﻿{"id":2399,"date":"2015-11-25T15:51:46","date_gmt":"2015-11-25T14:51:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.femmefortes.com\/?p=2399"},"modified":"2015-11-25T15:51:46","modified_gmt":"2015-11-25T14:51:46","slug":"chapitre-16-de-ma-vie-quotidienne-a-kayanza","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/blog\/2015\/11\/25\/chapitre-16-de-ma-vie-quotidienne-a-kayanza\/","title":{"rendered":"Chapitre 16. De ma vie quotidienne \u00e0 Kayanza."},"content":{"rendered":"<h3><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-1135\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12.jpg\" alt=\"Protais-Lumbu\" width=\"500\" height=\"156\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12.jpg 960w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12-300x93.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/07\/Protais-Lumbu12-600x187.jpg 600w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/h3>\n<h3><em>Texte tir\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. \u00abMon apport dans le Triomphe de la d\u00e9mocratie multipartiste\u2019 \u00bb<\/em><\/h3>\n<div id=\"attachment_1776\" style=\"width: 399px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Protais-Lumbu21.gif\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-1776\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-1776\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/11\/Protais-Lumbu21.gif\" alt=\"Protais-Lumbu21\" width=\"389\" height=\"400\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-1776\" class=\"wp-caption-text\">Protais LUMBU MALOBA NDIBA, Pr\u00e9sident de l&rsquo;UDPS. Ph. \u00ab\u00a0femmefortes.com\u00a0\u00bb<\/p><\/div>\n<p>Apr\u00e8s avoir parcouru les douze kilom\u00e8tres s\u00e9parant Mbulula de Kayanza, le v\u00e9hicule s\u2019arr\u00eata devant la maison du chef de localit\u00e9, le citoyen MUKALAMUSI qui fut invit\u00e9 par le Commissaire de zone d\u2019y embarquer pour se diriger \u00e0 la maison de Mbundu, chef de la famille \u00e9largie des Bagana Mbele. Il faisait d\u00e9j\u00e0 sombre en ses d\u00e9buts du mois de d\u00e9cembre 1983.<\/p>\n<p>S\u2019adressant au chef de mon quartier d\u2019origine, le citoyen MUPATSH lui informa qu\u2019il m\u2019avait ramen\u00e9 chez lui avec ma famille sur recommandation des hautes autorit\u00e9s de Kinshasa.<\/p>\n<p>Les jeunes du quartier retir\u00e8rent mes malles du v\u00e9hicule pour \u00a0les entreposer dans la maison qui appartenait au citoyen MUYUMBA Adrien, mari\u00e9 et p\u00e8re d\u2019un b\u00e9b\u00e9.\u00a0 J\u2019y avais occup\u00e9 trois pi\u00e8ces soit une chambre, un salon et une cuisine. La quatri\u00e8me pi\u00e8ce avec porte donnant \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur\u00a0 resta \u00e0 la disposition du propri\u00e9taire.<\/p>\n<p>Mon s\u00e9jour avait \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9 par mon accueil \u00a0par les diff\u00e9rentes familles du village, les f\u00eates de No\u00ebl 1983 et de nouvel an 1984, l\u2019adaptation difficile de mes enfants, les travaux de champs, la construction de ma maison, la violation par le pouvoir de\u00a0 droits de ma famille aux soins m\u00e9dicaux, mes visiteurs et mes promenades dans le village, \u00a0\u00a0l\u2019affaire \u00a0Buya, le bapt\u00eame et la premi\u00e8re communion de mes enfants et enfin mon apport dans la r\u00e9organisation du football local.<\/p>\n<p>D\u00e8s le lendemain de mon arriv\u00e9e \u00e0 Kayanza, diff\u00e9rentes familles vinrent me saluer. Je m\u2019int\u00e9ressais \u00e0 connaitre \u00a0leur composition et plus particuli\u00e8rement, celle de ma famille \u00e9largie qui comprenait \u00a0les enfants de Kahinga, de Lukonzola, de Nyembo ya Muteba, de Lusoni et d\u2019Abulu Mbwizya.<\/p>\n<p>Il n\u2019y avait plus \u00e0 Kayanza les enfants de mon grand p\u00e8re LUMBU PILIPILI, qui \u00e9tait mbundu \u00e0 l\u2019accession du pays \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance en 1960.\u00a0 A son d\u00e9c\u00e8s le 05 novembre 1960\u00a0 il avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par son fr\u00e8re LUKONZOLA. Ce dernier mourut suite \u00e0 un accident de voiture sur la route de Likasi-Lubumbashi en juillet 1971 et avait \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par MUHEMELI MUGANZA, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 peu de temps seulement apr\u00e8s, pour laisser la charge de la famille \u00e9largie \u00e0 son petit fr\u00e8re Simon KALUNGA qui devint Mbundu Kabangila.<\/p>\n<p>La famille Kahinga comprenait Kalunga Simon, Mwehu Lengalenga, Kahozi, Nyota et leurs enfants, auxquels s\u2019ajoutaient, les enfants de leurs fr\u00e8res d\u00e9c\u00e9d\u00e9s Mwemeli et\u00a0 Sunzu.