00bb et Jean Pierre, futurs coll\u00e8gues au coll\u00e8ge Saint Joseph de Sola. Ils habitaient aussi sur l\u2019avenue Lumeme.<\/p>\n<p>Contempler le matin les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole primaire qui se rendaient \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00e9tait ma distraction. Il m\u2019arrivait de me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9cole des filles ou \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9cole primaire Saint Augustin.<\/p>\n<p>Oncle Cyprien m\u2019am\u00e8na un jour \u00e0 Santa Maria pour saluer son \u00e9pouse Appoline que nous n\u2019avions pas trouv\u00e9s \u00e0 la maison parce qu\u2019indispos\u00e9e, elle \u00e9tait chez ses parents.<\/p>\n<p>Th\u00e9ophile avait quitt\u00e9 le premier Kongolo pour Lubunda. Je rejoignis quand \u00e0 moi Sola d\u00e8s que la nouvelle de l\u2019ouverture de l\u2019ann\u00e9e scolaire au coll\u00e8ge me parvint. Adalbert m\u2019y avait accompagn\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 3 : Le nom LUMBU se substitue \u00e0 MALOBA,<\/h4>\n<p>D\u00e8s le premier jour au coll\u00e8ge Saint Joseph, je fis conna\u00eetre au p\u00e8re directeur la d\u00e9cision de ma famille d\u2019adopter apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de mon grand p\u00e8re paternel, le nom de LUMBU. Je m\u2019appelais d\u00e9sormais LUMBU Protais au lieu de Maloba Protais. Le p\u00e8re apr\u00e8s m\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 attentivement et pos\u00e9 quelques questions fut convaincu du bien fond\u00e9 de la d\u00e9cision de ma famille et informa tous mes coll\u00e8gues de ce changement.<\/p>\n<p>Le changement se constata aussi dans d\u2019autres domaines.<\/p>\n<p>Je menais au coll\u00e8ge une vie tr\u00e8s diff\u00e9rente de celle que j\u2019avais connue \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire. Le r\u00e9gime alimentaire substitua les bo\u00eetes de conserve aux haricots. Les d\u00eeners contenaient le dessert.<\/p>\n<p>Au lieu de relier chaque matin l\u2019internat \u00e0 la rivi\u00e8re en courant nous nous lavions aux anciennes douches de l\u2019\u00e9cole d\u2019apprentissage p\u00e9gagogique \u00ab EAP \u00bb.<\/p>\n<p>Le soir, il fallait obligatoirement \u00e9tudier avant d\u2019 allier au lit \u00e0 21 heures au lieu de 20 heures. Des dortoirs spacieux avaient c\u00e9d\u00e9 place aux locaux contenant tout au plus six lits avec des matelas moelleux.<\/p>\n<p>Aux cours, plus un mot de swahili n\u2019\u00e9tait prononc\u00e9. Des periodes de 50 minutes avaient succ\u00e9d\u00e9es aux le\u00e7ons de 30 minutes et un journal de classe devait \u00eatre tenu. Le p\u00e8re Martins, Directeur du coll\u00e8ge nous donnait lui m\u00eame les cours de latin et de math, qui occupaient d\u2019innombrables heures \u00e0 notre horaire. Il \u00e9tait second\u00e9 par le p\u00e8re Albert Tenis, professeur d\u2019anglais. Ce dernier nous obligeait de prononcer l\u2019anglais comme nous l\u2019entendions sur le disque ! le double V (W) devenait \u00a0\u00bb dable you\u00a0\u00bb, le \u2018\u2019a\u2019\u2019 \u00e9tait prononc\u00e9 \u00ab\u00a0e\u00a0\u00bb et surtout comme il insistait lui-m\u00eame, il fallait lire \u00e9lastique l\u00e0 o\u00f9 c\u2019est \u00e9crit caoutchouc ! Cela entra\u00eenait des hilarit\u00e9s chaque fois qu\u2019un coll\u00e8gue commettait une erreur et le p\u00e8re tout f\u00e2ch\u00e9 se retirait, c\u00e9dant sa place au p\u00e8re directeur tellement mena\u00e7ant qu\u2019il fallait retenir m\u00eame la toux.