﻿{"id":2449,"date":"2015-12-17T17:01:56","date_gmt":"2015-12-17T16:01:56","guid":{"rendered":"http:\/\/www.femmefortes.com\/?p=2449"},"modified":"2015-12-17T17:05:39","modified_gmt":"2015-12-17T16:05:39","slug":"chapitre-21-de-ma-detention-a-landkalemie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/blog\/2015\/12\/17\/chapitre-21-de-ma-detention-a-landkalemie\/","title":{"rendered":"Chapitre 21. De ma d\u00e9tention \u00e0 l\u2019AND\/Kalemie"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-1135\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12.jpg\" alt=\"Protais-Lumbu\" width=\"500\" height=\"156\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12.jpg 960w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12-300x93.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12-600x187.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<h3><em>Texte tir\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. \u00abMon apport dans le Triomphe de la d\u00e9mocratie multipartiste\u2019 \u00bb<\/em><\/h3>\n<div id=\"attachment_1776\" style=\"width: 399px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Protais-Lumbu21.gif\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1776\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1776\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Protais-Lumbu21.gif\" alt=\"Protais-Lumbu21\" width=\"389\" height=\"400\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1776\" class=\"wp-caption-text\">Protais LUMBU MALOBA NDIBA, Pr\u00e9sident de l&rsquo;UDPS. Ph. \u00ab\u00a0femmefortes.com\u00a0\u00bb<\/p><\/div>\n<p>D\u00e8s le lendemain de mon arriv\u00e9e \u00e0 Kayanza, je re\u00e7us la nouvelle de la fermeture de\u00a0 \u00a0l\u2019 h\u00f4tel Bouger et Faire Bouger \u00e0 Kongolo sur ordre formel et imp\u00e9ratif des instances sup\u00e9rieures. Je r\u00e9agis par une note de protestation \u00e0 cette mesure ne visant que ma pers\u00e9cution et celle de ma famille. Cette fermeture avait pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 mon arrestation \u00a0intervenue le soir du 14 juillet 1986.<\/p>\n<p>Ce jour l\u00e0, invit\u00e9 \u00e0 la r\u00e9sidence de papa Mbundu Kalunga Simon pour un verre de lumay may, j\u2019y avais \u00e9t\u00e9 averti par l\u2019\u00e9pouse de L\u00e9andre, la citoyenne Tupende Chantal de l\u2019arriv\u00e9e des militaires\u00a0 qui \u00e9taient \u00e0 ma\u00a0 recherche et fus rejoint quelques temps apr\u00e8s par mon collaborateur, le citoyen Faustin Kasambi qui \u00e9tait en compagnie d\u2019un militaire. Ils m\u2019inform\u00e8rent que le Commissaire de zone de Kongolo \u00e9tait \u00e0 ma r\u00e9sidence.<\/p>\n<p>Ayant dit au revoir \u00e0 Mbundu, j\u2019avais\u00a0 trouv\u00e9 le citoyen Mutshipay Kambul qui me pr\u00e9senta le major commandant de bataillon territorial de la gendarmerie pour la sous r\u00e9gion de Tanganika et un capitaine portant un b\u00e9ret vert. Il y avait \u00e0 leur disposition deux v\u00e9hicules pleins des militaires et un land rover.<\/p>\n<p>Ayant demand\u00e9 au Commissaire de zone et au commandant de la gendarmerie d\u2019entrer avec moi au bureau, une personne portant les habits civils, que le Commissaire de zone me pr\u00e9senta comme \u00e9tant son secr\u00e9taire y entra aussi. \u00a0Je dis au citoyen Mutshipay que je savais bien que cette personne devait \u00eatre de la police politique. C\u2019\u00e9tait effectivement le chef de poste sous r\u00e9gional de l\u2019AND\/Kalemie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s un bref entretien, le major m\u2019informa que je devais partir avec eux. Je lui avais pri\u00e9 de m\u2019exhiber le mandat d\u2019amener. Il me montra plut\u00f4t son ordre de mission.<\/p>\n<p>Certaines personnes s\u2019\u00e9tant mis \u00e0 s\u2019opposet \u00e0 \u00a0mon d\u00e9part, \u00a0j\u2019ai du convaincre l\u2019enseignant Lugoma qui tenait dans sa main une poutre et pr\u00eat \u00e0 passer \u00e0 l\u2019attaque de ne pas agir. \u00ab\u00a0Je ne veux pas que le sang coule car c\u2019est par la parole que j\u2019aie toujours lutt\u00e9, je partirai avec eux et discuterai avec qui que ce soit\u00a0\u00bb lui avais je dis.<\/p>\n<p>M\u2019avan\u00e7ant vers les v\u00e9hicules, un militaire me demanda d\u2019entrer dans le camion rempli des militaires. Je lui r\u00e9pondis que je prendrais place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Commissaire de zone. Ce dernier me laissa entrer dans le land rover et commen\u00e7a ainsi mon voyage vers un nouveau lieu de d\u00e9tention alors que le soleil \u00e9tait au cr\u00e9puscule.