<\/p>\n<p>Papa Kalunga Simon avait une \u00e9pouse qui s\u2019appelait Chungu ya Mbwizya Makili. Il vivait avec sa belle m\u00e8re r\u00e9pondant au nom de Ngeleya, \u00e0 laquelle ses belles s\u0153urs \u00a0Kaya, qui habitait \u00e0 Mazyombo et Kiuna,\u00a0 m\u00e8re de Maangaiko Kipete qui r\u00e9sidait aussi \u00e0 Kayanza, venaient r\u00e9guli\u00e8rement visiter. \u00a0Sous son toit \u00a0\u00e9taient aussi ses enfants en bas \u00e2ge tel que Jeunesse et ses petits enfants Kusema et Kakubwa n\u00e9s de leur fille Salima, mari\u00e9e \u00e0 Ilunga Mwenge. Il y avait aussi \u00a0Munyanya, l\u2019enfant du feu Mwalimu Seba, petit fr\u00e8re de mama Chungu<\/p>\n<p>Les enfants majeurs de Papa Simon s\u2019appelaient\u00a0Fid\u00e8le Sangwa Kahinga et Pacifique Yogo. Ils \u00e9taient mari\u00e9s \u00a0\u00a0respectivement \u00e0 \u00a0Sido et Bernadette et avaient plusieurs enfants dont ceux de Fid\u00e8le Ngeleya et Muchapa \u00e9taient les plus connus. Pacifique \u00e9tait enseignant \u00e0 l\u2019\u00e9cole du lieu.<\/p>\n<p>Mwehu et Kahozi vivaient avec leur maman r\u00e9pondant au nom de Muswa Bandu. Papa Mwehu avait son \u00e9pouse Bimuloko Muneme et ses enfants mineurs Mbuya, Bienvenu, Olivier et Muganza. Ses enfants \u00a0majeurs, Godefroid Pataule, surnomm\u00e9 Kapipi, Michel Bulongomoto et Muyumba Adrien \u00e9taient mari\u00e9s respectivement \u00e0 Tupende, Christine et Agathe. \u00a0Protais et Muneme \u00e9taient les enfants de God\u00e9, Adalbert de Michel et Kapipi d\u2019 Adrien.<\/p>\n<p>Papa Kahozi avait son \u00e9pouse r\u00e9pondant au nom de Muhiya Tubyangalie. Ses enfants majeurs Jamais et Kamulete \u00e9taient mari\u00e9s respectivement \u00e0 Sikuzani et \u00e0 Twikaze. Mashauri, Taratibu et Maganga encore mineurs vivaient sous son toit. Sa fille Amnaso \u00e9tait mari\u00e9e \u00e0 Ramazani de la famille de Bagana Kitungwa toujours \u00e0 Kayanza. Mbombo et Edith \u00e9taient les enfants de Jamais<\/p>\n<p>Il y avait aussi Nyota, la fille de Kahinga et Abezya. M\u00e8re de Roger fils de Katanda Ngoy, elle avait sous son toit ses petits enfants Sangwa Kazimoto et Suzanne dont leur p\u00e8re Emmanuel \u00e9tait militaire \u00e0 Lubmbashi.<\/p>\n<p>Les enfants majeurs de fr\u00e8res d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de Mbundu Simon \u00e9taient \u00a0L\u00e9andre Nyembo Kanyunya, Mbayo Esp\u00e9rance, Bienfait Lwamba, Kichele et Nyota.<\/p>\n<p>L\u00e9andre \u00e9tait le fils du pr\u00e9c\u00e9dent Mbundu, Muganza Mwemeli. \u00a0C\u2019est lui qui exer\u00e7ait le r\u00f4le administratif de Mbundu. Mari\u00e9 \u00e0 Tupende Chantal, il \u00e9tait p\u00e8re de Symphorien, Dina, P\u00e9lagie et Patrick qui jouaient r\u00e9guli\u00e8rement avec mes enfants.<\/p>\n<p>Mbayo Esp\u00e9rance, Bienfait, Kichele et Nyota, mari\u00e9s respectivement \u00e0 Tubiache, Luvungu, Musangu et Kahenga \u00e9taient les enfants majeurs de Sunzu, fils cadet de Kahinga. Charmi et Katumbwe \u00e9taient les enfants de Mbayo tandis que Nzaina, Kaya et Chungu \u00e9taient ceux de Kichele. Aupr\u00e8s de leur veuve maman Nzaina \u00e9taient les enfants mineurs Sagali et Lumbu.<\/p>\n<p>En dehors des enfants de Kahinga, il y avait les enfants de Lukonzola, qu\u2019\u00e9taient Kachoma et Kilonda, les enfants de Nyembo ya Muteba qu\u2019\u00e9taient Felix, Chalo, Ngeleza, l\u2019enfant de Lusoni qu\u2019\u00e9tait Faustin Ambogobogo et Tengeneza, l\u2019enfant d\u2019Abul Mbwizya.<\/p>\n<p>Kachoma \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Nzaina, m\u00e8re d\u2019Elisa et Mbundu. Il \u00e9tait fils de Mutondo Bongo, fr\u00e8re de Lukonzola, tandis que \u00a0Kilonda \u00e9tait le fils de Lumbu Kilikili Kitambala, le petit fr\u00e8re de Lukonzola, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode que Mbundu Mwemeli et enterr\u00e9 express\u00e9ment \u00a0\u00e0 Magunda pr\u00e8s de Bigobo, o\u00f9 habitent aussi les bagambele de la famille mbundu.<\/p>\n<p>F\u00e9lix, \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Faila. Il avait des enfants majeurs qui r\u00e9pondaient aux noms de\u00a0 \u00a0Prosper, Sidonie et Beno\u00eet et des enfants mineurs s\u2019appelant Pierre et Donat Lumbu Pilipili.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9pouse de Charles Chupa, commun\u00e9ment appel\u00e9 Chalo, petit fr\u00e8re de F\u00e9lix s\u2019appelait aussi Faila. Leurs enfants \u00e9taient les filles jumelles Kaya et Chungu et leur fils Kayumba.<\/p>\n<p>Ngelezya qui n\u2019avait ni femme ni enfant et se distinguait par le port de culotte \u00e9tait le cadet de Felix et Chalo.<\/p>\n<p>Faustin Ambogobogo \u00a0\u00e9tait le fils de Lusoni, p\u00e8re de Norbert Kiteba. Il \u00e9tait en train de quitter Kayanza pour habiter \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>Enfin Tengeneza, l\u2019enfant d\u2019Abulu Mbuizya \u00e9tait mari\u00e9 \u00e0 Salima et Sumbukeni. Olivier, Martin et Emerance \u00e9taient leurs enfants.<\/p>\n<p>Papa Simon Kalunga Mbundu veillait aussi sur Apendaki, la maman de Kahozi- a- Mulonda alias capabule et Kitumaini \u00a0fils de Mbuya ya Kilamb, le muzila nyoka ayant ses palmiers \u00e0 Ifufu et proche parent de Kahinga.<\/p>\n<p>Toute la famille Mbundu m\u2019avait accueilli dans la joie et m\u2019entourait de tous les soins possibles. Pendant mes premiers jours, \u00a0elle m\u2019apportait ses produits de champs.