<\/p>\n<p>Le p\u00e8re Tenis nous donnait aussi le cours de fran\u00e7ais. Pour nous apprendre la r\u00e9citation \u00a0\u00bb le ch\u00eane et le roseau\u00a0\u00bb il employait comme en anglais le disque et nous \u00e9tions oblig\u00e9s de prononcer autant !<\/p>\n<p>Nous croyions devenus savants et prenions les airs appropri\u00e9s.<\/p>\n<p>Je m\u2019imposais meneur de classe. Pendant les heures d\u2019\u00e9tudes je faisais circuler des bouts de papier avec la phrase, votez Mukumbi Ngwefu, Casse-t\u00eate, et vous mangerez quatre fois par jour. Tous mes coll\u00e8gues \u00e9taient enthousiasm\u00e9s par ma campagne mais le p\u00e8re Tenis et le p\u00e8re Directeur ne voulaient pas l\u2019entendre de cette oreille.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 4 : Allergique \u00e0 la quinine,<\/h4>\n<p>Un soir j\u2019avais \u00e9t\u00e9 saisi par un malaise \u00e0 mon retour de la cit\u00e9 Saint Donat o\u00f9 j\u2019avais amen\u00e9 pour qu\u2019elle soit noircie, ma paire de souliers bruns. En effet, un froid intense me prit et me poussa \u00e0 me pr\u00e9senter \u00e0 l\u2019infirmerie. L\u2019examen de la temp\u00e9rature prouva qu\u2019une forte fi\u00e8vre m\u2019avait attaqu\u00e9 et quelques comprim\u00e9s me furent administr\u00e9s. Quelques instants seulement apr\u00e8s les avoir aval\u00e9s, des fortes d\u00e9mangeaisons m\u2019oblig\u00e8rent \u00e0 me gratter et des boutons couvrirent ma peau.<\/p>\n<p>Les coll\u00e8gues qui m\u2019avaient vu, paniqu\u00e8rent et alert\u00e8rent le p\u00e8re Martins qui \u00e9tait aussi effray\u00e9 \u00e0 la vue de ma peau.<\/p>\n<p>Certains pr\u00e9tendirent que cette maladie \u00e9tait la peste, \u00ab Mpese \u00bb. Me prenant \u00e0 son dos, le pr\u00eatre m\u2019amena au couvent des s\u0153urs.<\/p>\n<p>La s\u0153ur infirmi\u00e8re apr\u00e8s s\u2019\u00eatre inform\u00e9e de la mani\u00e8re dont la maladie s\u2019\u00e9tait manifest\u00e9e nous pria de la suivre au dispensaire. Elle nous assura apr\u00e8s une injection que la maladie m\u2019abandonnera aussi vite qu\u2019elle m\u2019avait attaqu\u00e9. J\u2019avalais quelques pilules avant de rentrer \u00e0 l\u2019internat.<\/p>\n<p>R\u00e9ellement, je m\u2019\u00e9tais r\u00e9tabli rapidement sous les regards heureux de tous mes coll\u00e8gues.<\/p>\n<p>Lorsque le lendemain on informa nos amis de l\u2019\u00e9cole primaire de ce qui s\u2019\u00e9tait pass\u00e9 la nuit, beaucoup ne crurent pas. Plus tard, je sus qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une all\u00e9rgie, que j\u2019\u00e9tais all\u00e9rgique \u00e0 la quinine, flavoquine, et autres \u2026 ines.<\/p>\n<p>Un de mes amis le plus remarquable de l\u2019\u00e9cole primaire \u00e9tait Mbayo Donat, un originaire de Mahundu, fils de mon parrain de bapt\u00eame, Mwalimu Andre Mbayo Faluzi, longtemps enseignant \u00e0 Nzola. C\u2019est au cours des grandes vacances que j\u2019avais fais connaissance avec Donat \u00e0 Mahundu.<\/p>\n<p>Pendant les heures creuses de la soir\u00e9e nous nous rencontrions et nous entretenions longuement. Parfois lorsque les exigences de notre vie scolaire nous emp\u00eachaient de nous rencontrer la correspondance y apportait le rem\u00e8de.<\/p>\n<p>Les dimanches, je visitais \u00e0 l\u2019internat des filles, mes petites s\u0153urs Marie et Louise, souvent accompagn\u00e9es de leurs copines de Bigobo.<\/p>\n<p>Une \u00e9cole m\u00e9nag\u00e8re venait aussi d\u2019y ouvrir ses portes et avait re\u00e7u comme internes les Marie Katumbwe, Constantia, G\u00e9nevi\u00e8ve etc\u2026.