<\/p>\n<p>Le cort\u00e8ge de v\u00e9hicules s\u2019\u00e9branla tout en \u00e9tant contempl\u00e9 par la population alors que\u00a0 les militaires arm\u00e9s jusqu\u2019aux dents \u00e9taient m\u00e9contents de quitter le village sans extorquer les biens de la population.<\/p>\n<p>Nous nous arr\u00eat\u00e2mes \u00e0 Mbulula pour prendre le Commissaire Sous R\u00e9gional ad int\u00e9rim, le citoyen Bondembe Boma Ndjombe qui nous attendait \u00e0 l\u2019h\u00f4tel \u201c Tulye Mali Tusambale.\u201d\u00a0Lui ayant demand\u00e9 de m\u2019autoriser \u00e0 voir mes parents avant de continuer sur Kalemie, il ne m\u2019avait pas r\u00e9pondu. J\u2019insinuai, qu\u2019il serait regrettable apr\u00e8s que j\u2019aie accept\u00e9 sans probl\u00e8me de quitter Kayanza, je sois oblig\u00e9 de m\u2019opposer \u00e0 voyager s\u2019il ne me permettait pas de saluer ma veuve m\u00e8re. Le capitaine qui \u00e9tait le commandant du Bureau 2 de la 13<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0brigade des FAZ \u00a0lui souffla quelques mots et deux militaires furent d\u00e9sign\u00e9s pour m\u2019escorter.<\/p>\n<p>J\u2019expliquai \u00a0\u00e0 ma m\u00e8re les conditions de mon voyage et partis avec elle chez \u00a0papa Sixte o\u00f9 je fis autant avant de \u00a0retourner au v\u00e9hicule. Ayant\u00a0 trouv\u00e9 mon petit fr\u00e8re Martin(petit Maloba) qui tenait \u00e0 m\u2019accompagner en train de crier parce qu\u2019il lui avait \u00e9t\u00e9 indiqu\u00e9 de prendre place abord du v\u00e9hicule qui partait \u00e0 Kongolo et non celui que j\u2019allais prendre, je refusai d\u2019embarquer en attendant que la solution soit trouv\u00e9e. Il commen\u00e7ait \u00e0 y avoir un attroupement lorsque il fut autoris\u00e9 de prendre place abord du land rover. J\u2019y entrai aussi et fis signe d\u2019encouragement \u00e0 ma m\u00e8re.<\/p>\n<p>Le v\u00e9hicule d\u00e9marra en prenant la direction oppos\u00e9e \u00e0 celle prise par le Commissaire de zone et les militaires du camp de Kongolo. Il faisait d\u00e9j\u00e0 nuit quand on avait atteint la zone de Nyunzu et tard la nuit quand \u00e0 Pende, le responsable du lieu avait organis\u00e9 une r\u00e9ception en faveur des autorit\u00e9s de la sous r\u00e9gion. Je me trouvais mal \u00e0 l\u2019aise et surtout tr\u00e8s m\u00e9fiant du repas qui \u00e9tait servi. \u00a0La nouvelle d\u2019une barge qui venait de couler dans le lac Tanganika occupait toute la conversation de mes ge\u00f4liers. Nuitamment, le land rover d\u00e9passa Nyunzu\u00a0et atteignit Nyemba, o\u00f9, le bac attendait la d\u00e9l\u00e9gation, pour la faire traverser la rivi\u00e8re Lukuga. \u00a0C\u2019est vers cinq heures du matin que nous arrivions \u00e0 Kalemie.<\/p>\n<p>L\u2019homme que le Commissaire de zone de Kongolo m\u2019avait pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00e9tant son Secr\u00e9taire entra \u00e0 la r\u00e9ception de l\u2019h\u00f4tel du lac. Y sortant il dit quelque chose au Commissaire Sous R\u00e9gional et aux deux officiers avant que le v\u00e9hicule ne se dirige vers le bureau de l\u2019and. Il me mit \u00e0 la disposition des gendarmes de garde pendant que Martin \u00e9tait libre.<\/p>\n<p>Revenu plus tard, l\u2019inspecteur EBULU m\u2019interrogea en prenant soin d\u2019enregistrer mes d\u00e9clarations. Tout avait tourn\u00e9 autour des activit\u00e9s de l\u2019UDPS et De la milice \u00e0 mon service. Je lui r\u00e9pondis \u00a0que je n\u2019avais pas de milice et que l\u2019UDPS pr\u00eachait la non violence. Apr\u00e8s l\u2019interrogatoire, il m\u2019instruisit de rester dans la cour de son bureau. Je choisis un coin \u00a0pour m\u2019installer \u00e0 m\u00eame la terre avec mon petit poste de radio qui m\u2019aidait \u00e0 occuper mon temps.<\/p>\n<p>J\u2019avais trouv\u00e9 \u00e0 l\u2019and une dizaine de t\u00e9moins de J\u00e9hovah avec lesquels j\u2019avais partag\u00e9 mes premi\u00e8res nuits dans un local servant de bureau. Pendant la journ\u00e9e, ils s\u2019occupaient des ch\u00e8vres de l\u2019inspecteur, qu\u2019ils faisaient boire et pa\u00eetre, le long du lac Tanganika.