<\/p>\n<p>Originaire de Kayanza, mon \u00e9pouse y avait aussi sa famille, celle des bagana Kilumba dont Honor\u00e9 Kilonda \u00e9tait le grand fr\u00e8re de son papa. Notre arriv\u00e9e \u00e0 Kayanza fut pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de pr\u00e8s, du d\u00e9c\u00e8s de son grand-p\u00e8re paternel Sindano Kayumba.<\/p>\n<p>Tout le village \u00e9tait sensible \u00e0 notre sort. Nous avions re\u00e7us beaucoup de visites d\u2019encouragement dont celles de la famille Tulilwa, le muzilanyoka, dirig\u00e9e par l\u2019enseignant pensionn\u00e9 Philippe Nyembo, la famille Tchubula de bagana Kilumba, compos\u00e9e de Bonaventure Mabenga, Zacharie Ndambwe et Amed\u00e9e Sakania et tant d\u2019autres.<\/p>\n<p>Je fis inscrire mes enfants Baby et Maman \u00e0 l\u2019\u00e9cole et avais tent\u00e9 en vain de m\u2019occuper personnellement de Baby \u00e0 qui je compl\u00e9tais la formation avec les livres de l\u2019\u00e9cole Malula.<\/p>\n<p>L\u2019enseignement ayant \u00e9t\u00e9 dispens\u00e9 en kiswahili alors que la langue parl\u00e9e \u00e9tait le kinanyembo, mes enfants qui parlaient fran\u00e7ais connurent des difficult\u00e9s \u00e9normes d\u2019adaptation.<\/p>\n<p>Il m\u2019arrivait de m\u2019\u00e9nerver et \u00e0 me mettre \u00e0 taper Baby, pendant que Papa Mwehu venait intervenir et me demandait si mon p\u00e8re me tapait autant pour les raisons d\u2019\u00e9tudes. Baby pleurait aussi beaucoup quand sa maman lui enlevait les chiques innombrables \u00e0 ses orteils.<\/p>\n<p>Ma fille maman, au lieu de se trouver en classe, faisait souvent l\u2019\u00e9cole buissonni\u00e8re avec les autres enfants de son \u00e2ge non scolaris\u00e9s. Il m\u2019arrivait de la voir venir avec les feuilles de manioc \u00e0 la t\u00eate alors que je pensais qu\u2019elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9cole\u00a0! Que des frissons n\u2019avais-je pas eu lorsqu\u2019un jour, une de ses coll\u00e8gues avait \u00e9t\u00e9 \u00a0mordue par un serpent alors qu\u2019elle cueillait les feuilles de manioc.<\/p>\n<p>Toutes mes interventions pour l\u2019en emp\u00eacher avaient \u00e9chou\u00e9es parce qu\u2019au village, les enfants vivaient sous l\u2019influence de tout le groupe et de tout le monde.<\/p>\n<p>A peine arriv\u00e9e \u00e0 Kayanza, je profitai de la journ\u00e9e internationale de droits de l\u2019homme pour adresser une note \u00e0 l\u2019amnesty international et \u00e0 la f\u00e9d\u00e9ration internationale des droits de l\u2019homme, \u00a0dans laquelle je d\u00e9non\u00e7ais les conditions dans lesquelles le pouvoir m\u2019avait plac\u00e9 avec mon \u00e9pouse et mes enfants tout simplement parce que j\u2019\u00e9tais opposant.<\/p>\n<p>A l\u2019occasion des f\u00eates de No\u00ebl 1983 et nouvel an 1984, je participai en famille \u00e9largie aux repas et boissons. Plus particuli\u00e8rement le jour de bonne ann\u00e9e, je partageai la viande de mouton que j\u2019avais fait \u00e9gorger, avec ma famille \u00e9largie, celle de mon \u00e9pouse et celle de mon grand p\u00e8re maternel qui habitait \u00e0 pr\u00e8s de Cinq kilom\u00e8tres, \u00e0 Kalwamba. Mon \u00e9pouse se chargea elle-m\u00eame le matin de cette journ\u00e9e d\u2019apporter ces cadeaux en se servant du v\u00e9lo que nous venions de nous procurer.<\/p>\n<p>J\u2019avais mang\u00e9 ce jour avec les autres membres de la famille autour de Mbundu et puis nous nous m\u00eemes \u00e0 prendre le lumay may dans la maison de Munyanya.<\/p>\n<p>Dans la grande joie, les diff\u00e9rents groupes du village pass\u00e8rent exprimer leur joie et r\u00e9clamer le cadeau de bonne ann\u00e9e. De temps \u00e0 autre\u00a0 il pleuvait, mais la pluie et la boue n\u2019emp\u00each\u00e8rent pas la f\u00eate.<\/p>\n<p>Alors que je m\u2019\u00e9tais retir\u00e9 \u00e0 un moment dans ma case, j\u2019entendis d\u2019abord des chansons puis un grand bruit \u00e0 la case de Mbundu. Curieux, je sortis et vis la citoyenne S\u00e9raphine Ngunda qui tentait de renverser Kichele.\u00a0 Les deux personnes \u00e9taient compl\u00e8tement couvertes de la boue\u00a0! Oui, elles f\u00eataient la bonne ann\u00e9e de leur mani\u00e8re.<\/p>\n<p>D\u00e8s apr\u00e8s le jour de nouvel an 1984, je me d\u00e9cidai \u00e0 me donner aux travaux des champs et de construire une habitation personnelle.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les travaux des champs, j\u2019avais achet\u00e9 un champ de ma\u00efs aupr\u00e8s de citoyen Metraque. Il avait \u00e9t\u00e9 question de r\u00e9colter ce ma\u00efs et l\u2019amener \u00e0 la maison. Ayant fait appel au concours de la famille puis des \u00e9coles primaire et secondaire, finalement, c\u2019est avec mon \u00e9pouse que nous nous avions parachev\u00e9 ce travail.<\/p>\n<p>En dehors de ce champ, je fis cultiver un autre dans lequel nous plant\u00e2mes les arachides.<\/p>\n<p>Nous avions bien voulu avoir des vastes champs mais h\u00e9las, tous ceux qui venaient travailler moyennant un paiement \u00e9taient objet de raillerie. Partout, les gens les consid\u00e9raient comme nos travailleurs. Tout ce qu\u2019ils achetaient \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme r\u00e9sultant de l\u2019argent gagn\u00e9 chez nous. Cela les d\u00e9courageait.