Chapitre 29. De mon séjour à Lubumbashi, Kayanza, Mbulula et Kongolo en homme libre

Chapitre 29.  De mon séjour à Lubumbashi, Kayanza, Mbulula et Kongolo en homme libre

28 Mai, 2016

Protais-Lumbu

Texte tiré de l’ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. «Mon apport dans le Triomphe de la démocratie multipartiste’ »

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Protais LUMBU MALOBA NDIBA, Président de l’UDPS. Ph. « femmefortes.com »

Chapitre 29.  De mon séjour à Lubumbashi, Kayanza, Mbulula et Kongolo en homme libre ; 

A Lubumbashi, pour mettre mon épouse dans des bonnes conditions matérielles et financières, j’avais décidé de lui acheter deux congélateurs afin de lui permettre de mieux vendre sa boisson, mais comme papa Symphorien avait besoin de liquidité pour désintéresser ses fournisseurs, il avait pris le montant équivalent et promit de les lui envoyer depuis Kinshasa,  ce que malheureusement il ne réalisa pas.

Je lui avais aussi acheté une maison  pour parer au problème de logement régulièrement ressenti notamment  pendant ma détention. Mon cousin Etienne Nyembo Kitungwa, agent aux titres fonciers avait trouvé une offre pour laquelle je lui avais remis sans tarder le montant nécessaire pour l’achat et la régularisation de toute situation administrative.

Aussitôt fait, le titre de propriété dont le contenu ci-dessous nous avait été remis :

                                         REPUBLIQUE DU ZAIRE

                                                                                                               -KA.KI.KA.-

                               Certificat d’enregistrement d’une concession : PERPETUELLE

                                                                                                         Ville de Lubumbashi

                                                                                                            Zone de Kampemba

Livre d’enregistrement

Vol 223 Folio

 La citoyenne LUMBU SAGALI, commerçante, de nationalité zaïroise, née à Kinshasa le cinq juin mil neuf cent cinquante-trois, carte d’identité n° GA. 273390 délivrée à Lubumbashi le quinze septembre mil neuf cent soixante-seize, mariée coutumièrement au citoyen LUMBU MALOBA NDIBA, résidant au n° 19 avenue Eucalyptus zone Kampemba à Lubumbashi.

Est enregistrée comme en vertu d’un acte de vente conclu avec le citoyen MUKENDI NTALAJA, passé par devant notaire de résidence à Lubumbashi en date du neuf juillet mil neuf cent quatre vingt sept, reçu le même jour en expédition certifiée conforme au registre journal sous les numéros d’ordre général 31.783 et spécial D1/V17.534

CONCESSIONNAIRE PERPETUELLE du fonds indiqué ci-après.

Une parcelle de terre, destinée à usage résidentiel, située à Lubumbashi, zone Kampemba, portant le numéro 4724 du plan cadastral, d’une superficie de vingt ares trente-cinq centiares vingt-quatre centièmes, d’après le procès verbal de mesurage et bornage numéro 4096 dressé le quinze décembre mil neuf cent quarante neuf.

Propriété de l’Etat

Sur cette parcelle sont édifiés les immeubles indiqués ci-après : une maison d’habitation avec sa dépendance, le tout construit en matériaux durables.

Les limites tenants et aboutissants de la parcelle susdite sont renseignés au croquis ci-dessous, fait à l’échelle de 1 à 1000.

Ancien certificat d’enregistrement volume D. 223 folio 51 annulé.

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Les charges qui grèvent cette propriété sont indiquées d’autre part

 Délivré à Lubumbashi ………le neuf juillet mil neuf cent quatre-vingt sept.

 Le conservateur des Titres Immobiliers a.i.

                                                  PATAULE KANDOLO.

Signé

 
Mon épouse ne prit pas possession de sa maison dès son achat parce qu’elle  était inhabitable étant donné qu’invité à déguerpir, le locataire avait enlevé et emporté certains meubles qu’il estimait lui appartenir en l’obligeant ainsi d’attendre la réfection et le replacement d’autres articles.

Du côté familial je réglai le problème de ma petite sœur Eudoxie qui était fiancée par un agent de la Gécamines/Likasi originaire de Kabongo dont l’origine tribale différente de la nôtre n’était tolérée par notre  tante Béatrice qui prétextait pour ne pas le recevoir, n’avoir pas d’argent pour organiser sa réception. Je donnai le nécessaire à ma tante et la convainquit d’accepter ce fiancé.

Je quittai Lubumbashi pour  Kongolo après avoir déposé à la gare des  articles achetés pour la réfection de mon immeuble pillé pendant ma détention : vitres, triplex, boîtes de couleurs et autres matériaux …,.  et m’occupai personnellement des travaux de réfection dès mon arrivée à Kongolo. Il fallait tout remettre en place : couche de peinture, vitres aux portes et fenêtres, plafond, lits, portes, tables, serrures, lampes, rideaux, matelas. Un agent de la SNEL nommé Basubi remit l’électricité après avoir remplacé les fils  volés.

Jacques Pondamali remplaça Ilunga Mukubo Lubambula en qualité de gérant. Furieux, ce dernier dénonça son écartement  dû selon lui à l’influence des membres de ma famille et  que cela présageait le comportement qu’allait être mien lorsque j’aurais à assumer les charges les plus importantes.

Ayant trouvé ma belle-mère malade, je lui avais remis de l’argent et l’avait convaincu à rejoindre sa fille à Lubumbashi pour y recevoir les soins appropriés.