<\/p>\n<p>Devant mes scandaleuses conditions de d\u00e9tention, l\u2019inspecteur Ebulu me logea pendant quelques temps \u00e0 l\u2019h\u00f4tel du lac. J\u2019y recevais r\u00e9guli\u00e8rement le citoyen Masimango dont l\u2019\u00e9pouse m\u2019apportait quelques fois \u00e0 manger et eu l\u2019occasion de faire connaissance avec G\u00e9n\u00e9rose, la cousine de ma belle s\u0153ur Anastasie Nyungu. Elle vivait \u00e0 Kapulo dans sa famille pendant que son p\u00e8re, Olivier, qui \u00e9tait militaire \u00e9tait affect\u00e9 dans un campement au bord du lac Tanganika.<\/p>\n<p>D\u00e8s que l\u2019inspecteur m\u2019avait trouv\u00e9 un matelas, il m\u2019avait remis \u00e0 l\u2019and. Je lui \u00e9crivis avec copie pour information \u00e0 sa hi\u00e9rarchie pour r\u00e9clamer mes droits \u00e0 l\u2019alimentation, \u00e0 la visite, aux soins m\u00e9dicaux, \u00e0 l\u2019assistance au culte et \u00e0 la correspondance, mais aussi pour d\u00e9noncer la d\u00e9tention des t\u00e9moins de J\u00e9hovah et les tracasseries administratives qu\u2019avaient connues les activit\u00e9s de mon \u00e9pouse dans le seul but de porter atteinte \u00e0 mon moral.<\/p>\n<p>En ce qui concerne mes droits \u00e0 l\u2019alimentation, il \u00a0remettait d\u2019abord, de temps \u00e0 autre \u00e0 Martin qui le lui demandait un montant pour l\u2019achat des aliments, puis il confia \u00a0cette charge \u00e0 son collaborateur qui s\u2019occupait de la phonie, le citoyen Pongo C\u00e9sar et enfin se plaignant de la sous r\u00e9gion, il ne donnait plus rien et m\u2019avait abandonn\u00e9 \u00e0 mon propre sort.<\/p>\n<p>Mon jeune fr\u00e8re\u00a0 qui habitait \u00e0 la cit\u00e9 Kapulo, \u00e0 la r\u00e9sidence de l\u2019oncle maternel de notre papa, le citoyen Rubbeni Ngombe,\u00a0remettait tout l\u2019argent qu\u2019il percevait par-ci, par-l\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9pouse de ce dernier, la maman Bizuli, qui se chargeait de pr\u00e9parer quotidiennement mon repas et \u00e0 me l\u2019apporter.<\/p>\n<p>Peu avant le d\u00e9but de la nouvelle ann\u00e9e scolaire Martin rentra \u00e0 Mbulula pour soit disant s\u2019occuper de notre maman. Son d\u00e9part co\u00efncida heureusement avec la venue \u00a0de mon neveu Dieudonn\u00e9 Imbwembwe Yuma alias Dallas qui prit la charge de me repr\u00e9senter et agir \u00e0 mon nom dans la recherche de ma subsistance. Parfois il m\u2019est arriv\u00e9 de demander une aide au citoyen Primo, m\u00e9decin de la place ou \u00e0 l\u2019homme d\u2019affaires Meka, p\u00e8re de Meschac, ami de Raymond.<\/p>\n<p>Il ne se passa beaucoup de jours que mon \u00e9pouse inform\u00e9e \u00e0 Lubumbashi de ce qui m\u2019\u00e9tait arriv\u00e9e vint me visiter, juste apr\u00e8s le passage de Gilbert Ilunga, le g\u00e9rant du guest house. Ils m\u2019avaient tous apport\u00e9 une contribution.<\/p>\n<p>Des personnes courageuses, telles que Pascal Katala et Emmanuel Luzige de Mbulula me rendaient r\u00e9guli\u00e8rement visite, \u00a0d\u2019autres \u00e9taient intimid\u00e9es et parmi elles, le g\u00e9rant du guest qui \u00a0craignait d\u2019\u00eatre vu \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, \u00a0pr\u00e9textant qu\u2019il \u00e9tait menac\u00e9 d\u2019arrestation. Il en avait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame finalement de Masimango.<\/p>\n<p>Pour ce qui est des soins m\u00e9dicaux, ayant demand\u00e9 l\u2019autorisation de me faire soigner, l\u2019inspecteur avait ordonn\u00e9 \u00e0 un gendarme de m\u2019amener aux cliniques. Il n\u2019y avait malheureusement pas d\u2019ophtalmologue pour examiner mes yeux, dont la vue diminuait progressivement\u00a0! Je ne cessais de me poser des questions sur la cause\u00a0!\u00a0: Etait-ce suite aux coups re\u00e7us en 1982 au T 2 Lubumbashi ou tout simplement pour motif de dormir dans une salle o\u00f9 on n\u2019\u00e9teignait pas la lumi\u00e8re\u00a0? Etait-ce parce que pendant le jour, assis dans la cour de l\u2019and, j\u2019\u00e9tais expos\u00e9 aux lumi\u00e8res solaires m\u00eame pendant mes lectures\u00a0?<\/p>\n<p>Un jour j\u2019y avais rencontr\u00e9 le citoyen Antoine Kasama, beau-fr\u00e8re et ancien g\u00e9rant de la scierie de mon grand fr\u00e8re Athanase \u00e0 Kamina.\u00a0Ayant \u00e9t\u00e9 sous escorte notre conversation n\u2019\u00e9tait pas ais\u00e9e.<\/p>\n<p>Je ne re\u00e7us pas l\u2019autorisation de me rendre \u00e0 l\u2019\u00e9glise ni celle de recevoir un pr\u00eatre. Contrairement \u00e0 la situation que j\u2019avais connue \u00e0 Luiza ou \u00e0 Makala, aucun pr\u00eatre ne vint me visiter.