<\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9s \u00e0 sarcler nous-m\u00eames notre champ d\u2019arachides, t\u00f4t le matin, habill\u00e9 en bleu jeans, ensemble avec mon \u00e9pouse en super wax, son b\u00e9b\u00e9 \u00ab\u00a0Victoire\u00a0\u00bb au dos et un bassin \u00e0 sa t\u00eate, nous nous rendions \u00e0 \u00a0la plaine de Kihonga. Pla\u00e7ant l\u2019enfant dans le bassin, nous nous mettions au travail. A un moment de la journ\u00e9e, beaucoup d\u2019insectes nous envahissaient et la chaleur nous \u00a0invitait \u00e0 recourir vers le bidon d\u2019eau pour \u00e9tancher la soif\u00a0! Mais h\u00e9las, l\u2019eau \u00e9tait chaude comme le bidon lui-m\u00eame et nous laissait \u00a0assoiff\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<p>La ros\u00e9e avait vite d\u00e9chir\u00e9 nos habits. Avant de retourner au village, mon \u00e9pouse rassemblait le bois et cueillait les feuilles de manioc qu\u2019elle portait dans son bassin.<\/p>\n<p>Extenu\u00e9s nous regagnions notre case. Pendant que je commen\u00e7ai mon repos, certains visiteurs ou membres de famille m\u2019apportaient le vin du palme \u00ab\u00a0le lumay may\u00a0\u00bb ou l\u2019alcool appel\u00e9 500 que nous partagions. En ce moment, mon \u00e9pouse se d\u00e9battait pour pr\u00e9parer \u00e0 manger et au cas o\u00f9 il n\u2019y avait pas d\u2019eau dans la maison, elle se rendait en chercher \u00e0 la rivi\u00e8re situ\u00e9e \u00e0 plus de trois kilom\u00e8tres ! C\u2019\u00e9tait une v\u00e9ritable corv\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<p>Certaines filles de bonne volont\u00e9, telles que Bonve de feu Pambauka, Mbombo de Tulia, Kusema et Kufwata d\u2019Emmanuel Katuluzi \u00a0aidaient mon \u00e9pouse \u00e0 bercer l\u2019enfant, piler le ma\u00efs ou le sombe et m\u00eame \u00e0 puiser de l\u2019eau. Il nous est arriv\u00e9 aussi de prendre en service Kaya et Kyungu de Ligali, Clothilde de Kiboko et Em\u00e9rence de papa Tengeneza.<\/p>\n<p>Pour la construction d\u2019une maison, le concours de la population avait \u00e9t\u00e9 appr\u00e9ciable. Je choisis comme emplacement, le lieu o\u00f9 mon grand-p\u00e8re Lumbu Pilipili Bwana Muyenga avait sa maison et o\u00f9 d\u2019ailleurs la maison de mon p\u00e8re venait \u00e0 peine de s\u2019\u00e9crouler. Ce lieu \u00e9tait progressivement occup\u00e9 par la famille Tulilwa dont\u00a0 les enfants de papa Philippe, papa Casimir et papa Th\u00e9ophile \u00e9taient \u00e0 la recherche de l\u2019espace.\u00a0 Pour que Kichele y construise sa maison, il avait fallu que toute la famille Mbundu convainque la famille Tulilwa. J\u2019avais personnellement b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la grande compr\u00e9hension de la famille Tulilwa.<\/p>\n<p>La fabrication des briques \u00e0 d\u2019aube pendant la saison des pluies ne fut pas ais\u00e9e. Alors que les \u00e9l\u00e8ves de l\u2019\u00e9cole primaire en fabriquaient \u00a0le matin, les pluies des apr\u00e8s midi en d\u00e9truisaient pr\u00e8s de la moiti\u00e9.<\/p>\n<p>Ayant commenc\u00e9 la construction et ne voulant pas arr\u00eater les travaux \u00e0 cause de manque des briques, je me mis \u00e0 acheter les constructions inhabit\u00e9es pour y r\u00e9cup\u00e9rer les briques.<\/p>\n<p>Les ma\u00e7ons du village, Fid\u00e8le Sangwa, Kumbi, Mamba, Emmanuel, Delphin et Philippe avaient \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s pour ce travail.<\/p>\n<p>Il arrivait que des fortes pluies d\u00e9truisent les murs \u00e0 peine \u00e9lev\u00e9s. Sans d\u00e9couragement, les ma\u00e7ons recommen\u00e7aient le travail. Pour les motiver, il fallait toujours acheter pour eux, le vin du palme le matin et l\u2019alcool 500, les apr\u00e8s midi.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9l\u00e9vation des murs, je fis venir de Kongolo les \u201c miama \u201d, troncs d\u2019arbres du genre de famille des palmiers se trouvant le long du fleuve Congo, pour la fabrication de la charpente. Philippe fit ce travail avec le charpentier Th\u00e9ophile. Il en avait \u00e9t\u00e9 de m\u00eame de t\u00f4lage.<\/p>\n<p>Michel Bulongomoto s\u2019\u00e9tait rendu \u00e0 Nyunzu pour acheter les t\u00f4les qu\u2019il avait d\u00e9pos\u00e9es \u00e0 Mbulula, \u00e9tant donn\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait pas de v\u00e9hicule pour les amener \u00e0 Kayanza. La population se d\u00e9pla\u00e7a b\u00e9n\u00e9volement \u00e0 leur recherche. Je me souviens toujours de ce geste combien noble pos\u00e9 par mon beau-p\u00e8re Munganga qui avait aussi \u00a0transport\u00e9 trois t\u00f4les de Mbulula \u00e0 Kayanza, pr\u00e8s de 12 km.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"><a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu8.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1315\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu8-300x187.jpg\" alt=\"Protais Lumbu8\" width=\"300\" height=\"187\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu8-300x187.