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 5 : Mon cong\u00e9 de detente \u00e0 Kongolo,<\/h4>\n<p>Pendant le cong\u00e9 de d\u00e9tente qui nous avait \u00e9t\u00e9 accord\u00e9 \u00e0 la toussaint, le p\u00e8re Directeur nous permit de nous d\u00e9placer. Je fis partie du cort\u00e8ge de Kongolo qui quitta \u00e0 pied l\u2019internat apr\u00e8s le d\u00eener.<\/p>\n<p>Au del\u00e0 de Mukoko le groupe se d\u00e9sint\u00e9gra et les pieds endoloris, j\u2019avan\u00e7ais p\u00e9niblement. C\u2019est \u00e0 la tomb\u00e9e du jour que j\u2019atteignis le pont en compagnie de quelques copains dont Dieudonn\u00e9 Biyombo ancien \u00e9l\u00e8ve de mon oncle qui me conduisit \u00e0 la maison.<\/p>\n<p>Une fois de plus je n\u2019avais pas trouv\u00e9 l\u2019\u00e9pouse de mon oncle \u00e0 la maison et ne tardai pas \u00e0 la rencontrer le lendemain chez ses parents d\u00e8s apr\u00e8s la messe de la Toussaint. Elle venait de mettre au monde une fille qui avait re\u00e7u le pr\u00e9nom de Bernadette et le nom de NDIBA.<\/p>\n<p>Ndiba ya Mugabo \u00e9tait le nom de l\u2019\u00e9pouse du chef Kalwamba Bwana Kakazi qui \u00e9tait tuteur de mon grand p\u00e8re maternel Musongela. Ce dernier avait donn\u00e9 \u00e0 sa fille ain\u00e9e qu\u2019\u00e9tait ma m\u00e8re aussi ce nom de Ndiba, tandis qu\u2019\u00e0 sa se\u00e7onde fille, il avait donn\u00e9 le nom de sa m\u00e8re biologique Mwange.<\/p>\n<p>Le lendemain, \u00e0 l\u2019occasion de la f\u00eate des morts, je me rendis au cimeti\u00e8re des congolais o\u00f9 j\u2019assistais \u00e0 toutes les pri\u00e8res et c\u00e9r\u00e9monies.<\/p>\n<p>Durant ce cong\u00e9, j\u2019effectuais mes d\u00e9placements en compagnie de l\u2019oncle Adalbert Makuwa avec lequel soit on partait cueillir les mangues vers le camp militaire soit on allait prendre bain au fleuve.<\/p>\n<p>Je remarquai que Kongolo en peu de temps avait subi des profonds changements suite \u00e0 la guerre civile Baluba contre Bahemba. Plusieurs Baluba mais aussi des Basonge et autres avaient abandonn\u00e9 la ville devenue intol\u00e9rente.<\/p>\n<p><em> <strong> Un soir, je vis des camions bond\u00e9s des combattants appel\u00e9s \u00a0\u00bb la jeunesse\u00a0\u00bb qui circulaient sur les avenues. Il s\u2019agissait en effet des civils qui \u00e9taient mobilis\u00e9s pour aller se battre \u00e0 Mbila o\u00f9 la progression des Baluba hostiles \u00e0 la s\u00e9cession \u00e9tait signal\u00e9e. Ceux-ci juraient d\u2019occuper au matin tout Kongolo.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La situation qui avait pr\u00e9valu cette nuit agit\u00e9e nous avait \u00e9t\u00e9 cont\u00e9e le lendemain.<\/p>\n<p>Il y avait en effet, devant le bureau du territoire une jambe, un bras, un balai et un bocal d\u2019une femme muluba, qui disait-on , en plongeant dans ce bocal, le balai qu\u2019elle agitait en criant \u00a0\u00bb Ii mema\u00a0\u00bb, c\u2019est l\u2019eau, la defunte changeait les balles en eau.<\/p>\n<p>et effectivement les Baluba avan\u00e7aient jusqu\u2019au moment o\u00f9 un Muhemba se d\u00e9shabilla, fit quelques c\u00e9r\u00e9monies et visa cette femme qui tombant \u00e0 la renverse, provoqua la debandade de siens.<\/p>\n<p>Kongolo avait \u00e9vit\u00e9 ainsi de justesse sa chute. On chantait partout les hymnes de victoire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 6 : La fermeture de l\u2019internat,<\/h4>\n<p>Apr\u00e8s le cong\u00e9 de d\u00e9tente, je rentrais \u00e0 Sola reprendre mes \u00e9tudes mais ce ne fut plus pour longtemps. Les \u00e9v\u00e9nements se multipliaient et toutes les tentatives d\u2019investir Kongolo par les forces hostiles \u00e0 la s\u00e9cession du Katanga s\u2019accentuaient. Kongolo \u00e9tait devenu un territoire enclav\u00e9 et attaqu\u00e9 de tous les c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>Les baluba voulaient investir la partie hemba en suivant les axes Kabeya Mayi-Lengwe ou Kabalo- Kitule. L\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire congolaise en provenance de Kisangani dont les soldats \u00e9taient appel\u00e9s les gizengistes for\u00e7ait l\u2019entr\u00e9e \u00e0 Kongolo par Ebombo et Luika.