<\/p>\n<p>Au sujet de ma correspondance, le citoyen Ebulu saisissait toute correspondance m\u2019envoy\u00e9e ou que je tentais d\u2019exp\u00e9dier. Cela ne m\u2019emp\u00eachait pas de recommencer \u00e0 telle enseigne que j\u2019avais pu adresser des notes aux autorit\u00e9s politiques et m\u00eame aux avocats \u00e9trangers, telle que ma lettre de protestation du 13 octobre 1986 dont contenu suit\u00a0:<\/p>\n<p>LUMBU\u00a0 MALOBA NDIBA\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Kalemie, le 13 octobre 1986.<\/p>\n<p>D\u00e9tenu politique \u00e0 l\u2019AND\/Kalemie<\/p>\n<p>R\u00e9publique du Za\u00efre\/Shaba<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<u>Transmis copie<\/u><\/strong><\/p>\n<p>Aux Ma\u00eetres Robert Charles GOFFIN<\/p>\n<p>Objet\u00a0: Remettre ma famille\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Et Eric VERGAUWEN<\/p>\n<p>dans ses droits.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dr\u00e8ve des Renards<\/p>\n<p>6 Bte 11<\/p>\n<p>B 1180 BRUXELLES<\/p>\n<p>Au citoyen Commissaire Sous R\u00e9gional<\/p>\n<p>du Tanganika de et \u00e0 Kalemie<\/p>\n<p>Citoyen Commissaire Sous R\u00e9gional,<\/p>\n<p>Alors que le texte des constatations adopt\u00e9es par le comit\u00e9 des droits de l\u2019homme des Nations Unies, le 26\/3\/86, au titre de paragraphe 4 de l\u2019article 5 du Protocole facultatif se rapportant au Pacte International relatif aux droits civils et politiques concernant la communication n\u00b0 138\/1983, pr\u00e9sent\u00e9 par NGALULA MPANDAJILA et consort dont moi-m\u00eame, repr\u00e9sent\u00e9s par Ma\u00eetre Eric Vergauwen et Robert Charles Goffin a proclam\u00e9 la violation du Pacte par le ZAIRE et l\u2019a invit\u00e9 conform\u00e9ment aux dispositions de l\u2019article 2 du Pacte de prendre des mesures efficaces pour rem\u00e9dier aux violations dont nous sommes victimes, de nous accorder r\u00e9paration, de mener une enqu\u00eate sur les circonstances dans lesquelles nous avons subi des mauvais traitements, de prendre \u00e0 cet \u00e9gard les mesures qui s\u2019imposent et de prendre les dispositions pour garantir que de telles violations ne se reproduiront plus, il est triste de constater que je continue \u00e0 \u00eatre victime.<\/p>\n<p>La mesure de lev\u00e9e de bannissement prise le 21\/6\/85 et mon acheminement \u00e0 Kinshasa sans ma\u00a0 famille le 27 et 28 juin 85 a \u00e9t\u00e9 contr\u00e9e par mon enl\u00e8vement le 14\/11\/85, aussit\u00f4t que j\u2019\u00e9tais rentr\u00e9 \u00e0 Kayanza et mon internement \u00e0 l\u2019AND\/Lubumbashi laissant en deuil toute ma famille, dont le d\u00e9c\u00e8s de mon p\u00e8re par hypertension, a \u00e9t\u00e9 la cons\u00e9quence directe du d\u00e9ploiement de l\u2019arm\u00e9e et du langage excessif, usit\u00e9 par l\u2019autorit\u00e9 lors de mon arrestation.<\/p>\n<p>Ayant recouvert la libert\u00e9 le 31\/3\/86, je retournai \u00e0 Kayanza o\u00f9 diverses formalit\u00e9s du deuil m\u2019attendaient.<\/p>\n<p>Le 14\/7\/86, j\u2019appris que mon immeuble de Kongolo dont une partie \u00e9tait transform\u00e9e en petit h\u00f4tel par mon \u00e9pouse, \u00e9tait investi par les militaires et lis la d\u00e9cision n\u00b0 5072\/10\/86 du Commissaire de zone, soulignant que l\u2019ordre formel et imp\u00e9ratif de la fermeture de l\u2019h\u00f4tel, \u00e9manait des instances sup\u00e9rieures par le message officiel n\u00b0 3072\/400\/SRT\/86 du 13 juillet 1986.<\/p>\n<p>Comme cette mesure est politique, les d\u00e9p\u00f4ts et la partie familiale de l\u2019immeuble furent aussi ferm\u00e9s et il a fallu beaucoup de d\u00e9marches par la CADEZA, pour garder ses bureaux avec l\u2019ordre de ne pas payer les loyers.<\/p>\n<p>Le 17\/7\/86, j\u2019adressai une note de protestation au Commissaire de zone pour lui dire que l\u2019occupation de mon immeuble, \u00e9tait une violation de mon droit de propri\u00e9t\u00e9, \u00e9tant donn\u00e9 que l\u2019immeuble PC 49 est enregistr\u00e9 \u00e0 mon nom aux Titres Immobiliers de Lubumbashi\/voir certificat d\u2019enregistrement vol. 215, folio 45, Registre journal n\u00b0 d\u2019ordre g\u00e9n\u00e9ral 28111 et n\u00b0 d\u2019ordre sp\u00e9cial D\u00b0\/CP 116\/. Aussi, l\u2019h\u00f4tel appartient \u00e0 mon \u00e9pouse, compl\u00e8tement en r\u00e8gle, vis \u00e0 vis de l\u2019administration et je citai son immatriculation au Registre du commerce et notre R\u00e9gime matrimonial qui est celui de S\u00e9paration des biens.