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu8-600x374.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu8.jpg 676w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu9.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1316\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu9-300x185.jpg\" alt=\"Protais Lumbu9\" width=\"300\" height=\"185\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu9-300x185.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu9-600x370.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu9.jpg 642w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu10.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1317\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu10-300x182.jpg\" alt=\"Protais Lumbu10\" width=\"300\" height=\"182\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu10-300x182.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu10-600x364.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu10.jpg 658w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1318\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11-300x195.jpg\" alt=\"Protais Lumbu11\" width=\"300\" height=\"195\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11-300x195.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11-600x390.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11-207x136.jpg 207w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11-260x170.jpg 260w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu11.jpg 660w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p>Philippe Nyembo Tulilwa, l\u2019homme qui travaillait sans se fatiguer se chargea enti\u00e8rement du b\u00e9tonnage de la maison. L\u2019\u00e9cole primaire et certaines femmes du village r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es \u00e0 cet effet, se charg\u00e8rent de la recherche de la caillasse dans la rivi\u00e8re Kayanza. On chercha aussi du sable dans les champs de mbundu pour le cr\u00e9pissage des murs.<\/p>\n<p>D\u2019abord celles qui se donnaient \u00e0 ce travail avaient peur des critiques, mais apr\u00e8s nous e\u00fbmes difficile \u00e0 les faire entendre que nous n\u2019en avions plus besoin.<\/p>\n<p>Le P\u00e8re Antoine en avait manqu\u00e9 pour ses constructions au couvent des s\u0153urs \u00a0tout simplement parce que nous \u00e9tions plus r\u00e9mun\u00e9rateurs.<\/p>\n<p>Mbumbuluila, de son vrai nom Mukalamusi, divorc\u00e9 de ma tente Atiya et oncle paternel de mon \u00e9pouse, fabriqua des portes et fen\u00eatres en bois et les posa. Coleman de Lwenye fit des chaises et m\u00eame des tabourets-statuettes appel\u00e9s \u201c Bihuna. \u201d \u00a0Nous achet\u00e2mes deux lits en fer aupr\u00e8s de Mbayo ya Ndakala et d\u2019autres en bois aupr\u00e8s de divers menuisiers.<\/p>\n<p>Le pouvoir ne se contenta pas \u00e0 m\u2019assigner \u00e0 r\u00e9sidence \u00e0 Kayanza avec ma famille mais aussi \u00e0 nous refuser le droit aux soins m\u00e9dicaux.<\/p>\n<p>En effet, en avril 1984, mon \u00e9pouse rejoignit Kongolo avec les enfants pour les faire soigner \u00e0 l\u2019h\u00f4pital pendant les vacances de P\u00e2ques. D\u00e8s que la nouvelle de sa pr\u00e9sence \u00e0 Kongolo fut connue, le Commissaire de zone d\u00e9p\u00eacha une \u00e9quipe des militaires pour la ramener \u00e0 Kayanza avec ses enfants, le jour des P\u00e2ques.<\/p>\n<p>Ayant assist\u00e9 \u00e0 la messe de la nuit, je me trouvais dans la maison pendant que se d\u00e9roulait la messe pascale \u00e0 l\u2019\u00e9glise situ\u00e9e non loin de mon habitation. Apr\u00e8s avoir entendu le vrombissement d\u2019un moteur, je fus surpris de voir descendre d\u2019un v\u00e9hicule, mon \u00e9pouse, ses enfants et des militaires. Je n\u2019avais pas accept\u00e9 de recevoir le major qui voulait me rencontrer alors qu\u2019il avait ex\u00e9cut\u00e9 un ordre, violant les droits humains.<\/p>\n<p>L\u2019arriv\u00e9e massive des chr\u00e9tiens qui avaient quitt\u00e9 pr\u00e9cipitamment l\u2019\u00e9glise afin de s\u2019enqu\u00e9rir de ce qu\u2019allait m\u2019arriver convainquit les militaires de s\u2019en aller.<\/p>\n<p>Cette violation se r\u00e9p\u00e9ta deux mois plus tard lorsqu\u2019en juillet, ayant envoy\u00e9 mon \u00e9pouse au dispensaire de Mbulula avec notre b\u00e9b\u00e9 dont la peau \u00e9tait couverte des boutons, sa famille l\u2019ayant retenue, j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de la rejoindre et l\u2019accompagner moi-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le Commissaire de zone m\u2019y avait vite rejoint et chargea le chef de collectivit\u00e9 a.i. Bwanachui, Pr\u00e9sident du Conseil de collectivit\u00e9 de me convoyer en compagnie de Professeur Nyembo Kilonda Fernand, dipl\u00f4m\u00e9 en sciences d\u2019assainissement, enseignant dans une Universit\u00e9 de Rwanda. Une \u00e9pid\u00e9mie de diarrh\u00e9e sanguinolente s\u00e9vissait pendant cette p\u00e9riode dans ce milieu.