<\/p>\n<p>A certains moments notre internat h\u00e9bergeait les soldats katangais encadr\u00e9s par les mercenaires. Je connus ainsi des canons, mitrailleuses, mortiers, fall ou fusil Fm. Des h\u00e9licopt\u00e8res ou des avions de reconnaissance katangais survolaient l\u2019internat. Certains mercenaires nous assuraient la victoire du Katanga. De Moulin et Michel, pass\u00e8rent pour les plus populaires. Ils nous distribuaient des biscuits, des bo\u00eetes de conserve et de l\u2019argent.<\/p>\n<p>Des accidents \u00e9taient r\u00e9guliers lors de l\u2019entretien des armes car souvent on entendait le cr\u00e9pitement d\u2019armes et les cris des soldats bless\u00e9s, qu\u2019on transportait d\u2019urgence vers Kongolo et Elisabethville. Un \u00e9l\u00e8ve malade \u00e0 l\u2019internat avait eu la chance d\u2019\u00eatre amen\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Elisabethville o\u00f9 les soins avaient \u00e9t\u00e9 support\u00e9s enti\u00e8rement par l\u2019Etat.<\/p>\n<p>Nous e\u00fbmes aussi pendant cette p\u00e9riode deux cong\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion du d\u00e9c\u00e8s des ministres katangais, Luc Samalenge et Joseph Kiwele.<\/p>\n<p>Les soldats katangais quitt\u00e8rent enfin l\u2019intenat pour rentrer \u00e0 Kongolo o\u00f9 des incursions \u00e9taient signal\u00e9es.<\/p>\n<p>Le 27 novembre 1961, un mercredi, nous f\u00fbmes pri\u00e9s d\u2019\u00e9vacuer l\u2019internat pour nous abriter \u00e0 Kilubi. On nous assura que d\u00e8s que l\u2019ennemi allait \u00eatre repouss\u00e9 nous allions regagner l\u2019internat que nous avions quitt\u00e9 simplement pour \u00e9viter la chute des obus eventuels.<\/p>\n<p>Sans nos bagages nous rest\u00e2mes ce jour \u00e0 Kilubi, chef lieu de la collectivit\u00e9 de nkuvu d\u2019o\u00f9 nous entendions les grondements des armes lourdes toute la matin\u00e9e. A un moment une jeep passa \u00e0 toute allure vers Kongolo amener un cadavre ou un bless\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est tard dans la soir\u00e9e qu\u2019on nous permit de regagner l\u2019internat. Nous cr\u00fbmes que le combat \u00e9tait termin\u00e9 \u00e0 l\u2019avantage des katangais et que l\u2019ennemi \u00e9tait mis en d\u00e9route mais h\u00e9las le lendemain le combat reprit. Les s\u0153urs \u00e9vacu\u00e8rent les filles de l\u2019internat.<\/p>\n<p>Mes petites s\u0153urs s\u2019en \u00e9taient all\u00e9es sans me dire au revoir.<\/p>\n<p>Le lendemain, nous autres nous commencions \u00e0 voir des habitants des villages environnants de la rivi\u00e8re Lwika venir se replier \u00e0 la mission. Le danger \u00e9tait imminent. Le p\u00e8re directeur nous demanda de quitter l\u2019internat et chacun cette fois-ci avec ses bagages, pour n\u2019y revenir que quand la situation se r\u00e9tablirait compl\u00e8tement.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions le 30 novembre 1961, aucun v\u00e9lo, ni v\u00e9hicule n\u2019\u00e9tait \u00e0 notre disposition. J\u2019abandonnai sous mon lit, panier et quelques assiettes trouv\u00e9es encombrantes et valise sur la t\u00eate je m\u2019engageais \u00e0 parcourir \u00e0 pied une soixantaine de kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p>Comme il fallait vite s\u2019\u00e9loigner de la zone de combat, nous march\u00e2mes avec mes coll\u00e8gues \u00e0 pas de course jusqu\u2019au del\u00e0 du village Kalenga o\u00f9 un coll\u00e8gue pouss\u00e9 sans doute par son instinct, tournant vers Sola et admirant la tour de l\u2019\u00e9glise s\u2019\u00e9cria, \u00a0\u00bb Adieu Sola\u00a0\u00bb. \u00e7a n\u2019\u00e9tait fini du coll\u00e8ge Saint Joseph et de l\u2019\u00e9cole primaire Saint Charles Lwanga.