Chapitre 28. De l’exigence de mes collègues  Fondateurs à me prendre à Kongolo ;

Chapitre 28. De l’exigence de mes collègues  Fondateurs à me prendre à Kongolo ;

12 Jan, 2016

Protais-Lumbu

Texte tiré de l’ouvrage : PROTAIS LUMBU 4. «Mon apport dans le Triomphe de la démocratie multipartiste’ »

Protais-Lumbu21

Protais LUMBU MALOBA NDIBA, Président de l’UDPS. Ph. « femmefortes.com »

Informé de l’arrivée du Fokker à Kongolo, je me rendis à l’aéroport et vis sortir de l’avion les Gouverneurs Koyagialo du Shaba, Mpambia du Kasaï Oriental mais aussi les fondateurs Ngalula, Tshisekedi, Lusanga, Kibassa, Mpindu et Kanana.

Le fondateur Tshisekedi ne tarda pas à me dire que “Nous avons exigé que nous venions vous prendre ici chez vous à Kongolo avant de nous rendre à Gbadolite. Ne vous ayant pas rencontré à Lubumbashi, ces gens voulaient que nous vous laissions ». Mon ami Lusanga me répéta cela dans l’avion qui se posa aussi à l’aéroport de Kavumu/Bukavu pour prendre le fondateur Birindwa.

Aussitôt que nous avions été logés au motel Nzekele, le fondateur Bossasse, cette fois- ci présent à Gbadolite, nous avait présenté la note au Président Fondateur préparée par lui et approuvée par le Conseiller Spécial Nkema pour le remercier et lui promettre notre soumission. Le groupe repoussa cette note.

Plusieurs rencontres avaient eu lieu avec le chef de l’Etat à sa résidence. D’abord le jour même de notre arrivée, il nous avait reçu pour nous souhaiter la bienvenue.  Le message qui devait être lu ayant été rejeté, nous avions parlé  de pluie et du beau temps avant qu’il nous ait amenés faire le tour de ses jardins.  Le soir nous l’avions rejoint  à sa résidence de Kawele, où nous saluâmes son épouse, mama Bobi Ladawa.

Ma lettre du 13 mai 1987 et surtout la lettre collective signée le 17 juin 1987 à Mbujimay par Kibassa, Ngalula, Tshisekedi et Mpindu Mbwabwa avaient rassuré le Président du MPR qui nous avait invités à Gbadolite selon moi pour fêter la réconciliation ! J’avais appris que ma note avait été montrée à mes collègues et que  Birindwa et Bossassi avaient aussi écrit individuellement. Cela expliquait la grande joie du MPR qu’avait chanté  « Lukuta munene…. Oyo alobaki MPR ikokufa waya » !

Le lendemain après avoir déjeuné avec nous, le Président de la République assisté de son Conseiller Spécial nous avait reçus individuellement, sauf pour les collègues Kibassa et Tshisekedi qui avaient connu chacun pendant beaucoup de temps un tête tête avec lui. Des problèmes tant politiques qu’individuels avaient été abordés.

En ce qui me concerne, je n’avais pas choisi un poste et avais repoussée l’idée de m’occuper de mes affaires comme voulait me le faire entendre le Président de la République, en m’alignant sur la même liste que mes collègues opérateurs économiques Lusanga et Birindwa qui avaient des hôtels parce que j’en avais aussi un qui avait été fermé par le pouvoir pour m’asphyxier. Je lui avais précisé que mon titre  «Maître» n’était pas en relation avec mon hôtel mais plutôt avec ma profession d’avocat, inscrit au barreau de Kinshasa. Il  m’avait rappelé que j’étais au niveau de notre groupe le premier qui lui avait écrit et qu’il en tenait compte.

Son entourage auquel s’était ajouté par rapport au mois de mars le citoyen Katende wa Ndaya  auparavant conseiller du Gouverneur Mpambia, aux côtés de Banyaku pour assister le Conseiller Spécial se mit à parler de nominations au Comité Central, au Conseil Exécutif et dans d’autres secteurs de l’Etat. Il se murmurait même, que les fondateurs Kibassa, Ngalula et peut être Kanana seraient nommés au Comité Central et que Mpindu Mbwabwa regagnerait la direction du Syndicat.

A plusieurs reprises nous avions demandé au Chef de l’Etat de ne pas nous nommer avant que nous ayons l’occasion de rentrer dans nos milieux respectifs pour expliquer à nos sympathisants et militants l’évolution de la situation et qu’en aucun moment nous ne voulions être pris pour des gens ayant cherché à se faire positionner.