<\/p>\n<p>Je profitai de ma rencontre avec cette personnalit\u00e9, originaire de la collectivit\u00e9 qui avait s\u00e9journ\u00e9 longtemps en Europe pour m\u2019entretenir avec elle de l\u2019UDPS et sur ses relations avec Jean Nguz Karl- I-bond.<\/p>\n<p>A Mbulua, la citoyenne V\u00e9ronique Mutumbe qui \u00e9tait en cong\u00e9 chez ses parents, \u00a0dactylographia ma lettre de protestation, \u00a0adress\u00e9e aux organismes humanitaires sous mon surnom de KIRONGOZI KOWINE.<\/p>\n<p>J\u2019appris pendant cette p\u00e9riode qu\u2019Agathe Mulimbi et Gabrieline Muzinga (\u00e9pouse du coll\u00e8gue Kyungu) logeaient au guest house. Elles \u00e9taient venues participer \u00e0 la campagne de ma\u00efs. Les ayant envoy\u00e9 mes salutations, j\u2019avais re\u00e7u en retour une copie de la note de Kyungu wa ku Mwanza adress\u00e9e \u00e0 Kibassa, dans laquelle il se d\u00e9clarait compl\u00e8tement ind\u00e9pendant et non capable de jouer le suiveur de qui que ce soit. Il s\u00e9journait lui aussi \u00e0 Kongolo.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Interdit de quitter Kayanza, j\u2019y recevais cependant \u00a0divers visiteurs. Ainsi de Mbulula, j\u2019avais re\u00e7u \u00e0 plusieurs reprises mon p\u00e8re, ma m\u00e8re, mon oncle paternel mwalimu Sixte, mon grand-oncle maternel Mayani. Ce dernier m\u2019avait apport\u00e9 une ch\u00e8vre.<\/p>\n<p>De Kalwamba, mes grands-parents maternels \u00e9taient venus en compagnie de mon oncle maternel Lukalanga Kibaya qui avait comme deuxi\u00e8me \u00e9pouse, ma cousine Lalia, fille de Mbundu Kabangila.<\/p>\n<p>De Zimba, je re\u00e7us Athanase et sa s\u0153ur, petits enfants de Zimba Kibakuma, fr\u00e8re de ma grand-m\u00e8re paternelle Mwayuma Mutowe Gwa Mugambwa et neveux de papa Tengeneza.<\/p>\n<p>De Kiyombo, les tantes de mon \u00e9pouse, son oncle Kaya et son cousin Matthieu passaient \u00e0 la maison chaque fois qu\u2019ils en avaient l\u2019occasion. Nous avions v\u00e9cu \u00e0 un moment \u00e0 la maison avec sa cousine Tufanyaye.<\/p>\n<p>D\u2019Ambundu, je re\u00e7us Adrien Mwanavita, alias \u201c Salongo \u201d avec lequel je passais en revue la situation politique, \u00e9conomique et sociale de la partie de la collectivit\u00e9 de Nyembo Nord o\u00f9 il r\u00e9sidait avec sa famille.<\/p>\n<p>De Kongolo, Georges Lwamba vint me dire qu\u2019il allait voyager au Rwanda avec sa famille tandis que Dieudonn\u00e9 Muyumba et Lipu Kanyoge me voyaient\u00a0 chaque fois qu\u2019ils s\u00e9journaient \u00e0 Ilunga et Mazyombo.<\/p>\n<p>Mon jeune fr\u00e8re Martin venait quant \u00e0 lui \u00e0 la fin de chaque mois pour \u00a0faire le rapport des activit\u00e9s du guest house et r\u00e9pondre \u00e0 mes demandes en argent ou fourniture quelconque. Souvent il atteignait Kayanza en \u00e9tat d\u2019\u00e9bri\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s lui avoir adress\u00e9 beaucoup des remarques sans qu\u2019il n\u2019ait chang\u00e9 de comportement, il fut remplac\u00e9 \u00e0 la gestion du guest house par Michel Bulongomoto peu apr\u00e8s son retour de Lubumbashi. Son dernier voyage comme g\u00e9rant fut celui pendant lequel il \u00e9tait venu avec quelques t\u00f4les dans le v\u00e9hicule des pr\u00eatres en compagnie de Mamy Regina.<\/p>\n<p>Peu avant les f\u00eates de fin d\u2019ann\u00e9e 1984, je me d\u00e9cidai \u00e0 occuper ma maison et lib\u00e9rer. Malheureusement ce qu\u2019allait devenir ma salle \u00e0 manger n\u2019avait pas encore ses fen\u00eatres.\u00a0 Impatient et surtout d\u00e9termin\u00e9 \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager, je d\u00e9p\u00eachais Sinatra \u00e0 Mbulula\u00a0 chez mes parents pour prendre deux t\u00f4les.<\/p>\n<p>Ce dernier vint me faire le rapport selon lequel, il lui \u00e9tait dit qu\u2019il n\u2019y avait pas de t\u00f4les. Pourtant lors de mon s\u00e9jour du mois de juillet \u00e0 Mbulula, j\u2019avais vu ces t\u00f4les et que Martin en justifiant certaines d\u00e9penses les avait cit\u00e9es.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9crivis \u00e0 mon p\u00e8re pour lui insister sur mon besoin urgent de ces t\u00f4les. Il me r\u00e9pondit que je devais r\u00e9gler ce probl\u00e8me avec mon petit fr\u00e8re Joseph. Il faisait d\u00e9j\u00e0 noir quand je me d\u00e9cidai \u00e0 rejoindre moi-m\u00eame Mbulula en compagnie du citoyen Nyembo Malengela, alias Sinatra.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s indign\u00e9, je protestai aupr\u00e8s de mes parents pour leur manque d\u2019emprise sur mes petits fr\u00e8res. Joseph continua \u00e0 r\u00e9sister en me disant que les t\u00f4les ne m\u2019appartenaient pas.<\/p>\n<p>Notre discussion devenait de plus en plus chaude. Papa Sixte et maman Val\u00e9riane tent\u00e8rent en vain de nous calmer. Mon fr\u00e8re cadet Sixte ayant soutenu Joseph, je me mis \u00e0 le chasser alors que ma m\u00e8re prenait sa d\u00e9fense. L\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait totalement confuse. Furieux, j\u2019entrai dans la maison et pris moi-m\u00eame deux t\u00f4les que je tendis \u00e0 Sinatra qui apparemment ne voulait pas s\u2019ing\u00e9rer dans les probl\u00e8mes de ma famille.