<\/p>\n<p>Le Commissaire Sous R\u00e9gional ad.int\u00e9rim, le citoyen BONDEMBA BOMA NDJOMBE d\u00e9p\u00each\u00e9 par le Gouverneur pour m\u2019arr\u00eater, voulant d\u2019une mani\u00e8re erron\u00e9e, justifier la d\u00e9cision de fermeture de l\u2019h\u00f4tel, sans examen minutieux du dossier, pr\u00e9tendit dans sa lettre n\u00b0 3072\/0002\/Rtc\/H 37 du 21 juillet 1986 que l\u2019h\u00f4tel devait au Tr\u00e9sor Public depuis son ouverture en 1982 \u00e0 titre des taxes et redevances.<\/p>\n<p>Le Commissaire Sous R\u00e9gional avait ignor\u00e9 que mon \u00e9pouse LUMBU SAGALI d\u00e9pendait du centre de N\u00e9goce de Kongolo, jusqu\u2019\u00e0 la date de son immatriculation au Registre du commerce, greffe du tribunal de Grande Instance de Lubumbashi au n\u00b0 d\u2019ordre 2253, le 11 mars 1986. Sa derni\u00e8re patente, celle de 1985 porte le n\u00b0 6\/073\/KGLO\/ENI\/85 et le payement de la taxe annuelle, celle du chiffre d\u2019affaires et \u00e0 l\u2019OPEZ se prouve par la quittance n\u00b0 929385 lui d\u00e9livr\u00e9\u00a0: Il en est de m\u00eame de la taxe r\u00e9mun\u00e9ratoire et au fond de promotion h\u00f4telier dont le payement de la tranche du 3<sup>e<\/sup>\u00a0 trimestre 1985 est constat\u00e9 par la quittance n\u00b0 931338.<\/p>\n<p>A ses obligations r\u00e9guli\u00e8res, s\u2019ajoutent les cotisations et l\u2019offre des loyers gratuits aux personnes\u00a0 recommand\u00e9es par la police politique ou le Commissaire de zone et \u00e0 titre exemplatif, je ne citerai ici que les cas de DJUMA SELEMANI et sa famille ou des citoyens MUTONKOLE et MUTAND YAV de l\u2019OEZA\/JMPR\/Shaba, dont les factures \u00e9tablies pour un s\u00e9jour d\u2019un mois n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 honor\u00e9es.<\/p>\n<p>Je me trouve depuis pr\u00e8s de trois mois en d\u00e9tention sans jugement ni condamnation et le pouvoir ne veille ni \u00e0 mon alimentation, ni \u00e0 mes soins hospitaliers. Les intimidations \u00e0 l\u2019endroit de mes visiteurs ont \u00e9cart\u00e9 de moi, les bienfaiteurs \u00e9ventuels. Ayant \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9 \u00e0 Lubumbashi le 9\/03\/82 au cachot de T 2, je garde les s\u00e9quelles au niveau des oreilles, du pied gauche et surtout de mon \u0153il gauche souffrant gravement actuellement. Un examen ad\u00e9quat aupr\u00e8s d\u2019un ophtalmologue s\u2019av\u00e8re indispensable mais toutes les demandes introduites pour un transfert \u00e0 un centre, o\u00f9 il y a un sp\u00e9cialiste et le support par l\u2019Etat des frais hospitaliers et pharmaceutiques restent sans suite. Il se pourrait que je devienne bient\u00f4t borgne mais aussi que je d\u00e9c\u00e8de suite \u00e0 la sous alimentation, des mauvaises conditions de d\u00e9tention ou d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie quelconque qui guette tant tous les n\u00e9cessiteux.<\/p>\n<p>Mon \u00e9pouse et mes enfants continuent \u00e0 rester \u00e0 Lubumbashi o\u00f9, ils m\u2019avaient suivi lors de ma d\u00e9tention de novembre 85 \u00e0\u00a0 mars 86, pendant que ma veuve m\u00e8re et mes jeunes fr\u00e8res d\u00e9sormais sous ma responsabilit\u00e9 directe sont \u00e0 Mbulula. Les uns et les autres n\u2019osent me rejoindre parce qu\u2019ils savent que le changement r\u00e9gulier des lieux de ma d\u00e9tention a pour but de d\u00e9stabiliser mon foyer et faire manquer une s\u00e9rieuse formation scolaire \u00e0 mes enfants et fr\u00e8res pour l\u2019unique raison de l\u2019intol\u00e9rance politique.<\/p>\n<p>Si la justice actuelle ne remet pas ma famille dans ses droits, je suis s\u00fbr et certain cependant que l\u2019histoire ne gardera pas quant \u00e0 elle, le silence.<\/p>\n<p><strong>\u00a0Sign\u00e9\/LUMBU MALOBA NDIBA<\/strong><\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Un des fondateurs de l\u2019UDPS<\/strong><\/p>\n<p>Certains \u00e9v\u00e9nements me permirent de traduire ma pens\u00e9e. Il en \u00e9tait ainsi lors de l\u2019entretien que j\u2019avais eu avec le G\u00e9n\u00e9ral MAHELE pendant son s\u00e9jour \u00e0 Kalemie, du contenu de ma note au Commissaire d\u2019Etat \u00e0 l\u2019Administration du Territoire et \u00e0 la D\u00e9centralisation, le citoyen MWANDO \u00a0NSIMBA de passage \u00e0 Kalemie et \u00e0 l\u2019occasion de mes rencontres avec le Commissaire Sous R\u00e9gional du Tanganika, le citoyen MOUPONDO MAFUNDJI.