<\/p>\n<p>A l\u2019 approche de Nonge, il pleuvinait et pendant que sous la fine pluie matinale d\u2019aucuns avaient jug\u00e9 bon de continuer la marche, d\u2019autres s\u2019\u00e9taient abrit\u00e9s dans les cases longeant la route. En compagnie d\u2019Arcade Ngoy je voulais aussi continuer et fis une chute qui provoqua une s\u00e9rieuse hilarit\u00e9.<\/p>\n<p>A l\u2019allure des guerriers, dans l\u2019apr\u00e8s midi, la chefferie de Nyembo nous avait accueilli. C\u2019est seulement \u00e0 partir de Lubinga que la distance s\u00e9parant des groupes s\u2019aggrava et que la fatigue d\u2019une longue marche s\u2019ext\u00e9riorisa \u00e0 nos visages. Mon groupe atteignit le village Zimba vers 17 heures et Kayanza \u00e0 21 heures.<\/p>\n<p>Maman Eulalie, ma grande tante Fatayako et la veuve Abamutake Kibata h\u00e9rit\u00e9e par le grand p\u00e8re Lukonzola ainsi que la grande m\u00e8re Sinanduku, \u00e9pouse de Papa Lukonzola et leurs enfants Mumba, Lumbu et Sidonia m\u2019accueillirent.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h4>Paragraphe 7 : La chute de Kongolo et le massacre des pr\u00eatres blancs du Saint Esprit,<\/h4>\n<p>Je ne tardai pas \u00e0 Kayanza \u00e0 rejoindre ma famille nucl\u00e9aire \u00e0 Mahundu o\u00f9 nous f\u00eat\u00e2mes No\u00ebl. La veille du nouvel an, on nous apprit que les baluba venant de Kitengetenge passeraient par Ponda pour attaquer Mahundu et rejoindre Kongolo via Mbulula.<\/p>\n<p>Nous devions quitter notre maison car le sentier en provenance du village Kitengetenge via Ponda d\u00e9bouchait par l\u00e0. Un dilemne pr\u00e9occupa mon p\u00e8re : Fuir et laisser les objets dans la maison pour apprendre apr\u00e8s que tout a \u00e9t\u00e9 br\u00fbl\u00e9 ou bien cacher en brousse les objets qui seraient vol\u00e9s par un villageois.<\/p>\n<p>Nous \u00e9tions dans la maison lorsque quelqu\u2019un toqua \u00e0 la porte. Nous cr\u00fbmes que les Baluba venaient d\u2019arriver mais s\u2019\u00e9tait plut\u00f4t le commer\u00e7ant Medard qui s\u2019\u00e9tait annon\u00e7\u00e9. Il supplia papa de quitter la maison au lieu de s\u2019exposer avec toute la famille.<\/p>\n<p>Maman \u00e9tait malade et fournit malgr\u00e9 elle d\u2019\u00e9normes efforts pour emballer certaines bagages. Heureusement quelqu\u2019un vint nous rassurer que l\u2019invasion n\u2019aurait pas lieu ce jour car du village Ponda d\u2019o\u00f9 il venait tout \u00e9tait calme.<\/p>\n<p>D\u00e8s le soir du nouvel an les bruits persistants se mirent \u00e0 affirmer que Kongolo \u00e9tait tomb\u00e9e dans les mains des troupes gizengistes en provenance de Stanleyville, conduites par le colonel Pakasa, que les pr\u00eatres blancs de Saint Esprit \u00e9taient tu\u00e9s et que dans son repli, l\u2019arm\u00e9e katangaise avait dynamit\u00e9 le pont de Lualaba avant de se r\u00e9fugier avec les autorit\u00e9s du territoire \u00e0 Mbulula.<\/p>\n<p>Les pr\u00eatres blancs n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s par Monseigneur G\u00e9rard Kabwe de quitter Kongolo malgr\u00e9 les d\u00e9marches entreprises par l\u2019administrateur du territoire, Monsieur B\u00e9no\u00eet Tambwe pour les persuader de le faire.