De Kongolo je partis à Kayanza, où,  au cours d’un après midi j’avais été reçu par la population pendant une séance animée par les danseurs « mbuli,  lubwilo, tembo et Kaunda ». Je prévins la population de la suite logique qu’allait être ma nomination éventuelle, après ma longue détention par la métaphore suivante : «Depuis nos ancêtres la sagesse nous conseille de changer des stratégies dans une lutte. Après s’être battus sans succès à distance à découvert avec les flèches, nous allions nous engager dans un corps à corps en se servant de bouclier et de lance !”

Mon séjour dans mon village d’origine ayant coïncidé avec la période de la campagne électorale, je reçus les  citoyens  Kisila, Mwana Mbaba et Kalume Mwana Kahambwe,  candidats aux élections législatives. Chacun d’eux demanda mon soutien alors que j’avais déjà recommandé à la population de voter pour Mwana Mbaba qui était de la même rive du fleuve Congo comme moi-même. Le 1er vice Président du Conseil Législatif Kalume qui souhaitait devenir Président du Conseil Législatif me fit comprendre l’enjeu et me pria au cas où je ne le soutenais pas de garder la neutralité.

J’avais reproché à l’honorable Kalume de m’avoir complètement abandonné pendant mes années de détention et n’avoir rien fait pour la population de la rive autre que la sienne. Il me répondit qu’il avait fait un geste en faveur de mon épouse en passant par Mali ya Butoto, ce que mon épouse n’avait pas reconnu et dit être intervenu au profit de citoyens Joseph Kilanga et Odéric Nyembo pour les problèmes qu’ils avaient connus dans le cadre de leurs hautes fonctions.

Avant de quitter Kayanza pour Mbulula le jour même des élections, j’avais  fait l’inventaire de mes biens, pris les assiettes et casseroles pour Kongolo et laissai les livres dans les malles. J’enfermais les tables, les lits et les chaises dans la maison et remis les clefs de ma maison à la famille Mbundu. Mon grand-père maternel Mukunkutu  qui était venu me dire au revoir avait emporté une de mes statuettes appelées “ Kiuna,” pendant que son fils Adalbert Makuwa lui disait être déjà vieux et n’en avoir pas besoin.

J’avais enfin déposé mon bulletin dans l’urne et pris place abord du véhicule des propagandistes du  Premier Vice-Président du Conseil Législatif.

A Mbulula ayant fait construire une maison avec toit en tôles pour ma mère et régler le problème de Martin, j’assistai au mariage de Faustin avant d’emporter ma mère et mes frères pour Kongolo d’abord, Lubumbashi ensuite et Kinshasa enfin.

En effet, des briques avaient été fabriquées pendant que je me trouvais encore à Kayanza. J’avais désigné Fidèle, Kumbi et Philippe pour la maçonnerie. La charpente et la fixation des tôles furent faites par Philippe, Théophile et Kineme.

Le travail était effectué à un rythme accéléré. Lors de son passage à ma résidence à Kinshasa, le curé Musuyu m’avait informé que certains chrétiens l’avaient trouvé au moment des travaux de construction pour lui demander de m’interdire d’utiliser les tôles sur cette parcelle de la mission qui avait été cédée à mon père lors de son différend avec le Chef de Collectivité Muloko et que la paroisse devait récupérer et qu’il n’avait pas trouvé fondée cette démarche.

Le problème Martin consista en contraction de mariage coutumier avec  la citoyenne Marcelline Milanda. En effet, arrêté et détenu à Kongolo pour avoir été accusé par l’agronome Milanda d’avoir engrossé sa fille qui était son élève à l’institut Muungano dans la classe de 1 ère secondaire, où, il était professeur et  ne reconnaissant pas être auteur de la grossesse, l’affaire état en voie d’être déférée au tribunal de grande instance de Kalemie.

M’ y trouvant encore détenu, j’avais écrit à papa Lipu pour lui demander d’intervenir auprès de l’agronome afin que les familles règlent ce problème à l’amiable, ce qui fut accepté. Le pasteur Alex servit d’intermédiaire. La dot avait été versée auprès des parents de la fille et la forte tension qu’il y avait s’apaisa. La jeune femme donna naissance à une fille qui reçut le nom Lumbu de ma famille, le postnom Ndiba et le prénom  Modestine de notre mère.

Quelques jours seulement après la naissance de la fille ainée de Martin, Faustin vint en vacances pour se marier avec sa fiancée Zénobith, la fille que papa connaissait bien avant sa mort comme l’éventuelle future épouse de son fils. Après le versement de la dot fut célébré le mariage religieux catholique.

Pour la circonstance la famille s’était rassemblée à Mbulula. La petite sœur Marthe s’était particulièrement investie pour la bonne réussite des festivités. Le grand-père Musongela et papa Marco étaient tous présents aux cotés de papa Sixte. Il y avait aussi toute la notabilité de la place.

Je m’étais emporté ce jour là contre les distributeurs des boissons qui prétendaient n’avoir pas encore été autorisés par papa Sixte à servir les gens. Je les accusai de faire cela expressément pour mécontenter les invités et les faire partir avec une mauvaise impression sur moi. Maman Valériane convainquit heureusement papa Sixte à permettre la distribution des boissons.

Après quelques jours, pour raison d’études, Faustin rentra à Lubumbashi avec son épouse. Ils  habitèrent avec ma famille dans la maison nouvellement achetée.

Peu avant mon départ de Mbulula pour Kongolo surgit le problème Joseph, qui avait été accusé  de viol par la belle sœur de ma petite sœur Marie et cela en complicité avec Prophile !  Ce problème continua à Kongolo.

 

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