<\/p>\n<p>Au sujet de l\u2019entretien que j\u2019avais eu avec le g\u00e9n\u00e9ral Mahele,\u00a0il faisait d\u00e9j\u00e0\u00a0 noir lorsqu\u2019une jeep militaire abord duquel se trouvait le citoyen Ebulu vint me prendre \u00e0 mon cachot pour une destination que je ne connaissais pas. Lorsque les militaires me demand\u00e8rent de p\u00e9n\u00e9trer dans une villa de Filtisaf, c\u2019est alors que j\u2019appris que j\u2019allais rencontrer le G\u00e9n\u00e9ral Mahele.<\/p>\n<p>M\u2019ayant demand\u00e9 de prendre un verre de Tembo, je n\u2019acceptais pas pr\u00e9textant que mon \u00e9tat de d\u00e9tenu ne me permettait pas de jouir d\u2019un tel luxe. Le G\u00e9n\u00e9ral m\u2019informa qu\u2019il avait vu au Kasa\u00ef mes coll\u00e8gues anciens parlementaires et de ce fait pendant son passage \u00e0 Kalemie il avait souhait\u00e9 me faire r\u00e9fl\u00e9chir sur ma situation. J\u2019\u00e9tais encore jeune et ce qu\u2019il me fallait \u00e9tait de travailler pour aider ma famille dont les petits fr\u00e8res \u00e9taient \u00e0 ma charge. Il rench\u00e9rit \u00a0qu\u2019il connaissait le citoyen Ngalula dont les enfants \u00e9tudiaient \u00e0 l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e\u00a0 de Gombe d\u00e8s avant l\u2019ind\u00e9pendance et dont la vie \u00e9tait ais\u00e9e tout comme Tshisekedi, qui \u00e0 Mbuji Mayi lors de la pr\u00e9sentation de l\u2019hymne national,\u00a0 \u201cla Za\u00efroise,\u201d portait encore la toque et la canne comme le Pr\u00e9sident Mobutu.<\/p>\n<p>Le G\u00e9n\u00e9ral me demanda de r\u00e9fl\u00e9chir parce que m\u00eame la maison de Kongolo que je disais mienne, il allait la prendre pour y mettre ses services. Lui ayant assur\u00e9 ma conviction \u00e0 la lutte pour la d\u00e9mocratie, il m\u2019apprit que le lendemain il allait visiter les militaires au front dans les montagnes le long du lac Tanganika et qu\u2019il m\u2019am\u00e8nerait pour que j\u2019aille me rendre compte des souffrances des soldats, enfin il m\u2019autorisa de repartir.<\/p>\n<p>Je lui remis une copie de ma lettre dans laquelle je me plaignais des mes conditions de d\u00e9tention et du comportement du citoyen Ebulu qui arr\u00eatait les t\u00e9moins de J\u00e9hovah et les soumettait aux corv\u00e9es. Mis au courant de cette lettre, l\u2019inspecteur se f\u00e2cha \u00e9norm\u00e9ment contre moi et ordonna qu\u2019on ne me visite pas et surtout qu\u2019on m\u2019arrache toute correspondance qu\u2019on pouvait me surprendre avec. Le G\u00e9n\u00e9ral Mahele quant \u00e0 lui, \u00a0ne m\u2019envoya pas le v\u00e9hicule pour me chercher le matin afin que je me rende au front\u00a0! Cette nouvelle avait fait affirmer d\u2019aucuns\u00a0 que si j\u2019\u00e9tais parti, j\u2019allais y \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>En ce qui concerne ma note au Commissaire d\u2019Etat Mwando\u00a0 Nsimba, ayant appris qu\u2019il allait recevoir les gens lors de son s\u00e9jour \u00e0 Kalemie, j\u2019\u00e9crivis une note dans laquelle je lui demandais de mettre un terme \u00e0 la pers\u00e9cution ordonn\u00e9e par le Gouverneur, dont j\u2019\u00e9tais victime pendant que certains de mes coll\u00e8gues continuaient \u00e0 s\u00e9journer calmement dans leurs villages d\u2019origine et que d\u2019autres \u00e9taient libres. J\u2019avais charg\u00e9 mon jeune neveu Imbwembwe de lui amener cette note et si possible de m\u2019apporter la r\u00e9ponse, que j\u2019attendis en vain.<\/p>\n<p>Le passage du citoyen Mwando avait eu lieu peu apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e massive des Bena Lulenge \u00e0 Kalemie. Ces tusti venaient d\u2019Uvira pour partir s\u2019installer dans les Vyura, zone de Moba. Ils avaient \u00e9t\u00e9 gard\u00e9s pendant un temps \u00e0 l\u2019agence nationale de documentation, temps pendant lequel j\u2019y avais \u00e9t\u00e9 extrait pour \u00eatre log\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00f4tel du lac.<\/p>\n<p>Il m\u2019avait \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9 que l\u2019ordre de les rel\u00e2cher \u00e9tait venu des autorit\u00e9s de la Territoriale. Etant donn\u00e9 que Mwando \u00e9tait Gouverneur du Kivu avant de devenir Commissaire d\u2019Etat \u00e0 l\u2019Int\u00e9rieur, certaines langues affirmaient que cela se faisait avec sa complicit\u00e9.