<\/p>\n<p>Les noms de ces martyrs sont : P\u00e8re Crauwels Gaston, P\u00e8re Crauwels Louis, P\u00e8re De Hert Josef, P\u00e8re Francis Pierre, P\u00e8re Gilles Pierre, P\u00e8re Gillijns Walter, P\u00e8re Godefroid Jean Marie, P\u00e8re Henckels Albert, P\u00e8re Hens Josef, P\u00e8re TJacckens Roger, P\u00e8re Lenselaer Jean-Baptist, P\u00e8re Pellens D\u00e9sir\u00e9, P\u00e8re Postelmans Joseph, P\u00e8re Renard Rapha\u00ebl, P\u00e8re Schildermans Theo, P\u00e8re Tournay Ren\u00e9, P\u00e8re Van Damme Jos\u00e9, P\u00e8re Van der Smissen Andr\u00e9, P\u00e8re Van Duffel Michel, Br Heeemskerk Bernulf.<\/p>\n<p>Mbulula devint le chef lieu du territoire. Le p\u00e8re Joseph Deagre de Sola qui s\u2019y trouvait, aida les autorit\u00e9s \u00e0 entrer en contact avec Elisabetville en reparant la phonie. Un grand march\u00e9 fut cr\u00e9e mais surtout la population avait \u00e9t\u00e9 appel\u00e9e \u00e0 d\u00e9fricher un vaste terrain devenu une plaine d\u2019aviation. Les avions d\u2019air katanga commenc\u00e8rent \u00e0 s\u2019y poser amenant des renforts.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Tchomb\u00e9 qui allait fouler le sol de Mbulula ne le fit pas alors que toute la population hemba s\u2019y \u00e9tait donn\u00e9 rendez-vous, m\u00eame le g\u00e9ant Mwamba gwa Lufimbo.<\/p>\n<p>Les cours ayant repris \u00e0 Mahundu, mes petites s\u0153urs se remirent \u00e0 aller \u00e0 l\u2019\u00e9cole pendant que nous trouvant dans les vacances forc\u00e9es, avec Marie nous allions aux champs aider notre maman aux travaux de sarclage ou de r\u00e9colte. Nous nous reveillions t\u00f4t le matin et longions des sentiers couverts de ros\u00e9e. Nous nous occupions aussi du cadet de notre famille, \u00e2g\u00e9 d\u00e9j\u00e0 de presqu\u2019une ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Il m\u2019arrivait de me rendre \u00e0 Mbulula pour diverses raisons dont la derni\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 celle de chercher la feuille de route qui me permettrait de regagner Elisabethville.<\/p>\n<p>En effet, les forces katangaises venaient de reprendre Kongolo mais les autorit\u00e9s du territoire avaient continu\u00e9 \u00e0 r\u00e9sider \u00e0 Mbulula. Toutes les pi\u00e8ces n\u00e9cessaires y \u00e9taient encore d\u00e9livr\u00e9es. Plusieurs \u00e9l\u00e8ves obtinrent leur feuille de route \u00e0 Mbulula quioque devant prendre leur avion \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>J\u2019avais tent\u00e9 de faire autant mais h\u00e9las \u00e0 la fin du mois d\u2019avril le bureau de Mbulula perdit cette competence. Je fus oblig\u00e9 de me rendre \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp; N\u00e9 le 22 avril 1948, Protais LUMBU MALOBA NDIBA vient d\u2019\u00e9crire \u00ab\u00a0Mes premiers pas\u00a0\u00bb, une autobiographie de six titres dans laquelle il d\u00e9crit sa vie, de l&rsquo;enfance jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de ses \u00e9tudes universitaires.<\/p>\n","protected":false},"author":10913,"featured_media":693,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[339],"tags":[104,103,241,105],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10913"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=691"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1488,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/691\/revisions\/1488"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/media\/693"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=691"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=691"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=691"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}