<\/p>\n<p>Quittant la maison, Maman Val\u00e9riane m\u2019accompagna jusqu\u2019\u00e0 la route allant vers Kayanza. Je vis Joseph nous suivre. Il nous aida \u00e0 pousser le v\u00e9lo et nous souhaita bonne route. Plus loin nous march\u00e2mes c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te avec Sinatra qui poussait le v\u00e9lo jusqu\u2019\u00e0 Ndubula Ilunga o\u00f9 tr\u00e8s fatigu\u00e9s, nous nous arr\u00eat\u00e2mes sur la route pour nous reposer avant d\u2019atteindre Kayanza dans la nuit profonde.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la pose de ces t\u00f4les aux fen\u00eatres, j\u2019occupai la maison d\u00e8s apr\u00e8s sa b\u00e9n\u00e9diction par le pr\u00eatre. Mon grand-p\u00e8re maternel vint de Kalwamba express\u00e9ment pour la visiter.<\/p>\n<p>Il \u00e9tait connu que je recevais beaucoup de gens \u00e0 qui je faisais boire. Ainsi les personnes qui \u00e9taient tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9es par la boisson improvisaient leurs visites chez moi.<\/p>\n<p>Parfois, je me d\u00e9pla\u00e7ai pour prendre l\u2019alcool indig\u00e8ne\u00a0: lutuku ou 500, chez les Siaona de Mazuri ou de Kitumaini, chez la fille d\u2019Agostino Sanduku, chez Monica, la fille de papa Kazyumba, chez la ma\u00eetresse Safi, chez Biadunia, \u00e9pouse de Lamulo, chez D\u00e9sir\u00e9 de papa Gaspard et chez Marcelline.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir beaucoup bu mon groupe se mettait \u00e0 entonner les slogans de l\u2019UDPS.<\/p>\n<p>Il m\u2019arrivait aussi de visiter la famille de mon \u00e9pouse et plus particuli\u00e8rement le papa Kilonda Honor\u00e9, grand fr\u00e8re de son p\u00e8re,\u00a0 celui-l\u00e0 m\u00eame qui avait re\u00e7u ma dot et Emmanuel, l\u2019enfant de Katuluzi dont ses filles Kusema et Kufwata venaient de temps \u00e0 autre \u00a0aider mon \u00e9pouse.<\/p>\n<p>Dans la famille Kilumba, mon \u00e9pouse est du groupe des Bagana Ayibi qui \u00e9tait dirig\u00e9 en ce moment l\u00e0 par Mutembezi. Les deux autres groupes sont les bagana makobo et bagana Ajeba dirig\u00e9s respectivement par Kihongola et Musema Kweli.<\/p>\n<p>En dehors de mon clan des Bagana Mbele et celui de mon \u00e9pouse des Baganakilumba, je rendais visite aussi aux autres clans de Kayanza qui sont les Bazila nyoka de Tulilwa et de Chenge, les Bagangoy, les Bazilakoni et les Baganakitungwa.<\/p>\n<p>Un incident malheureux provoqu\u00e9 par Martin avait refroidi nos relations familiales. En effet, alors qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9 de la gestion du guest house en faveur de Michel Bulongomoto, \u00a0Martin avait viol\u00e9 une cousine de mon \u00e9pouse, fille de mon beau-p\u00e8re Munganga. S\u2019\u00e9tant rendue \u00e0 Kongolo, o\u00f9 elle \u00e9tait arriv\u00e9e la nuit, elle avait \u00e9t\u00e9 log\u00e9 au guest house par Michel dans la chambre n\u00b0 7.<\/p>\n<p>Devenue enceinte, sa famille d\u00e9cida de l\u2019amener chez mes parents o\u00f9 elle avait \u00e9t\u00e9 chass\u00e9 par papa Sixte et ma m\u00e8re \u00a0qui soutinrent qu\u2019elle avait menti pour profiter de mon argent. Mon \u00e9pouse et moi m\u00eame connaissant bien Martin n\u2019avions pas dout\u00e9.<\/p>\n<p>Lorsque mon petit fr\u00e8re vint \u00e0 Kayanza me poser le probl\u00e8me de sa pr\u00e9paration aux examens d\u2019Etat, je ne voulais pas aborder ce cas, \u00a0malgr\u00e9 le d\u00e9sir ardent de mon \u00e9pouse de le poser. Voulant le laisser dans des meilleures dispositions avant l\u2019examen, je ne pris pas part \u00a0\u00e0 la discussion tr\u00e8s anim\u00e9e qu\u2019ils eurent \u00e0 deux.<\/p>\n<p>Michel perdit \u00e0 cette occasion sa qualit\u00e9 de g\u00e9rant en faveur de Gilbert Ilunga qui vint \u00e0 Kayanza recevoir des recommandations. Entre-temps Martin devint malade et alla habiter chez ma petite s\u0153ur Marthe.<\/p>\n<p>A l\u2019occasion du s\u00e9jour du pr\u00eatre \u00e0 Kayanza le 03\/02\/1985, le bapt\u00eame fut organis\u00e9. Nos enfants Lumbu Mbombo B\u00e9atrice, Lumbu Tagamanga Patrice et Lumbu Maloba Ndiba Protais Victoire Junior furent baptis\u00e9s. La Paroisse de Mbulula leurs d\u00e9livra les livrets\u00a0 portant respectivement les n\u00b0 12655, 12656 et 12657.<\/p>\n<p>B\u00e9atrice eut la citoyenne Lugoma Jacqueline Nyange en qualit\u00e9 de marraine tandis que Patrice et Victoire eurent comme parrains les citoyens Philippe Nyembo et Pacifique Siyogo. Pour la circonstance j\u2019avais organis\u00e9 une r\u00e9ception \u00e0 laquelle avaient pris part plusieurs invit\u00e9s.