<\/p>\n<p>Pour ce qui est de mes rencontres avec le Commissaire Sous R\u00e9gional MOUPONDO, lorsque j\u2019appris que la sous r\u00e9gion de Tanganika venait d\u2019avoir un nouveau Commissaire Sous R\u00e9gional qu\u2019\u00e9tait un juriste comme moi, j\u2019avais fond\u00e9 \u00a0beaucoup d\u2019espoir en ce nouveau venu, parce que je me disais pouvoir d\u00e9couvrir une vieille connaissance de la facult\u00e9 ou du barreau.\u00a0Toutes mes demandes pour le rencontrer n\u2019obtinrent pas gain de cause et pourtant pour l\u2019agence nationale de documentation, je d\u00e9pendais du Commissaire Sous R\u00e9gional. C\u2019est donc lui qui devait r\u00e9pondre \u00e0 mes besoins d\u2019alimentation.<\/p>\n<p>Alors que mon \u00e9pouse en provenance de Lubumbashi \u00e9tait venue me visiter, j\u2019attendais d\u2019\u00eatre appel\u00e9 par l\u2019inspecteur aupr\u00e8s de qui j\u2019avais formul\u00e9 une demande d\u2019audience. Celui-ci malgr\u00e9 l\u2019acceptation me signifi\u00e9e le matin quitta vers 14 heures sans m\u2019appeler, ce qui me r\u00e9volta et me fit d\u00e9cider de le joindre dans la cour. Au sujet de mon alimentation, il me r\u00e9pondit qu\u2019il n\u2019en pouvait rien et que la sous r\u00e9gion ne lui donnait rien, je lui avais alors demand\u00e9 de me laisser partir \u00e0 la sous r\u00e9gion poser moi-m\u00eame ce probl\u00e8me, ce qu\u2019il refusa. Je me mis \u00e0 lui d\u00e9montrer que ma d\u00e9tention par lui ne reposait sur aucune base l\u00e9gale, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019\u00e0 plusieurs reprises sa hi\u00e9rarchie avait affirm\u00e9 que j\u2019\u00e9tais \u00e0 la disposition de la territoriale. Il fallait qu\u2019il refuse de me garder, comme il n\u2019avait pas de possibilit\u00e9 de me nourrir. Je conclus enfin que c\u2019\u00e9tait dommage qu\u2019il n\u2019\u00e9tait pas lui m\u00eame un juriste mais plut\u00f4t un ancien de l\u2019Institut P\u00e9dagogique Nationale (IPN), form\u00e9 en anglais, c-\u00e0-d, un professeur qualifi\u00e9 qui devait donner cours aux \u00e9l\u00e8ves qui en manquaient au lieu de se m\u00ealer aux probl\u00e8mes auxquels il n\u2019avait pas la comp\u00e9tence voulue.<\/p>\n<p>F\u00e2ch\u00e9, il donna l\u2019ordre \u00e0 ses collaborateurs de me mettre au cachot. Ainsi \u00a0Baruani et les gendarmes se saisirent de moi et malgr\u00e9 ma r\u00e9sistance, ils me jet\u00e8rent dans le cachot en compagnie de mon \u00e9pouse sans son b\u00e9b\u00e9.\u00a0 Celui-ci se mit \u00e0 pleurer tellement, que Dallas l\u2019amena au bureau du Commissaire Sous R\u00e9gional et revint enlever le bois servant de fermeture \u00e0 la porte du cachot, sous les yeux complaisants des collaborateurs de l\u2019inspecteur. Sorti du cachot, je me mis \u00e0 courir vers le bureau du Commissaire Sous R\u00e9gional, suivi des gendarmes et de mon \u00e9pouse. Y \u00e9tant entr\u00e9 brusquement, je trouvai ainsi pour la toute premi\u00e8re fois mon soit disant confr\u00e8re du Barreau de Kinshasa, Ma\u00eetre Moupondo, qu\u2019\u00e9tait en pleine conversation avec le citoyen Ebulu. Il donna un peu d\u2019argent ce jour \u00a0et promit de mieux suivre le dossier tout en me demandant de rentrer \u00e0 l\u2019and.<\/p>\n<p>Ayant re\u00e7u un peu d\u2019argent d\u2019un bon samaritain, je me mis \u00e0 m\u2019arranger avec les gendarmes pour fr\u00e9quenter certaines nuits les d\u00e9bits de boissons situ\u00e9s dans le quartier Kamukolobondo et f\u00eatai la No\u00ebl en bonne compagnie. Certaines personnes croyaient que j\u2019\u00e9tais le fr\u00e8re de l\u2019op\u00e9rateur de phonie, C\u00e9sar, qui habitait avec sa famille dans l\u2019enclos de l\u2019and. Pour la post\u00e9rit\u00e9,\u00a0 j\u2019avais\u00a0 pos\u00e9 avec ce dernier mais aussi avec mon \u00e9pouse, notre enfant Lumbu Muyenga alias UDPS, mon neveu Imbwembwe alias Dallas et maman\u00a0 Bizuli Mulega, les photos ci-dessous\u00a0:<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1373 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu06-202x300.jpg\" alt=\"Protais Lumbu06\" width=\"202\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu06-202x300.jpg 202w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu06-600x887.