En ce qui concerne le geste financier  à notre égard, un montant d’un million de zaïres fut cité. Personnellement ayant bénéficié d’une enveloppe lorsque j’étais reçu par le Conseiller Spécial à Kinshasa, j’avais décrit à mes collègues la manière dont je l’avais utilisé et épuisé aussitôt que je l’avais reçu sans terminer mes besoins. A l’unanimité nous avions trouvé que le montant qui nous avait été proposé était trop bas.

Au cours de la rencontre qui avait suivi, le Président de la République souligna “qu’il était au courant que le million de Lumbu ne lui avait pas suffi. Ce montant n’était pas une rétribution mais tout simplement un geste présidentiel en faveur des personnes qui avaient été reçues par lui et qui devaient regagner leurs familles avec lesquelles elles étaient séparées. Il était nécessaire d’avoir quelque chose pour faire face à l’accueil de ceux qui allaient passer à la maison. Il n’était donc pas question de satisfaire les différents besoins des fondateurs car cela allait être examiné à l’occasion du reclassement dans la société.”

Le Conseiller Spécial ne nous donna pas le même montant. Certains avaient reçu beaucoup plus que d’autres. Tout avait été fait à la tête du client. Quelque chose m’avait aussi été accordée.

Le collègue Lusanga avait profité de l’occasion pour annoncer aux membres de notre groupe que le montant de deux cent mille francs belges (200.000 FB) qui m’étaient décernés et donnés à Kibassa pour me les envoyer en 1986 lorsque j’étais en détention à l’AND/Lubumbashi ne m’étaient pas parvenus. La réaction du Président Kibassa avait été son invitation au doyen Ngalula à trouver avec lui la solution à ce problème, car il connaissait comment ce montant avait été utilisé en faveur d’autres combattants. J’intervins pour dire que cela n’était plus nécessaire et que j’allais me contenter de ce que je venais de recevoir à Gbadolite.

En ce qui concerne les fondateurs qui n’étaient pas reçus à Gbadolite, il nous avait été rassuré qu’un geste allait être posé en leur faveur. Le Conseiller Spécial avait été chargé de finaliser tous les problèmes de reclassement des combattants qui avaient perdu leur fonction à cause de leur appartenance à l’UDPS. Il avait même été envisagé de mettre à notre disposition un avion pour aller nous incliner à la tombe du fondateur Makanda Anaclet.

Nous visitâmes enfin le barrage de Mobay Mbongo, les vastes champs présidentiels et pêchâmes dans les étangs avant de dîner dans une paillote aux côtés du Président en dehors de ses villas. Au fur et à mesure que nous nous rencontrions, il se dégageait que tout était placé dans la logique de ce qu’il nous avait dit le 21 mars 1987.

A la veille de notre départ de Gbadolite, le 29 juin 1987, après avoir été avec le Président qui me semblait donner les ordres par téléphone à Kinshasa sur la façon dont ce qui s’était passé avec nous devait être dite à la télévision et que le Conseiller spécial se préoccupait à mettre en contact le doyen avec sa fille Marie Claire se trouvant à Bruxelles, une soirée dansante avait été organisée. Les cavalières surgirent de je ne sais où pour nous encadrer.

Après avoir pris un verre, je m’étais retiré et me retrouvai avec les fondateurs Lusanga et Tshisekedi abord du véhicule devant nous  remettre au motel. Ce dernier se mit à nous persuader que “tout ce qui venait d’être dit n’était pas à prendre en considération. Aussitôt que nous allions quitter ce lieu, nous devons nous occuper de notre parti comme par le passé. Nous avions besoin de nous retrouver libres un point, un trait. Tout le reste n’avait été que baliverne.”

Le Président Mobutu partait le 30 juin 1987 à Goma pour rejoindre le lendemain le Burundi où il avait été invité aux festivités de l’anniversaire de l’indépendance.  Le Gouverneur Koyagialo, les fondateurs Kibassa, Birindwa et moi-même avions pris place abord de l’appareil présidentiel.

A Goma nous avions été logés à l’hôtel des Masques alors que le fondateur Birindwa continua à Bukavu.

En attendant le jet de la Gécamines qui devait venir nous chercher, le Gouverneur Koyagyalo nous avait amené avec le fondateur Kibassa à la résidence du Commissaire Urbain, le citoyen Lufunisabo Bunduki.

De Lubumbashi le Président Kibassa  rejoignit sa famille à Kinshasa pendant que personnellement, malgré la présence de ma famille à Lubumbashi, je partis à Kongolo, Mbulula et  Kayanza pour  réaliser ma promesse de rendre compte aux miens de ce qui s’était passé à Gbadolite.

femmefortes.com

 

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