<\/p>\n<p>Chr\u00e9tiens catholiques pratiquants nous assistions aux messes et enseignements. Mon \u00e9pouse \u00e9tait lectrice. Une chanson pendant l\u2019offrande attirait toute mon attention. Elle disait, qu\u2019il fallait qu\u2019on offre et que l\u2019offrande \u00e9tait recueillie au ciel. Elle n\u2019appartenait pas aux pr\u00eatres. \u00ab\u00a0Toa sadaka, toa sadaka\u2026\u2026Zaka zote zaenda mbinguni, zaka si za ma padri\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Lors d\u2019un voyage du Pasteur Alexis \u00e0 Kinshasa en formation, je lui avais confi\u00e9\u00a0 les lettres adress\u00e9es aux organisations internationales \u00e0 d\u00e9poser \u00e0 la paroisse des missions \u00e0 Sainte Anne. A son retour il nous demanda si l\u2019aide en provenance de l\u2019Europe nous arrivait. Mon \u00e9pouse se pr\u00e9senta \u00e0 la procure du dioc\u00e8se de Kongolo en d\u00e9clinant notre identit\u00e9 de Kirongozi Kowine. L\u2019abb\u00e9 Pierre qui \u00e9tait \u00e9conome lui remit le montant envoy\u00e9 \u00e0 cette adresse, qu\u2019il consid\u00e9rait nagu\u00e8re comme bien sans ma\u00eetre.<\/p>\n<p>D\u00e8s le d\u00e9but de la nouvelle ann\u00e9e, je m\u2019\u00e9tais donn\u00e9 \u00e0 la r\u00e9organisation de la jeunesse par le football. Kayanza poss\u00e9dait des structures dirig\u00e9es\u00a0 par papa Zacharie Ndambwe. Les maillots et m\u00eame les ballons faisaient d\u00e9faut et aucun m\u00e9c\u00e8ne ne se pr\u00e9sentait.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s que les jeunes aient remis en bon \u00e9tat leur terrain, j\u2019achetai une machine \u00e0 coudre, deux ballons et des tissus. Daniel Nzuzi cousit les maillots.<\/p>\n<p>Trois \u00e9quipes de football avaient \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9es. Elles re\u00e7urent les noms de\u00a0:<\/p>\n<p>1\u00b0 Bouger et Faire Bouger\u00a0 sous ma direction<\/p>\n<p>2\u00b0 Pamba (coton)\u00a0 sous la direction de \u201c capable \u201d Mawazo, l\u2019agronome du lieu.<\/p>\n<p>3\u00b0 Vijana sous la direction du Pr\u00e9fet de l\u2019institut Muungano<\/p>\n<p>Les matches \u00e9taient programm\u00e9s chaque dimanche et de ce fait le terrain de football devint un lieu de grande attraction. Le match entre Bouger et faire bouger contre Pamba connut la victoire de Bouger et Faire Bouger.<\/p>\n<p>Pour la circonstance quelques fibres de coton furent br\u00fbl\u00e9s \u00e0 ma r\u00e9sidence sous les acclamations du public. Cela avait irrit\u00e9 \u201c Capable \u201d qui mena\u00e7a de se retirer.<\/p>\n<p>Le match Bouger et Faire Bouger contre l\u2019institut Muungano connut le score de parit\u00e9 mais il y eut divers incidents.<\/p>\n<p>Mes petits fr\u00e8res Joseph et Prophil qui \u00e9taient pr\u00e9sents \u00e0 Kayanza donn\u00e8rent des coups au Pr\u00e9fet de l\u2019\u00e9cole et Pr\u00e9sident de l\u2019\u00e9quipe Vijana pendant que mon cousin Bienvenu qui soutenait l\u2019\u00e9quipe de l\u2019institut m\u2019avait \u00e9nerv\u00e9. Je mena\u00e7ai de quitter Kayanza ce jour l\u00e0. Joseph et Prophil rentr\u00e8rent la nuit \u00e0 Mbulula avec les enfants.<\/p>\n<p>Le lendemain, je vis le Pr\u00e9fet auquel j\u2019offris du vin de palme que nous pr\u00eemes ensemble avec d\u2019autres personnalit\u00e9s du village en guise de r\u00e9conciliation.<\/p>\n<p>Il ne se passa pas beaucoup des jours qu\u2019\u00e0 la veille du 30 juin 1985, le nouveau Commissaire de zone de Kongolo, le citoyen MUTSHIPAY KAMBULU vint me prendre pour m\u2019amener avec ma famille \u00e0 Kongolo, d\u2019o\u00f9 un petit porteur me conduisit \u00e0 Lubumbashi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\"> <a href=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu12.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1319\" src=\"http:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu12-300x215.jpg\" alt=\"Protais Lumbu12\" width=\"300\" height=\"215\" srcset=\"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu12-300x215.jpg 300w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu12-600x430.jpg 600w, https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-content\/uploads\/2014\/09\/Protais-Lumbu12.jpg 708w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/a><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte tir\u00e9 de l&rsquo;ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. \u00abMon apport dans le Triomphe de la d\u00e9mocratie multipartiste\u2019 \u00bb Apr\u00e8s avoir parcouru les douze kilom\u00e8tres s\u00e9parant Mbulula de Kayanza, le v\u00e9hicule s\u2019arr\u00eata devant la maison du chef de localit\u00e9, le citoyen MUKALAMUSI qui fut invit\u00e9 par le Commissaire de zone d\u2019y embarquer pour se diriger \u00e0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":10913,"featured_media":1135,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[339],"tags":[254,198,103,226,105,93],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10913"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2399"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2400,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2399\/revisions\/2400"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1135"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2399"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2399"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.femmefortes.com\/wp-login\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2399"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}