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu06.jpg 607w\" sizes=\"(max-width: 202px) 100vw, 202px\" \/><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1374 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu07-204x300.jpg\" alt=\"Protais Lumbu07\" width=\"204\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu07-204x300.jpg 204w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu07-600x880.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu07.jpg 606w\" sizes=\"(max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1375 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu08-204x300.jpg\" alt=\"Protais Lumbu08\" width=\"204\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu08-204x300.jpg 204w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu08-600x879.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu08.jpg 625w\" sizes=\"(max-width: 204px) 100vw, 204px\" \/><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-1376 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu09-200x300.jpg\" alt=\"Protais Lumbu09\" width=\"200\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu09-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu09-600x899.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu09.jpg 607w\" sizes=\"(max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u2019inspecteur ne se plaignit pas d\u2019une mani\u00e8re ferme de ce comportement affich\u00e9. Il se v\u00e9rifia quelques jours apr\u00e8s que je ne devais plus \u00eatre gard\u00e9 \u00e0 l\u2019and.<\/p>\n<p>En effet, le Gouverneur de la r\u00e9gion du Shaba ayant ordonn\u00e9 mon retour \u00e0 Kayanza depuis le 6 d\u00e9cembre 1986, le Commissaire Sous r\u00e9gional avait convoqu\u00e9 le Commissaire de zone et le Commandant de la Gendarmerie de Kongolo, le Chef de Collectivit\u00e9 de Nyembo et le Chef de Localit\u00e9 de Kayanza pour les instruire de mes nouvelles conditions de bannissement.<\/p>\n<p>Le lendemain du nouvel an 1987, les bruits faisant \u00e9tat de l\u2019arriv\u00e9e \u00e0 Kalemie du Commissaire de zone de Kongolo pour me prendre couraient, mais cela ne se concr\u00e9tisa que le 4 janvier 1987.<\/p>\n<p>Extrait du lieu de ma d\u00e9tention pour le bureau du Commissaire Sous R\u00e9gional, j\u2019y avais trouv\u00e9 une assembl\u00e9e dans laquelle se trouvait aussi le chef de localit\u00e9 de Kayanza, le citoyen Mukalamusi. Ayant pris la parole, le Commissaire Sous R\u00e9gional \u00a0m\u2019avait signifi\u00e9 qu\u2019il me mettait dans les mains du chef de localit\u00e9 de Kayanza et \u00e0 cet effet, il avait sign\u00e9 une d\u00e9cision dont il lit le contenu.<\/p>\n<p><em>\u00a0<\/em>\u00a0Apr\u00e8s l\u2019avoir entendu je lui avais pos\u00e9 des questions au sujet de mes biens. La r\u00e9ponse qui m\u2019avait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e \u00e9tait que mon immeuble de Kongolo restera ferm\u00e9 et que l\u2019h\u00f4tel Bouger et Faire Bouger ne pouvait pas r\u00e9 ouvrir ses portes.<\/p>\n<p>En me demandant de ne pas quitter les limites de Kayanza tout en ne permettant pas \u00e0 ma famille de jouir de son immeuble, l\u2019autorit\u00e9 de la territoriale ne visait qu\u2019\u00e0 porter atteinte \u00e0 mon moral, celui de mon \u00e9pouse et de mes enfants.<\/p>\n<p>Je condamnais \u00e9nergiquement la d\u00e9cision du Gouverneur et me mis \u00e0 invoquer en cette journ\u00e9e du 4 janvier, Patrice Lumumba et tous les martyrs de l\u2019ind\u00e9pendance d\u2019intervenir pour donner au peuple la d\u00e9mocratie qui lui \u00e9tait\u00a0 confisqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Sorti du bureau, je vis venir \u00a0une jeep qui d\u00e9barqua des policiers militaires qui se saisirent de moi, me brutalis\u00e8rent et \u00a0me jet\u00e8rent dans le v\u00e9hicule qui me conduisit au cachot de l\u2019Etat Major de la 13 \u00e8 Brigade des forces arm\u00e9es za\u00efroises.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">A suivre<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte tir\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. \u00abMon apport dans le Triomphe de la d\u00e9mocratie multipartiste\u2019 \u00bb D\u00e8s le lendemain de mon arriv\u00e9e \u00e0 Kayanza, je re\u00e7us la nouvelle de la fermeture de\u00a0 \u00a0l\u2019 h\u00f4tel Bouger et Faire Bouger \u00e0 Kongolo sur ordre formel et imp\u00e9ratif des instances sup\u00e9rieures. 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